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Le Blog à Jean-Mi ! Posts

Tu es mon essentiel – Méditation de sortie de l’arche n° 18

La version audio est là:

Introduction :

Nous vivons actuellement un moment très particulier, qui a d’ailleurs été à l’origine de ces méditations. Le monde est parcouru par une épidémie virale, baptisée Covid 19, portée par un virus de la famille de celui de la grippe, qui perturbe et effraie la population mondiale. Les dirigeants des divers pays réagissent très différemment, mais partout la peur se fait sentir : en France, le gouvernement a pris des mesures très sévères en mars 2020, en confinant sa population à domicile, et en fermant la plupart des commerces, lieux de culture et de sport. Pour justifier ces mesures, il s’est appuyé sur la distinction nouvelle et théorique entre commerces et activités essentiels et commerces et activités non essentiels[1]. Je ne souhaite pas, dans ce cadre, discuter ce choix, mais m’en servir comme point de départ de cette méditation. Qu’est-ce qu’être essentiel à l’humain et qu’est-ce qui nous est essentiel ?

Le point de départ, une fois n’est pas coutume, ne sera pas un texte biblique, mais le refrain d’un chant protestant dont nous usons dans nos cultes et rassemblements.

« Je chanterai gloire à l’Eternel,

Je chanterai louange à son nom,

Je chanterai Dieu, mon essentiel,

Je chanterai en l’honneur de son nom. » (recueil J’aime l’Eternel, vol. 3, n° 910)

Je retiendrai la troisième affirmation : « Je chanterai Dieu, mon essentiel ».

De l’essentiel au non-essentiel

Commençons par rappeler de quoi nous parlons :

  • Est essentiel ce qui appartient à l’essence ou à la nature propre d’une chose. Il faut donc en venir à ce qu’est l’essence d’une chose.
  • Le grec Ousia désigne l’essence (mais aussi la substance, quasi- synonyme), ce qui fait d’une chose ce qu’elle est. On peut parler de la nature d’une chose. L’essence se définit par des caractéristiques propres à chaque objet ou être.

Sans entrer dans un cours de philosophie, il faut donc se demander en quoi nous pourrions affirmer que Dieu nous est essentiel. Il faut également compléter cette interrogation en l’élargissant : qu’est-ce qui est essentiel à l’être humain ?

Tout ce qui ne rentrera pas dans ces éléments de l’essence humaine sera donc de fait non-essentiel.

Nous rentrons ici dans le vif du sujet, car la question de l’essence est première pour la pensée philosophique. Pour simplifier, il existe deux conceptions antagonistes de l’essence humaine.

  • La conception athée et matérialiste, qui a son origine chez les penseurs atomistes grecs antiques, comme Démocrite, dit : l’homme est un assemblage d’atomes (on dirait aujourd’hui de cellules), donc d’abord de matière (chair, sang, os, eau…). Au XXe siècle, les existentialistes athées précisent la définition (voir Heidegger ou Sartre) : lisons ce court extrait de l’œuvre qui a rendu Jean-Paul Sartre célèbre, L’existentialisme est un humanisme :

« L’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après […] L’homme n’est rien, il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera faitAinsi il n’y a pas de nature, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. »

Cette conception écarte donc à la fois l’idée d’un Dieu créateur et d’une nature humaine spécifique (cela rejoint la position de Karl Marx). L’homme est ce qu’il se fabrique à partir de lui-même, en tant qu’être vivant. On résume cela par la maxime suivante, souvent proposée aux candidats au baccalauréat en composition de philosophie : « L’existence précède l’essence » ».

  • La conception métaphysique, spiritualiste et/ou chrétienne est le strict contraire : « L’essence précède l’existence ». Il faut se garder de réduire aux seuls chrétiens cette catégorie, même si, en Occident, ils ont été en position dominante. Il existe tout un courant idéaliste, depuis Platon, qui travaille à définir et légitimer une essence humaine ou une nature humaine. Ce courant est par contre non-matérialiste, quelles que soient ses positions.

Pour centrer sur la foi chrétienne, il faut rappeler que la nature humaine est définie dès le début de la Genèse au chapitre 1 : 26-27 :

« 26   Dieu dit : Faisons les humains à notre image, selon notre ressemblance, pour qu’ils dominent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur toutes les bestioles qui fourmillent sur la terre.

27  Dieu créa les humains à son image : il les créa à l’image de Dieu ; homme et femme il les créa. » (version NBS)

D’après ces deux versets, il y a dans l’humain une part de Dieu, ce que les mots « image » et « ressemblance » décrivent clairement. De plus, le propos est répété au verset 27 et en Genèse 5 : 1-2. Il s’agit donc d’une notion capitale qui justifie la répétition. Il faut ajouter l’affirmation du psalmiste en psaume 8 : 5-8 :

« 5  Tu en as presque fait un dieu : tu le couronnes de gloire et d’éclat ;

6  tu le fais régner sur les œuvres de tes mains ; tu as tout mis sous ses pieds :

7  tout bétail, gros ou petit, et même les bêtes sauvages,

8  les oiseaux du ciel, les poissons de la mer, tout ce qui court les sentiers des mers. » (version TOB)

L’homme n’est pas divin (« tu en as presque fait un Dieu »), mais il y a du divin en lui. Et comme nous savons par Genèse 3 :22-24 :

« 22  L’Eternel Dieu dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre de l’arbre de vie, d’en manger, et de vivre éternellement.

23  Et l’Eternel Dieu le chassa du jardin d’Eden, pour qu’il cultivât la terre, d’où il avait été pris.

24  C’est ainsi qu’il chassa Adam ; et il mit à l’orient du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie. » (version Segond 1910)

 il n’y a pas eu de seconde création, après la désobéissance et l’expulsion du jardin d’Eden, cette nature partiellement divine est encore celle de l’homme et de la femme.

L’essence de l’homme, selon le Dieu biblique, est en partie divine, ce qui autorise donc théologiquement à chanter : « Je chanterai Dieu, mon essentiel ». Dieu est inscrit dans l’essence humaine. Ce qui ne signifie nullement que l’homme ne puisse radicalement nier Dieu.

Mais il faut compléter cette définition de l’essence humaine. L’homme est aussi un corps et une pensée (ou une âme). Ce qui est absolument nécessaire à la vie de l’homme est son essentiel. L’air, l’eau, la nourriture, le sommeil et la relation sociale sont donc aussi des caractères de l’essence humaine par le corps. Tout ce qui aide l’homme à penser est également nécessaire ; s’il en est privé, il devient un animal de type supérieur – voir l’exemple des « enfants sauvages » et le film de François Truffaut qui porte ce nom.

Au total, l’essence de l’homme est au minimum bipartite : une essence corporelle qui a ses besoins vitaux, et une essence spirituelle qui a besoin de Dieu et du travail de la pensée : c’est la culture au sens intellectuel.

Tout ce qui ne peut entrer dans ces deux catégories est non-essentiel ou superflu, au sens vital et existentiel. L’humain a besoin de se nourrir, de respirer, de se protéger du chaud et du froid, des bêtes sauvages, de ne pas vivre seul et de parler et penser ; ce qui inclut l’art sous toutes ses formes et les rencontres avec ses semblables. L’homme pour exister n’a pas besoin de grosse berline allemande, de gadgets chinois, d’armes de guerre… A vous de compléter la liste très longue de tout ce qui est non-essentiel.

Cette distinction implique a minima une réflexion sérieuse sur le mode de vie humain. On aurait pu espérer que deux mois de confinement imposé permette une certaine réflexion. Il est malheureusement à craindre que cette espérance soit déçue en ce qui concerne la grande majorité des Français.

Dieu, mon essentiel

Lecture de base : Psaume 18 : 2-6 (version NEG)

« 2  (18-3) Eternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur ! Mon Dieu, mon rocher, où je trouve un abri ! Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite !

3  (18-4) Je m’écrie : Loué soit l’Eternel ! Et je suis délivré de mes ennemis.

4  (18-5) Les liens de la mort m’avaient environné, Et les torrents de la destruction m’avaient épouvanté ;

5  (18-6) Les liens du séjour des morts m’avaient enlacé, Les filets de la mort m’avaient surpris.

6  (18-7) Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Eternel, J’ai crié à mon Dieu ; De son palais, il a entendu ma voix, Et mon cri est parvenu devant lui à ses oreilles. »

Ce texte, attribué au roi David, est tiré d’un psaume qui a la particularité d’être deux fois dans la Bible. En effet, on peut lire le même texte (à quelques détails près) en 2 Samuel 22 (tout le chapitre). Il s’agit d’un des plus beaux psaumes du psautier . C’est le début que nous venons de lire. Il y a clairement deux thèmes qui se succèdent : les versets 2-3 décrivent la place que Dieu tient dans la vie de David, alors que les versets 4 à 6 montrent comment l’homme peut crier vers Dieu face à son plus grand ennemi, la mort.

J’ai choisi les deux premiers versets comme exemple de formulation du caractère essentiel de Dieu pour l’homme. Pour en saisir toute l’importance, il faut revenir sur le verset 1 qui donne les circonstances de rédaction de ce psaume (voir aussi 2 Samuel 22 :1) :

« 1  Du chef de chœur. Du serviteur du SEIGNEUR. De David, qui prononça pour le SEIGNEUR les paroles de ce chant, le jour où le SEIGNEUR l’eut délivré de la main de tous ses ennemis et de la main de Saül. » (version NBS)

Cette proclamation vient après la délivrance de David de tous ses ennemis, y compris Saül, qui voulaient tous le mettre à mort. C’est cela qui explique le contenu des versets 4 à 6, où le mot « mort » est répété trois fois. David a vu la mort venir et le cri de sa prière a conduit Dieu à le délivrer. Qu’y-a-t-il de plus essentiel à l’humain que la vie et la mort ? Il faut relire le livre de l’Ecclésiaste (Qohélet) pour comprendre ce qu’elle représente pour le sage. Lire Eccl. 2 :16-17 ; 3 :22 ; 9 :3, etc… La mort est la question essentielle de l’être humain, celle qu’il affronte depuis l’origine, sans pouvoir apporter une réponse satisfaisante à ses questions sur le sujet.

L’essence de la vie humaine est celle d’un être mortel. Est-ce à dire que c’est la seule caractéristique de l’homme, sa seule essence ?

Pour les tenants de la conception athée et matérialiste, c’est un fait : l’homme naît et vit pour mourir, donc pour revenir au néant. C’est ce qu’on a appelé l’absurde en philosophie du XXe siècle. Sartre en parle, mais c’est Camus qui l’a le mieux illustré et a su magnifier cette question dans des chefs d’œuvre comme La peste ou La chute. L’homme sans Dieu a comme essence la mort promise.

Et le croyant ?

Il n’échappe pas à la mort, car elle frappe tous les humains, sans exception, même le Messie de Dieu, Jésus. La mort est donc constitutive de l’essence humaine, au moins, dit la Bible, depuis la désobéissance d’Adam et Eve (relire le chapitre 3 de la Genèse). Mais, à côté de cette finitude inévitable, il existe une autre chose essentielle au croyant, c’est Dieu. Et nous revenons aux versets 2 et 3 du psaume. David exprime avec des images ce qu’est Dieu pour lui : une rocher (ou un roc), une forteresse (ou une citadelle), un libérateur, un bouclier, un sauveur et une retraite (ou un rempart). Nous pourrions étudier chacun de ces mots, car ils désignent chacun un des rôles de Dieu pour David. Contentons-nous de remarquer que tous ont en commun l’idée de protection et de sécurité, l’idée de salut. L’ensemble dresse un portrait de Dieu très positif : Dieu est celui qui protège la vie. Il est l’antidote à la mort. Dès lors il devient la composante positive de l’essence humaine. L’essence de l’homme est à la fois la mortalité et la protection de la vie. Mais les deux ne sont pas sur le même plan. La mort détruit le corps humain, par l’arrêt des fonctions vitales. La vie que Dieu est surpasse la mort par le salut. La mort est un moment, certes effrayant, mais bref. La vie de Dieu est éternelle, elle a vaincu la mort. Ce qui permet à Paul cette exclamation si célèbre :

« 55  O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? » (version Segond 1910)

Citons aussi le prophète Esaïe, chapitre 25, verset 8 :

« 8  il anéantira la mort pour toujours ; le Seigneur DIEU essuiera les larmes de tous les visages ; il fera disparaître de toute la terre le déshonneur de son peuple — c’est le SEIGNEUR qui parle. » (version NBS)

Et encore un autre prophète, Osée, chapitre 13, verset 14 :

« 14  Je les libérerai du séjour des morts, je les reprendrai à la mort. Mort, où sont tes pestes ? Séjour des morts, où sont tes épidémies ? La pitié est cachée à mes regards ! » (version NBS)

L’essence de Dieu en nous, c’est le triomphe de la vie sur la mort, sans la supprimer. Dès lors, nous comprenons que Dieu nous est essentiel, car lui seul nous fait échapper à l’absurde de la conception matérialiste.

Conclusion :

Au plan spirituel, il n’y a que deux questions essentielles : la mort et Dieu. Le psaume 18 nous montre que Dieu a vaincu la mort. Si elle demeure, elle n’est plus pour le croyant qu’un moment d’une vie qui change de nature. Toute autre chose est donc non-essentielle face à cette essence humaine.

Jean-Michel Dauriac – mai 2021.


[1] En fait, cette distinction n’est pas neuve, elle appartient à l’économie, et a été élaboré dans la théorie des besoins, par divers penseurs de cette disciplines.

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Pourquoi Gémis-tu ? Psaume 42 – Méditation

Philippe Romain (lecture du psaume 42: Jean-Michel Dauriac)

La version audio est là:

Introduction

Pour commencer nous allons nous rappeler de la définition de la foi dans Hébreux chapitre 11.1

Hébreux 11.1 (COL)

1 Or la foi, c’est l’assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas.

 Le pluriel « des fils de Qoré » montre que le psaume fait partie d’un recueil familial [Ps 42-49].

L’auteur du psaume 42 est donc un des descendants des fils du rebelle Qoré qui se révolta contre Dieu par jalousie à l’encontre de Moïse et Aaron. Le prophète Samuel lui-même est aussi de la lignée de Qoré dont un petit-fils Héman avait fait partie de l’orchestre liturgique avec ses fils.

Les mots « mon âme » montrent que ce descendant de Qoré est dans la peine, mais on ne sait pas exactement pourquoi.

Les Psaumes 42 et 43 forment une unité qui se termine par le même verset « il est mon salut et mon Dieu ». Même si le psalmiste se plaint plusieurs fois, car il répète souvent « pourquoi t’abats-tu mon âme ? » 3 fois dans ses deux psaumes, mais c’est toujours suivi de « Attends-toi à Dieu, car je le célébrerai encore » puis suivi de l’expression « le salut de ma face et mon Dieu ».

Le fait qu’il proclame à la fin « il est mon salut et mon Dieu » montre qu’il fait une démarche de foi ou plutôt de combat de la foi contre ses propres sentiments, entre autres ses craintes et de ne percevoir que du négatif autour de lui.

Avoir la foi ou la confiance en Dieu qu’il nous aidera ne nous épargne pas des angoisses.

Ce n’est pas parce que l’on déprime que nous avons perdu la foi.

La foi n’est pas un sentiment, mais une volonté ferme de mettre son espérance dans notre Seigneur.

Méditation 1

Le psalmiste a conscience que son état intérieur est troublé, qu’il manque de paix. Mais ce n’est pas ses sentiments qui le dirigent c’est la foi, la foi en la Parole de Dieu en sa promesse : « il est mon salut et mon Dieu » qui est répété à plusieurs reprises. Donc le psalmiste est bien conscient malgré des inquiétudes qui le font souffrir que Dieu peut le sauver parce qu’il est son Dieu.

Pour que Dieu nous sauve, il faut l’avoir accepté dans sa vie comme son Seigneur. Dieu est mon Dieu, je n’ai pas d’autres dieux devant ma face que le Seigneur lui-même, le Créateur de l’univers. Nous devons toujours respecter le 1er commandement :

L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un. 5Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force

Il est vrai qu’il y a un certain style poétique comme un refrain. Mais ce n’est pas qu’une simple chanson. Les lévites qui officiaient pour le chant sacré étaient souvent des prophètes, des anciens disciples du prophète Samuel. Le psaume nous indique comment le psalmiste réagit. La première chose à faire c’est de rechercher la face de Dieu. c’est de A à Z la méthode que la Bible recommande pour se tourner vers Dieu.

L’image de la biche assoiffée est saisissante surtout quand on sait qu’en Israël le manque d’eau était catastrophique, tout le monde en souffrait les animaux compris. Le psalmiste exprime l’intensité de cette soif, son désir de recherche de Dieu, parce qu’il est le recours ultime. Il ne faut pas chercher Dieu légèrement, mais avec profondeur et ardeur parce qu’on peut le rechercher intellectuellement, mais au fond notre cœur n’est pas vraiment disposé.

Il faut Le chercher vraiment, pas avec une certaine nonchalance, voir les quelques problèmes qui ne sont pas vraiment résolus dans notre cœur, que l’on n’a pas envie de mettre à la lumière. Car on sait que souvent Dieu ne nous parle pas lorsque nous avons un problème avec Lui et que nous ne le voulons pas le reconnaître, le mettre à la lumière. Nous avons alors une prière de pure forme, sans profondeur, sans sincérité.

Le verset 3 montre que le psalmiste désire paraître en face de Dieu et se pose la question quand il pourra rencontrer Dieu.

Il fait une sorte de dépression il pleure jour et nuit, il pense que Dieu l’a abandonné. Ses adversaires ou ses proches lui disent la même chose « où est ton Dieu ? ».

Quand nous avons des moments difficiles et que nous déprimons, on a malheureusement des gens à l’instar des amis de Job qui sont là au lieu de nous aider à remonter le moral nous enfonce davantage. On dit parfois quand on a des amis pareils, on n’a pas besoin d’ennemis.

La bonne réaction c’est toujours se souvenir de ce que Dieu a fait pour nous c’est ce qu’à fait le psalmiste « Voici pourtant ce dont je me souviens avec effusion de cœur ». C’était des jours de bonheur pour aller à la maison de Dieu. Peut-être en ce jour-là on avait l’admiration des hommes. Mais dans les difficultés on se trouve seul et les amis ne sont pas toujours présents.

Méditation 2

Les fils de Qoré ont été mandatés par le roi David pour diriger le chant dans la maison de l’Éternel. Les larmes versées jour et nuit, l’ambiance n’était plus à la louange. Probablement l’Esprit de Dieu est attristé dans le Sanctuaire [à cette époque une tente]. Il répète encore mon âme est abattue, mais il se rappelle des souvenirs.

La situation géographique mentionnée est bien connue la montagne de l’Hermon, mais la montagne de Mitsear ne l’est pas. Mais cela lui permet de décrire ce qu’il ressent au verset 8.

On a des vagues et des flots qui passent sur le psalmiste, cela ressemble à une dépression qui nous donne l’apparence que les malheurs arrivent les uns après les autres, ça n’en finit pas.

Le psalmiste malgré sa dépression reconnaît quand même que Dieu agit « Le jour, l’Éternel m’accorde sa bienveillance ; La nuit, son cantique m’accompagne. C’est une prière au Dieu de ma vie. » La dépression n’a pas annihilé sa capacité de réflexion et d’être objectif. Il faut faire un effort volontaire pour reconnaître la proximité de Dieu dans notre vie malgré des moments difficiles. Nous sommes tellement centrés sur nous et sur nos malheurs que l’on oublie la présence de Dieu auprès de nous. Dieu souvent nous donne des signes qu’il est là, présent.

Le psalmiste malgré tout loue le Seigneur, il le prie, il le chante.

On voit qu’il plie sous le poids des épreuves et notamment l’adversité, les moqueries des gens qui ne croient pas en Dieu, qui sont ses adversaires. Un des pires ressentiments est de penser que Dieu nous a oubliés [Jésus a connu cela dans la souffrance même de la Croix peu de temps avant de mourir :

Éli, Éli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonnél[1][2]

Méditation 3 : la fermeté dans la Foi

Malgré tout il est ferme dans sa foi. Au v. 12 il affirme « car je le célébrerai encore ; Il est mon salut et mon Dieu ». Il sait qu’il aura la victoire.

Ce Psaume est pour nous un exemple quand nous ne voyons pas le bout du tunnel, de mettre sa foi en Dieu même si les événements extérieurs semblent contrariants. Les promesses de Dieu sont intangibles il a toujours promis d’être avec nous et de nous soutenir au moment opportun pour nos besoins.

Le Psaume 43 qui suit est une continuité du psaume 42. Il prie le Seigneur et encore il se sent rejeté. Il demande la lumière car il ne comprend pas. On voit ici que les sentiments contrarient l’assurance de sa foi, pourtant il ne chancelle pas, car il est ferme.

Au verset 4 du Psaume 43, il s’écrie « j’irai vers l’autel de Dieu vers Dieu ma joie et mon allégresse et je te célébrerai sur la harpe ô Dieu mon Dieu »,

Donc il continue à chanter le Seigneur et à le proclamer être son Dieu. Mais même si son âme est abattue, comme s’il parlait à elle, il lui dit de s’attendre à Dieu, « car il est mon Dieu » même quand les sentiments sont contraires, sa foi reste ferme.

Ces 2 psaumes sont des exemples de constance dans la foi malgré les sentiments contraires. Les sentiments sont tyranniques parfois ils peuvent nous faire exalter parfois ils peuvent nous attrister. Nous devons avoir foi non pas dans ce que nous ressentons, mais dans ce que nous croyons : la parole de Dieu et ses promesses.

Dans le prophète

Ésaïe 26.3–4 (COL)

3 A celui qui est ferme dans ses dispositions, Tu assures la paix, la paix, Parce qu’il se confie en toi.

4 Confiez-vous en l’Éternel pour toujours, Car l’Éternel, l’Éternel Est le rocher des siècles.


[1]l Ps 22.2.

[2] Nouvelle Version Segond Révisée (Colombe) (Villiers-le-Bel : Société Biblique Française [Bibli’o], 1978), Mt 27.46.

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La mort de Jean-Pierre Pernaut : le symbole d’une rupture culturelle

Le 2 mars, le journaliste Jean-Pierre Pernaut est mort, à 71 ans d’un cancer du poumon, dont il avait fait l’annonce il y a quelques mois à son public du 13 heures, depuis sa retraite picarde. C’est, professionnellement parlant, la mort d’un géant de la télévision, qui va rejoindre les Léon Zitrone , Pierre Sabbagh ou Pierre Desgraupes. Les hommages nombreux et riches qui lui ont été rendus attestent de ce professionnalisme reconnu : ne jamais oublier qu’avant d’être le présentateur de Journal Télévisé (JT dans le langage actuel) à la plus grande longévité, il fut un journaliste exigeant et professionnel jusqu’au bout des ongles. L’image du présentateur franchouillard a caché celle du professionnel. Un grand homme de télévision nous a quittés.

Mais mon propos n’est pas d’ajouter un hommage anonyme de plus au concert de louanges funéraires, mais d’analyser ce qui vient de se passer. La profession unanime, comme la classe politique, pleure ce grand professionnel. C’est ici le premier point que je veux évoquer : c’est le grand bal des faux-culs. Ceux qui ont de la mémoire et qui s’intéressent à la chose publique se souviendront sans nul doute du mépris des intellectuels pour son JT. Il n’y avait pas assez de formules assassines pour le discréditer et se moquer de lui. Pernaut, c’était le type qui présentait  les jours une France qui n’existe plus, un pays de ploucs (« ceux qui roulent au Diesel et fument des clopes » dira l’inénarrable Bernard Griveaux, météore de la planète macronienne et parfait symbole d’une France sans racines), le gars qui va sur les marchés, sur les plages et dans les foires au cochon – on a un peu dit la même chose de Jacques Chirac ! -, le défenseur de l’artisan et du passéisme… Bref, c’était un « ringard » qui plaisait à des ringards et exploitait son filon. Pour plaire au peuple, il lui plaisait : revoyez les réactions à sa mort enregistrées un peu partout sur les marchés de France. Quel journaliste peut se vanter d’avoir une telle popularité ? On n’est pas chez le public de l’immonde Hanouna. Mais justement, c’est cette popularité qui déplaisait tant aux intellectuels et plumitifs de la bien-pensance parisianno-gauchiste, ceux qui détiennent la vérité et le droit de censurer à ce titre. Intellectuel de métier, j’ai subi ce mépris des gens de ce milieu, lorsqu’ils savaient que je regardais aussi souvent que possible son journal et que je l’appréciais en tant qu’homme et journaliste. Combien de petits sourires et de réflexions médiocres ai-je entendues ! Et puis, un jour, Michel Houellebecq, l’écrivain à scandale qui plaît tant à ceux qu’il ridiculise, a dit, dans un de ses romans, tout le bien qu’il pensait de Pernaut – ce devait être dans La carte et le territoire, si je me souviens bien. Et j’ai alors vu ces intellectuels tourner casques, pour certains, et venir me parler de Pernaut en répétant les formules de l’écrivain. Minables petits êtres sans colonne vertébrale ! Et avec le temps, sa popularité est devenue un atout : c’est à lui que Macron a confié le soin de l’interviewer dans une école normande en pleine crise des Gilets Jaunes car, s’il y en avait un qui comprenait ce qui se passait, c’était bien lui ! Et Pernaut est devenu « tendance », après avoir essuyé les ricanements de   volaille sans cervelle et sans cœur. J’espère qu’il a savouré  tous ces gens qui allèrent ensuite à Canossa, dans son journal ! Mais, cessons-là, je crois en avoir assez dit sur ce sujet ceux mis en cause se reconnaîtront, s’ils sont honnêtes.

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Le deuxième point que je voudrais évoquer est celui de la rupture symbolique que représente sa mort, survenue juste un peu plus d’un an après son départ du JT, en décembre 2020. La crise des Gilets Jaunes et les manifestations anti-passe et anti-vaccins signalent une méfiance et un éloignement grandissant d’une partie du peuple, surtout rurale et périurbaine, envers les dirigeants et les structures du pouvoir. Ce malaise est analysé par des batteries de sociologues et de politologues qui n’y comprennent rien, tant ils vivent dans un entre-soi intellectuel et matériel purement urbain et même hyperurbain. La candidature ridicule d’Anne Hidalgo illustre fort bien ce décalage infranchissable. Or, Jean-Pierre Pernaut était un de ceux, rares, qui connaissaient la réalité de cette France des oubliés et des invisibles, d’abord, parce qu’il les aimait et, ensuite, parce qu’il allait vers eux et parlait d’eux. La France qu’il promouvait n’était pas morte, comme le disaient ses détracteurs aveugles, mais c’était au contraire celle qui ne veut pas mourir. Et toutes les initiatives que le JT de 13h mettait en lumière en sont la preuve concrète. De même que toutes les opérations qu’il montait étaient faites pour aider la France des « sans-dents ». Était-ce un combat perdu d’avance ? Peut-être, un peu comme la résistance des soldats et civils ukrainiens contre le rouleau compresseur russe. Mais faut-il pour cette raison ne pas se battre du tout ? Pernaut avait compris que des millions de Français ne rêvaient nullement de vie urbaine, de shopping, d’événements culturels haut de gamme ou de musées extraordinaires, mais voulaient simplement vivre où ils l’avaient décidé et y vivre décemment. C’est ce que tous les gouvernements depuis Nicolas Sarkozy  s’évertuent d’empêcher, au nom d’une logique comptable et d’un logiciel libéral.  Car cette prétention des simples est incompréhensible aux bobos nomades hyperconnectés. La mort de JPP est le symbole de ce combat difficile que des millions de gens continuent de mener, pour avoir simplement une perception, une école, des commerces ou une gendarmerie, sans parler d’un médecin et d’un hôpital proche. Pourtant la « pandémie » de Covid19 a mis en évidence de manière très cruelle les méfaits de la mondialisation et de la dépendance qu’elle a organisée. Mais tout laisse à penser que l’on reprendra très vite « business as usual » (« le boulot comme avant ») comme disent les anglophones. Et qui portera désormais la voix des sans-voix ? C’est bien la fin d’une époque, celle où on croyait la résistance et le retour à la raison possibles.

Le troisième point, sur lequel je voudrais conclure ce petit article est la réalité de la fragilité. Fragilité humaine d’abord : il y a quelques mois, quand Jean-Pierre a annoncé à ses téléspectateurs sa maladie il était en forme et décidé à se battre. En quelques semaines, le voici retranché du monde des vivants. Que nul ne s’y trompe, c’est l’illustration de notre propre fragilité et fugacité : aujourd’hui ici et vivant, demain, ce soir peut-être, disparu. La Bible ajoute en parlant du destin humain, comparé à de l’herbe : « … et le lieu où elle était ne se souvient pas d’elle ». Savoir et intégrer cette idée de notre finitude possible à tout instant devrait nous rendre humbles et sages. Or nous assistons à tout le contraire : les hommes importants (pour qui ?) se comportent comme s’il devaient vivre toujours, se rendant aveugles à leur propre nature. Voyez Vladimir Poutine, qui a assuré son pouvoir jusqu’en 2036 ! Malheureux, qui peut mourir demain et engage son pays dans une voie sans issue et sème le malheur pour des considérations sans valeur.

Mais aussi fragilité sociétale. Le monde stable (ou que nous voyions ainsi) bascule en peu d’années dans un chaos que nos grands esprits croient maîtriser parce qu’ils en parlent. Notre société vacille, c’est un fait que nul ne peut nier  ce jour. Ce qui faisait la vie belle et bonne en France se délite, d’abord imperceptiblement, puis s’effondre d’un seul coup. L’abstention électorale n’a cessé d’augmenter, mais elle n’était que le symptôme d’une maladie beaucoup plus grave : l’agonie de la démocratie parlementaire. Ce modèle est à bout, car il était adapté à un type de société et d’économie que les capitalistes de haut vol et les élus irresponsables ont sapé inlassablement. Destruction du tissu productif et du tissu social vont de pair. Et les idiots utiles de la pensée unique, surtout de gauche d’ailleurs, ont oeuvré avec zèle à cette double destruction. Je ne vais pas développer ici la démonstration de ce massacre organisé, mais j’y reviendrai dans des articles à venir. Une civilisation, une culture, un pays, une langue sont des objets fragiles et qui devraient évoluer dans le temps long. En posant l’immédiateté et l’instantanéité comme principes de nos vies connectées, nous allons à l’encontre de ce temps civilisationnel. Elle est bien loin la « politique de civilisation » que le vieillissant Edgar Morin croyait possible à mettre en place. Ce qui est à l’oeuvre actuellement est plutôt une « politique de décivilisation », devant laquelle nos vieux pays, pourtant si résilients, s’avèrent bien fragiles. Car ce qui fait la résistance, c’est l’adhésion commune, le cœur qui bat pour un même but. L’enfant du capitalisme ultralibéral est l’individualisme exacerbé que l’on nommait jadis égoïsme. On ne fait pas civilisation avec des monades égoïstes.

Des millions de Français modestes et simples ont, ces jours-ci, du chagrin, car ils ont perdu comme une sorte de membre de la famille, comme un ami lointain, mais fidèle. J’ai ce sentiment aussi. Mais au-delà de ce deuil marquant, nous enterrons sans doute encore un peu plus notre France périphérique et nos Français « moyens ». Constat peu réjouissant, mais lucide. Pourtant, il faut continuer de se battre pour nos campagnes, pour notre agriculture, nos commerces et services, nos écoles rurales, nos petits hôpitaux, nos petits tribunaux, notre langue et nos arts populaires, nous le devons bien à la mémoire de Jean-Pierre Pernaut.

Jean-Michel Dauriac – 5 mars 2022

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