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Nous sommes les enfants du jour – Méditation de sortie de l’Arche n° 16

La version audio de cette méditation est ici:

Les enfants du jour – JM Dauriac – 2021

Je crois à la vocation chrétienne, au sens de ce mot que nous avons étudié à propos d’Abraham. Nul ne peut affirmer être du Christ sans y avoir été appelé d’une manière ou d’une autre. Paul parle de « vocation céleste » à propos des chrétiens, en Ephésiens 4 : 4 :

« Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; » (version Segond)

Cette vocation, pour laquelle, comme Abram, nous n’avons aucun mérite personnel nous met dans une position particulière, que la Bible appelle le « salut ». C’est à propos de cette position que nous allons méditer.

Lecture : 1 Thessaloniciens 5 :4-8.

« 4  Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ;

5  vous êtes tous des enfants de la lumière et des enfants du jour. Nous ne sommes point de la nuit ni des ténèbres.

6 ¶  Ne dormons donc point comme les autres, mais veillons et soyons sobres.

7  Car ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit.

8  Mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, ayant revêtu la cuirasse de la foi et de la charité, et ayant pour casque l’espérance du salut. » (version Segond)

Au verset 1 de ce même chapitre, Paul déclare à ses correspondants que le « jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit ». C’est cela que nous retrouvons, au verset 4, lorsqu’il parle de « ce jour ».

« Le jour du Seigneur » dont il est question est un élément de la fin des temps, selon la terminologie du Nouveau Testament. Paul vient d’expliquer aux Thessaloniciens ce qu’il a compris de ce jour de résurrection : relisez 1 Thessaloniciens 4 : 13-18. Une première différence apparaît ici.

Le chrétien ne doit pas être surpris par ce jour. (verset 4).

L’image du voleur nocturne, toujours actuelle, suggère deux faits : d’abord la présence masquante de la nuit, qui cache hommes et choses, puis l’effet de surprise, car la nuit est le temps du repos et du calme. Toute irruption suscite à la fois la stupeur et la peur (voir méditation 15). Mais le croyant est prévenu qu’il y aura un « jour du Seigneur » et le croit fermement, et il l’attend, mieux, il l’espère. Par contre, « l’insensé », selon la Bible, lui, n’y croit pas. C’est donc pour lui une surprise effrayante. Vous noterez le contraste « jour du Seigneur » et « voleur dans la nuit ». Ce contraste arme tout le passage que nous avons lu. Paul manifeste cela en faisant usage du mot « ténèbre », comme caractéristique de ceux qui sont surpris.

La première différence est donc dans l’attitude face au « jour du Seigneur ». Ceux qui ne croient pas sont dans les ténèbres, ils ont refusé d’être éclairés, ils seront donc sans défense face au voleur nocturne, comme ils seront démunis en face du Seigneur. La seconde différence complète cette première distinction.

Enfants de la lumière et du jour (verset 5).

Ce verset contient de fait une double affirmation. La partie a est confirmée par la partie b. Deux couples antithétiques apparaissent ainsi : lumière/ténébres et jour/nuit. S’agit-il d’une répétition à fins pédagogiques ? Ce n’est pas rare chez Paul. Mais on peut aussi y voir deux aspects complémentaires. La lumière et les ténèbres renvoient à un aspect plus individuel. Il faut alors revenir au prologue de l’Evangile de Jean.

Les versets 5 et 9[1] définissent le rôle de la lumière : luire et éclairer. Luire, c’est être un point de repère, un espoir. Eclairer, c’est, dans la terminologie de Jean, ouvrir les yeux de l’homme. Or, cette lumière a un pouvoir extraordinaire dévoilé par les versets 12 et 13[2] : permettre de « devenir enfants de Dieu ». Donc lorsque Paul parle au verset 5 de notre texte des « enfants de lumière », nous pouvons le remplacer par «  enfants de Dieu ».

Faut-il séparer les ténèbres de la nuit ? Oui. Si nous voulons être prosaïque, nous pouvons remplacer « être dans les ténèbres » par « être dans le noir ». On peut être dans les ténèbres en plein jour, dans une grotte ou un local clos. Les ténèbres relèvent du particulier, la nuit du général et, bien sûr, il en est de même pour la lumière et le jour.

Etre un « enfant du jour », c’est demeurer dans un état où la lumière est partout. Elle ne luit plus et elle n’éclaire plus seulement dans les lieux de ténèbres. L’état normal est la pleine lumière. Le chrétien a comme état normal cette clarté qui l’entoure. Et même s’il est dans un lieu de ténèbre – je pense ici à une épreuve, un danger, une situation de détresse – la lumière luit pour l’éclairer. Il a à la fois le jour et la lumière. Par opposition ceux qui ne sont pas enfants de Dieu ont à la fois la nuit globale et des ténèbres particulières.

Cette destination conduit à des comportements également opposés.

Veiller dans la sobriété (versets 6 et 7)

A nouveau ici, Paul joue sur deux versets en opposition. Il analyse deux états distincts : le sommeil et l’ivresse.

Pour le croyant, c’est le verset 6 qui donne la conduite à tenir. Il s’agit de ne pas dormir. Nous savons que le sommeil est dans la Bible l’image de la mort. Le sommeil évoque ici une mort spirituelle. C’est un état qui nous prive de fait de la lumière et du jour. Paul nous encourage à veiller et à rester sobre. Il faut relire le récit de Gethsémané, en Matthieu 26 : 36-46, et s’arrêter sur le verset 41 :

« 41  Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. » (Version Segond)

Les disciples dorment dans la nuit où Jésus est livré. Ils n’ont pas saisi la lumière. Paul peut nous encourager à ne pas dormir, car la résurrection a eu lieu et la lumière a lui, d’abord pour les disciples, puis pour tous les hommes.

La sobriété est un état de contrôle et de vigilance ; celui qui est sobre doit lutter contre la tentation de la boisson ou de toute autre stimulation ou drogue.

L’incroyant se laisse aller dans les paradis artificiels (l’inverse du verset 7). Il va à la facilité. L’ivresse pousse au sommeil. Spirituellement, toutes les inventions de l’homme pour ne pas faire face à la seule grande question existentielle du sens de la vie, sont des ivresses. Elle le maintiennent dans la mort de l’esprit au sein d’un monde sans lumière. La grande illusion du monde et de la civilisation a toujours été de masquer cette nuit par une  fausse lumière frelatée que seule l’ivresse permet de supporter. Le jour et la nuit sont bien deux états spirituels que tout oppose et ceux qui y vivent ne sont pas identiques.

L’espérance du salut

Paul conclut cet enseignement par un encouragement à mener le bon combat. Dans la première lettre à Timothée, nous trouvons trois fois cette injonction à mener « le bon combat ». Retenons 1 Timothée 6 :12 :

« 12  Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins. » (version NBS)

Ce combat se mène avec des instrument de protection, car c’est une lutte, parfois un corps à corps. La cuirasse de la foi nous protège des coups de l’adversaire, des flèches de l’incrédulité, du mensonge, de la haine…

Et c’est l’espérance qui coiffe notre tête, le lieu de notre intelligence et de notre raison. Il nous faut garder notre pensée dans la logique du salut offert par Christ.

Quel beau titre que celui d’« enfant du jour » ! Sachons en apprécier à la fois les privilèges que personne ne peut nous retirer et les devoirs qui l’accompagnent : la veille dans la sobriété.

Jean-Michel Dauriac


[1] « 5   La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. » « 9  Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. » version Segond.

[2] « Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu,

« 13  (1-12) lesquels sont nés, (1-13) non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. » version Segond

Published in Bible et vie

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