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Jésus : frère ou ami ?

Je voudrais que nous méditions ensemble sur trois mots-clés de la foi et la vie chrétiennes : enfants de Dieu – frères – amis.

Quand on étudie attentivement la Parole, on découvre que ces trois termes ne sont pas synonymes, pas plus qu’ils ne sont concurrents, mais qu’ils sont complémentaires et qu’ils nous disent des choses intéressantes pour notre édification personnelle et collective.

Nous sommes « enfants de Dieu »

Jean 1 : 9-13 –  « 9  La Parole était la vraie lumière, celle qui éclaire tout humain ; elle venait dans le monde. 10  Elle était dans le monde, et le monde est venu à l’existence par elle, mais le monde ne l’a jamais connue. 11  Elle est venue chez elle, et les siens ne l’ont pas accueillie ; 12  mais à tous ceux qui l’ont reçue, elle a donné le pouvoir  de devenir enfants de Dieu — à ceux qui mettent leur foi en son nom. 13  Ceux-là sont nés, non pas du sang, ni d’une volonté de chair, ni d’une volonté d’homme, mais de Dieu. » Version NBS.

C’est la Lumière venue dans le monde (le Logos, le Fils ou la Parole sont de stricts synonymes chez Jean dans ce prologue) qui a le pouvoir de faire cette œuvre, à savoir de nous faire « devenir enfants de Dieu ».

Cela demande de recevoir d’abord la Lumière, de se laisser éclairer, puis de la croire en son nom terrestre, Jésus. C’est le chemin de la foi. C’est un acte volontaire d’ouverture, sans lequel rien n’est possible.

Alors, celui qui croit peut devenir enfant de Dieu, par la volonté seule de Dieu.

Ni les sacrifices, ni l’hérédité – le sang -, ni la volonté humaine ne peuvent cela. C’est pure grâce !

Devenir enfant de Dieu – titre sublime qui peut faire peur !- c’est devenir frère du Fils de Dieu, car nous avons le même Père.

Voilà ce qui est promis à tout être humain qui ouvre son cœur à l’Evangile du Christ ? Notez qu’il n’est posé aucune condition particulière, tous sont invités, les blancs, les noirs, les jaunes, les hétérosexuels, les homosexuels, les trans et autres bi ! Ce qu’il advient après relève du chemin personnel spirituel que l’Esprit conduit. Gardons-nous bien d’exclure a priori des gens que notre morale condamne. Enfant de Dieu, c’est notre nouvelle identité, laquelle passe par ce qu’on appelle la nouvelle naissance (voir la première partie de ce culte).

Nous sommes assurés de cette position en Christ.

Nous sommes frères et sœurs en Christ

Je ne reviendrai pas sur ce qui a déjà été dit dans la première partie de ce culte. Je voudrais juste ajouter quelques remarques.

La fraternité se joue dans un triangle incessible Jésus – Moi – Les frères et sœurs. Elle ne peut être vraie que lorsque cette relation triangulaire existe vraiment. Veillons à toujours l’entretenir.

« Frère » est le seul titre que Jésus nous autorise à utiliser.

Matthieu 23 : « 9  N’appelez personne sur la terre votre Père, car vous n’en avez qu’un seul, le Père céleste. » Version TOB.

Ce verset insupporte certains catholiques, notamment les Jésuites (qui se font appeler Pères), mais c’est bien une parole du Christ. Cela signifie qu’aucun homme ne peut remplacer Dieu dans nos cœurs et dans nos bouches.

Tous les frères sont égaux face au Père, à la différence des frères et sœurs humains cités dans la Bible. Le plus insignifiant vaut le plus glorieux. C’est aussi une école d’humilité.

« Frère », comme « enfant de Dieu », est un statut acquis par notre salut par grâce. Vivre ces deux conditions, c’est vivre ce que l’on appelle une vie chrétienne.

Mais peut-on désirer plus ?

« Vous êtes mes amis… »

Jean 15 : 12-17 – « 12  Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. 13  Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. 14  Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. 15  Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai appelé amis, parce que tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. 16  Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis et je vous ai établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, pour que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. 17  Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » Version SER.

Dans ce texte, Jésus va plus loin que n’importe où ailleurs dans ses discours.

  • Il acte le passage du statut de serviteur (esclave) à celui d’ami, ce qui marque évidemment un changement d’intensité de la relation. Paul dira souvent qu’il est devenu « esclave » du Christ. Il se présentera comme « serviteur ». Cette position signale l’obéissance. Jésus ne dit pas le contraire, mais il élargit le statut du serviteur.
  • « Vous êtes mes amis… », verset 14. Affirmation indubitable, si, condition inévitable et nécessaire, « vous faites ce que je vous commande ». (entellomai – ?????????? veut dire recommander, commander, ordonner, en grec). Or, ceci suit juste le verset 12 qui dit ce que Jésus ordonne : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés». C’est la condition unique, car l’amour est ce qui va nous amener au bon comportement, sans règles supplémentaires.
  • Jésus explique pourquoi nous sommes ses amis :
  • Parce que nous méritons qu’on donne sa vie pour nous – ce Jésus va faire – et nous devons aussi le faire pour notre ami – en premier lieu, la donner à Jésus.
  • Parce qu’il nous a fait connaître tout ce que le père lui a appris (en tant que Fils incarné). L’amitié est partage et confiance autant qu’amour.
  • L’amitié est un choix, comme le dit le verset 16 : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis ». Et c’est le choix de Jésus qui est ici présenté : il a choisi douze disciples qui sont ses amis, parmi tous ceux qui le suivaient (voir les soixante-dix envoyés en mission après les douze, en Luc chapitre 10). Il y a donc bien deux cercles autour de Jésus : les disciples ordinaires (les frères) et les douze (les amis). Aujourd’hui, le choix est dans notre camp ; c’est nous qui pouvons décider de devenir les amis de Jésus. Nous en connaissons la condition.
  • L’amitié de Jésus passe au-delà des faiblesses de ces douze amis. Matthieu 26 : 50 «  Jésus lui dit : Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le. » (Version NEG.) nous montre que même Judas reste son ami au moment de sa trahison. Même le triple reniement de Pierre ne lui ôte pas l’amitié de Jésus ; etc.

Conclusion

Veux-tu être l’ami de Jésus ?

Tu as le choix de rester dans le cercle extérieur des disciples rachetés et adoptés ou de choisir d’intégrer le premier cercle, celui des amis. Ce choix est individuel et totalement libre. Ne pas le faire ne t’enlève rien. Mais le faire ajoute à ta vie chrétienne normale une dimension que j’appelle la vie mystique.

Si tu choisis l’amitié du Christ, tu gagnes deux promesses énoncées au verset 16 :

  1. Tu porteras du fruit qui demeure, donc ta vie ne sera pas stérile. A chacun d’identifier le fruit en question.
  2. Ta prière sera entendue et exaucée par le Père, en priant au nom de ton ami Jésus.

Il me semble que le choix est facile !

Jean-Michel Dauriac – Août 2026

Published in Bible et vie

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