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Le feu vert récompense, dernier avatar des dépenses publiques inutiles

Peut-être avez-vous remarqué, en circulant en voiture, de plus en plus de feux rouges au comportement erratique. Ils sont particulièrement nombreux dans les communes rurales ou périurbaines de petite taille. Ces feux semblent passer au vert selon leur propre logique. En étant plus attentif, on peut apercevoir à l’entrée des villages un panneau expliquant le fonctionnement de ces feux.

En voici un exemple pris dans un quelconque village français. Ces panneaux sont souvent placés juste avant le panneau d’entrée en agglomération. En bon citoyen, j’entre toujours dans une agglomération à la bonne vitesse (sauf pour le 30 km/h que ma voiture ne parvient pas à tenir, car c’est trop lent pour une automatique). Le feu est souvent visible dès cet instant, car ils sont mis de préférence dans de longues lignes droites, souvent les rues uniques de ces villages. Je m’approche donc avec confiance de ce feu qui est vert.

Il est surmonté d’une caméra et souvent d’un panneau solaire, argument écologique de vente oblige. Et là, alors que je roule gentiment à la bonne vitesse, le feu passe au rouge quand je me rapproche. Donc, le contraire du message indiqué à l’entrée du bourg ! Je poursuis ma route et arrive à proximité du feu. Dans le meilleur des cas, le feu passe au vert juste après que j’ai amorcé un freinage, dans le pire lorsque je viens de m’arrêter devant lui. Magnifique démonstration de l’ineptie technologique ! D’autant plus que ce feu ne sert vraiment à rien puisqu’il n’est assorti d’aucun passage piéton, par exemple. Pour vendre ce produit, les concepteurs ont inventé un nom qui dépasse les bornes de la stupidité. Ils l’appellent le « feu vert récompense ». Ils en définissent ainsi graphiquement le fonctionnement :

Ce que ma pratique invalide le plus souvent. Ce produit est donc censé « récompenser » les bons comportements ; c’est le su-sucre de l’automobiliste de base. Cette somptueuse invention vient s’ajouter à l’arsenal de sécurité routière que j’ai décrit dans un autre article.

Il faut évoquer, à nouveau, le coup d’un tel jouet municipal. Je me borne ici à reproduire la synthèse IA de Google auquel j’ai posé la question du coût :

« Un feu de « récompense » (feu tricolore intelligent qui passe au vert si la vitesse est respectée) coûte généralement entre 8 000 € et 11 000 €, bien que certains ensembles complets ou installations complexes (avec mât, armoire, capteurs avancés) puissent atteindre 20 000 € à 40 000 € selon les options et les travaux de voirie nécessaires. »

Voilà donc où passe une partie non négligeable des finances des petites communes rurales, le plus souvent pauvres et incapables de faire face à leurs dépenses contraintes. Si vous cumulez l’ensemble des dépenses liées aux ronds-points, écluses, ralentisseurs, panneaux et « feu vert récompense », vous atteignez un chiffre important. Pourquoi les habitants ne rechignent-ils pas ? Croient-ils vraiment être plus en sécurité ? A quand les herses rétractables pour un stationnement gênant ?

Je songe au mot de Pompidou – je cite dans l’esprit, pas dans la lettre – :

« Arrêtez d’emmerder les Français ! »

Il faut se rappeler que les véhicules récents sont tous équipés de ce que les constructeurs appellent des « aides à la conduite » (que je nomme pour ma part des « gênes à la conduite »), parmi lesquelles des limiteurs de vitesse adaptatifs, qui rendent tous ces dispositifs inutiles ou superfétatoires.

Que ceux qui ont connu la liberté s’en souviennent avec nostalgie, car depuis au moins 25 ans – après le 11 septembre 2001 – elle est sans cesse rognée, sous divers prétextes, notamment sécuritaires et sanitaires, avec la complicité des Français adeptes en masse de la « servitude volontaire » de La Boétie. L’accumulation de ces petits faits isolés construit avec brio un totalitarisme soft qui fait de la France une dictature légale et policière, plébiscitée par les retraités et les possédants. Bon, je vous laisse, je vais aller pisser au fond de mon jardin, tant que ce  n’est pas formellement interdit, et à condition qu’un drone ne me prenne pas en flagrant délit de miction coupable.

Jean-Michel Dauriac – Septembre 2026.

Published in coups de gueule dans l'actualité

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