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Reconstruire dans l’adversité

Méditations de sortie de l’Arche 6

La version audio est ici:

Introduction contextuelle :

Nous abordons maintenant le livre de Néhémie, qui reprend et complète le livre d’Esdras.
C’est la seconde phase;: dans le premier temps, le temple a été rebâti, après que le culte ait été restauré. Il s’agit ensuite de reconstruire, dans un second temps, les murailles qui entourent Jérusalem.
En effet, la montage de Dieu, Sion, n’est nullement protégée, elle est à la merci de ses voisins.
La région est un mélange de divers peuples, qui se retrouvent aussi dans la population de la ville, qu’ils ont investie depuis la destruction et la déportation des Hébreux.

Nous conduirons cette méditation en trois temps.

Temps 1 : délabrement et motivation

Lecture de base : Néhémie 2 : 13-15.

13 Je sortis de nuit par la porte de la Vallée, dans la direction de la source du Dragon et vers la porte du Fumier, en inspectant les murailles de Jérusalem où il y avait des brèches, et ses portes qui avaient été dévorées par le feu.
14 Je passai près de la porte de la Source et près du Réservoir du Roi, et il n’y avait pas de place où la bête que je montais puisse passer.
15 Je montai de nuit par l’oued et j’inspectai la muraille. Puis je rentrai par la porte de la Vallée et je fus ainsi de retour. […] Version NBS

Néhémie, (en hébreu, « l’Eternel console »), a été envoyé par Artaxerxès, empereur perse, pour rebâtir Jérusalem. C’est la suite de la mission que Cyrus le Grand avait initiée, avec l’envoi d’Esdras. Il arrive à Jérusalem, mais ne dit rien de sa mission aux magistrats de la ville. Il commence d’abord par se rendre compte lui-même de l’état désastreux de cette muraille. Il fait cela discrètement, de nuit, pour ne pas être vue. La prudence est et la discrétion sont de grandes qualités pour le croyant.
Que voit-il ? Des brèches, des portes brulées et des gravats qui obstruent le chemin. Triste état des lieux : la ville est ouverte à tout ennemi. De quoi témoignent ces dégâts ?
Les brèches racontent le siège et la violence des agresseurs, qui ont pu casser la muraille ; c’est le signe d’une défaite imparable.
Les portes brûlées montrent que les vainqueurs ont voulu anéantir toute la sécurité de la ville. Ces deux signes peuvent nous parler de ce qui peut arriver dans une vie attaquée et vaincue. L’adversaire veut supprimer toute possibilité de se protéger à nouveau. Jésus a repris cette image dans certaines de ses paraboles.
Les gravats attestent que rien n’a été fait pour nettoyer et effacer les traces de la défaite. La ruine durable est aussi dans cette destruction de toute volonté des vaincus. Nous connaissons aussi cela dans nos vies parfois, quand l’épreuve nous terrasse et nous ôte toute envie de nous en sortir.

Lecture 2 : Néhémie 2 : 17 à 19

17 Je leur dis alors : Vous voyez le malheur où nous sommes. Jérusalem est un champ de ruines, ses portes ont été détruites par le feu. Venez, rebâtissons la muraille de Jérusalem, et nous ne serons plus dans le déshonneur.
18 Je leur racontai comment la bonne main de mon Dieu était sur moi, et quelles paroles le roi m’avait adressées. Ils dirent : Bâtissons ! Et ils prirent courage pour cette œuvre bonne.
Sanballat, le Horonite, Tobiya, l’administrateur ammonite, et Guéshem, l’Arabe, l’ayant appris, se moquèrent de nous et nous traitèrent avec mépris. Ils dirent : Que faites-vous là ? Vous rebellez-vous contre le roi ? Version NBS.

Néhémie parle alors à tous ceux qui ont une responsabilité et montre à la fois la tristesse présente et sa motivation. Il expose sa mission, montrant qu’il ne se laisse pas abattre par ce qu’il a vu.
Sa détermination entraîne alors ceux qui, jusque-là, n’avaient rien fait.

Deuxième temps – l’adversité : de la moquerie au projet guerrier

Lecture de base : Néhémie 4 : 1-3

1 Lorsque Sanballat apprit que nous rebâtissions la muraille, il fut en colère et très irrité.
2 Il se moqua des Juifs, et dit devant ses frères et devant les soldats de Samarie : A quoi travaillent ces Juifs impuissants ? Les laissera-t-on faire ? Sacrifieront-ils ? Vont-ils achever ? Redonneront-ils vie à des pierres ensevelies sous des monceaux de poussière et consumées par le feu ?
3 Tobija, l’Ammonite, était à côté de lui, et il dit : Qu’ils bâtissent seulement ! Si un renard s’élance, il renversera leur muraille de pierres ! […]
6b Et le peuple prit à cœur ce travail.
7 ¶ Mais Sanballat, Tobija, les Arabes, les Ammonites et les Asdodiens, furent très irrités en apprenant que la réparation des murs avançait et que les brèches commençaient à se fermer.
8 Ils se liguèrent tous ensemble pour venir attaquer Jérusalem et lui causer du dommage. Version NEG (la numérotation des versets peut changer selon les versions).

Evidemment, ce projet est rapidement connu des non-juifs de la ville, et ceux-ci, qui n’aiment ni les Juifs ni leur Dieu, réagissent.
D’abord, c’est le mépris et l’incrédulité qui sont manifestés (vt. 1-3). Il susent de termes dévalorisants : les Juifs sont « impuissants » – ce qui correspond à la population âgée ou faible qui était demeurée sur place initialement – ; on leur rappelle la défaite, les brèches et le feu aux portes pour les décourager (vt. 2). L’Ammonite ironise sur leur incapacité à élever une muraille solide, qu’un renard pourra renverser. Tout est fait pour humilier les Juifs.
Mais ceux-ci s’accrochent à leur projet (vt. 6b). les adversaires passent alors du mépris, de la moquerie à la colère, car leur première stratégie a échoué. Ils décident alors d’une autre tactique, celle de l’attaque militaire (vt. 8). Le but est de causer des dégâts nouveaux à la ville, pour saper le moral du peuple. Il faut casser la motivation.
« Ils se liguèrent » : tous les non-juifs se liguent contre les Juifs. La haine fait l’union. Derrière cette haine des hommes se trouve le rejet de l’Eternel, le Dieu unique des Juifs. Ils pensent qu’il les a oubliés et veulent faire triompher leurs divinités.

Quand l’homme (ou la femme) ou le groupe veut sortir de sa détresse et revenir à la sécurité de Dieu, il va déchaîner contre lui les diverses armes du mal. D’abord la moquerie, la raillerie, qui blesse profondément. Elle accompagne le mépris, la déconsidération. La lutte spirituelle nous met inévitablement aux prises avec ces comportements, dans nos familles, parfois dans notre couple, au travail, dans le voisinage… Le Diviseur parvient à faire contre celui qui croit une union du mal. Bien sûr, il ne faut absolument pas devenir paranoïaque, et se croire constamment persécuté. Il faut analyser par l’Esprit Saint et distinguer ce qui relève de l’Esprit Malin et ce qui est de la vie humaine normale (hélas marquée également par le mal sous divers aspects). Mais nous savons, par la Bible, que l’Adversaire existe et qu’il ne veut pas de la réparation des brèches dans nos vies, pas plus qu’il n’accepte notre sécurité spirituelle.

Troisième temps : s’adapter aux circonstances

Lecture de base : Néhémie 4 : 16-18a

16 Depuis ce jour, la moitié de mes serviteurs travaillait, et l’autre moitié était armée de lances, de boucliers, d’arcs et de cuirasses. Les chefs étaient derrière toute la maison de Juda.
17 Ceux qui bâtissaient la muraille, et ceux qui portaient ou chargeaient les fardeaux, travaillaient d’une main et tenaient une arme de l’autre ;
18 chacun d’eux, en travaillant, avait son épée ceinte autour des reins. Version NEG.

L faut noter que le peuple n’a pas cédé sous la menace. Sous la conduite de Néhémie, il a adapté son comportement au risque.
Néhémie doit diviser en deux ses serviteurs : le travail avancera donc deux fois moins vite. Le Diviseur le sait, mais il sait aussi qu’il n’a pas triomphé : le travail continue. Il y aura donc deux catégories de personnes sur le chantier.
Ceux qui ont mission de bâtir concrètement la muraille ne sont pas pour autant désarmés. On a deux mentions différentes ; les porteurs avaient une arme dans une main et travaillaient de l’autre main. Certes, ils étaient moins efficaces, mais en s’y mettant à plusieurs, les charges étaient déplacées. C’est donc la coopération qui fait la réussite, image de l’Eglise, corps de Christ. Quant aux maçons, ils ont une « épée ceinte autour des reins ». Ils ont donc la ceinture et l’épée ; la ceinture est la vérité, elle porte l’épée, qui est celle de l’Esprit, la Parole de Dieu. L’épée et la ceinture vont ensemble. Elles permettent aux deux mains de travailler, toute en ayant le moyen de se défendre.

Ephésiens 6 : 11 Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable.
12 Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.
13 C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté.
14 Tenez donc ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture ; revêtez la cuirasse de la justice ;
15 mettez pour chaussures à vos pieds le zèle que donne l’Evangile de paix ;
16 prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin ;
17 prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. Version NEG.

Ceux qui ont pour mission de surveiller vont être équipés d’armes diverses, pour se protéger (bouclier, cuirasse), mais aussi pour repousser les assaillants (lance, arc). Evidemment nous mettons ce verset en parallèle avec le texte célèbre d’Ephésiens 6 : 11-17, où Paul évoque « toutes les armes de Dieu », dans le cadre de la lutte contre les esprits mauvais. La cuirasse est la justice ; le bouclier est la foi. On peut assimiler la lance à la prière. Paul ajoute le casque du salut, mais cette notion était inconnue en tant que telle des Juifs de cette époque. Les combattants veillent sur leurs frères en s’appuyant sur tous les moyens spirituels. C’est leur participation à la reconstruction. Sans doute ceux qui portent les armes ne sont pas de bons maçons ou peut-être pas assez forts pour être porteurs, mais ils ont une fonction de veille. Il faut noter que chez Néhémie, comme chez Paul, les armes ont une fonction strictement défensive.

Que conclure ?

Notre vie (ou notre famille, ou notre église locale) peut avoir été saccagée, ruinée. Nous pouvons avoir perdu tout dynamisme. Mais Dieu sait susciter des envoyés pour restaurer la ville sainte et remotiver les cœurs chancelants. Le fait que Dieu envoie un homme ne détruit pas l’adversité, mais elle permet de la combattre et de la vaincre. Peu importe que cela prenne beaucoup plus de temps que prévu. Le tout est que le travail démarre et avance. Nous pouvons mettre beaucoup de temps à sortir de la défaite, mais c’est la persévérance dans le travail spirituel qui en est l’assurance finale. Il faut aussi identifier les adversaires et s’en protéger. Ce sera le sens de la méditation suivante, qui terminera ce cycle sur Esdras et Néhémie.

Jean-Michel Dauriac

Published in Bible et vie

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