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Catégorie : Bible et vie

Le prix de la purification

Méditations de sortie de l’Arche 5

La version enregistrée est ici:

Lecture de base : Esdras 6 : 7 et 12 .

« 7  Laissez continuer les travaux de cette maison de Dieu ; que le gouverneur des Juifs et les anciens des Juifs, la rebâtissent sur l’emplacement qu’elle occupait.

8  Voici l’ordre que je donne touchant ce que vous aurez à faire à l’égard de ces anciens des Juifs pour la construction de cette maison de Dieu : les frais, pris sur les biens du roi provenant des tributs de l’autre côté du fleuve, seront exactement payés à ces hommes, afin qu’il n’y ait pas d’interruption.

9  Les choses nécessaires pour les holocaustes du Dieu des cieux, jeunes taureaux, béliers et agneaux, froment, sel, vin et huile, seront livrées, sur leur demande, aux sacrificateurs de Jérusalem, jour par jour et sans manquer,

10  afin qu’ils offrent des sacrifices de bonne odeur au Dieu des cieux et qu’ils prient pour la vie du roi et de ses fils.

11  Et voici l’ordre que je donne touchant quiconque transgressera cette parole : on arrachera de sa maison une pièce de bois, on la dressera pour qu’il y soit attaché, et l’on fera de sa maison un tas d’immondices.

12  Que le Dieu qui fait résider en ce lieu son nom renverse tout roi et tout peuple qui étendraient la main pour transgresser ma parole, pour détruire cette maison de Dieu à Jérusalem ! Moi, Darius, j’ai donné cet ordre. Qu’il soit ponctuellement exécuté. »     

La dernière méditation sur Esdras (en ligne sur le site) nous avait donné à voir le triomphe du mal et des ennemis des Hébreux. Leurs manœuvres avaient convaincu le grand roi Artaxerxès. Ils recommencent leurs attaques auprès de Darius, son successeur. Mais, à leur grande surprise, le résultat fut tout à fait inverse. Nous venons de lire les versets 6 à 12 du chapitre 6 qui reprennent les termes de la lettre du roi. C’est une victoire totale, avec une confirmation et même un renforcement de la position des Hébreux. Ceci nous enseigne évidemment que le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes et que la Bible est là, par ses exemples, pour nous enseigner à la comprendre par l’Esprit.

Pour en savoir plus sur ce sujet, voir : Cahiers Evangile 187, mars 2019, Editions du Cerf, Temps de Dieu, temps des hommes.

Donc, la mission est accomplie victorieusement. La vie va reprendre, avec ses projets et ses occupations.

  • Les Hébreux veulent aussi relever les murailles de Jérusalem, pour protéger le Temple. C’est le contenu majeur du livre de Néhémie.
  • Ils veulent en même temps vivre sur leurs terres, selon le culte restauré et la loi de Moïse retrouvée.

Lecture de base 2 : Chapitre 9 et 10 d’Esdras.

« 9 : 1   Après que cela fut terminé, les chefs s’approchèrent de moi, en disant : Le peuple d’Israël, les sacrificateurs et les Lévites ne se sont point séparés des peuples de ces pays, et ils imitent leurs abominations, celles des Cananéens, des Héthiens, des Phéréziens, des Jébusiens, des Ammonites, des Moabites, des Egyptiens et des Amoréens.

2  Car ils ont pris de leurs filles pour eux et pour leurs fils, et ont mêlé la race sainte avec les peuples de ces pays ; et les chefs et les magistrats ont été les premiers à commettre ce péché.

3  Lorsque j’entendis cela, je déchirai mes vêtements et mon manteau, je m’arrachai les cheveux de la tête et les poils de la barbe, et je m’assis désolé.

4  Auprès de moi s’assemblèrent tous ceux que faisaient trembler les paroles du Dieu d’Israël, à cause du péché des fils de la captivité ; et moi, je restai assis et désolé, jusqu’à l’offrande du soir.

5   Puis, au moment de l’offrande du soir, je me levai du sein de mon humiliation, avec mes vêtements et mon manteau déchirés, je tombai à genoux, j’étendis les mains vers l’Eternel, mon Dieu,

6  et je dis : Mon Dieu, je suis dans la confusion, et j’ai honte, ô mon Dieu, de lever ma face vers toi ; car nos iniquités se sont multipliées par-dessus nos têtes, et nos fautes ont atteint jusqu’aux cieux.

7  Depuis les jours de nos pères nous avons été grandement coupables jusqu’à ce jour, et c’est à cause de nos iniquités que nous avons été livrés, nous, nos rois et nos sacrificateurs, aux mains des rois étrangers, à l’épée, à la captivité, au pillage, et à la honte qui couvre aujourd’hui notre visage.

8  Et cependant l’Eternel, notre Dieu, vient de nous faire grâce en nous laissant quelques réchappés et en nous accordant un abri dans son saint lieu, afin d’éclaircir nos yeux et de nous donner un peu de vie au milieu de notre servitude.

9  Car nous sommes esclaves, mais Dieu ne nous a pas abandonnés dans notre servitude. Il nous a rendus les objets de la bienveillance des rois de Perse, pour nous conserver la vie afin que nous puissions bâtir la maison de notre Dieu et en relever les ruines, et pour nous donner une retraite en Juda et à Jérusalem.

10  Maintenant, que dirons-nous après cela, ô notre Dieu ? Car nous avons abandonné tes commandements,

11  que tu nous avais prescrits par tes serviteurs les prophètes, en disant : Le pays dans lequel vous entrez pour le posséder est un pays souillé par les impuretés des peuples de ces contrées, par les abominations dont ils l’ont rempli d’un bout à l’autre avec leurs impuretés ;

12  ne donnez donc point vos filles à leurs fils et ne prenez point leurs filles pour vos fils, et n’ayez jamais souci ni de leur prospérité ni de leur bien-être, et ainsi vous deviendrez forts, vous mangerez les meilleures productions du pays, et vous le laisserez pour toujours en héritage à vos fils.

13  Après tout ce qui nous est arrivé à cause des mauvaises actions et des grandes fautes que nous avons commises, quoique tu ne nous aies pas, ô notre Dieu, punis en proportion de nos iniquités, et maintenant que tu nous as conservé ces réchappés,

14  recommencerions-nous à violer tes commandements et à nous allier avec ces peuples abominables ? Ta colère n’éclaterait-elle pas encore contre nous jusqu’à nous détruire, sans laisser ni reste ni réchappés ?

15  Eternel, Dieu d’Israël, tu es juste, car nous sommes aujourd’hui un reste de réchappés. Nous voici devant toi comme des coupables, et nous ne saurions ainsi subsister devant ta face.

10 :1  Pendant qu’Esdras, pleurant et prosterné devant la maison de Dieu, faisait cette prière et cette confession, il s’était rassemblé auprès de lui une foule très nombreuse de gens d’Israël, hommes, femmes et enfants, et le peuple répandait d’abondantes larmes.

2  Alors Schecania, fils de Jehiel, d’entre les fils d’Elam, prit la parole et dit à Esdras : Nous avons péché contre notre Dieu, en nous alliant à des femmes étrangères qui appartiennent aux peuples du pays. Mais Israël ne reste pas pour cela sans espérance.

3  Faisons maintenant une alliance avec notre Dieu pour le renvoi de toutes ces femmes et de leurs enfants, selon l’avis de mon seigneur et de ceux qui tremblent devant les commandements de notre Dieu. Et que l’on agisse d’après la loi.

4  Lève-toi, car cette affaire te regarde. Nous serons avec toi. Prends courage et agis.

5  Esdras se leva, et il fit jurer aux chefs des sacrificateurs, des Lévites, et de tout Israël, de faire ce qui venait d’être dit. Et ils le jurèrent.

6  Puis Esdras se retira de devant la maison de Dieu, et il alla dans la chambre de Jochanan, fils d’Eliaschib ; quand il y fut entré, il ne mangea point de pain et il ne but point d’eau, parce qu’il était dans la désolation à cause du péché des fils de la captivité.

7  On publia dans Juda et à Jérusalem que tous les fils de la captivité eussent à se réunir à Jérusalem,

8  et que, d’après l’avis des chefs et des anciens, quiconque ne s’y serait pas rendu dans trois jours aurait tous ses biens confisqués et serait lui-même exclu de l’assemblée des fils de la captivité.

9  Tous les hommes de Juda et de Benjamin se rassemblèrent à Jérusalem dans les trois jours. C’était le vingtième jour du neuvième mois. Tout le peuple se tenait sur la place de la maison de Dieu, tremblant à cause de la circonstance et par suite de la pluie.

10  Esdras, le sacrificateur, se leva et leur dit : Vous avez péché en vous alliant à des femmes étrangères, et vous avez rendu Israël encore plus coupable.

11  Confessez maintenant votre faute à l’Eternel, le Dieu de vos pères, et faites sa volonté ! Séparez-vous des peuples du pays et des femmes étrangères.

12  Toute l’assemblée répondit d’une voix haute : A nous de faire comme tu l’as dit !

13  Mais le peuple est nombreux, le temps est à la pluie, et il n’est pas possible de rester dehors ; d’ailleurs, ce n’est pas l’œuvre d’un jour ou deux, car il y en a beaucoup parmi nous qui ont péché dans cette affaire.

14  Que nos chefs restent donc pour toute l’assemblée ; et tous ceux qui dans nos villes se sont alliés à des femmes étrangères viendront à des époques fixes, avec les anciens et les juges de chaque ville, jusqu’à ce que l’ardente colère de notre Dieu se soit détournée de nous au sujet de cette affaire.

15  Jonathan, fils d’Asaël, et Jachzia, fils de Thikva, appuyés par Meschullam et par le Lévite Schabthaï, furent les seuls à combattre cet avis,

16  auquel se conformèrent les fils de la captivité. On choisit Esdras, le sacrificateur, et des chefs de famille selon leurs maisons paternelles, tous désignés par leurs noms ; et ils siégèrent le premier jour du dixième mois pour s’occuper de la chose.

17  Le premier jour du premier mois, ils en finirent avec tous les hommes qui s’étaient alliés à des femmes étrangères.

18  Parmi les fils de sacrificateurs, il s’en trouva qui s’étaient alliés à des femmes étrangères : des fils de Josué, fils de Jotsadak, et de ses frères, Maaséja, Eliézer, Jarib et Guedalia,

19  qui s’engagèrent, en donnant la main, à renvoyer leurs femmes et à offrir un bélier en sacrifice de culpabilité ;

20  des fils d’Immer, Hanani et Zebadia ;

21  des fils de Harim, Maaséja, Elie, Schemaeja, Jehiel et Ozias ;

22  des fils de Paschhur, Eljoénaï, Maaséja, Ismaël, Nethaneel, Jozabad et Eleasa.

23  Parmi les Lévites : Jozabad, Schimeï, Kélaja ou Kelitha, Pethachja, Juda et Eliézer.

24  Parmi les chantres : Eliaschib. Parmi les portiers : Schallum, Thélem et Uri.

25  Parmi ceux d’Israël : des fils de Pareosch, Ramia, Jizzija, Malkija, Mijamin, Eléazar, Malkija et Benaja ;

26  des fils d’Elam, Matthania, Zacharie, Jehiel, Abdi, Jerémoth et Elie ;

27  des fils de Zatthu, Eljoénaï, Eliaschib, Matthania, Jerémoth, Zabad et Aziza ;

28  des fils de Bébaï, Jochanan, Hanania, Zabbaï et Athlaï ;

29  des fils de Bani, Meschullam, Malluc, Adaja, Jaschub, Scheal et Ramoth ;

30  des fils de Pachath-Moab, Adna, Kelal, Benaja, Maaséja, Matthania, Betsaleel, Binnuï et Manassé ;

31  des fils de Harim, Eliézer, Jischija, Malkija, Schemaeja, Siméon,

32  Benjamin, Malluc et Schemaria ;

33  des fils de Haschum, Matthnaï, Matthattha, Zabad, Eliphéleth, Jerémaï, Manassé et Schimeï ;

34  des fils de Bani, Maadaï, Amram, Uel,

35  Benaja, Bédia, Keluhu,

36  Vania, Merémoth, Eliaschib,

37  Matthania, Matthnaï, Jaasaï,

38  Bani, Binnuï, Schimeï,

39  Schélémia, Nathan, Adaja,

40  Macnadbaï, Schaschaï, Scharaï,

41  Azareel, Schélémia, Schemaria,

42  Schallum, Amaria et Joseph ;

43  des fils de Nebo, Jeïel, Matthithia, Zabad, Zebina, Jaddaï, Joël et Benaja.

44  Tous ceux-là avaient pris des femmes étrangères, et plusieurs en avaient eu des enfants. Version Louis Segond 1910 »

Ne cachons pas que ces  textes sont difficiles pour nous. Ils cumulent les difficultés et on comprend bien qu’on préfère, le plus souvent, les laisser reposer en paix dans la Bible. Nous avons là trois types de difficultés :

  • Théologiques d’abord : comment relier cela au christianisme et à l’esprit de l’Evangile ?
  • Sociologiques : ceci est très éloigné de notre société et souvent incompréhensible. Nous sommes choqués par ces mœurs, qui sont sur un modèle aujourd’hui rejeté.
  • Morales : comment comprendre les choix moraux des Hébreux ? C’est positivement scandaleux pour nous à une époque où l’on prône ouverture et multiculturalisme.

Celui qui veut vraiment étudier la Bible ne doit jamais contourner la difficulté, il doit l’affronter, quitte à admettre parfois qu’il ne comprend pas. Je ne ferai pas ici d’exégèse savante. Ce ne sont pas les termes hébreux qui sont en jeu, mais les dogmes fondamentaux. Nous avancerons en trois moments progressifs.

Premier temps : le constat de péché est dressé au milieu du peuple

Esdras 9 :1-2.    « Après que cela fut terminé, les chefs s’approchèrent de moi, en disant : Le peuple d’Israël, les sacrificateurs et les Lévites ne se sont point séparés des peuples de ces pays, et ils imitent leurs abominations, celles des Cananéens, des Héthiens, des Phéréziens, des Jébusiens, des Ammonites, des Moabites, des Egyptiens et des Amoréens.

2  Car ils ont pris de leurs filles pour eux et pour leurs fils, et ont mêlé la race sainte avec les peuples de ces pays ; et les chefs et les magistrats ont été les premiers à commettre ce péché. (version Segond) »

Ce sont les chefs de tribu eux-mêmes qui viennent signaler la situation mauvaise à Esdras qui vient d’arriver à Jérusalem. Résumons :

  • Tout le monde a été touché : le peuple, les prêtres et les membres de la caste du Temple, les Lévites.
  • Le péché est d’abord une intégration réussie dans le mauvais sens (ils ne sont pas restés séparés). C’est le poids du conformisme social.
  • C’est du mimétisme, de l’imitation. Donc un manque de personnalité et de convictions.
  • Ils ont « ont mêlé la race sainte avec les peuples de ces pays ». Le péché est donc, selon les critères d’aujourd’hui un bon comportement d’accueil. « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » disent les contes. Or, au vu de la Loi et du culte restauré, c’est une désobéissance totale aux commandements de Dieu. Dieu a ordonné que son peuple ne se métisse pas, il l’a prescrit avant l’entrée en Terre Promise. Mais au fil du temps et des circonstances, les hommes ont adopté les normes des païens. Il est souvent très difficile de rester dans la pureté de la volonté de Dieu. Or, les chefs et le peuple viennent de retrouver la Loi et d’avoir l’esprit réveillé. Leur conscience est donc en train de les reprendre.

Deuxième temps : que faire face à la voix de cette conscience ?

  • C’est la prise de conscience de la faute qui permet de dire la chose. Elle n’est plus cachée mais révélée, et elle concerne tout le monde. C’est la première étape nécessaire d’une repentance.
  • La repentance (qui découle de la culpabilité) a très mauvaise presse aujourd’hui. Elle est castratrice selon les concepts psychanalytiques. Il faut la détruire, la nier, pour vivre heureux. Là est la grande faille qui sépare le croyant et le non-croyant. S’il n’y a plus de culpabilité, il n’y a plus de faute, plus de péché et on peut « jouir sans entraves », pour reprendre un slogan de mai 68. Oui, on peut faire taire la voix de la conscience, mais on ne peut pas la détruire, car elle est constitutive de la nature humaine. C’est d’ailleurs pour cela que la psychanalyse n’a jamais guéri véritablement quiconque.
  • Les Hébreux ressentent la nécessité d’une purification de leur mode de vie, non pour se punir, mais pour vivre mieux car selon la volonté de Dieu.

Ils choisissent alors d’aller au vif du problème. Le passage d’Esdras 10 :3  «  Faisons maintenant une alliance avec notre Dieu pour le renvoi de toutes ces femmes et de leurs enfants, selon l’avis de mon seigneur et de ceux qui tremblent devant les commandements de notre Dieu. Et que l’on agisse d’après la loi. Version Segond » nous informe de leur décision : renvoyer ces femmes étrangères et leurs enfants. C’est un remède de cheval. Ne pouvaient-ils pas en trouver un plus humain ? Nous reviendrons là-dessus dans un instant.

  • Ils n’agissent pas dans la précipitation, mais choisissent une méthode qui permet de prendre le temps d’examiner chaque cas.

Les Hébreux ont ciblé le vrai problème et l’ont attaqué à la racine, même si cela fut très douloureux. Ils ont utilisé leur intelligence pour régler ce problème. Et ils ont mené à bien jusqu’au bout leur décision. Esdars 10 :17 :   « Le premier jour du premier mois, ils en finirent avec tous les hommes qui s’étaient alliés à des femmes étrangères. (version Segond) »

Troisième temps : Que retirer de ces textes, aujourd’hui, pour nous ?

C’est là le moment le plus difficile. Il faut savoir trouver le message de Dieu au milieu d’une histoire qui peut nous choquer ou nous révolter.

  • Premier enseignement : ce récit décrit une société patriarcale qui fait bien peu de place aux femmes . C’est un fait évident. Mais ne lisons pas cette histoire vieille de 2500 ans avec la grille de lecture actuelle, féministe, ou en terme de genre. En ce temps, toutes les sociétés étaient de ce type et cela devait durer longtemps. Prenons actes du fait et ne perdons pas notre temps à juger et condamner un monde hors de notre portée.
  • Deuxième enseignement : Il y a, pour nous, aujourd’hui, quelque chose de profondément inhumain à renvoyer des femmes et des enfants de cette manière. Mais, là aussi, voyons les mœurs du temps : les mariages étaient avant tout des alliances tribales et des transactions. Ce que nous lisons est une rupture de contrat. Cependant, il ne nous est pas dit que ce fut une décision facile et sans douleur. Mais il s’agissait de corriger une erreur, une trahison de la Loi. La conscience spirituelle l’emporta sur les sentiments charnels et humains.
  • Troisième enseignement : Quel est le sens symbolique, universel et intemporel de cette histoire ?
  1. Tout renoncement a ce que l’on sait être la vérité (ici la Loi) est une lâcheté, un compromis, un conformisme.
  2. Toute erreur se paie un jour ou l’autre, surtout dans l’économie divine. Quand vient ce temps, il faut alors, par l’esprit, bien se souvenir de l’origine de ce mal actuel.
  3. Le mariage étranger est une image simple de la désobéissance par facilité, aux conséquences graves, car l’homme qui agit ainsi donne ses enfants au peuple étranger par le corps de la mère. Les principes chrétiens peuvent aussi être dévoyés si on les met au service d’une cause étrangère, quelque charme de celle-ci ait. Une fois ce mariage contre nature consommé, la lignée échappe au père. La répudiation est alors la seule solution qui restait aux Hébreux, puisqu’ils n’étaient pas enclins à accepter les conversions. Aujourd’hui, la conversion, par Christ, est offerte à tous, car, selon le mot de Paul, « il n’y a plus ni Juifs, ni Grecs, ni hommes libres, ni esclaves ».
  4. Le couple est une complémentarité, il faut donc choisir un conjoint qui partage les mêmes idées, sinon il y a du tirage. Cela est constaté dans tous les mariages, hélas.
  5. Enfin, une dernière leçon, difficile, est que toute purification et retour à l’obéissance est une épreuve douloureuse. C’est exactement le contraire de la faute commise, qui a été douce et facile. Ceci est universel et intemporel.

On peut trouver ce récit très dur, mais vous noterez que Dieu n’a pas demandé aux Hébreux de renvoyer leurs femmes étrangères. C’est leur propre décision. Il y a donc dans ce texte un bel exemple de liberté (certes douloureuse) laissée aux hommes par Dieu.

Septembre 2020 – JM Dauriac

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Tout est possible, tout est accompli

Tout est possible, tout est accompli

Jean Agogué

Si je dois vous donner une seule raison d’écouter cette œuvre, elle est dans l’introduction du premier titre, Si la vie que je mène.  Ca dure exactement 40’ et c’est proprement bluffant ! Il y a là un toucher de guitare du soliste d’une telle grâce et délicatesse que j’ai été immédiatement conquis. J’ai instinctivement pensé à deux de mes guitaristes préférés, Marc Knopfler et Eric Clapton. Ce n’est pas rien, mais le jeune Mickaël Lubin, le mérite : il a la grâce. Il n’imite pas, il fait parler sa guitare avec sensibilité, tout sonne juste dans ce chorus initial. Et c’est un vieux guitariste qui parle, un qui n’a pas la grâce de ce jeune musicien. Au bout de ces quarante secondes, c’est gagné : on a envie de réentendre ce son formidable ! Donc, on va écouter très attentivement tout les titres, en tendant l’oreille à chacune de ses interventions, et il y en a beaucoup car, visiblement, Jean Agogué est du même avis que moi. Je vous laisse faire vous-même ces découvertes, vous ne serez pas déçu. Il y a même un petit instrumental qu’il a orchestré, en plage 6 !

Mais on ne saurait réduire les chansons livrées à ce seul musicien de talent. Disons que c’est la cerise sur le gâteau. J’avais déjà chroniqué le précédent album de Jean Agogué (voir sur mon blog), qui offrait une belle collection de chansons d’inspiration chrétienne. Celui-ci se situe dans la continuité. Jean A. affiche clairement la couleur : il est chrétien et trouve cette vie de foi formidable. Ce qui ne veut pas dire facile ou béate. Les onze chansons de l’album donnent une palette très riche d’approches de la vie chrétienne. Celui qui croit sera évidemment comblé, mais je suis persuadé que ce disque peut aussi parler à toute personne honnête qui se pose des questions sur le sens profond de l’existence.

Jean Agogué a entrepris une collaboration avec le pasteur Thierry Bulant, lui-même musicien-chanteur. Il signe huit des onze textes de l’album. Deux sont de Jean Agogué, qui a composé toutes les musiques des chansons. Il s’agit donc d’un travail d‘équipe, ce qui lui donne toute sa cohérence. Le style musical que Jean aime et défend depuis plus de 40 ans est résolument américain : folk, blues, ballade rock soft. On est du côté de Nashville-sur-Rhône. Les ambiances sonores de chaque morceaux sont très travaillées, pour apporter de la variété. Il y a des rocks, des thèmes ternaires, des bons pickings binaires et du blues. On ne s’ennuie vraiment pas !

J’ai dit tout le bien que je pensais du guitariste solo (tiens, mettez donc l’intro du titre 11, Il vient), mais il n’est pas seul, il y a une équipe complète qui « assure ». Citons-les : Daniel Grail aux claviers, Christian peyron à la guitare basse, William Gaudin à la batterie, Corentin Martinez aux percussions, sans oublier Jean Agogué à la guitare acoustique.

Les voix sont bien en place. Celle de Jean est chaude et pleine, les composition sont taillées sur mesure. Il partage les leads vocaux avec une voix féminine, celle de Sophie Waysenson. La complicité vocale des deux interprètes est manifeste (écoutez Elle est longue la route). S’ajoutent des choristes féminines pour densifier les refrains ou passages forts. Rien à redire sur l’aspect vocal : c’est clair et surtout très bien articulé (chapeau Jean pour cette diction impeccable), ça change du gloubi-boulga qu’est devenue toute une partie de la chanson française (j’apppelle ça le syndrome Daho). On comprend absolument tout, et c’est très important, compte tenu des textes et de l’intention du disque. Il s’agit de partager cette foi et cette espérance en Jésus. A ce propos, il faut signaler Mon Dieu Mon père, écrit, composé et chanté par Thierry Bulant, sur un rythme jazzy. Une belle profession de foi qui échappe au prêchi-prêcha par la sincérité et la conviction qui en émanent.

Bien : tout serait donc parfait dans ce disque ? Eh bien non ! Il ya un titre où l’orchestration me meurtrit l’oreille à chaque écoute, c’est le morceau-titre de l’album, Tout est possible – tout est accompli. La sonorité du synthé est, pour moi, quasi-inuspportable : elle sonne comme un clavier-jouet, agressive et un peu ridicule. Je sais bien, pour le pratiquer, qu’un choix de sonorité au clavier est toujours un pari. Celui-ci est perdu. Du coup, le morceau en est assez sérieusement altéré, alors qu’il est un hymne à la foi. Mon second reproche porte sur les derniers morceaux de l’album, que je trouve moins réussis que ceux du début, disons à partir du titre 8. Je ne saurais pas donner d’explication sûre, sauf peut-être les thèmes abordés et la structure des paroles.  Des titres comme Dieu a tant aimé le monde ou Le train du ciel  me séduisent moins, car moins originaux que les six ou sept premiers.

Je voudrais terminer par présenter mon morceau préféré ; Cest la chanson Pour le meilleur et pour le Père, particulièrement réussie, sur un sujet historique : celui de la persécution et de la fuite des Huguenots français au XVIIème siècle, après la Révocation de l’Edit de Nantes, en 1685. Voilà une chanson aboutie que tout protestant ne peut que faire sienne.

Ce disque est une belle réussite, malgré les petits défauts signalés. Il s’en dégage de la joie et de l’espérance. On peut le réécouter sans risque qu’il ne lasse, il s’enrichit à chaque écoute. Indispensable dans votre discothèque ;

Jean-Michel Dauriac

Ps : on peut commander le disque directement,

Pour 15 €, port compris. Contact: contactjean84@gmail.com

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La paternité spirituelle en questions et réponses

De la paternité spirituelle et de ses contrefaçons

Pavel Syssoev –

123 pages, 12 €

Le lundi de Pentecôte 1973, je me suis converti au christianisme, que je connaissais depuis ma tendre enfance, mais qui n’était que la religion de mes parents. Ce soir-là (il était près de minuit), j’ai répondu « oui » à l’appel que Dieu m’a adressé par la voix d’un de ses ministres, le pasteur-évangéliste-chanteur Gérard Peilhon. Ce n’aurait pu être qu’un intermédiaire occasionnel entre Dieu et moi, mais il n’en fut. Rien. Gérard a été un de mes deux pères spirituels, me conseillant et m’encourageant, tant qu’il fut en mesure de le faire, et toujours avec l’amour du Christ. Je sais donc par ma vie ce qu’est un père spirituel. Mais je sais aussi que ce sujet est très rarement abordé dans la vie des paroisses, en dehors de retraites ou séminaires spécialisés, réservés à une petit minorité de chrétiens, souvent des prêtres ou des pasteurs. Je n’ignore pas non plus que bon nombre de croyants ne connaissent pas cette notion ou alors seulement très vaguement, comme une notion cléricale.

Le livre du frère Pavel Syssoev, dominicain et philosophe, est donc fort bien venu, car il vient combler, en des termes très contemporains, une lacune doctrinale. En effet, si la notion est peu connue, la réalité pratique est importante. Evoquer la paternité spirituelle, c’est pénétrer dans le vécu de la transmission, de l’accompagnement, du conseil dans la vie spirituelle. C’est aussi  entrer dans la problématique de l’emprise, notion devenue très « tendance », dans la psychologie moderne, mais qui existe depuis les origines de l’humanité. Ce que nous livre l’auteur est en fait ce que l’on nommait jadis un traité. Le lecteur comprendra très vite, au fil des pages, qu’il est nourri d’expériences personnelles et de rencontres, dans le cadre de son ministère religieux.

« Derrière ces pages, il y a des visages singuliers et des histoires particulières » p.7.

Le préambule revient, à juste titre, sur le risque d’emprise. Il fallait bien dire que les scandales des abus sexuels ne sauraient occulter tout le travail positif effectué par les chrétiens auprès des âmes en recherche, jeunes ou moins jeunes. Dire que ces faits relèvent d’une subversion totale de la mission :

« Si l’emprise spirituelle est tellement monstrueuse, c’est parce qu’elle parasite un bien. » p. 8

Le frère Pavel a choisi un plan simple en quatre chapitres assez détaillés. En toute logique, il commence par définir ce qu’est la paternité spirituelle. Il enchaîne avec les différents types d’accompagnement, avant d’aborder les pathologies de la paternité spirituelle, pour conclure sur leurs racines et leurs traitements. On le voit bien, ce plan confirme le projet de réaliser un petit traité sur la paternité spirituelle.

Bien évidemment, je ne vais pas vous dévoiler le contenu de ce livre, dense, qui doit être médité et relu pour être assimilé. Car il parle à chaque croyant engagé, et chaque lecteur pourra en tirer profit pour sa propre mission et les situations où il devra accompagner et conseiller. Les dérives évoquées ne sont pas toutes condamnées par la loi et criminelles ; il en est de très subtiles, qui ne sont sans doute pas perceptibles par celui qui en est l’auteur.

J’aimerais souligner quelques aspects majeurs qui marquent une originalité certaine de l’ouvrage.

La première originalité est ecclésiale, dirions-nous, en termes théologiques. Nous savons que c’est la question de l’organisation de l’Eglise qui est la ligne de fracture majeure entre les Catholiques-Orthodoxes et les Protestants. Le clergé catholique est en situation exclusive sur les sacrements et a, de facto, acquis une position très dominante sur le peuple de Dieu de sa confession. En découvrant le titre de ce traité, j’ai immédiatement pensé qu’il s’adresserait aux prêtres, moines et diacres. Il leur est bien sûr destiné, car ils sont en position de vivre ce qui est décrit. Mais la grande force de l’auteur est de désamorcer ce piège d’exclusivité. Il parle à tout croyant né de nouveau.

« Néanmoins, le point sur lequel je veux insister est que la paternité spirituelle n’est nullement réservée aux clercs, elle vient avant tout de la fécondité du sacerdoce baptismal. » p.49.  

Et c’est la deuxième très bonne nouvelle : la nouvelle naissance est ici présentée comme l’entrée nécessaire en vie chrétienne. Ce que je ne peux qu’approuver vigoureusement, car le suis convaincu que sans cette expérience de retournement spirituel, il ne peut y avoir de vie chrétienne complète et épanouie. Citons l’auteur :

«  … il y a une nouvelle naissance, celle qui donne la vie divine. Un tel engendrement est une œuvre de l’Esprit qui s’accomplit en nous par l’action du Christ ressuscité. » p.18

Cette nouvelle naissance est ce qui nous introduit dans notre filiation divine, dans la fraternité avec Jésus-Christ et dans la paternité de Dieu. Là est la source de toute paternité spirituelle. Le fondement est dans ces éléments. Nul ne peut devenir père spirituel s’il n’est pas établi dans cette filiation, fraternité et paternité. C’est à partir de ce point que nous pouvons à notre tour engendrer des vies au salut. Mais ce ne sera jamais notre œuvre, mais celle de l’Esprit ; nous ne serons que des serviteurs. Tout chrétien est appelé à engendrer et donc, potentiellement, à faire oeuvre de paternité spirituelle. Les clercs le font par vocation et appel particulier, mais ils partagent ce travail avec les frères et sœurs de l’Eglise. Un théologien protestant ne peut qu’approuver ces propos.

Le deuxième point qui mérite d’être relevé concerne la question de l’homosexualité dans la perspective de la paternité spirituelle. Je sais grè au frère Pavel d’avoir osé aborder ce sujet, car il sent encore le souffre dans les diverses Eglises chrétiennes. Il pose la question qui dérange :

« Dans le régime chrétien, une personne dont l’affectivité aurait une structuration homophile, peut-elle vivre une véritable paternité spirituelle ? » p. 104

Je relève l’expression « régime chrétien », que je trouve très appropriée, car ce n’est pas l’affaire des Catholiques, mais de toute la sphère chrétienne. Il cite immédiatement après cette question, un article du Catéchisme de l’Eglise catholique (n° 2359) qui enjoint les homosexuels à la chasteté, comme chemin de perfection chrétienne. Il ne pouvait pas en être autrement, ceci est la position du magistère romain – et aussi celle de la grande majorité des chrétiens. Ce n’est pas ici le lieu de discuter de cette position. Ce qui est très intéressant dans le livre de P. Syssoev, c’est le fait qu’il reconnaît à une personne homosexuelle le droit et la légitimité à être un père ou une mère spirituels. Evidemment dans le respect de la chasteté et de la doctrine catholique. Je suis à peu près certain que cette position fera grincer des dents à de nombreux lecteurs. Accueillir les homosexuels oui, les laisser accéder aux sacrements, à la rigueur, mais admettre que certains peuvent faire œuvre de paternité spirituelle selon le dessein de Dieu, alors là, c’est trop ! Or, avoir cette position, c’est réduire le projet de Dieu, comme le dit l’auteur :

« – Nous sommes tous appelés à la sainteté. Le travail des vertus, la puissance de la grâce intégrent dans une création nouvelle ce que le péché a défiguré. » p. 106

Le verset de Paul est, à cet égard, incontournable :

« 2 Corinthiens 5:17 Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. (version Segond 1910). »

Le troisième aspect que je veux signaler est le spectre assez large des pathologie de la paternité spirituelle que l’auteur aborde. Elles ne sont pas toutes sur le même plan, certaines sont totalement destructrices, c’est le cas de l’emprise qui conduit aux abus sexuels sous toutes leurs formes. A ce propos, P.S. rappelle, fort judicieusement, que le crime pédophile ou sexuel n’est pas corrélé avec le célibat sacerdotal. Il faut le dire et le répéter, car la doxa progressiste anti-religieuse (surtout anti-catholique d’ailleurs, car très conpréhensive avec l’islam) pratique un amalgame réducteur. L’abus à caractère sexuel est une abomination légale et spirituelle, qui doit être dénoncée et condamnée à la fois par les Eglises et la République[1]. Mais cela ne représente qu’une part infime des prêtres et des dérives de la paternité spirituelle. Ce que dénonce ce livre est bien plus courant et doit être traité. Il cite ainsi le culte de l’efficacité et la perte d’humilité des pères déviants, mais aussi celui de la personne et les fausses attentes qui en découlent, lesquelles produisent frustration, sentiment d’échec, voire rejet de la foi. Il y ajoute l’abandon de l’enseignement aux enfants spirituels des vertus chrétiennes et, parfois, le mépris de la loi au profit de la route tracée par le père spirituel. Pour chaque déviation, il propose des remèdes appropriés, dont la base est dans la Bible. Il n’invente rien, mais remet en avant ce que Dieu a révélé aux hommes depuis fort longtemps.

Enfin, le dernier point que je mettrai en avant est l’encouragement à pratiquer l’accompagnement et le conseil. Mais pas n’importe comment. Pavel Syssoev insiste sur la nécessité d’une solide formation, qui peut être aussi bien autodidacte que reçue de l’extérieur (en pratique les deux se combinent). On ne peut s’improviser père spirituel, mais on doit y aspirer et se donner les moyens de le devenir et de vivre ce ministère avec succès et sérieux.

«  On ne peut pas former un accompagnateur en une vingtaine d’heures. Tout comme il est impossible de remplacer les chirurgiens-dentistes par des aides-soignantes, on ne peut pas répondre au besoin d’accompagnateurs par des formations-éclairs. » p. 60.

Voilà une affirmation qui va au rebours de la pratique des stages proposés par toutes les Eglises, où en une semaine ou quelques sessions de week-end, on fait de vous un « conseiller spirituel ». Ces stages ne sont pas inutiles, mais ils peuvent être dangereux, en laissant croire à ceux qui les ont suivis qu’ils sont équipés pour ce travail de paternité spirituelle. Il faut dire, avec beaucoup d’humilité, qu’on n’est jamais préparé vraiment, même au soir de sa vie. Cela fait maintenant 45 ans que je travaille pour l’œuvre de Dieu, j’ai fait beaucoup de lectures, des formations  et même suivi un cursus complet de théologie, jusqu’au doctorat, mais je ne prétends nullement être accompli en ce travail, tout au plus ai-je acquis des outils que je maîtrise. Je vis beaucoup de situations où l’on demande mon aide, mais il est des cas où je ne sait pas comment agir, où je n’ai pas de réponse. C’est alors seulement par le Saint-Esprit que je puis être le serviteur inutile de Dieu. La paternité spirituelle est un fait réel, mais elle est très exigeante et nous n’aurons pas des dizaines d’enfants spirituels dans une vie, même un prêtre ou un pasteur. Nous pouvons conduire bien des gens au pied de la Croix où ils vont se repentir et se convertir, mais nous ne serons pas leurs pères spirituels, simplement nous aurons été l’ouvrier dans le champ de Dieu. Ne confondons pas cela et la paternité spirituelle, qui est un acte dans la longue durée et qui engage toutes nos ressources. Ce livre sera une aide précieuse tout au long de notre travail.

Pour conclure, je veux redire que cet ouvrage est universel (donc catholique au sens que je préfère), écrit pour tout chrétien sérieux qui veut être utile à l’œuvre de Dieu dans ce monde. Il dépasse les limites dénominationnelles, et c’est très bien. Je laisse à l’auteur le mot de la fin, auquel je souscris totalement :

«  Il est frappant de constater dans l’histoire de la spiritualité, comment les amis de Dieu se reconnaissent et s’estiment souvent malgré leurs divergences de styles, d’écoles, d’opinions et de sensibilités. Ëtre sourd à cette symphonie revient à réduire l’insondable mystère de Dieu à une parcelle de son  rayonnement. » p. 41.

Jean-Michel Dauriac

Théologien protestant


[1] Dans ma longue vie d’enseignant de l’Ecole de la République (43 années acolaires), de 1974 à 2017, j’ai vu comment l’Education Nationale a longtemps couvert les actes pédophiles ou inappropriés, en mutant, au pire, les enseignants coupables. Elle a agi exactement comme le fit l’Eglise Catholique : elle a d’abord protégé ses serviteurs, ne prenant pas vraiment la mesure de la gravité de ces actes. On a jugé le cardinal Barbarin, mais aucun Recteur ou Inspecteur d’Académie. Et personne ne le remarque dans les médias dominants, pendant que l’on continue à s’acharner sur les prêtres. Si l’on veut être juste, il faut dire cela.

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