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Le Blog à Jean-Mi ! Posts

Les Russes ont Poutine, nous avons Bernard-Henri Lévy

Arte diffusait ce soir du 28 juin 2022 le film documentaire de BHL intitulé Pourquoi l’Ukraine.  En préambule à cette projection immanquable, Le Figaro, dans son édition du lundi 27 juin, lui consacrait une pleine page d’interview. J’ai commencé par lire ce grand entretien, mais en fait, quand on vu le film, on se rend compte qu’il répète quasiment mot pour mot son contenu.

Regarder un film de Bernard-Henri Lévy est toujours une « expérience », comme le disent aujourd’hui les décérébrés que l’on appelle communicants. Passons sur l’usage de ce mot qui traduit l’ignorance des publicitaires et venons-en au film lui-même. Regarder un film de BHL c’est toujours regarder un film sur BHL Il est de quasiment tous les plans, on le voit apparaître partout, dans les tenues les plus diverses, en treillis, en uniforme, en costume (avec la légendaire chemise blanche ouverte – à son âge il devrait faire attention à la pneumonie !) ou en pardessus noir. Pas une séquence où il ne se montre, même furtivement. Un tel degré de narcissisme est déjà problématique pour un vieil adolescent comme lui. Mais en plus de cette omniprésence visuelle, il nous impose aussi une omniprésence sonore, car il est l’auteur et le diseur du commentaire. Et là, des sommets sont atteints ! Les mots nous trahissent souvent, et dans ce film, ils trahissent tout le temps le personnage et sa posture. Certes, le sujet est bien l’Ukraine, depuis la révolution de Maidan (2014) jusqu’à la capitulation du bataillon Azov en juin 2022, mais cela finit par devenir secondaire par rapport au culte de l’ego de l’auteur. Passe encore que sa voix soit difficilement supportable : elle marque un vieillissement très net et use d’un ton théâtral très décalé. Mais au-delà de cette gêne sonore, il y a le contenu. Il s’agit d’un mélange assez incongru de références littéraires et mythologiques, de formules créées pour passer à la postérité et de resucées journalistiques. Disons tout net : toutes les images montrées en ce film ont été diffusées à satiété depuis le début de la guerre, il n’y a rien d’original, si ce n’est les entretiens de notre héros avec les protagonistes du récit. La banalité des images amène donc à se concentrer sur les paroles et c’est là, malheureusement, que le film trahit son auteur.

Depuis près de cinquante ans, BHL joue au philosophe engagé avec persévérance ; il se veut le Jean-Paul Sartre de sa génération. Depuis ses prises de position en faveur des boat-people vietnamien, il a enfourché le canasson de toutes les oppressions et les guerres qu’il pouvait utiliser. Il serait d’ailleurs intéressant de lister celles dont il n’a jamais parlé, ce qui dessine, en creux, ses choix politiques. Ce n’est pas mon propos ce jour.  Depuis trente ans maintenant, BHL arpente les champs de bataille choisis, costume noir, chemise blanche et écharpe au cou, et nous fait la leçon sur notre aveuglement et nos lâchetés. Serbie, Bosnie, Kosovo, Tchétchénie, Géorgie, Lybie, Arménie, et aujourd’hui Ukraine. Cet homme se trompe systématiquement dans toutes ses analyses politiques, alors même qu’il choisit des bonnes causes. Son niveau de compréhension politique est celui d’un élève de quatrième moyen d’un collège de banlieue. Et, avec ces inepties, il parcourt tous les plateaux tél et radio et délivre sa vérité, qui ne saurait être contestée. Il murmure ses âneries aux oreilles des présidents, avec plus ou moins de succès ; on lui doit la stupide intervention française en Lybie, dont on peut mesurer chaque jour le succès en lisant les nouvelles. Bref, il est admirable dans son genre, qui est celui de l’albatros baudelairien transposé à la politique.

Que nous dit-il sur l’Ukraine ? D’abord qu’il a tout compris depuis longtemps et qu’il est l’ami de tous les démocrates qui se sont succédé au pouvoir récemment dans ce pays. Je vous laisse juge de ce bilan, si vous suivez sérieusement la politique étrangère. Ensuite, que les Russes sont des soudards qui commettent des crimes contre l’humanité : nous avions effectivement besoin de lui pour le découvrir.  Que le peuple ukrainien est en tous points admirable, car il se bat pour défendre son pays. Du coup, on balaie très vite le passé antisémite et collaborateur des nazis, on oublie le passé du bataillon Azov et les russophones qui sont pro-russes dans tout l’est du pays. Pour BHL, les nuances n’existent pas. Il en vient enfin à répéter mot pour mot, comme un caniche, les éléments de langage de Zelenski sur le fait que cette guerre est notre guerre et que la défaite sera notre défaite. Il n’est pas ici le lieu de discuter ces affirmations, car elles sont discutables. Il est frappant de voir la banalité du propos, collection d’évidences journalistiques habillées ici de la culture normalienne ; mais cela ne suffit pas à transformer des truismes en pensées originales. BHL nous appelle, ni plus ni moins, à combattre avec les Ukrainiens, pour défendre la démocratie et la liberté. Pourquoi ? Parce que cet homme vit, depuis sa jeunesse, dans un pays mythologique dont il est le prophète et le héros. Il se moque absolument des conséquences de ses postures et de ses paroles. Est-il revenu voir le résultat de sa pression sur le président Sarkozy pour intervenir militairement en Lybie? A-t-il vu dans quelle misère vivent les populations du pays, en guerre civile depuis la mort de Khadafi ? A-t-il réfléchi un seul instant à ce qu’il adviendrait si les dirigeants européens, à commencer par la France, allaient faire la guerre en Ukraine ? Bien sûr, Poutine est sans nul doute malade et l’agresseur d’un peuple qui ne le menaçait nullement. Bien sûr que des crimes de guerre ont été commis – il faudrait aussi montrer ceux des Ukrainiens dans le Donbass, par exemple.  Mais BHL nous a-t-il engagé à aller combattre au Darfour, quand les chrétiens étaient massacrés par les musulmans du nord ? Sa rhétorique est celle d’un histrion qui vit dans le monde antique de la guerre de Troie.

Ce qui est grave est que la grande chaine culturelle Arte diffuse ce documentaire sans débat derrière, que ce grand quotidien qu’est Le Figaro lui donne une page entière avec des questions de complaisance et fasse en plus la publicité pour le film dan sa rubrique télévision. Nous sommes là dans le microcosme pervers qui manipule l’opinion sans cesse. Ce documentaire prête plus à rire qu’à réfléchir, tant le commentaire est boursouflé et bourré de clichés. La bonne conscience d’une gauche qui n’en a plus que le nom n’a plus de limite, elle ne perçoit plus aucun signal avertisseur. Ce genre de spectacle est ce qui pousse les Français à l’abstention électorale ou au vote Rassemblement National. Les justes causes ont besoin d’avocats lucides et humbles, pas de bateleurs germanopratins. Pourquoi l’Ukraine rejoindra donc la collection de navets signés par celui qui se prend aussi pour un cinéaste. Et pourtant cet homme avait du talent, avant qu’il ne devienne mégalomane.

Jean-Michel Dauriac

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Revêtir l’homme nouveau – Méditation de sortie de l’arche n° 20

La version audio est ci-dessous:

Nous allons aujourd’hui méditer sur un texte très connu du Second Testament. Mais ce texte est le plus souvent connu par des citations, tronquées ou caricaturées. Il mérite un regard attentif. Dans ce texte se trouve une expression devenue quasi-proverbiale dans le protestantisme, surtout évangélique. Le « vieil homme » revient souvent dans les sermons ou les prières. De quoi s’agit-il ?

  • Ce concept paulinien binaire « vieil homme / Homme nouveau » a été laïcisé au XXe siècle par les divers totalitarismes qui ont sévi et ont tous voulu engendrer un « homme nouveau » (Italie fasciste, Allemagne Nazie, Russie soviétique, Chine rouge ou Corée du Nord, voire système cubain). On sait l’échec sanglant de ces tentatives.
  • Ces quelques versets écrits par Paul, dans une de ses épitres doctrinales, est en fait une pointe de la vie chrétienne qui interpelle les enfants de Dieu depuis des siècles, avec raison. Je vous propose aujourd’hui d’y réfléchir en abordant trois thèmes successifs, dans l’ordre selon lequel Paul déploie sa démonstration.

Lecture de base : Ephésiens 4 : 20 à 24 (versions TOB ou NBS)

« 20  Pour vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ,

21  si du moins c’est bien de lui que vous avez entendu parler, si c’est lui qui vous a été enseigné, conformément à la vérité qui est en Jésus :

22  il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l’effet des convoitises trompeuses ;

23  il vous faut être renouvelés par la transformation spirituelle de votre intelligence

24  et revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité. » TOB

« 20  Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ,

21  si du moins c’est bien lui que vous avez entendu et si c’est en lui que vous avez été instruits, conformément à la vérité qui est en Jésus :

22  il s’agit de vous défaire de l’homme ancien qui correspond à votre conduite passée et qui périt sous l’effet des désirs trompeurs,

23  d’être renouvelés par l’Esprit dans votre intelligence

24  et de revêtir l’homme nouveau, qui a été créé selon Dieu dans la justice et la sainteté que produit la vérité. » NBS

Nous aborderons donc les trois idées de ce raisonnement :

  1. Cet enseignement vient du Christ lui-même ;
  2. Il existe en nous tous un « homme ancien » à abandonner ;
  3. La transmutation en un « homme nouveau » est une collaboration du Saint-Esprit et de notre volonté.

Un enseignement du Christ lui-même

Paul inclut cette péricope au sein d’un discours sur la distinction nécessaire entre les chrétiens et les païens (les nations dans son langage judéo-chrétien). Il faut donc lire initialement du chapitre 4, verset 17 au chapitre 5, verset 2, au minimum. On peut aussi dire que les chapitres 4,5 et 6 des Ephésiens constituent un cours dogmatique sur la vie de l’Eglise et du chrétien. Nos quatre versets sont le point culminant de cet enseignement et renvoient à la deuxième partie du chapitre 6 (10-17), nous le verrons plus loin.

Paul oppose deux modes de pensée : 4 : 18 nous montre ce qu’il dit de la pensée du monde païen :

« 18  Ils ont l’intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qui est en eux, parce que leur cœur est obtus.

19  Ayant perdu tout sens moral, ils se sont livrés à la débauche, pour commettre avec avidité toute sorte d’impureté. » (version NBS)

C’est un monde d’ignorance, de débauche, sans morale, avide de plaisirs impurs. Tout cela à cause d’une « intelligence obscurcie ». Cette expression est capitale dans notre texte – mais au-delà dans toute la pensée paulinienne. Il n’y a donc pour Paul aucun espoir que ce monde soit capable de s’amender seul. C’est le « tous ont péché » de Romains 3 : 23-24.

Il s’adresse à ceux qui ont tourné le dos à ce type de pensée en acceptant le message du Christ. Paul parle ici du Messie, donc de Celui qui vient de Dieu et parle en son nom, pas de l’homme Jésus de Nazareth. L’enseignement du Christ émane directement de Dieu, il est donc digne de confiance, au même titre, pour les Juifs, que la Loi et les Prophètes.

Paul met cependant en garde ses lecteurs : ce qu’il leur dit est porté par une réception saine de l’enseignement du Christ. « Si du moins c’est bien lui que vous avez entendu » fait référence au risque de mauvais enseignements, déformés par les faux-témoins du Christ. Nous savons que les débuts du christianisme sont marqués par une floraison de pensées qui seront combattues par les Apôtres, au nom de la vérité de la Parole du Christ. Paul y fait souvent allusion. Il faut aller à la bonne source, la propre parole du Seigneur Jésus. Or, à cette époque, les Evangiles, tels que nous les connaissons, n’existent pas encore. Il en circule des portions, le plus souvent oralement. Avec le risque de déformation, en plus d’une interprétation discutable. Paul ne veut connaître que la « vérité qui est en Jésus ». Les hommes peuvent se tromper, pas Jésus-Christ. Or, Jésus a demandé à ceux qui l’écoutaient d’adopter son enseignement.

Matthieu 11 : 29-30 version NBS : « 29  Prenez sur vous mon joug et laissez-vous instruire par moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos.

30  Car mon joug est bon, et ma charge légère. »

L’exemple le plus important de cet enseignement est connu sous le nom de « Sermon sur la montagne » et couvre les chapitres 5,6 et 7 de l’Evangile de Matthieu, dans sa version la plus détaillée. Paul, va synthétiser ensuite cet enseignement en une démarche dialectique à la fois très juive et très hellénique (mais cette dialectique ne se résout pas dans une synthèse).

« Se défaire de l’homme ancien » (NBS)

Nous préférons traduire le terme grec Palaios (??????? ????????) par « ancien », plutôt que vieux, car ce propos s’adresse à des auditeurs de tous âges, et à vingt ans, on ne peut pas comprendre aisément être un « vieil homme », alors que le terme « ancien » inscrit cet homme dans un temps long, celui de la culture et de la civilisation. Il faut bien regarder le verbe grec qui est traduit dans « il s’agit de vous défaire (????????? ) de l’homme ancien » il s’agit d’un forme conjuguée du verbe Apozithémi, lequel verbe signifie d’abord « déposer », sa robe ou ses armes, puis « rejeter », « se débarrasser » avec l’idée de « jeter loin de soi »[1].

Le propos de Paul nous oblige à penser la nature de l’être humain – sans vouloir du tout entrer dans le débat philosophique ou métaphysique, nous n’en avons pas la latitude ici.

Si Paul invite ses lecteurs à se débarrasser de leur « homme ancien », c’est qu’il est convaincu qu’il y a au moins deux composantes en chaque individu. « L’homme ancien » est cette part culturelle que nous acquérons par notre vie en société. Dans la tradition chrétienne, elle vient se greffer sur une nature humaine en révolte contre Dieu – c’est la notion de « péché ». Si nous pouvons jeter au loin « l’homme ancien » sans mourir, c’est donc qu’il n’est que le vêtement recouvrant une part spirituelle originelle, que la Bible nomme âme, dans laquelle Dieu a initialement soufflé son propre souffle (le ruah de la Genèse, le pneuma ou le spiritus du Second Testament).

Mais il faut évidemment noter que c’est à l’homme de se débarrasser de ce vêtement « corrompu par des désirs trompeurs ». C’est un acte de notre volonté, que nous seuls pouvons décider, que Dieu ne nous imposera jamais car nous disposons de notre liberté. La conversion est un premier pas, elle est la métanoïa initiale (le repentir, le regret) dont Pierre fait la conclusion de son discours de Pentecôte à Jérusalem ;

Actes 2 :38 (version NBS) : « 38  Pierre leur dit : Changez radicalement ; que chacun de vous reçoive le baptême au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés, et vous recevrez le don de l’Esprit saint. »

Mais ce n’est que l’entrée sur le chemin de la vie chrétienne. Il nous appartient ensuite de décider d’abandonner notre ancienne vision du monde et les pratiques associées, car nous sommes dorénavant éclairés par la « vérité qui est en Jésus ». Or, ce changement est à la fois une décision et un effort de longue durée. Cela ne saurait se faire d’un coup de baguette magique, mais par une application de la volonté qui nous aidera à ne pas remettre ce vêtement souillé. C’est ce que l’on nomme l’ascèse dans les philosophies antiques et que le christianisme a repris à son compte.

Comment ne pas reprendre le vieux costume ?

Revêtir l’homme nouveau

Profitons-en pour dire que le terme homme est ici générique et désigne tout être humain, quel que soit son ressenti et son identité.

Vous connaissez cette expression : « la nature a horreur du vide », qu’on attribue à Aristote, dans son travail sur la physique, au sens grec du terme, c’est-à-dire la nature ou le monde naturel. Nous pouvons l’utiliser allégoriquement pour notre texte. Si nous jetons l’habit de « l’l’homme ancien » et restons nus, nous serons amenés très vite à revenir vers notre ancien vêtement. C’est ce que Paul sait fort bien et c’est la raison pour laquelle il propose un changement de vêtement. Nous ne connaîtrons pas le vide et la tentation de revenir à « l’homme ancien ». Selon Paul, ce changement se fait en deux temps.

  • Il y a d’abord la nécessité d’ « être renouvelé par l’Esprit dans votre intelligence », verset 23. Ceci est une intervention divine, transcendante. Elle ne peut avoir lieu qu’après avoir abandonné « l’homme ancien », car celui-ci fait barrage à l’œuvre de l’Esprit. Il a en effet des « désirs contraires », par la suprématie de la chair, à ceux de l’Esprit.

Galates 5 :17 (version Segond 1910) : « 17  Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. »

Il y a donc acte de notre volonté qui ouvre la porte à l’œuvre de l’Esprit. Rejeter « l’homme ancien », c’est accepter de voir l’orientation de notre intelligence changer.

Romains 12 :2 (version Segond 1910) : « 2  Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »

  • Ce nouveau regard va nous permettre de nous revêtir de « l’homme nouveau », car c’est cet homme renouvelé, qui marche selon « la justice et la sainteté que produit la vérité ».

Cet homme nouveau n’est pas une fin, un aboutissement, c’est au contraire un début, un nouveau départ, sur les bases d’une intelligence éclairée. Trois termes vont baliser ce chemin qui est tout le sens de notre vie : la vérité (qui est en Christ), qui produira la justice (ce qui est bon et beau) et la sainteté (la mise à part pour Dieu).

« L’homme nouveau » est toujours en marche et en recherche. C’est pourquoi, après cet enseignement de fond, Paul poursuit par des implications très concrètes de 4 : 25 à 6 : 9. Ce n’est pas le lieu de détailler ces conseils, mais ils sont des repères éthiques majeurs de la vie chrétienne. Comment vivre la justice et la sainteté ? Paul donne la réponse détaillée en Ephésiens 6 : 10-17[2]. En Ephésiens 6 : 11, il dit « Revêtez toutes les armes de Dieu ».

Il faut donc armer et protéger « l’homme nouveau », car il va lutter et être attaqué. Paul va nous proposer une ceinture, une cuirasse, des chaussures, un bouclier, un casque et une épée. Tout un équipement mis à la disposition de « l’homme nouveau ». Sans l’usage de ces armes, le combat est perdu, nous serons sans défense.

Conclusion :

Il faut des actes de volonté pour se repentir, se dépouiller de « l’homme ancien », revêtir « l’homme nouveau » et ensuite toute la panoplie des armes spirituelles que Dieu met à notre disposition. La vie chrétienne est une dynamique constante. Il n’y a pas de place pour la passivité et le relâchement. C’est un militantisme sacré dans lequel nous nous engageons. Tout sauf une vie hédoniste de facilité. Ce qui ne signifie nullement qu’elle ne soit pas pleine de joie (voir méditation n° 15).

Jean-Michel Dauriac – Décembre 2021


[1] Je tire ces données du dictionnaire de référence d’Antoine Bailly.

[2] 10 ¶  Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante.

11  Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable.

12  Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.

13  C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté.

14  Tenez donc ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture ; revêtez la cuirasse de la justice ;

15  mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Evangile de paix ;

16  prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin ;

17  prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu.

18  Faites en tout. (Version Segond 1910).

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Le rock n’est pas qu’une musique… A propos de Born to run , Bruce Springsteen

Albin Michel, 2016, 637 pages, 24 €.

Les grands songwriters[1], comme on les appelle dans le monde anglo-saxon, ne sont généralement pas de bons écrivains. Pour une raison assez évidente : ils ne tiennent pas la distance, ce sont des champions de sprint, incapable de courir un marathon. Quand ils font paraître une autobiographie, elle est, le plus souvent écrite « avec la collaborations de … » Le livre dont je vais vous parler fait très heureusement exception à ce principe général. C’est un vrai grand livre.

Les stars planétaires du rock’n roll sont finalement assez peu nombreuses : il y eut évidemment les Beatles et les Rolling Stones, sans oublier Led Zeppelin, pour les groupes à aura mondiale, puis les grandes vedettes connues d’un bout à l’autre de la planète : Elvis Presley, Jimi Hendrix, Bob Dylan et … Bruce Springsteen et le E Street band. Ce n’est pas insulter tous les autres, souvent aussi bons, mais qui n’ont jamais franchi le seuil de renommée considéré. Or, de toutes ces immenses vedettes, aucune n’a écrit un seul livre de qualité (sauf Bob Dylan[2], j’y reviendrai plus bas). Ils ont laissé leurs disques et les articles de presse. Born to run est, à ma connaissance, le seul ouvrage où une superstar raconte sa vie avec talent.

Bruce Springsteen a mis six ans à écrire ce livre et ses 80 chapitres. Par petits morceaux, le tout rédigé sur des carnets, dans les circonstances les plus diverses. Le résultat est un ouvrage très personnel, parfaitement lisible par quelqu’un qui n’aurait jamais entendu parler de lui. D’ailleurs, pour accompagner ce livre, il a sorti un CD, Chapter and verse, qui est destiné à accompagner la lecture du livre, en permettant d’entendre les chansons majeures dont il est question. Je regrette vraiment que l’éditeur n’ait pas joint ce disque à l’ouvrage, quitte à augmenter un peu le prix.

Admettons que vous n’aimiez du tout le rock’n roll ou que vous n’y connaissiez rien. Ce qui vous classe d’emblée dans la moitié de la population mondiale qui ne connaît pas Springsteen. Eh bien, ce livre est aussi pour vous ! Là, vous vous dites : « Donnez-moi au moins une bonne raison de me farcir un pavé de plus de 600 pages, sur une musique de sauvages. » Je pense pourvoir au moins vous en donner trois.

La première tient au métier même de l’auteur. Bruce S. est un formidable raconteur d’histoires (songwriter, si vous voulez !). Il a développé au fil des disques un art très sûr du récit intelligent, parfaitement adapté à la mise en musique rock. Plus sa carrière avançait et plus il prenait conscience de cette mission et du talent qu’il avait pour l’accomplir. Le tournant fut la sortie d’un disque baptisé Nebraska, où il osait livrer des chansons quasi-acoustiques parlant de l’Amérique profonde. Il raconte fort bien cela dans son livre et dans une belle langue, sans doute encore plus suggestive en anglais, mais la traduction de Nicolas Richard est très bonne. Vous allez donc lire un vrai ouvrage de littérature contemporaine américaine, où le style varie, se mettant au service du type de récit du chapitre. On ne s’ennuie pas une minute et le livre ne vous tombe jamais des mains, malgré son poids respectable, bien au contraire, il faut se forcer à le poser.

La deuxième raison que je veux évoquer ici serait,  si je voulais être pédant, « sociologique ». Born to run est une formidable chronique de l’Amérique, des années 1960 à 2016. Une de ces chroniques dont les Américains ont le secret. La vie américaine à hauteur d’homme. Lire ce livre vous aidera à comprendre pourquoi, avant d’être Américain, on est d’un Etat, voire d’un Comté. Bien sûr, vous avez sans doute dans l’oreille le tube planétaire du dit-Springsteen, Born in the USA, que vous interprétez sans doute comme un hymne patriotique. D’abord, relisez le texte de cette chanson. Mais, au-delà, lisez ce livre. Vous y suivrez un petit gars du New Jersey littoral, croisement d’un père irlandais d’origine et d’une mère de lignée italienne, décrivant avec une grande précision artistique sa famille, sa maison, sa rue, sa ville… En lisant le début du livre, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce chef d’œuvre de Philipp Roth, Pastorale Américaine, qui décrit le même espace. Springsteen n’a pas à rougir de la comparaison ! Tu veux vraiment connaître et comprendre mieux l’Amérique des 60 dernières années, alors lis ce livre ; il te nettoiera le cerveau des clichés véhiculés, en France, par les médias, pro ou anti-américains d’ailleurs. Lis-le attentivement, par petites goulées, comme on déguste une bonne bière le soir, au coucher du soleil sur le rivage de l’Atlantique, à Freehold, la ville de jeunesse de Bruce. C’est comme les chansons de Robert Zimmerman (alias Bob Dylan), un concentré d’Amérique.

Les stars vieillissent aussi !

Enfin, troisième raison (il y en aurait plusieurs autres mais…), plus propre à la littérature sans doute, il s’agit d’un portrait d’homme sans fard. Bruce S. se livre ici beaucoup sur sa vie et sa personnalité, avec pudeur et, cependant, avec une réelle sincérité. L’épaisseur psychologique de cette autobiographie est, sans nul doute, une  de ses grandes qualités. Quand on est une star de ce calibre, il serait tentant de dévoiler deux ou trois petits défauts, quelques erreurs de vie, sans entacher la statue équestre. Parce qu’il a acquis une réputation d’auteur de chansons réalistes de grande qualité, il ne pouvait pas livrer un ouvrage insignifiant. Bruce sait choisir les mots, les angles d’attaque, souligner les défauts ou les qualités en peu de mots. Il a appliqué ce talent à se décrire lui-même, à tenter (et réussir) de dire qui il pense être au plus profond de lui-même. Je suis à peu près certain que la rédaction et la publication de ce gros livre ont eu des vertus thérapeutiques pour lui. Il se peut qu’il en ait aussi pour toi, lecteur. Car, à travers ce récit d’une vie où l’extraordinaire côtoie l’ordinaire, tu pourras, je le crois, retrouver un peu de toi. Cet homme qui doute, qui est submergé par le mal-être et y succombe par cycle, ce fils qui doit son psychisme compliqué à un père lui-même malade de ce côté-là, ce jeune homme qui se bat pour réaliser son rêve et finit par l’atteindre , se rendant compte par là-même que cela ne règle pas son problème intime, ce mari et ce père qui a voulu bâtir une famille solide et y est parvenu, ce chef de troupe qui a dû gérer des musiciens parfois incontrôlables et a finalement réussi à faire durer un groupe de légende près de 40 ans, c’est un peu chacun de nous, à notre niveau, dans nos succès et nos échecs.

Grand livre, fort bien écrit, grande chronique de l’Amérique de la seconde moitié du XXe siècle et beau portrait de groupe et d’homme, tout en finesse et vérité, Born to run est tout cela à la fois.

D’une guitare à l’autre, l’art de raconter des histoires reste le même

Mais, bordel, diraient les rockers, c’est aussi un putain de livre sur le rock, les guitares électriques, les virées en moto, les tournées triomphales et harassantes et les clichés que cette musique crée et véhicule. Car le rock n’est pas qu’une musique (comme la musique baroque ou la musique ethnique), mais un genre de vie, exactement comme le jazz. Si vous ne comprenez pas ce que cela signifie, voici encore une excellente raison de lire ce livre.

Vivre rock’n roll, c’est ce que Springsteen a très longtemps fait. Ainsi n’a-t-il pas eu de logement personnel ni payé d’impôts pendant de nombreuses années : il habitait chez des copains ou, longtemps dans une fabrique de planches de surf. A ce propos, le livre présente, en fin de volume, un livret photographique où l’on peut voir cette fabrique lors d’un concert. Un rocker vit dans l’instant, il ne s’installe pas dans la vie, il est toujours prêt à partir. C’est bien ce que l’on lit dans les années de jeunesse de l’auteur. Il hésita d’ailleurs longtemps avant de fonder une famille, car il était tiraillé entre la vie rock et le poids de l’hérédité irlando-italienne. Cependant, Bruce Springsteen n’avait pas tous les éléments de la panoplie du rocker. Il n’a pas usé des drogues multiples qui ont tué tant de ses confrères musiciens. Il a mis très longtemps à boire de l’alcool et en a usé avec pas mal de modération, sauf en quelques circonstances précises. Il avait peu de goût pour les grandes fiestas orgiaques qui forment la mythologie du rock. Bref, il avait les pieds sur terre. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir une bête de scène et de se défouler comme un pur rocker. Mais, par exemple, il lui semblait inconvenant de briser une guitare électrique sur scène pour faire le show[3], car il savait que c’était le produit d’un travail long et coûteux. Rocker, oui, mais sous contrôle d’un héritage culturel de travailleurs modestes. Dans ce livre, l’amateur suivra avec intérêt sa progression de musicien et chanteur, et il comprendra qu’il s’agit d’un travail acharné, car le jeune homme n’était pas forcément le plus doué de son Etat. Il a toujours cru qu’il pourrait réussir dans la musique et a mis en œuvre tout le travail nécessaire : belle leçon de persévérance.

L’Amérique (lisez les Etats-Unis), est un pays sans histoire, si on le compare à notre vieille Europe, mais c’est le pays qui a le culte des Pères fondateurs[4]. Tout citoyen américain a en lui une  ou plusieurs références de Père qui l’aide à se construire. Les rockers ont leurs propre collection de Pères, à la genèse du rock et de leur vocation. Springsteen les évoque, pour sa propre histoire, au fil des chapitres. Il est d’abord un auditeur attentif de chanteurs peu ou pas connus en France : Ray Orbison, Phil Spector , Franck Sinatra et autres Les Paul. Il s’est nourri de leur clarté vocale et de la vie qu’ils mettaient dans leur interprétation. Il y revient souvent. Le choc du rock s’appelle bien sûr Elvis Presley, comme pour tout rocker blanc. Mais très vite, il est happé par le vrai père tutélaire, ce jeune songwriter juif, à la voix nasillarde improbable, mais dont la force des textes emporte tout : Rober Zimmerman, plus connu sous le pseudonyme de Bob Dylan. Qui, comme moi, a découvert Springsteen dès ses débuts, n’a pu qu’être frappé par l’influence dylanesque. Mais il avait assez de talent pour l’absorber et ne pas devenir un simple clone. Il cite aussi un des maîtres majeurs du rock et de la chanson de langue anglaise, peu connu pourtant dans le grand public, Van Morrison, irlandais taciturne, qui a fait des tournées avec Dylan, où ils partageaient l’affiche. Il paie aussi sa dette aux Rolling sStones, dont il pense qu’ils sont toujours sous-estimés en tant que créateurs. Bref, Le jeune Bruce a beaucoup écouté et a su faire son miel de fleurs très diverses, mais s’il fallait garder une influence décisive, ce serait celle de Dylan.

Springsteen et le E Street band en concert ( à droite Patti, sa femme, également chanteuse et musicienne)

De même, si vous voulez savoir ce qu’est véritablement un groupe de rock et en comprendre toutes les subtilités, ce livre sera un précieux viatique. Car Springsteen s’est d’abord vécu comme un leader de groupe. Guitar hero en premier lieu, puis, par la force des choses, chanteur. Il est devenu l’incarnation même du guitariste-chanteur de rock des années 1970 à 1990. Ce n’est qu’assez tardivement qu’il a assumé d’être un auteur-compositeur-interprète pouvant monter seul sur scène et faire ainsi des tournées. Mais ce sont, en réalité les deux faces du même bonhomme, qui a autant besoin du groupe soudé que de chanter seul. Il excelle dans les deux formes d’expression. Si, à la fin de ce livre, vous n’avez pas envie de vous précipiter pour écouter ou réécouter l’ensemble des disques de Springsteen, c’est que vous l’avez mal lu.

Pour clore cette chronique, je voudrais revenir sur l’homme Springsteen. « Nul ne guérit jamais de son enfance » a écrit et chanté Jean Ferrat. On le comprend fort bien à la lecture de ce livre si personnel. Le père Springsteen était psychiquement malade ; à la fin de sa vie, il sera diagnostiqué « schizophrène paranoïde ». Le portrait qu’en dresse son fils montre un homme souvent mutique et qui faisait peur à sa famille, non qu’il fût particulièrement violent, mais parce qu’il portait en lui ce malheur. Sans entrer dans les détails, l’auteur nous permet de saisir à quel point son enfance fut marquée par ce climat. Dès qu’il a pu, il voulu être indépendant et habiter hors de la maison familiale. Tout au long du texte, l’image et le comportement du père plane sur la vie du Boss (surnom de Springsteen dans le milieu du rock). Il a également cherché, dès qu’il a construit une famille, à éviter de reproduire un tel modèle. Il y a sans doute réussi, mais il n’a pas pu complètement éviter les dégâts psychiques de cette enfance et il luttera toute sa vie contre la dépression.

Bruce Springsteen et sa femme Patti, celle qui a su le rassurer et lui a donné trois beaux enfants

Enfin, il faut souligner un des paradoxes de l’homme. Il est né et a vécu son enfance dans un milieu très catholique (irlandais + italien = catholiques purs et durs). Mais cette religion, qu’il connaît parfaitement, n’a pas su le retenir ;  dès sa jeunesse il s’en est éloigné. Mais pas de Dieu. C’est là le paradoxe. Tout au long du livre, de petites indications prouvent qu’il n’est pas devenu athée, ni même agnostique, mais plutôt indifférent au culte. Il croit en Dieu, il lui arrive de le remercier ou de le supplier, au détour d’un récit. Finalement, il est comme la grande majorité d’entre nous ; il prie quand il est dans la mouise. Mais, dans les dernières pages du livre, il y a une très belle et courte scène. Elle clôt le dernier chapitre numéroté du livre. De temps à autre, il monte dans sa voiture et retourne parcourir les rues de Freehold – il est revenu habiter le New Jersey, mais plus à l’intérieur des terres. Il roule alors lentement et reprend les rues de son enfance ; il revient dans sa rue, mais la maison de ses grands-parents a été rasée, il n’y a qu’un emplacement vide près de l’église. Voici ce qu’il écrit :

« A l’ombre du clocher, alors que je me tenais là une fois de plus, à sentir l’âme ancestrale de mon arbre, de ma ville peser sur moi de tout son poids, les mots d’une prière me sont revenus. Je les avais psalmodiés tant de fois par cœur, sans y réfléchir, répétés indéfiniment, dans le sempiternel blazer-vert-chemise-ivoire-et-cravate-verte de tous les disciples malgré eux de Sainte-Rose. Ce soir-là, ces mots me sont revenus mais ils ne s’écoulaient pas de la même manière. Notre père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié. Que ton règne vienne, que ta volonté soit fait, sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, ne nous soumets pas à la tentation et délivre-nous du mal… pour les siècles des siècles, amen.

Je me suis battu toute ma vie, j’ai étudié, travaillé parce que je voulais entendre et savoir toute l’histoire, mon histoire, notre histoire, et la comprendre le mieux possible. La comprendre à la fois pour m’affranchir de ses effets nocifs, de ses forces malveillantes, et pour célébrer, honorer sa beauté, sa puissance – et être capable de bien la raconter à mes amis, à ma famille, et à vous. Je ne sais pas si j’ai réussi, et le diable n’est jamais loin, mais je sais que j’ai tenu la promesse que je m’étais faite, que je vous avais faite à vous. Cette histoire, je l’ai composé comme un service à rendre, une longue et sonore prière, mon tour de magie. J’espère qu’elle vous touchera au plus profond de votre âme, puis que vous en transmettrez l’esprit, j’espère qu’elle sera entendue, chantée et altérée par vous et les vôtres. Peut-être qu’elle vous aidera à renforcer la vôtre et à la rendre intelligible. Allez la raconter. » p. 617-618.

Ce sont les derniers mots du livre, juste avant un court épilogue. Avouez que c’est surprenant et qu’on n’attendrait pas cela pour clore la biographie d’un roi du rock. Bon, je vous laisse, je dois aller écouter The ghost of Tom Joad.

Jean-Michel Dauriac – Mai 2022


[1] Littéralement : « auteur de chansons » ; nous n’avons pas l’équivalenrt en frnaçais, sous cette forme concise d’un seul mot ; nous usons du mot composé « auteur-compositeur ».

[2] Il faut mentionner évidemment le superbe Chroniques de Bob Dylan, paru en 2005. Mais nous parlons là d’un songwriter qui a obtenu le Prix Nobel de littérature, n’en déplaise aux grincheux !

[3] Comme le faisait fréquemment un autre guitar hero, Pete Townshend, du groupe des Who.

[4] Les Pilgrim Fathers, puritains en exil, débarqués au Cap Cod en 1620 et fondateur de la colonie qui allait devenir Boston et, au-delà, toute l’Amérique blanche.

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