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Le Blog à Jean-Mi ! Posts

Foi et salut en Christ : permanences et évolutions

La religion chrétienne repose, dès l’origine, de deux piliers : la foi et le salut. C’est là le cœur de la prédication évangélique des commencements, ce qui construit l’Eglise primitive des trois premiers siècles. Il n’est pas inutile de rappeler, Bible en main, quels sont ces fondements et comment ils étaient mis en œuvre par les apôtres et leurs successeurs. Il sera alors possible de parler de l’évolution de ces piliers au fil de l’histoire, en choisissant quelques moments forts. Nous pourrons alors porter un jugement sur cette évolution et dire s’il faut la regretter ou l’applaudir, toujours dans le seul souci d’être des serviteurs fidèles.

Textes de base :

Hébreux 13 :8 : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité. » (version La Colombe)

Jean 3 :16 : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. » idem.

Que croyait et prêchait l’Eglise primitive ?

Le récit fondateur est celui du jour de la Pentecôte, dans les deux premiers chapitres du livre des Actes des Apôtres : Actes 2 :14-40.

Nous y voyons comme Pierre « improvise » -sous l’action du Saint-Esprit- un discours face à la foule survenue à cause du bruit fait par les cent-vingt remplis de l’Esprit.

  1. Il explique ce qui se passe et ce qu’est le Saint-Esprit, en ayant recours à la prophétie de Joël, car il parle à des juifs, qui ignorent la promesse de Jésus et ne connaissent que les manifestations juives de l’Esprit de  Dieu.
  2. Il aborde ensuite le rôle de Jésus, en le faisant apparaître comme sujet de la prophétie de David, par un mélange de citations (Esaïe et les Psaumes).
  3. Il annonce la résurrection du Christ et l’envoi de l’Esprit-Saint par lui. « Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. » Actes  2 : 36.

Ce message n’annonce point le salut, mais le Messie et sa résurrection. Aux questions des présents il donne la description du processus de conversions :

Actes 2 : 38-40 : « 38  Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit.

39  Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera.

40  Et, par beaucoup d’autres paroles, il rendait témoignage et les exhortait, en disant : Sauvez-vous de cette génération perverse. » Source idem.

Repentance baptême et réception du Saint-Esprit. Jamais le mot salut n’est prononcé.

Une représentation peinte de réunion de maison de l’Eglise primitive

Le deuxième discours de Pierre, dans le Temple, Actes 3 :12-26, reprend la prédication messianique vers les juifs.

C’est dans le troisième discours, Actes 4 :8-12, devant le conseil juif, le sanhédrin, que le mot « salut » apparaît pour la première fois après la résurrection, faisant ainsi écho à la déclaration de Jésus en Jean 12 :47.

Actes 4 : 12 : « Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » Version LSG 1910.

Jean 12 : 47 : « Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, ce n’est pas moi qui le juge, car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde. » Version La Colombe).

De ces deux versets, nous déduisons donc une équation très simple :

JESUS = LE SALUT = LE SEUL MOYEN DONNE AUX HOMMES

La foi en Jésus et le salut sont une seule et même chose pour l’Eglise primitive.

Pour elle, la proclamation de cette foi simple suffit. On le voit dans le livre des Actes 8 : 26-39, qui raconte la rencontre du diacre Philippe et du dignitaire éthiopien sur une route de Palestine.

Actes 8 : 36-38 : 36  Comme ils continuaient leur chemin, ils arrivèrent à un point d’eau. Et l’eunuque dit : Voici de l’eau ; qu’est-ce qui m’empêche d’être baptisé ?

37  Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. L’eunuque répondit : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu.

38  Il ordonna d’arrêter le char ; tous deux descendirent dans l’eau, Philippe ainsi que l’eunuque, et il le baptisa. » Idem.

On ne prêche rien d‘autre que ce que résume Jean 3 : 16, aucune connaissance doctrinale ou biblique n’est requise a priori. La foi proclamée suffit.

Et ensuite ? (évolutions à travers quelques exemples historiques)

Nous allons donner quelques exemples tirés de l’histoire du christianisme au cours des 1700 ans qui suivent la naissance de la Grande Eglise Catholique.

 L’apparition de la catéchèse et du catéchisme est établie dès le IIe siècle : les futurs baptisés doivent suivre un enseignement. On a de bons exemples de catéchèses antiques ( la Didaché, par exemple). Le futur baptisé doit apprendre des réponses aux questions qui lui seront posées lors de la cérémonie du baptême. Cette catéchèse peut durer longtemps, car son résultat est soumis à l’appréciation des pasteurs et anciens. Pendant ce temps, les catéchumènes sont tenus à l’écart de la deuxième partie du culte, celle de la Sainte Cène.

Question essentielle : qu’arrive-t-il si un catéchumène meurt avant d‘avoir été baptisé ?

Pour l’Eglise primitive et, après elle l’Eglise catholique, il est perdu et va en enfer, car c’est le sacrement du baptême qui accorde la grâce du salut. D’où le baptême des nourrissons et les baptêmes pratiqués à l’article de la mort.

Jésus a dit, en Jean 11:40 « Jésus lui dit : Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » LSG 1910.

Faut-il rejeter la catéchèse ? Evidemment non, mais il faut la remettre à sa juste place.

La classification des péchés véniels et mortels est une étape importante. Voici la synthèse IA Google sur ce point :

La distinction entre péché véniel et péché mortel s’est développée de manière progressive dans l’Église catholique, mais elle s’est véritablement structurée et théorisée au Moyen Âge, avant d’être formellement dogmatisée au XVIe siècle. Son évolution historique s’articule autour de quatre grandes étapes : 1. Les fondements bibliques (Antiquité) L’origine de la distinction remonte au Nouveau Testament. Le texte de référence se trouve dans la Première épître de Jean (1 Jn 5, 16-17), qui évoque explicitement l’existence d’un « péché qui mène à la mort » et d’un péché « qui ne mène pas à la mort ». [1, 2] 2. La formulation par les Pères de l’Église (IVe – Ve siècle) Durant les premiers siècles, face à la mise en place de la pénitence publique, les théologiens ressentent le besoin de classer les fautes. Saint Augustin d’Hippone joue un rôle déterminant en distinguant trois catégories de fautes : [1] Les fautes quotidiennes et légères (qui seront qualifiées plus tard de vénielles), effacées par la prière, le jeûne ou l’aumône.Les péchés graves ou mortels (comme le meurtre, l’apostasie ou l’adultère), qui brisent la charité et nécessitent une démarche de pénitence officielle pour réintégrer la communauté. [1, 2] 3. La systématisation scolastique (XIIIe siècle) C’est au Moyen Âge que la théologie catholique fixe précisément les définitions et la terminologie actuelle. Dans sa Somme théologique, Saint Thomas d’Aquin conceptualise rigoureusement la différence en se basant sur la finalité de l’acte : [1, 2, 3] Le péché est mortel lorsqu’il détruit la charité et détourne entièrement l’homme de Dieu (sa fin ultime).Le péché est véniel (du latin venia, qui signifie pardonnable) lorsqu’il perturbe l’ordre moral sans pour autant rompre la relation d’amour avec Dieu. [1, 2, 3] 4. La dogmatisation au Concile de Trente (1545–1563) La distinction devient un dogme officiel et obligatoire lors du Concile de Trente. Pour répondre aux réformateurs protestants (qui soutenaient que tout péché mérite intrinsèquement la damnation éternelle), l’Église catholique réaffirme solennellement qu’il existe une différence de nature et de gravité entre les fautes. Le concile impose alors la confession obligatoire de tous les péchés mortels.

Les péchés mortels ne peuvent être pardonnés que par l’absolution donnée par un prêtre. Il n’y a aucun fondement biblique à toute cette doctrine quoiqu’en dise le texte ci-dessus. Mais cette pratique marque le renforcement absolu du cléricalisme et l’institution vitale des sacrements. Sans eux, pas de salut.

Ceci est en contradiction avec la prédication apostolique et le message de Jésus, pour lequel les religieux (pharisiens et saducéens) abusaient de leur autorité.

L’invention du purgatoire, à partir du XIIe siècle, remet en cause le salut par grâce. Avec la pratique des indulgences, on entre dans une hérésie de type simoniaque, qui finira par déclencher la Réforme de Luther. Le salut devient une sorte de parcours d’obstacles, qui doit être réduit par toutes sortes de pratiques (pèlerinages, ascèses, offrandes…). Ce dogme n’a absolument aucune base biblique. Il va faire régner la peur de l’enfer des siècles durant. Il réduit la grâce divine à un marchandage sordide.

Luther prêche la justification par la foi et le salut par grâce et refuse les Indulgences pontificales, par ses fameuses 95 thèses : c’est le début de la Réforme protestante. Il s’agit, en fait, d’un retour aux textes évangéliques et à la foi de l’Eglise primitive.

Mais peu à peu, certaines dénominations protestantes, à leur tour, reviendront sur ce salut par grâce. Tout un courant prêchera une sanctification très sévère, qui conditionnerait le salut. A L’inverse, les libéraux rejetteront l’idée d’un salut pour les seuls croyants et prêcheront un salut universel ou un paradis sur terre (L’apocatastase remettant parfois en doute l’existence d’une vie éternelle). L’enfer n’existe pas…

On le voit, l’histoire chrétienne est jalonnée d’erreurs et de manipulations qui ont remis en cause les fondements de l’Eglise primitive. Toutes ces erreurs ont en commun d’avoir discuté de la suprématie de la Bible comme seule dépositaire de la Parole de Dieu.

Une référence ancienne , mais de grande qualité pour mieux connaître l’Eglise primitive

Sauvés… Mais de quoi et pourquoi?

Dans le sens commun, « sauver » signifie « arracher à un grave danger, mettre à l’abri ». Le salut chrétien doit être compris, en premier lieu, dans ce sens commun.

Le salut en Christ est ce qui nous met à l’abri de tout ce que le Christ a dénoncé comme nous menaçant. Citons quelques exemples.

Actes 2 :40 : « Et, par beaucoup d’autres paroles, il rendait témoignage et les encourageait, en disant : Sauvez-vous de cette génération perverse. » Version NBS. Paul use de la même expression en Phlippiens 2 : 15 : « …afin que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une génération perverse et corrompue, » version LSG 1910. Le mot grec skoleon veut dire « oblique, tortueuse, sans franchise ». On peut aussi traduire par « dévoyée » (TOB, JER) ou « pervertie ».

1 Pierre 2 : 18 : « Vous savez en effet que ce n’est point par des choses périssables — argent ou or — que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre, héritée de vos pères, » (version La Colombe).

1 Pierre 5 : 8 : « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. » (Version LSG 1910).

Je m’en tiendrai à ces trois menaces que l’Eglise primitive avait clairement identifiées.

Une génération perverse et corrompue, menteuse et pervertie. N’entend-on pas cela aujourd’hui, et pas seulement dans la bouche des chrétiens ? La morale humaine et la décence ordinaire semblent abolies, l’argent et le pouvoir ont tout corrompu, la violence gangrène nos sociétés. Jésus a fait de cela un signe des temps de la fin (Matthieu chapitre 24).

Une vaine manière de vivre est aussi dénoncée par les apôtres. Un mode de vie futile qui n’a pas de sens profond. Si cela était déjà vrai à l’époque de Pierre et Paul, que dire de notre temps ? Nous sommes au sommet de la vanité, du non-sens, poussés à la seule consommation. La « mort de Dieu », claironnée depuis 150 ans a ôté toute perspective qui puisse nous transcender. La jeunesse est souvent perdue, se choisissant des gourous dérisoires (des « influenceurs » dit-on stupidement en avouant le piège) ou des causes absurdes. Les adultes fuient, la tête dans le guidon, sans prendre le temps de réfléchir à ce qu’ils vivent et à ce qu’ils sacrifient.

Ces deux éléments caractérisent, hélas, nos sociétés dites avancées (en décomposition) et développées.

Il s’y ajoute, pour ceux qui sont sensibles à la vie spirituelle, la menace plus subtile du diviseur, le diabolos, le Diable : l’ésotérisme, les superstitions, les pratiques occultes, les diverses sectes… Tout cela génère des femmes et des hommes « dévorés » par le Mauvais, esprit du monde (1 Jean 5 : 19 : « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier gît au pouvoir du Mauvais. » (version NBS). De cela aussi, Jésus nous sauve.

Conclusion

C’est une grave erreur de perspective, mais découlant de l’esprit du temps, que de nous faire croire que le temps de l’Eglise primitive est dépassé et ne saurait nous servir de référence. En effet, en rejetant certains excès, nous rejetons aussi ce qui est bon.

Les excès, c’est une erreur de croire que LE modèle de la « bonne église » doit reproduire à la lettre celle de Jérusalem, décrite dans les débuts des Actes des Apôtres.. Cela n’a jamais été enseigné par les Apôtres. Paul, qui donne de nombreux conseils aux églises, ne fait aucune référence à Jérusalem. Et il faut également se garder d’absolutiser les conseils de Paul.

Le bon est pourtant abondant dans cette Eglise primitive, sa foi et son salut.

La foi des premiers chrétiens peut nous servir d’exemple, car elle est pure et pas encore manipulée par les religieux de métier. Une excellente référence, toujours actuelle, est le symbole des Apôtres, résumé de la foi du II-IIe siècle. Un chrétien authentique doit pouvoir prononcer chacun de ses termes en conscience.

Symbole des Apôtres

Je crois en Dieu le Père tout-puissant

Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur,

Qui est né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie,

Qui, sous Ponce Pilate, a été crucifié et enseveli,

Le troisième jour est ressuscité des morts,

Est monté aux cieux,

Est assis à la droite du Père

D’où il viendra juger les vivants et les morts,

Et au Saint-Esprit,

A la sainte Église,

A la rémission des péchés,

A la résurrection de la chair. Amen

Le salut n’a pas « évolué », seule la façon de l’annoncer l’a fait, pour s’adapter à chaque époque. Mais le salut reste ce que nous avons vu plus haut. Il ne peut y avoir de compromis, on ne peut pas édulcorer le salut (ni le péché, même si le mot fait peur !). Il n’y a pas de demi-salut !

Si nous croyons que « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité. », alors il faut rester dans la foi du Christ et des Apôtres, et rechercher le salut, pour notre propre vie d’abord, puis pour les autres.

Tous les autres, sans exception ? Cela ne nous appartient pas de le savoir. Le salut est dans les mains de Dieu : s’il a décidé qu’il sera donné à TOUS les hommes, c’est son dessein. Je citerai le grand théologien réformé, Karl Barth,  à ce sujet :

« Il faut être fou pour enseigner le salut universel, mais il faut être impie pour ne pas le croire. »

Le salut n’est pas une fin, il est un début. Par lui, nous entrons dans le Royaume de Dieu dès maintenant : là est la grâce.

Jean-Michel Dauriac – octobre 2026.

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Jésus : frère ou ami ?

Je voudrais que nous méditions ensemble sur trois mots-clés de la foi et la vie chrétiennes : enfants de Dieu – frères – amis.

Quand on étudie attentivement la Parole, on découvre que ces trois termes ne sont pas synonymes, pas plus qu’ils ne sont concurrents, mais qu’ils sont complémentaires et qu’ils nous disent des choses intéressantes pour notre édification personnelle et collective.

Nous sommes « enfants de Dieu »

Jean 1 : 9-13 –  « 9  La Parole était la vraie lumière, celle qui éclaire tout humain ; elle venait dans le monde. 10  Elle était dans le monde, et le monde est venu à l’existence par elle, mais le monde ne l’a jamais connue. 11  Elle est venue chez elle, et les siens ne l’ont pas accueillie ; 12  mais à tous ceux qui l’ont reçue, elle a donné le pouvoir  de devenir enfants de Dieu — à ceux qui mettent leur foi en son nom. 13  Ceux-là sont nés, non pas du sang, ni d’une volonté de chair, ni d’une volonté d’homme, mais de Dieu. » Version NBS.

C’est la Lumière venue dans le monde (le Logos, le Fils ou la Parole sont de stricts synonymes chez Jean dans ce prologue) qui a le pouvoir de faire cette œuvre, à savoir de nous faire « devenir enfants de Dieu ».

Cela demande de recevoir d’abord la Lumière, de se laisser éclairer, puis de la croire en son nom terrestre, Jésus. C’est le chemin de la foi. C’est un acte volontaire d’ouverture, sans lequel rien n’est possible.

Alors, celui qui croit peut devenir enfant de Dieu, par la volonté seule de Dieu.

Ni les sacrifices, ni l’hérédité – le sang -, ni la volonté humaine ne peuvent cela. C’est pure grâce !

Devenir enfant de Dieu – titre sublime qui peut faire peur !- c’est devenir frère du Fils de Dieu, car nous avons le même Père.

Voilà ce qui est promis à tout être humain qui ouvre son cœur à l’Evangile du Christ ? Notez qu’il n’est posé aucune condition particulière, tous sont invités, les blancs, les noirs, les jaunes, les hétérosexuels, les homosexuels, les trans et autres bi ! Ce qu’il advient après relève du chemin personnel spirituel que l’Esprit conduit. Gardons-nous bien d’exclure a priori des gens que notre morale condamne. Enfant de Dieu, c’est notre nouvelle identité, laquelle passe par ce qu’on appelle la nouvelle naissance (voir la première partie de ce culte).

Nous sommes assurés de cette position en Christ.

Nous sommes frères et sœurs en Christ

Je ne reviendrai pas sur ce qui a déjà été dit dans la première partie de ce culte. Je voudrais juste ajouter quelques remarques.

La fraternité se joue dans un triangle incessible Jésus – Moi – Les frères et sœurs. Elle ne peut être vraie que lorsque cette relation triangulaire existe vraiment. Veillons à toujours l’entretenir.

« Frère » est le seul titre que Jésus nous autorise à utiliser.

Matthieu 23 : « 9  N’appelez personne sur la terre votre Père, car vous n’en avez qu’un seul, le Père céleste. » Version TOB.

Ce verset insupporte certains catholiques, notamment les Jésuites (qui se font appeler Pères), mais c’est bien une parole du Christ. Cela signifie qu’aucun homme ne peut remplacer Dieu dans nos cœurs et dans nos bouches.

Tous les frères sont égaux face au Père, à la différence des frères et sœurs humains cités dans la Bible. Le plus insignifiant vaut le plus glorieux. C’est aussi une école d’humilité.

« Frère », comme « enfant de Dieu », est un statut acquis par notre salut par grâce. Vivre ces deux conditions, c’est vivre ce que l’on appelle une vie chrétienne.

Mais peut-on désirer plus ?

« Vous êtes mes amis… »

Jean 15 : 12-17 – « 12  Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. 13  Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. 14  Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. 15  Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai appelé amis, parce que tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. 16  Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis et je vous ai établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, pour que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. 17  Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » Version SER.

Dans ce texte, Jésus va plus loin que n’importe où ailleurs dans ses discours.

  • Il acte le passage du statut de serviteur (esclave) à celui d’ami, ce qui marque évidemment un changement d’intensité de la relation. Paul dira souvent qu’il est devenu « esclave » du Christ. Il se présentera comme « serviteur ». Cette position signale l’obéissance. Jésus ne dit pas le contraire, mais il élargit le statut du serviteur.
  • « Vous êtes mes amis… », verset 14. Affirmation indubitable, si, condition inévitable et nécessaire, « vous faites ce que je vous commande ». (entellomai – ?????????? veut dire recommander, commander, ordonner, en grec). Or, ceci suit juste le verset 12 qui dit ce que Jésus ordonne : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés». C’est la condition unique, car l’amour est ce qui va nous amener au bon comportement, sans règles supplémentaires.
  • Jésus explique pourquoi nous sommes ses amis :
  • Parce que nous méritons qu’on donne sa vie pour nous – ce Jésus va faire – et nous devons aussi le faire pour notre ami – en premier lieu, la donner à Jésus.
  • Parce qu’il nous a fait connaître tout ce que le père lui a appris (en tant que Fils incarné). L’amitié est partage et confiance autant qu’amour.
  • L’amitié est un choix, comme le dit le verset 16 : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis ». Et c’est le choix de Jésus qui est ici présenté : il a choisi douze disciples qui sont ses amis, parmi tous ceux qui le suivaient (voir les soixante-dix envoyés en mission après les douze, en Luc chapitre 10). Il y a donc bien deux cercles autour de Jésus : les disciples ordinaires (les frères) et les douze (les amis). Aujourd’hui, le choix est dans notre camp ; c’est nous qui pouvons décider de devenir les amis de Jésus. Nous en connaissons la condition.
  • L’amitié de Jésus passe au-delà des faiblesses de ces douze amis. Matthieu 26 : 50 «  Jésus lui dit : Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le. » (Version NEG.) nous montre que même Judas reste son ami au moment de sa trahison. Même le triple reniement de Pierre ne lui ôte pas l’amitié de Jésus ; etc.

Conclusion

Veux-tu être l’ami de Jésus ?

Tu as le choix de rester dans le cercle extérieur des disciples rachetés et adoptés ou de choisir d’intégrer le premier cercle, celui des amis. Ce choix est individuel et totalement libre. Ne pas le faire ne t’enlève rien. Mais le faire ajoute à ta vie chrétienne normale une dimension que j’appelle la vie mystique.

Si tu choisis l’amitié du Christ, tu gagnes deux promesses énoncées au verset 16 :

  1. Tu porteras du fruit qui demeure, donc ta vie ne sera pas stérile. A chacun d’identifier le fruit en question.
  2. Ta prière sera entendue et exaucée par le Père, en priant au nom de ton ami Jésus.

Il me semble que le choix est facile !

Jean-Michel Dauriac – Août 2026

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La fraternité chrétienne

Première partie du culte du dimanche 9 août 2026

Lecture d’accueil : Psaume 118 : 22-24 ;26 ;29 version SER :

« 22  La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la pierre principale, celle de l’angle.

23  C’est de l’Éternel que cela est venu : C’est un miracle à nos yeux.

24  C’est ici la journée que l’Éternel a faite : A cause d’elle, soyons dans l’allégresse et la joie ! […]

26  Béni soit celui qui vient au nom de l’Éternel ! Nous vous bénissons de la maison de l’Éternel.[…]

29  Célébrez l’Éternel, car il est bon, Car sa bienveillance dure à toujours ! »

Introduction : Nous placerons ce culte sous le signe des relations positives entre les êtres humains et, en premier lieu, la fraternité que notre République place dans sa devise, mais oublie bien souvent. Pour le chrétien, la fraternité est essentielle, au sens le plus profond de ce terme.

une fête de la fraternité républicaine et laïque, à Evreux en 2018

Le texte biblique qui nous introduit dans cette méditation est celui du psaume 133. Mais au lieu de le lire, je vous propose d’en écouter une version chantée par le groupe Les Témoins, dans les années 1970.

« 1 Cantique des degrés. De David. Voici, oh ! qu’il est agréable, qu’il est doux Pour des frères de demeurer ensemble !

2  C’est comme l’huile précieuse qui, répandue sur la tête, Descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron, Qui descend sur le bord de ses vêtements.

3  C’est comme la rosée de l’Hermon, Qui descend sur les montagnes de Sion ; Car c’est là que l’Eternel envoie la bénédiction, La vie, pour l’éternité. » version NEG.

La Bible célèbre donc, dès l’Ancienne Alliance, la joie et le bonheur de la fraternité. David, dans ce psaume, associe cette joie au fait de « demeurer ensemble », c’est-à-dire d’avoir la même demeure, la même maison. Or, dans la tradition juive, cette maison, c’est d‘abord la Tente du Tabernacle où repose l’Arche de l’Alliance, puis le Temple de Jérusalem. Autrement dit, pour nous, le lieu du culte. Celui-ci associe donc les frères et sœurs à « agréable » et « doux ». Notons aussi que l’image de l’huile nous parle de l’onction du Saint-Esprit qui vient couler à ce moment, comme la douce rosée qui entretient la vie. Le psaume dit bien que c’est là, dans ce rassemblement des frères et sœurs que Dieu envoie la bénédiction. Ce n’est donc pas anecdotique.

Ajoutons encore que la joie précède même le séjour dans la maison de Dieu, elle apparaît dès le chemin qui y conduit !

Psaume 122 : « 1 Cantique des degrés. De David. Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Eternel ! » version Segond 1910.

Le mot « frère » a un sens premier précis : sont frères ou sœurs  ceux qui sont nés des mêmes parents, sinon, si c’est la mère, seul le ventre est commun, donc on parle de demi-frère ou frère utérin.

Dans l’Ancien Testament, nous trouvons quatre sens à ce mot.

  1. Le sens premier : les fraternités biologiques. Exemple de Caïn et Abel, Jacob et Esaü ou Joseph et ses frères. Notons ici que les relations sont toujours problématiques, voire conflictuelles. La Genèse en est l’illustration parfaite, mais cela se poursuit dans les livres de Rois ou des Juges.
  2. La fraternité des armes : les Maccabées  sont le meilleur exemple de frères biologiques devenus frères d’armes. On voit aussi David avec certains de ses généraux. Combattre ensemble crée des liens très forts.
  3.  La fraternité religieuse : ici ce n’est plus le sens premier, mais un sens spirituel. L’élection d’Israël par Dieu fait des Hébreux les enfants spirituels de Dieu et les unit dans une fraternité religieuse. C’est celle des deux psaumes cités en début de culte.
  4. La fraternité politique : Israël est aussi une nation dont tous les membres sont frères, régis par la Loi, tous égaux devant l’Eternel.

La fraternité biblique n’est pas un choix, elle est un destin ou une élection. On ne choisit pas ses frères et sœurs biologiques. Ils nous sont imposés.

De même, pour la fraternité religieuse et cultuelle. Elle s’impose à nous, elle n’est pas une option. Relisons la 1re Epitre de Jean, qui est le texte le plus clair à ce sujet.

Une fête de la fraternité chrétienne, dans le Nord, en 2017

1 Jean 2 : « 8  D’autre part, c’est un commandement nouveau que je vous écris ; ceci est vrai pour lui et pour vous, car les ténèbres passent, et la lumière véritable brille déjà. 9  Celui qui prétend être dans la lumière, tout en haïssant son frère, est encore dans les ténèbres. 10  Celui qui aime son frère demeure dans la lumière et ne risque pas de tomber. 11  Mais celui qui a de la haine pour son frère est dans les ténèbres ; il marche dans les ténèbres et ne sait où il va, parce que les ténèbres ont rendu ses yeux aveugles. » Version SER.

1 Jean 3 : « 15  Quiconque a de la haine pour son frère est un meurtrier, et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui. 16  A ceci, nous avons connu l’amour : c’est qu’il a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. 17  Si quelqu’un possède les biens du monde, qu’il voie son frère dans le besoin et qu’il lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeurera-t-il en lui ? » Version SER.

On ne peut pas se dire chrétien et ne pas aimer son ou ses frères dans la foi. Il y a là une impossibilité catégorique pour Jean.

Et Jésus, qu’en dit-il ?

  • Son exemple est très intéressant. Car il appartient à une fratrie, décrite dans les Evangiles (n’en déplaise aux catholiques et orthodoxes, qui ont tordu les textes pour justifier des dogmes extrabibliques, comme l’Immaculée Conception). Et il est, par ailleurs, un juif religieux qui connaît fort bien les textes de la Loi et des Prophètes.
  • Ce que l’on sait de ses rapports avec ses frères, c’est qu’ils voulaient le ramener à la maison de Nazareth pour l’empêcher de prêcher, car ils le prenaient pour un illuminé. Donc, des rapports, là-aussi, problématiques. Aucun de ses frères ou sœurs ne le suit dans  son ministère itinérant, aucun ne croit en Lui.

Jean 7 : « 5  En effet, ses frères non plus ne croyaient pas en lui. » Versions SER.

  • Jésus ne recherche pas leur compagnie et a des propos très durs sur les liens familiaux.
  • Il définit lui-même la fraternité qui est celle qui l’intéresse. Elle est spirituelle et s’inscrit dans l’héritage juif.

Matthieu 12 : « 46  Comme Jésus parlait encore à la foule, sa mère, et ses frères se tenaient dehors et cherchaient à lui parler. 47  Quelqu’un lui dit : Ta mère et tes frères se tiennent dehors et cherchent à te parler. 48  Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? 49  Puis il étendit la main sur ses disciples et dit : Voici ma mère et mes frères. 50  En effet, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère et ma sœur et ma mère. » Version SER.

Luc 14 : « 26  Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » Version SER.

Il y a donc un changement radical effectué par Jésus : les liens du sang doivent être dépassés par les liens d’amour pour le nom de Jésus. C’est une révolution pour les juifs, une parole scandaleuse. Et même pour les chrétiens, cette parole choque, car l’Eglise a fait de la famille une institution sainte, ce qu’elle n’est pas du tout dans la Bible : seul le devoir d’assistance et de respect pour les parents est rappelé par Jésus.

Bien sûr, frères de sang peuvent être aussi nos frères et sœurs en Christ.

La fraternité chrétienne naît d’un même Père (il n’y a pas de mère, car Dieu est à la foi Père et Mère). Jésus décrit ce processus à Nicodème :

Jean 3 : « 3 Jésus lui répondit : En vérité, en vérité je te le dis, si un homme ne naît de nouveau il ne peut voir le royaume de Dieu. 4  Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? 5  Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. 6  Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. 7  Ne t’étonne pas que je t’aie dit : il faut que vous naissiez de nouveau. » Version SER.

Cette naissance par l’Esprit est préfigurée par celle de Jésus :

Luc 1 : « 34  Marie dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? 35  L’ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. «  Version Segond.

Nous marchons dans les pas de Jésus. Enfantés par le même Père : le Saint-Esprit, nous sommes donc logiquement ses frères.

Cette fraternité avec Jésus nous oblige envers nos frères chrétiens d’abord, car eux sont nés de la même manière spirituelle. Notre fraternité doit s’exercer d’abord envers nos frères et sœurs en Christ.

Ensuite, elle nous amène vers nos frères en humanité, ceux qui partagent la même nature charnelle que nous. Nous leur devons assistance (confer le récit du Bon Samaritain), mais surtout l’annonce de l’Evangile, pour les conduire à la nouvelle naissance et en faire des frères et sœurs en Christ.

N’oublions jamais le sens profond de cette fraternité !

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