Skip to content →

Catégorie : religion et spiritualité

recension et essais sur des livres portant sur toutes les question spirituelles, métaphysiques et religieuses

Trésors de la spiritualité franciscaine au XXe et XXIe siècles – Michel Sauquet

t

Editions Salvator – éditions franciscaines – Paris, 2023

Voici un livre absolument remarquable, passionnant et qui a tout pour devenir un livre de chevet. Michel Sauquet, l’auteur, est lui-même membre d’une fraternité franciscaine séculière – le lecteur aura tout loisir de découvrir toutes les subtilités du monde franciscain en lisant cet ouvrage -, ce qui lui assure une compréhension interne très appréciable. Disons d’abord ce que ce livre n’est pas : il n’est nullement un traité théologique ou historique. Même si celui qui le lira aura acquis, in fine, une assez bonne connaissance de l’univers franciscain. Il s’agit de ce que l’on appelle une anthologie, soit une collection de textes ayant un certain nombre de traits communs : le thème général, la forme, le ton, l’époque… Ici, le titre est parfaitement clair : textes autour de la spiritualité initiée par François d’Assise et datant de l’époque contemporaine. Le choix de Michel Sauquet est très judicieux : ne pas se limiter au seul monde franciscain, mais s’ouvrir à tout ce qui en parle ou en vit, s’en réclame de près ou de loin. Ainsi trouvera-t-on un texte d’Albert Camus ou d’Albert Jacquard, lesquels ne sont pas croyants. Les auteurs sont très variés, allant des célébrités comme Albert Camus, François Cheng, Xavier Emmanuelli ou Benoît XVI. La forme des textes varie aussi beaucoup, signalée par des pictogrammes. On trouve des extraits de livres, des articles de magazine ou de journaux, des interviews radio ou télévisuelle… On ne s’ennuie donc jamais en lisant ce livre, l’uniformité ne lasse pas. Par ailleurs, l’auteur a fait le choix d’extraits assez courts qui sont tous contextualisés ; l’ouvrage peut se lire dans le désordre ou séquentiellement. Personnellement, j’en ai fait une lecture suivie sur plusieurs semaines, à raison d’un ou plusieurs extraits à chaque prise en main. On peut aussi entrer par l’index et choisir ses auteurs selon son envie du jour. Bref, c’est un livre à l’approche très souple.

L’idée de départ de l’auteur est de donner à méditer les pensées et témoignages autour de l’héritage et du présent de François d’Assise. On sait que celui-ci a bénéficié d’un regain d’attention depuis le choix par le cardinal Bergoglio du nom de François pour son élection au pontificat. Choix qui a pu surprendre de la part d’un jésuite, mais qui se justifie pleinement quand on connaît son parcours de prêtre et d ‘évêque en Argentine, auprès des plus pauvres, ceux justement que François a voulu rejoindre et imiter. Celui que l’on a surnommé le « poverello » (le petit pauvre) a en effet fait de la pauvreté son étendard. Mais de quelle pauvreté s’agit-il ? Devient-on un saint en choisissant de vivre comme un misérable par choix ? Sûrement pas, car c’est une démarche g hypocrite, un peu comme celle des gauchistes en usine aux alentours des années 1968. La pauvreté de François est surtout synonyme d’humilité et non de misère noire. Et la lecture de ce livre vous aidera à parfaitement faire la différence. Comme il éclairera l’importance du choix de s’appeler des « frères mineurs ». Une série de textes présentés traite justement de la « minorité » selon François et sa tradition. Je dois dire que cela m’a paru lumineux et m’a beaucoup aidé à clarifier ma propre position face au monde présent. Car ce livre est beau et grand parce qu’il peut nous changer, nous remuer au plus profond. Il est un livre de vie et de joie, comme la vie de François. Comment ne pas avoir envie de devenir un peu ou beaucoup franciscain quand on a lu attentivement ces pages, car elles sont vraiment dans l’esprit de ce que Jésus a fait, dit et vécu. De là, d’ailleurs, la tentation (à repousser) d’appeler François un « autre Jésus ». Il est Jésus par son aspiration profonde à l’imiter, comme tout chrétien doit le désirer.

À travers le parcours thématique des chapitres, on réalise vraiment une plongée actuelle dans l’univers qu’a initié François. C’est le propre des grands hommes de Dieu – protestant, je n’aime pas le mot « saint » selon le sens catholique – de nous donner envie et de rester toujours actuels malgré l’éloignement temporel. Bernard de Clairveaux, Jean Huss, Pierre Valdo, François de Salles sont toujours d’actualité parce que, au-delà de la forme de leur temps, ils ont délivré des messages universels et initié des comportements adaptables en tout temps. Les grands sujets de vie de François sont des têtes de chapitre. D’abord « L’émerveillement, prière, louange ». Bien sûr, on songe immédiatement au cantique des créatures, mais celui-ci n’est qu’une pièce de cette vie de louange que fut celle du jeune homme d’Assise, vie qui reste extrêmement inspirante pour qui veut cultiver cette belle capacité à s’émerveiller chaque jour et à remercier pour tout ce qui est merveilleux. Tout cela présenté dans notre langage et notre cadre de vie présents, par des acteurs comme nous. On aborde ensuite la « Joie franciscaine » ! Peut-être ce qui incarne le mieux la vie de François. Non que sa vie fut une immense rigolade, mais parce qu’il a su, en toute circonstance cultiver cette joie du salut et de la grâce qui est le cadeau de Dieu fait au croyant. Notre monde a tant besoin d’une joie authentique, à ne pas confondre avec l’euphorie narcotique ou consumériste ou la liesse artificielle. On croise dans ce chapitre des auteurs très divers, comme Julien Green, Dario Fo ou Madeleine Delbrêl. Parlons enfin, pour clore sur le contenu du chapitre sur le « Respect de la création ». On sait que François a été propulsé patron des écologistes par la papauté. Et il y a de belles et bonnes raisons ! Bien entendu, nous ne parlons pas de cet ersatz ridicule qu’est l’écologie politique, mais de ce respect de la nature qu’a éclairé le pape François avec son encyclique Laudato si. François d’Assise est tout sauf un illuminé, un joyeux et doux dingo qui parlait aux oiseaux. Il est sans nul doute l’homme qui a le mieux compris l’unité totale de la création et l’a mise en action selon ses moyens. J’arrête là, non sans vous dire qu’il y a aussi des chapitres intitulés « Humilité, minorité », « Pauvreté », Fraternité, rencontre », « Paix, espérance »… Autant de sujets capitaux pour notre siècle qui manque tant de vrais repères. Ceux qui ont écrit ces textes sont des gens de notre époque, ils sont nos semblables, nombreux sont des inconnus, ils nous parlent de notre vie et nous assurent qu’un autre monde est possible, sans que ce soit un slogan politique altermondialiste.

Vous aurez compris que ce livre m’a enthousiasmé et que je vous le recommande chaudement. Je suis certain que vous ne le regretterez pas si vous suivez mon conseil et l’achetez. C’est tout le mal que je vous souhaite !

Jean-Michel Dauriac – Septembre 2026

Leave a Comment

La théologie protestante – Roger Mehl

PUF, collection Que sais-je ? 1966

Depuis fort longtemps je me fais le défenseur des livres anciens de qualité, malheureusement souvent non réédités. C’est une des règles d’airain de l’édition capitaliste actuelle : oublier le passé et foncer dans un présentisme de qualité très souvent médiocre ou insignifiante. Il faut à tout prix publier, mais la rotation des livres en librairie est devenue aussi courte que celle des films en salle. Sitôt paru un livre est déjà presqu’obsolète. Ceci n’est cependant que la partie émergée de l’iceberg. L’édition n’est qu’un infime rouage du système de consommation de masse où la devise est « toujours plus ! ». Les grands livres s’effacent rapidement des étals où ils ne sont guère distingués des « bouses infâmes » purement opportunistes. Seuls quelques libraires font encore un véritable effort de sélection et  de promotion, mais ils sont de moins en moins nombreux, évolution du système commercial oblige. Un lecteur chevronné, comme j’ai la prétention de l’être, ne peut que constater l’absurdité de ce mode de fonctionnement. Celui-ci prive le public des vrais références profondes, au profit de textes souvent redondants mais vides, notamment dans les sciences humaines. Face à cette situation attristante et catastrophique, il y a cependant un espoir, c’est l’existence d’un très gros marché du livre d’occasion. Et là, il est possible de trouver la plupart des grands livres non réédités, souvent à des prix abordables. Mais cela n’absout pas les éditeurs dont le travail devrait être la promotion des bons livres, du passé comme du présent. Et pour un éditeur comme Allia, qui a su percer dans la réédition de grands textes du passé, combine de catalogues éditoriaux sont vides de tout chef d’œuvre et encombrés de livre-kleenex qui encombrent ensuite les boites à livres.

Le professeur Roger Mehl, à la fin des années 1980,

A Strasbourg.

Le petit livre dont je veux parler ici fait partie de ces grands ouvrages introuvables. Il a été publié il y a soixante ans exactement, dans une collection savante grand public et n’a pas été repris depuis. Et pourtant c’est un coup de maître ! En effet, parvenir en 15 pages d’un petit format comme celui de la collection Que sais-je ? à brosser le portrait original de la théologie protestante relève d’un tour de force, qui prouve la maîtrise de l’art de la synthèse du professeur Roger Mehl, professeur à l’université de Strasbourg de 1945 à 1981.

Comme tous les livres de cette célébrissime collection que tout étudiant français a au moins utilisée une fois, le contenu doit être très dense et éviter les ratiocinations de spécialistes. Il faut, de plus, que tout tienne en un nombre réduit de chapitres bien ciblés. Ici nous avons 6 chapitres thématiques dont les titres sont explicites (voir ci-dessous.

TABLE DES MATIÈRES

PAGES

CHAPITRE I – La notion de théologie protes? 
tante…………………………………..5
I.Une théologie de la Parole de Dieu, 6. – II. Parole et 
Ecriture sainte, 16. – III. Le problème de l’autorité, 32. – 
1V. La théologie est-elle une science?, 35. – V. Importance 
de la théologie dans le protestantisme, 41. 
CHAPITRE II. – Les sciences bibliques …………43
I. Caractères généraux, 43. -II. Problèmes particuliers 
l’Ancien Testament, 50. – III. Problèmes particuliers au 
Nouveau Testament, 53. 
CHAPITRE III. – Dogmatique et éthique ………… 
I. Caractères généraux, 61. – IL Dogmatique et Eglise, 69. 
– III. Les articulations de la dogmatique, 73. – IV. Dogma? 
tique et éthique, 78. 
CHAPITRE IV. – Philosophie et théologie ……….. 
Cm&rrrRE   V. – Les sciences historiques ……….. 
I. Intérêt théologique de l’histoire ecclésiastique, 95. – 
II. La patristique, 100. 
CHAPITRE VI. – La théologie pratique et les disciplines 
annexes…………………………………. 
L Essai de définition, 103. – IL Les domaines de la Théo? 
logie pratique, 106. 
CoNcLusIoN. – La théologie protestante et la culture…115
BIBLIOGRAPHIESOMMAIRE                                        …………………….125

Le premier chapitre, La notion de théologie protestante, est un véritable petit traité de présentation de la discipline et pourrait constituer un opuscule à part entière.  Il pose les bonnes questions sur ce qu’est cette discipline intellectuelle et spirituelle et donne des éléments d’explication et de définition très clairs. Il y a, notamment, une très bonne distinction entre la théologie biblique et la théologie naturelle, que les protestants rejettent comme équivalente à la première. On y trouve également l’affirmation du rôle normatif de la théologie pour els textes de la Bible :

« Elle [la théologie protestante], selon « l’analogie de la foi » (Romains 12 :8), la foi ayant pour objet le Christ lui-même, elle est habilitée à opérer une hiérarchie entre les textes bibliques. » (p. 22).

Mais, l’auteur rappelle également que la théologie n’est rien sans l’Eglise et sans le Saint-Esprit.

« Quiconque conteste la réalité du Saint-Esprit peut donc aussi contester la spécificité de l’objet propre du théologien. » (p.37).

Il établit le caractère critique, au sens plein du terme, de la théologie, apte à se pencher, non seulement sur les textes bibliques, amis aussi sur la prédication et l’enseignement de l’Eglise. On trouve également une réflexion sur le caractère scientifique de la théologie.

Dans la seconde partie de cette introduction générale, l’auteur discute de l’importance de la théologie dans le protestantisme et dégage les grandes priorités du théologien, à savoir dégager l’ « unité intentionnelle » de la Bible, développer la christologie qui est ce centre et élargir la Parole au-delà des seules Ecritures. Sa mission est un ministère de docteur au service de l’Eglise. Il analyse ensuite els problèmes particuliers liés à l’Ancien Testament, puis le Nouveau Testament ? A cette occasion le elcteur trouvera une belle discussion de l’œuvre et l’influence de Bultmann. Lire ces quelques pages aujourd’hui est très utile, car on mesure à quel point il faut se garder des modes, même en théologie. Ce que fait Roger Mehl d’ailleurs. Ce premier chapitre est vraiment remarquable et mérite la recherche et l’achat de ce livre.

Les chapitres suivants sont des présentations des grandes spécialités de la théologie, au premier rang desquelles on trouve la dogmatique, ou étude des doctrines. Là aussi, il faut savoir gré à l’auteur d’une grande clarté, et je conseille à toute personne qui se demande ce qu’est la dogmatique et à quoi elle peut servir de lire les pages 61 à 78. L’essentiel est dit, pour pouvoir comprendre l’intérêt de cette sous-discipline et vouloir aller plus loin. De même fait-il avec l’éthique, particulièrement importante dans le protestantisme.

Une présentation de ce qui se nomme « Théologie pratique » est faite au chapitre VI, ce qui peut aussi éclairer le lecteur curieux. En effet, cet intitulé est assez récent dans le vocabulaire des facultés de théologie. Cette étiquette rassemble tous els problèmes qui peuvent être rencontrés dans la vie de l’Eglise ; elle s’adresse en priorité aux futurs pasteurs et diacres, comme discipline professionnelle. Mais son intérêt va bien au-delà cet aspect formateur : la théologie pratique est en effet le lieu où les questions éthiques et dogmatiques se débattent en termes concrets, ce qui touche tous les membres d’églises.  C’est le lieu des questionnements et de l’ouverture des chantiers d’actualisation permanente de la formulation des doctrines de l’Eglise.

Les rapports complexes et tendus, parfois, entre théologie et philosophie, font l’objet d’un chapitre fort utile. Entre ceux qui nient tout rôle à la philosophie dans l’Eglise (comme Karl Barth) et ceux qui auraient tendance à tirer toute théologie vers la philosophie (comme Paul Tillich), le débat est ouvert et n’est pas une simple querelle d’intellectuels. Il s’agit bel et bien d’un enjeu de position dans le monde. L’auteur présente bien ces enjeux.

On aura compris qu’il s’agit d’un livre utile et important. Prenez le temps de le chercher chez les bouquinistes[1] ou en bibliothèque, car il s’agit d’un manuel fort utile auquel on sera appelé à revenir régulièrement. Il est l’œuvre d’un grand pédagogue et d’un chrétien qui a beaucoup réfléchi sur ces sujets. Je déplore que cette référence ne soit pas mieux promue auprès des étudiants débutant la théologie. Il me semble que c’est là une lecture obligatoire. Or, durant mes études, à Strasbourg, personne n’a insisté pour me faire découvrir ce livre. Je le regrette.

Je voudrais terminer en citant un paragraphe de la conclusion, qui me semble parfaitement résumer la clarté de ce livre.

« Volontiers, nous caractériserons donc la pensée protestante par cette notion de rupture, par le  refus des conjonctions qui semblent parfois caractériser la pensée catholique : non pas le Christ et la Vierge, mais le Christ seul ; non pas la grâce et la liberté, mais la grâce seule créatrice de la liberté, non pas la foi et les œuvres, mais la foi seule d’où naissent les œuvres, non pas l’Ecriture et la Tradition, mais l’Ecriture seule en tant que témoignage unique rendu à l’œuvre de Dieu, non pas l’Eglise et le Royaume, dans une sorte de continuité temporelle, mais le Royaume seul objet de l’attente de l’Eglise, non pas la foi et la raison, mais la foi seule capable de renouveler l’intelligence » (P. 121).

Jean-Michel Dauriac – Avril 2026.


[1] Au moment où je rédige ce texte, le livre se trouve très facilement sur le Net, à partir de 2,8 €.

Leave a Comment

Le patelin de Notre-Dame – P. Martial Lekeux

Editions Saint-Michel – Bruxelles – 1927.

Cinq ans après Mes cloîtres dans la tempête, Martial Lekeux, Franciscain ordonné prêtre et commandant d’artillerie de réserve, écrit un second livre sur la guerre de 14-18 qu’il a vécu comme officier (voir l’article précédent pour le détail). Cette fois-ci, il écrit sur commande, un livre dont la vente servira à édifier un « calvaire du souvenir », près de la « chapelle du souvenir » qui a été construite dans le petit village de Oud-Stuyvenskerke, en Flandre maritime, lieu où il a passé une bonne partie de la guerre. Il accepte et précise dans l’avant-propos que ce livre parlera très peu de lui, mais surtout de la guerre et des combattants. En effet, c’est ce qu’il fait.

Et c’est aussi ce qui fait que ce livre déçoit par rapport au précédent. Ici, on est dans un « banal » livre de souvenirs de guerre de tranchées, une sorte de Verdun des marais côtiers de l’Yser.

Voici un croquis qui permet de voir que le cadre spatial est assez réduit : c’est la fameuse « guerre de position »

Sur croquis on identifie le hameau central et sa tour, que les deux phtographies suivantes montrent avant la guerre.

Cette tour joue un très grand rôle dans le récit de Mes cloîtres dans la tempêtes, j’y renvoie le lecteur. Les bombardements intensifs et ciblés finiront par la détruire, chassant le lieutenant Lekeux de son poste privilégié d’observation sur les batteries allemandes. Voci ce qu’elle est après les bombardements de la première année.

Et voici ce qu’il en reste au moment de la rédaction de ce livre.

Près de cette ruine a été construite une chapelle du souvenir, qui rend grâce à la vierge de la victoire, qui a longtemps protégé l’édifice et le Lieutenant.

Pour terminer une photo de l’intérieur de la dite-chapelle.

Il faut donc dire que le talent d‘écrivain de Martial Lekeux est toujours là, qu’il y a quelques petits moments très réussis, mais noyés dans le récit confus d’opérations qui ne peuvent que parler à des anciens combattants. Lisez-donc la nouvelle édition agrémentée de photos de Mes cloîtres dans la tempête, disponible aux éditions DE SCHORRE.

Jean-Michel Dauriac – septembre 2026.

Leave a Comment