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Pourquoi Gémis-tu ? Psaume 42 – Méditation

Philippe Romain (lecture du psaume 42: Jean-Michel Dauriac)

La version audio est là:

Introduction

Pour commencer nous allons nous rappeler de la définition de la foi dans Hébreux chapitre 11.1

Hébreux 11.1 (COL)

1 Or la foi, c’est l’assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas.

 Le pluriel « des fils de Qoré » montre que le psaume fait partie d’un recueil familial [Ps 42-49].

L’auteur du psaume 42 est donc un des descendants des fils du rebelle Qoré qui se révolta contre Dieu par jalousie à l’encontre de Moïse et Aaron. Le prophète Samuel lui-même est aussi de la lignée de Qoré dont un petit-fils Héman avait fait partie de l’orchestre liturgique avec ses fils.

Les mots « mon âme » montrent que ce descendant de Qoré est dans la peine, mais on ne sait pas exactement pourquoi.

Les Psaumes 42 et 43 forment une unité qui se termine par le même verset « il est mon salut et mon Dieu ». Même si le psalmiste se plaint plusieurs fois, car il répète souvent « pourquoi t’abats-tu mon âme ? » 3 fois dans ses deux psaumes, mais c’est toujours suivi de « Attends-toi à Dieu, car je le célébrerai encore » puis suivi de l’expression « le salut de ma face et mon Dieu ».

Le fait qu’il proclame à la fin « il est mon salut et mon Dieu » montre qu’il fait une démarche de foi ou plutôt de combat de la foi contre ses propres sentiments, entre autres ses craintes et de ne percevoir que du négatif autour de lui.

Avoir la foi ou la confiance en Dieu qu’il nous aidera ne nous épargne pas des angoisses.

Ce n’est pas parce que l’on déprime que nous avons perdu la foi.

La foi n’est pas un sentiment, mais une volonté ferme de mettre son espérance dans notre Seigneur.

Méditation 1

Le psalmiste a conscience que son état intérieur est troublé, qu’il manque de paix. Mais ce n’est pas ses sentiments qui le dirigent c’est la foi, la foi en la Parole de Dieu en sa promesse : « il est mon salut et mon Dieu » qui est répété à plusieurs reprises. Donc le psalmiste est bien conscient malgré des inquiétudes qui le font souffrir que Dieu peut le sauver parce qu’il est son Dieu.

Pour que Dieu nous sauve, il faut l’avoir accepté dans sa vie comme son Seigneur. Dieu est mon Dieu, je n’ai pas d’autres dieux devant ma face que le Seigneur lui-même, le Créateur de l’univers. Nous devons toujours respecter le 1er commandement :

L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un. 5Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force

Il est vrai qu’il y a un certain style poétique comme un refrain. Mais ce n’est pas qu’une simple chanson. Les lévites qui officiaient pour le chant sacré étaient souvent des prophètes, des anciens disciples du prophète Samuel. Le psaume nous indique comment le psalmiste réagit. La première chose à faire c’est de rechercher la face de Dieu. c’est de A à Z la méthode que la Bible recommande pour se tourner vers Dieu.

L’image de la biche assoiffée est saisissante surtout quand on sait qu’en Israël le manque d’eau était catastrophique, tout le monde en souffrait les animaux compris. Le psalmiste exprime l’intensité de cette soif, son désir de recherche de Dieu, parce qu’il est le recours ultime. Il ne faut pas chercher Dieu légèrement, mais avec profondeur et ardeur parce qu’on peut le rechercher intellectuellement, mais au fond notre cœur n’est pas vraiment disposé.

Il faut Le chercher vraiment, pas avec une certaine nonchalance, voir les quelques problèmes qui ne sont pas vraiment résolus dans notre cœur, que l’on n’a pas envie de mettre à la lumière. Car on sait que souvent Dieu ne nous parle pas lorsque nous avons un problème avec Lui et que nous ne le voulons pas le reconnaître, le mettre à la lumière. Nous avons alors une prière de pure forme, sans profondeur, sans sincérité.

Le verset 3 montre que le psalmiste désire paraître en face de Dieu et se pose la question quand il pourra rencontrer Dieu.

Il fait une sorte de dépression il pleure jour et nuit, il pense que Dieu l’a abandonné. Ses adversaires ou ses proches lui disent la même chose « où est ton Dieu ? ».

Quand nous avons des moments difficiles et que nous déprimons, on a malheureusement des gens à l’instar des amis de Job qui sont là au lieu de nous aider à remonter le moral nous enfonce davantage. On dit parfois quand on a des amis pareils, on n’a pas besoin d’ennemis.

La bonne réaction c’est toujours se souvenir de ce que Dieu a fait pour nous c’est ce qu’à fait le psalmiste « Voici pourtant ce dont je me souviens avec effusion de cœur ». C’était des jours de bonheur pour aller à la maison de Dieu. Peut-être en ce jour-là on avait l’admiration des hommes. Mais dans les difficultés on se trouve seul et les amis ne sont pas toujours présents.

Méditation 2

Les fils de Qoré ont été mandatés par le roi David pour diriger le chant dans la maison de l’Éternel. Les larmes versées jour et nuit, l’ambiance n’était plus à la louange. Probablement l’Esprit de Dieu est attristé dans le Sanctuaire [à cette époque une tente]. Il répète encore mon âme est abattue, mais il se rappelle des souvenirs.

La situation géographique mentionnée est bien connue la montagne de l’Hermon, mais la montagne de Mitsear ne l’est pas. Mais cela lui permet de décrire ce qu’il ressent au verset 8.

On a des vagues et des flots qui passent sur le psalmiste, cela ressemble à une dépression qui nous donne l’apparence que les malheurs arrivent les uns après les autres, ça n’en finit pas.

Le psalmiste malgré sa dépression reconnaît quand même que Dieu agit « Le jour, l’Éternel m’accorde sa bienveillance ; La nuit, son cantique m’accompagne. C’est une prière au Dieu de ma vie. » La dépression n’a pas annihilé sa capacité de réflexion et d’être objectif. Il faut faire un effort volontaire pour reconnaître la proximité de Dieu dans notre vie malgré des moments difficiles. Nous sommes tellement centrés sur nous et sur nos malheurs que l’on oublie la présence de Dieu auprès de nous. Dieu souvent nous donne des signes qu’il est là, présent.

Le psalmiste malgré tout loue le Seigneur, il le prie, il le chante.

On voit qu’il plie sous le poids des épreuves et notamment l’adversité, les moqueries des gens qui ne croient pas en Dieu, qui sont ses adversaires. Un des pires ressentiments est de penser que Dieu nous a oubliés [Jésus a connu cela dans la souffrance même de la Croix peu de temps avant de mourir :

Éli, Éli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonnél[1][2]

Méditation 3 : la fermeté dans la Foi

Malgré tout il est ferme dans sa foi. Au v. 12 il affirme « car je le célébrerai encore ; Il est mon salut et mon Dieu ». Il sait qu’il aura la victoire.

Ce Psaume est pour nous un exemple quand nous ne voyons pas le bout du tunnel, de mettre sa foi en Dieu même si les événements extérieurs semblent contrariants. Les promesses de Dieu sont intangibles il a toujours promis d’être avec nous et de nous soutenir au moment opportun pour nos besoins.

Le Psaume 43 qui suit est une continuité du psaume 42. Il prie le Seigneur et encore il se sent rejeté. Il demande la lumière car il ne comprend pas. On voit ici que les sentiments contrarient l’assurance de sa foi, pourtant il ne chancelle pas, car il est ferme.

Au verset 4 du Psaume 43, il s’écrie « j’irai vers l’autel de Dieu vers Dieu ma joie et mon allégresse et je te célébrerai sur la harpe ô Dieu mon Dieu »,

Donc il continue à chanter le Seigneur et à le proclamer être son Dieu. Mais même si son âme est abattue, comme s’il parlait à elle, il lui dit de s’attendre à Dieu, « car il est mon Dieu » même quand les sentiments sont contraires, sa foi reste ferme.

Ces 2 psaumes sont des exemples de constance dans la foi malgré les sentiments contraires. Les sentiments sont tyranniques parfois ils peuvent nous faire exalter parfois ils peuvent nous attrister. Nous devons avoir foi non pas dans ce que nous ressentons, mais dans ce que nous croyons : la parole de Dieu et ses promesses.

Dans le prophète

Ésaïe 26.3–4 (COL)

3 A celui qui est ferme dans ses dispositions, Tu assures la paix, la paix, Parce qu’il se confie en toi.

4 Confiez-vous en l’Éternel pour toujours, Car l’Éternel, l’Éternel Est le rocher des siècles.


[1]l Ps 22.2.

[2] Nouvelle Version Segond Révisée (Colombe) (Villiers-le-Bel : Société Biblique Française [Bibli’o], 1978), Mt 27.46.

Published in Bible et vie

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