Published 27 septembre 2026 by Jean-Michel Dauriac
Peut-être avez-vous remarqué, en circulant en voiture, de plus en plus de feux rouges au comportement erratique. Ils sont particulièrement nombreux dans les communes rurales ou périurbaines de petite taille. Ces feux semblent passer au vert selon leur propre logique. En étant plus attentif, on peut apercevoir à l’entrée des villages un panneau expliquant le fonctionnement de ces feux.
En voici un exemple pris dans un quelconque village français. Ces panneaux sont souvent placés juste avant le panneau d’entrée en agglomération. En bon citoyen, j’entre toujours dans une agglomération à la bonne vitesse (sauf pour le 30 km/h que ma voiture ne parvient pas à tenir, car c’est trop lent pour une automatique). Le feu est souvent visible dès cet instant, car ils sont mis de préférence dans de longues lignes droites, souvent les rues uniques de ces villages. Je m’approche donc avec confiance de ce feu qui est vert.
Il est surmonté d’une caméra et souvent d’un panneau solaire, argument écologique de vente oblige. Et là, alors que je roule gentiment à la bonne vitesse, le feu passe au rouge quand je me rapproche. Donc, le contraire du message indiqué à l’entrée du bourg ! Je poursuis ma route et arrive à proximité du feu. Dans le meilleur des cas, le feu passe au vert juste après que j’ai amorcé un freinage, dans le pire lorsque je viens de m’arrêter devant lui. Magnifique démonstration de l’ineptie technologique ! D’autant plus que ce feu ne sert vraiment à rien puisqu’il n’est assorti d’aucun passage piéton, par exemple. Pour vendre ce produit, les concepteurs ont inventé un nom qui dépasse les bornes de la stupidité. Ils l’appellent le « feu vert récompense ». Ils en définissent ainsi graphiquement le fonctionnement :
Il faut évoquer, à nouveau, le coup d’un tel jouet municipal. Je me borne ici à reproduire la synthèse IA de Google auquel j’ai posé la question du coût :
« Un feu de « récompense » (feu tricolore intelligent qui passe au vert si la vitesse est respectée) coûte généralement entre 8 000 € et 11 000 €, bien que certains ensembles complets ou installations complexes (avec mât, armoire, capteurs avancés) puissent atteindre 20 000 € à 40 000 € selon les options et les travaux de voirie nécessaires. »
Voilà donc où passe une partie non négligeable des finances des petites communes rurales, le plus souvent pauvres et incapables de faire face à leurs dépenses contraintes. Si vous cumulez l’ensemble des dépenses liées aux ronds-points, écluses, ralentisseurs, panneaux et « feu vert récompense », vous atteignez un chiffre important. Pourquoi les habitants ne rechignent-ils pas ? Croient-ils vraiment être plus en sécurité ? A quand les herses rétractables pour un stationnement gênant ?
Je songe au mot de Pompidou – je cite dans l’esprit, pas dans la lettre – :
« Arrêtez d’emmerder les Français ! »
Il faut se rappeler que les véhicules récents sont tous équipés de ce que les constructeurs appellent des « aides à la conduite » (que je nomme pour ma part des « gênes à la conduite »), parmi lesquelles des limiteurs de vitesse adaptatifs, qui rendent tous ces dispositifs inutiles ou superfétatoires.
Que ceux qui ont connu la liberté s’en souviennent avec nostalgie, car depuis au moins 25 ans – après le 11 septembre 2001 – elle est sans cesse rognée, sous divers prétextes, notamment sécuritaires et sanitaires, avec la complicité des Français adeptes en masse de la « servitude volontaire » de La Boétie. L’accumulation de ces petits faits isolés construit avec brio un totalitarisme soft qui fait de la France une dictature légale et policière, plébiscitée par les retraités et les possédants. Bon, je vous laisse, je vais aller pisser au fond de mon jardin, tant que ce n’est pas formellement interdit, et à condition qu’un drone ne me prenne pas en flagrant délit de miction coupable.
Published 25 septembre 2026 by Jean-Michel Dauriac
D’entrée, je pose un principe clair : le Code de la route est fait pour être respecté, car il assure une cohabitation des divers usagers de la route : automobilistes, cyclistes, piétons et autres gyroschtrouphfeurs. Les limitations de vitesse, particulièrement en agglomération, sont capitales pour cette sécurité et cohabitation. Ceci est dit, et sans aucune restriction.
Maintenant, venons-en au réel. Je prendrai un exemple vécu par votre serviteur récemment, lors d’un road-trip moto dans le nord-est de la France. Nous devions regagner notre camp de base un soir et pour cela faire la route qui relie Nancy ç Château-Salins, soit une trentaine de kilomètres vers l’est. Nous avons voulu éviter la route départementale majeure qui était très encombrée, car c’était l’heure de la débauche des travailleurs. Nous portâmes donc notre choix sur une petite départementale plus ou moins parallèle à la grosse voie, qui traversait de nombreux villages. Ces villages, proches en temps de parcours de Nancy, sont ce que l’on appelle des banlieues rurbaines, lesquelles sont maintenant majoritairement habitées par des urbains venus vivre ici pour des raisons souvent financières, à savoir le prix de l’immobilier. Ce sont des résidents pendulaires, ils quittent tous ensemble le matin leurs villages et le regagnent ensemble soir, d’où les bouchons, même sur des petites routes pseudo-rurales. Le samedi, ils vont presque tous en même temps dans les hypermarchés de la périphérie nancéienne, d’où de nouveaux encombrements. Ces habitants sont absolument dépendants de la voiture, même si des lignes de bus passent dans ces villages. Ajoutons, pour finir ce tableau rapide, que ces habitants rurbains sont devenus largement majoritaires dans les villages et qu’ils ont donc pris les mairies, en évinçant plus ou moins les locaux et, surtout, les rares agriculteurs restants. Ces habitants veulent tous les accessoires de la vie urbaine à la campagne (salles de sport, médiathèque, marché bio…). Et les maires sont très au courant de ces demandes, car ils sont eux-mêmes du même bois.
Quel rapport, me direz-vous, avec la sécurité ? Nous y venons. Il s’agit surtout de la sécurité routière ici, mais on pourrait y adjoindre la sécurité des biens et des personnes, avec la mode ce ces communes rurales suréquipées en caméras de vidéo-« protection » comme on dit dans la novlangue du moment. Pour la sécurité routière, les élus et leurs conseils municipaux rivalisent d’ingéniosité impersonnelle. Sur cette route, les villages se succédaient avec exactement les mêmes aménagements de bout en bout, comme si on avait dupliqué le modèle. Puis, quelques kilomètres après, changement de canton et changement de modèle, également reproduit ad libitum. Le grand drame des maires est qu’ils se rendent souvent au salon du Maire, qui jouxte l’assemblée générale des Maires de France. Et là, des vendeurs très persuasifs leur fourguent sans pitié leur camelote sécuritaire sans cesse renouvelée. Vous avez eu la grande mode des panneaux avertisseurs de votre vitesse, qui clignotent en rouge quand vous avez l’insolence de dépasser d’un kilomètre/heure la vitesse autorisée, ceux qui vous disent merci, avec une de ces crétines émoticônes souriantes, ceux qui vous rappellent combien ça coûte de dépasser la vitesse.
Même les plus microscopiques villages se sont équipés. Vous repassez un peu plus tard et le panneau ne fonctionne plus, en panne définitive : prix de l’équipement entre 5 000 et 14 000 euros selon les modèles ! Vous avez ensuite l’écluse, cette merveille invention qui se décline aussi sous diverses formes, plus ou moins chères selon la mise en œuvre.
Elle est souvent assortie du ralentisseur carré. Certains villages en comptent cinq ou six en 800 mètres ! Il faut ajouter les ralentisseurs, qui ont poussé comme des champignons, assortis de leurs panneaux 30 km/h et fin de 30 km/h.
Enfin, la dernière nouveauté, c’est la mise en place de panneaux « stop » ou « cédez le passage », en face de rien : aucune rue adjacente, aucun parking ! juste une occasion de faire arrêter l’automobiliste. Dans le tronçon routier que j’évoque , les maires avaient combiné tous les moyens cités ci-dessus dans leurs villages, de taille réduite. Résultat : des arrêts incessants. La quintessence de la stupidité municipale, qui rend leur village impraticable, y compris pour les habitants, car, j’avais oublié de citer les places de stationnement alternées pour casser encore plus la vitesse ; ici, le résultat est que le nombre de places a diminué de moitié et que les autochtones sont obligés de se garer sur les trottoirs, ce qui augmente évidemment la sécurité des piétons. Et tout cela par pur clientélisme municipal, pour satisfaire les demandes des résidents qui veulent bien habiter le long d’une route, mais à condition que les voitures n’y circulent plus, ou alors à la vitesse de l’escargot. Mais l’élu ne peut les décevoir, car il pense à sa réélection. Ajoutons que tous ces moyens ne dissuadent nullement les chauffards et ne gênent que la grande majorité des conducteurs respectueux du Code de la route.
Il faudra bien faire un jour la somme des dépenses absurdes en ce domaine quand, par ailleurs, les mêmes communes ne parviennent plus à entretenir leur réseau communal de voirie. Et cela se renouvelle chaque année, sans fin. Il y a eu, avant cela, la mode des ronds-points, qui coûtaient 800 000 euros pour le plus petit modèle ! Mais on ferme les piscines et les bibliothèques, faute de moyens. La crétinerie des maires et de leurs conseils ne cesse de grandir. Il n’en était pas ainsi auparavant : les priorités étaient celles de la vie pratique et de l’entretien. Aujourd’hui, même le maire d’un village veut paraître et marquer son mandat. Qui nous délivrera des commerciaux et des publicitaires !
C’est vraiment la question que je me pose depuis quelques semaines. Je ne reconnais plus le peuple français. J’ai l’impression, brutalement, de vivre dans un pays étranger. Plus précisément depuis le mois de janvier 2025 et la prise de fonction de Donald Trump aux Etats-Unis. Comme si l’arrivée de cet histrion dément avait agi autant sur nous que sur ses malheureux concitoyens. Il n’est pourtant pas le chef de l’Etat français ! Mais on peut en douter, quand on voit l’information de masse et le comportement de nos dirigeants. Tout se passe comme si les délires quotidiens de ce Président calamiteux nous concernaient directement. Je passe sur ses déclarations toutes plus ineptes les unes que les autres et qui lui laissent croire que le Groënland, le Canada, le Panama, Gaza ou l’Ukraine lui appartenaient ou allaient sans coup férir être américain. J’ai noté dans un autre billet d’humeur ce que nous devions aux journalistes en ce domaine. Mon but, aujourd’hui, est de mesurer les impacts trumpiens sur nos dirigeants, l’appareil d’Etat et le peuple français.
Nous assistons, depuis quelques semaines, à une offensive de propagande tous azimuts de niveau exceptionnel, que l’on ne peut comparer qu’au décervelage massif de l’épisode du Covid19. La conjonction des grands médias avec l’appareil politique et les principaux dirigeants engendre une campagne à laquelle il est très difficile d’échapper. Les télévisions se sont mises à l’unisson pour répercuter le discours officiel, comme les grands journaux et magazines avec leurs unes, sans oublier les discours politiques et gouvernementaux. Quelle est la teneur de ce discours ? La guerre est à nos portes, la Russie nous menace, nous les Européens, et nous ne sommes pas prêts, car le grand frère américain (lisez OTAN) a décidé de ne plus nous défendre. Voici pour la charpente générale. A partir de ces prémisses, chaque acteur apporte sa petite musique, mais toutes sont harmonisées dans le même sens : instiller la peur chez nos concitoyens afin de pouvoir ensuite faire adopter les mesures de réarmement et leur budget. Du coup, tout ce qui n’est pas en phase avec cette peur primale entièrement suscitée par un discours catastrophiste et absolument mensonger, devient accessoire et même ridicule. Ainsi, oser vouloir parler des retraites sérieusement serait devenu obscène. Mais emprunter pour s’armer et pouvoir offrir des armes qui nous font défaut à Zélenski est tout à fait essentiel. Demander que la santé et l’éducation soient reprises en main et garantissent le bien-vivre de la population n’est plus du tout prioritaire. Même la lutte contre la violence et les trafics, comme l’immigration, subissent un net recul face à la nouvelle doxa : la guerre, la guerre, la guerre. Qu’il faut bien préparer pour en surtout pas la faire, nous dit-on. Mais rien n’est plus faux que ce stupide adage latin, Si vis pacem, para bellum, (Si tu veux la paix, prépare la guerre), que tout latiniste a appris dans son cursus. Si tu prépares la guerre, tu finiras par la faire, c’est ce que l’histoire démontre à tout coup.
Nos hommes politiques, qui ne brillent vraiment pas par la pensée et l’originalité, mais qui ont, pour la plupart, fait de longues études universitaires où l’histoire leur a été enseignée, ont subitement oublié ce qu’ils savaient sur les années 1911-1913, ce que l’on appelait dans les cours de Première de jadis, la « marche à la guerre ». On pourrait dupliquer les discours et les publier tels quels dans la presse, cela ne se verrait même pas ! C’est à qui va aller le plus loin dans l’appel au réarmement et au sursaut patriotique ! A quoi je ne peux que citer le Grand Jacques : Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
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Le président Macron prononçant son discours sur la base de Luxeuil-les -bains
Mais le responsable principal doit être nommé et identifié : il s’agit du président Macron. Le voici requinqué comme aux plus beaux jours de la « guerre » contre le Covid. Lui qui se trouvait, de facto, marginalisé par sa défaite politique et électorale, écarté du vrai pouvoir, a rapidement su trouver comment occuper le devant de la scène. Car cet adulescent inconsistant ne peut vivre qu’en représentation. Sans caméras et micros, il n’existe plus. Trump lui a fourni les moyens de sa sortie du purgatoire, et il a su très vite en faire usage. Depuis maintenant deux mois, il parcourt l’Europe pour rameuter des troupes autour de son grand projet de défense militaire. Le malheur de la nation veut que le Président, selon la constitution de la Ve République, soit le chef des armées. C’est donc sur cette prérogative qu’il est en train de bâtir son grand retour, en essayant de faire oublier qu’il est le responsable de la situation catastrophique de la France depuis 18 mois et son aventureuse dissolution, bien mal calculée. Et comme les Français sont, effectivement, des « veaux », selon la formule du Général, il est en passe de réussir son coup : une grande majorité des Français sondés lui emboîteraient le pas ! (On a le droit de mettre en doute la méthode de ces sondages !). Ce petit homme qui se ferait dessous s’il se trouvait vraiment sur une ligne de front comme en Ukraine, sous le feu roulant des Russes, adopte la posture martiale de César et va partout prêcher sa bonne parole. Hier, c’était sur la base aérienne de Luxeuil (Haute-Saône), où il a prononcé son discours, micro à la main, au milieu des militaires et a annoncé un effort sans précédent de remise à niveau des forces aériennes. Où va-t-on trouver les milliards d’euros, alors que notre endettement est déjà colossal, le plus important de la zone euro et que nos prélèvements obligatoires (lisez impôts et taxes) sont les plus élevés de l’Ouest ? Soit en empruntant plus – ce qui creusera encore le gouffre et hypothèquera l’avenir sur des générations -, soit en prenant l’argent sur d‘autres postes budgétaires, et de préférence dans les gros budgets des gros ministères. Ce qui augure de restrictions sur la santé, l’école, la justice, les transports, etc. Et pour quelles raisons objectives ? La Russie a-t-elle envoyé un ultimatum à l’UE ou à la France ? Constate-t-on des mouvements de troupes blindées russes dans les Ardennes ? Non, tout cela à partir de la situation ukrainienne, dont Zelenski a su donner une version inquiétante aux dirigeants de l’UE, au premier chef Macron. Le conflit ukrainien serait l’avant-garde de celui que Poutine va enclencher avec l’UE, il faut donc sauver le soldat Zelenski pour sauver la liberté occidentale. Tout cela ne résiste évidemment pas à l’analyse et s‘avère être en grande partie une fiction, très bien vendue par l’ancien comique ukrainien.
Mais ce qui me déçoit le plus, ce n’est pas la vague éhontée de propagande qui s’abat sur notre pays, mais le fait que les Français se laissent aussi facilement manipuler. Ainsi il faut bien admettre que tout le travail de l’école et des professeurs d’histoire qui ont enseigné les deux grandes guerres du XXe siècle est inutile. A la première étincelle de nationalisme et de militarisme, ils s’enflamment comme de l’étoupe et se comportent comme leurs aïeux allant « bouffer du boche » et conquérir Berlin en une semaine. « Quelle connerie la guerre », comme l’écrivait Prévert ! Ils ont donc oublié que dans une guerre il n’y a que du mal. Que des morts, des exactions, des mutilés, des blessés, des traumatisés, des destructions de villes et villages, des fusillades de civils… Qu’il n’y a jamais de vainqueur dans une guerre, seulement une illusion de victoire. Que seuls la haine et le malheur gagnent. Que ceux qui appellent à la faire sont justement ceux qui ne la font pas. Ils ont oublié Verdun et ses centaines de milliers de morts pour rien, et les cinquante millions de tués lors de la dernière conflagration mondiale. Non, rien ne peut justifier cette passion guerrière, et celui qui la sème devra un jour rendre des comptes, et pas seulement au tribunal de l’histoire.
France et Français, pouvez-vous vous ressaisir ou voulez-vous continuer à être des pantins que l’on téléguide par électronique interposée ? Il devrait y avoir des centaines de milliers de gens dans nos rues pour dire « non à l’esprit guerrier ». Au lieu de quoi, ils répètent en boucle les fake news officielles de l’Elysée. Il y a des jours où j’ai honte d’être Français !