{"id":98,"date":"2007-07-24T23:11:41","date_gmt":"2007-07-24T22:11:41","guid":{"rendered":"http:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/2007\/07\/24\/comment-les-riches-detruisent-la-planete-herve-kempf-le-seuil\/"},"modified":"2007-07-24T23:15:25","modified_gmt":"2007-07-24T22:15:25","slug":"comment-les-riches-detruisent-la-planete-herve-kempf-le-seuil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=98","title":{"rendered":"Comment les riches d\u00e9truisent la plan\u00e8te &#8211; Herv\u00e9 Kempf &#8211; Le Seuil"},"content":{"rendered":"<p><strong><span style=\"color: green\"> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/strong><!--[if gte vml 1]><v:shapetype  id=\"_x0000_t75\" coordsize=\"21600,21600\" o:spt=\"75\" o:preferrelative=\"t\"  path=\"m@4@5l@4@11@9@11@9@5xe\" filled=\"f\" stroked=\"f\">  <v:stroke joinstyle=\"miter\"\/>  <v:formulas>   <v:f eqn=\"if lineDrawn pixelLineWidth 0\"\/>   <v:f eqn=\"sum @0 1 0\"\/>   <v:f eqn=\"sum 0 0 @1\"\/>   <v:f eqn=\"prod @2 1 2\"\/>   <v:f eqn=\"prod @3 21600 pixelWidth\"\/>   <v:f eqn=\"prod @3 21600 pixelHeight\"\/>   <v:f eqn=\"sum @0 0 1\"\/>   <v:f eqn=\"prod @6 1 2\"\/>   <v:f eqn=\"prod @7 21600 pixelWidth\"\/>   <v:f eqn=\"sum @8 21600 0\"\/>   <v:f eqn=\"prod @7 21600 pixelHeight\"\/>   <v:f eqn=\"sum @10 21600 0\"\/>  <\/v:formulas>  <v:path o:extrusionok=\"f\" gradientshapeok=\"t\" o:connecttype=\"rect\"\/>  <o:lock v:ext=\"edit\" aspectratio=\"t\"\/> <\/v:shapetype><v:shape id=\"_x0000_i1025\" type=\"#_x0000_t75\" style='width:123pt;  height:180pt'>  <v:imagedata src=\"file:\/\/\/C:\/DOCUME~1\/JMD\/LOCALS~1\/Temp\/msoclip1\/01\/clip_image001.jpg\"   o:title=\"comment-les-riches-Kempf\"\/> <\/v:shape><![endif]--><!--[if !vml]--><!--[endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoList\" style=\"margin-bottom: 0.0001pt\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2007\/07\/sans-titre-1.jpg\" title=\"sans-titre-1.jpg\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2007\/07\/sans-titre-1.jpg\" title=\"sans-titre-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2007\/07\/sans-titre-1.jpg\" alt=\"sans-titre-1.jpg\" height=\"326\" width=\"226\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"MsoBodyText3\">Ce petit livre (125 pages de texte r\u00e9dig\u00e9) traite en fait d&rsquo;une seule id\u00e9e, importante, \u00e0 laquelle le titre ne rend pas forc\u00e9ment justice. En le lisant, en effet, j&rsquo; ai plut\u00f4t song\u00e9 \u00e0 un ouvrage des Editions Sociales (\u00e9ditions du PCF) de la grande p\u00e9riode Georges Marchais. Il y a comme un relent de lutte des classes dans ce titrage. Or, la lecture de l&rsquo;ouvrage ne correspond nullement \u00e0 une quelconque approche nostalgo-marxiste de la question trait\u00e9e. Le sujet est extr\u00eamement contemporain, m\u00ealant mondialisation et crise de l&rsquo;environnement mondial. L&rsquo;ouvrage a le grand m\u00e9rite d&rsquo;apporter une pierre au d\u00e9bat qui doit avoir lieu et de m\u00ealer de mani\u00e8re indissoluble le social (pour ne pas dire clairement le politique) et l&rsquo;\u00e9cologie.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">L&rsquo;id\u00e9e de ce livre: la croissance est \u00e0 remettre en question car elle m\u00e8ne \u00e0 la ruine finale de la plan\u00e8te. Or, ce sont les dirigeants de tous types, l&rsquo;oligarchie mondiale, qui consomment le plus et fixent les mod\u00e8les que s&rsquo;\u00e9vertuent \u00e0 copier les strates sociales inf\u00e9rieures de proche en proche. Il faut donc r\u00e9duire la consommation des hyper-riches et de leurs copieurs pour infl\u00e9chir le mod\u00e8le et couper une croissance li\u00e9e au gaspillage.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Sur l&rsquo;id\u00e9e principale, telle que r\u00e9sum\u00e9e ci-dessus, je n&rsquo;ai rien \u00e0 redire: il s&rsquo;agit d&rsquo;un constat d&rsquo;\u00e9vidence.<span>  <\/span>Revenons un peu sur la d\u00e9marche et sur le contenu, avant de formuler un avis global sur ce livre.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">\u00ab <strong><span style=\"color: red\">Mais on ne peut comprendre la concommitance des crises \u00e9cologique et sociale si on ne les analyse pas comme deux facettes d&rsquo;un m\u00eame d\u00e9sastre. Celui-ci d\u00e9coule d&rsquo;un syst\u00e8me pilot\u00e9 par une couche dominante qui n&rsquo;a plus aujourd&rsquo;hui d&rsquo;autre ressort que l&rsquo;avidit\u00e9, d&rsquo;autre id\u00e9al que le conservatisme, d&rsquo;autre r\u00eave que la technologie<\/span><\/strong> \u00bb page 9<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Il y a effectivement un \u00e9vident lien entre les menaces diverses et cumulables sur la Terre, notre cadre de vie et la fa\u00e7on dont nous vivons, c&rsquo;est \u00e0 dire en soci\u00e9t\u00e9s organis\u00e9es plus ou moins coordonn\u00e9es. C&rsquo;est la grande faiblesse, et pour tout dire la vanit\u00e9, de la d\u00e9marche de Nicolas Hulot de ne pas vouloir voir ce lien manifeste et de faire croire que tout le monde est responsable \u00e9galement et que l&rsquo;on va s&rsquo;en sortir par un effort commun. Le livre de Kempf dynamite le pseudo- consensus de Hulot.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Le premier chapitre d\u00e9roule le sc\u00e9nario catastrophiste, celui qui h\u00e9risse tant les poils hirsutes de Claude All\u00e8gre. \u00ab La catastrophe. Et alors? \u00bb est son titre.Il place cette r\u00e9flexion sous le double patronage de Michel Loreau, biologiste, et de James Lovelock, physicien et inventeur de l&rsquo;hypoth\u00e8se \u00ab Ga\u00efa \u00bb, qui consid\u00e8re la Terre comme un \u00eatre vivant, avec toutes les cons\u00e9quences possibles. Suivent ensuite les pr\u00e9sentations des diverses composantes de la grande crise que nous sommes en train de fabriquer par notre oeuvre:le r\u00e9chauffement climatique, la crise de la biodiversit\u00e9, l&#8217;empreinte \u00e9cologique globale, le choc p\u00e9trolier final&#8230; Il liste les divers sc\u00e9narios possibles et montre que les r\u00e9ponses actuelles sont d\u00e9risoires, notamment en ce qui concerne cet objet non identifi\u00e9 qu&rsquo;est le d\u00e9veloppement durable.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">\u00ab <strong><span style=\"color: red\">Car personne ne peut croire que la c\u00e9l\u00e9bration du \u00ab d\u00e9veloppement durable \u00bb, qui se traduit par le mitage des paysages par les \u00e9oliennes, la relance du nucl\u00e9aire, la culture des biocarburants, l&rsquo; \u00ab investissement socialement responsable \u00bb, et autres d\u00e9marches des lobbies en qu\u00eate de nouveaux march\u00e9s puisse ne serait-ce qu&rsquo;infl\u00e9chir le cours de choses. Le \u00ab d\u00e9veloppement durable \u00bb est une arme s\u00e9mantique pour \u00e9vacuer le gros mot \u00ab \u00e9cologie \u00bb.<\/span><\/strong> \u00bb page<span>  <\/span>33.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Et un peu plus bas:<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">\u00ab <strong><span style=\"color: red\">Le \u00ab d\u00e9veloppement durable n&rsquo;a pour fonction que de maintenir les profits et d&rsquo;\u00e9viter le changement des habitudes en modifiant, \u00e0 peine, le cap.<\/span><\/strong> \u00bb page 33.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Ceci est v\u00e9rifi\u00e9 par la d\u00e9fense de ce concept mou faite par des pseudo-\u00e9cologistes comme Al Gore ou Claude All\u00e8gre, lesquels n&rsquo;envisagent pas un instant de remettre en cause la croissance et donc les profits des b\u00e9n\u00e9ficiaires du syst\u00e8me. Pour cela on minorise la crise par trois type de facteurs. D&rsquo;abord, une approche \u00e9conomique qui se cache derri\u00e8re la croissance du PIB, ensuite l&rsquo;ignorance crasse des \u00e9lites en \u00e9cologie scientifique et enfin le mode de vie des d\u00e9cideurs compl\u00e8tement coup\u00e9s de la nature et des probl\u00e8mes concrets que rencontrent d\u00e9j\u00e0 les masses en lien avec cette crise \u00e9cologique. Les d\u00e9fenseurs th\u00e9oriques des masses, les partis de gauche, en l&rsquo;esp\u00e8ce les socialistes sont \u00e9galement disqualifi\u00e9s:<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">\u00ab <strong><span style=\"color: red\">Par ailleurs, le socialisme, devenu le centre de gravit\u00e9 de la gauche, est fond\u00e9 sur le mat\u00e9rialisme et l&rsquo;id\u00e9ologie du progr\u00e8s du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Il a \u00e9t\u00e9 incapable d&rsquo;int\u00e9grer la critique \u00e9cologiste. Le champ est ainsi libre pour une vision univoque du monde, qui jouit de sa victoire en n\u00e9gligeant les nouveaux d\u00e9fis<\/span><\/strong>. \u00bb page 36<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Conclusion de cette pr\u00e9sentation:<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">\u00ab  <strong><span style=\"color: red\">Si rien ne bouge, alors que nous entrons dans une crise \u00e9cologique d&rsquo;une gravit\u00e9 historique, c&rsquo;est parce que les puissants de ce monde le veulent. [&#8230;] Candides camarades, il y a de m\u00e9chants hommes sur terre. Si on veut \u00eatre \u00e9cologiste, il faut arr\u00eater d&rsquo;\u00eatre ben\u00eat.<o:p><\/o:p><\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoBodyText2\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Le social reste l&rsquo;impens\u00e9 de l&rsquo;\u00e9cologie. Le social, c&rsquo;est-\u00e0-dire, les rapports de pouvoir et de richesses au sein des soci\u00e9t\u00e9s. [&#8230;]<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"font-size: 10pt; color: red\">Il faut sortir de ce hiatus. Comprendre que<span>  <\/span>crise \u00e9cologique et crise sociale sont les deux facettes d&rsquo;un m\u00eame d\u00e9sastre. Et que ce d\u00e9sastre est mis en oeuvre par un syst\u00e8me de pouvoir qui n&rsquo;a plus pour fin que le maintien des privil\u00e8ges des classes dirigeantes<\/span><\/strong><span style=\"font-size: 10pt\">. \u00bb pages 36 &amp; 37<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Tout \u00e0 fait d&rsquo;accord, camarade Kempf, mais pourquoi ne pas employer le bon mot pour d\u00e9signer \u00ab les rapports de pouvoir et de richesses au sein des soci\u00e9t\u00e9s \u00bb, \u00e0 savoir le mot \u00ab politique \u00bb. Le probl\u00e8me \u00e9voqu\u00e9 est en effet clairement un probl\u00e8me de gouvernement, le social n&rsquo;en \u00e9tant que la traduction v\u00e9cue. Je ne sais pas cette prudence s\u00e9mantique.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Le chapitre suivant s&rsquo;attache donc \u00e0 lier crise sociale et crise \u00e9cologique \u00e0 partir de divers exemples v\u00e9cus par l&rsquo;auteur dans ses reportages pour \u00ab Le Monde \u00bb. Il commence par d\u00e9crire la pauvret\u00e9 \u00e0 partir d&rsquo;un exemple au Guatemala, puis \u00e0 Paris. Il \u00e9largit ensuite cette analyse \u00e0 l&rsquo;Europe, en montrant ainsi les diff\u00e9rentes facettes de la pauvret\u00e9. Puis il \u00e9tablit le constat de la progression in\u00e9luctable de la richesse depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es. Autrement dit, le monde devient de plus en plus in\u00e9galitaire. Il introduit alors la notion, incontestable d&rsquo; \u00ab <strong><em>oligarchie mondiale<\/em><\/strong> \u00bb. Face \u00e0 ce constat il n&rsquo;y a donc qu&rsquo;une seule solution pour att\u00e9nuer les in\u00e9galit\u00e9s, \u00ab <strong><em>abaisser les riches<\/em><\/strong> \u00bb.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">\u00ab <strong><span style=\"color: red\">D&rsquo;abord m\u00e9caniquement, en abaissant le revenu m\u00e9dian: si le revenu global des riches diminue, ou si le nombre de riches diminue, le revenu m\u00e9dian s&rsquo;abaisse. [&#8230;]Ceci, qui heurte le sens commun, doit se compl\u00e9ter par une autre remarque: une politique visant \u00e0 r\u00e9duire l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 chercherait aussi \u00e0 renforcer les services collectifs qui sont ind\u00e9pendants des revenus de chacun.<\/span><\/strong> \u00bb page 54<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Il fait ensuite le lien entre pauvret\u00e9 et mis\u00e8re \u00e9cologique:<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">\u00ab <strong><span style=\"color: red\">Deuxi\u00e8me constat: la pauvret\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9gradation \u00e9cologique<\/span><\/strong>. \u00bb page 54<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">En Chine par exemple, le ministre de l&rsquo;Environnement d\u00e9clare en 2004, \u00ab <strong><span style=\"color: red\">L&rsquo;environnement est devenu une question sociale qui stimule les contradictions sociales<\/span><\/strong>. \u00bb<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Les pauvres sont en premi\u00e8re ligne des victimes \u00e9cologiques:<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">\u00ab  <strong><span style=\"color: red\">L&rsquo;impact du changement climatique s&rsquo;exercera surtout sur les parties les plus pauvres du monde \u2013 par exemple en exacerbant la s\u00e9cheresse et en r\u00e9duisant la production agricole des r\u00e9gions les plus s\u00e8ches \u2013 alors que l&rsquo;\u00e9mission de gaz \u00e0 effet de serre provient essentiellement des populations riches.<\/span><\/strong> \u00bb page 56<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Dans le chapitre suivant, Herv\u00e9 Kempf s\u2019int\u00e9resse aux puissants de ce monde, aux membres de cette oligarchie mondiale d\u00e9finie pr\u00e9c\u00e9demment comme celle qui bloque toute \u00e9volution vitale du syst\u00e8me-monde. Les grands patrons sont \u00e9videmment les premiers vis\u00e9s, avec des chiffres hallucinants d\u2019augmentation de salaires, primes, retraites dor\u00e9es et stock-options. En 2004 d\u00e9j\u00e0 on en \u00e9tait \u00e0 15 000\u20ac par jour en moyenne pour les patrons du CAC 40. <o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"font-size: 10pt; color: red\">\u00ab Entre 1995 et 2005, le revenu tir\u00e9 des dividendes a cr\u00fb de 52% en France, selon une enqu\u00eate de l\u2019hebdomadaire Marianne ; dans le m\u00eame temps, le salaire m\u00e9dian a augment\u00e9 de 7,8% soit sept fois moins [\u2026] \u00ab Ce b\u00e9n\u00e9fice ne r\u00e9sulte d\u2019aucune prise de risque, d\u2019aucun comportement entrepreneurial. C\u2019est bien un enrichissement de rentier qui s\u2019est fait sans effort \u00bb, commente Robert Rochefort dans La Croix.<\/span><\/strong><span style=\"font-size: 10pt\"> \u00bb page 61.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Il y a m\u00eame des personnes qui arrivent \u00e0 gagner plus d\u2019un milliards de dollars par an en revenu : il s\u2019agit des dirigeants des meilleurs fonds sp\u00e9culatifs am\u00e9ricains. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne touche tous les pays, y compris la Russie, la Chine, l\u2019Inde. La plan\u00e8te compte actuellement environ 9 millions de millionnaires en dollars et tous les continents sont touch\u00e9s, certes in\u00e9galement, car ils ne sont que 100 000 en Afrique. Cette classe verrouille totalement l\u2019acc\u00e8s \u00e0 son club, en particulier en rendant les \u00e9tudes sup\u00e9rieures de haute qualit\u00e9 intouchables pour les revenus moyens. Elle se lance dans une course ostentatoire aux biens symboliques commes les yachts ou les r\u00e9sidences. On atteint l\u00e0 le ridicule le plus achev\u00e9 mais dans un gaspillage coupable et scandaleux<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Dans le chapitre suivant, l\u2019auteur pr\u00e9sente les travaux de Thorstein Veblen, am\u00e9ricain n\u00e9 en 1857, professeur et chercheur en sociologie. Il publia en1899 un ouvrage appel\u00e9 \u00ab Th\u00e9orie de la classes de loisir \u00bb qui connut un grand succ\u00e8s, puis son auteur fut oubli\u00e9. La th\u00e9orie de Veblen est fond\u00e9e sur le postulat que toute soci\u00e9t\u00e9 humaine voit les classes sociales rivaliser entre elles et cr\u00e9er des besoins purement ostentatoires. Pour Veblen, il n\u2019est nul besoin d\u2019augmenter toujours la production, il faut au contraire fixer les r\u00e8gles de la consommation. La classe sup\u00e9rieure d\u00e9finit un type de comportement social et celui-ci est directement copi\u00e9 par la classe juste au-dessous de celle-ci ; de proche en proche tous les groupes agisssent de m\u00eame. Sa th\u00e9orie retrouve aujourd\u2019hui une actualit\u00e9 aig\u00fce et semble avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crite pour notre oligarchie et ses imitateurs. Kempf d\u00e9crit ensuite les riches du d\u00e9but du XXI\u00e8me si\u00e8cle, et plus particuli\u00e8rement celle des Etats-Unis qui donne le la mondial. Apr\u00e8s cela, il en vient \u00e0 la question-cl\u00e9 :<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">\u00ab  <strong><span style=\"color: red\">Pourquoi, d\u00e8s lors, les caract\u00e9ristiques actuelles de la classes dirigeante mondiale sont-elles le facteur essentiel de la crise \u00e9cologique ? Parce qu\u2019elle s\u2019oppose aux changements radicaux qu\u2019il faudrait mener pour emp\u00eacher l\u2019aggravation de la situation. [\u2026] <o:p><\/o:p><\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"font-size: 10pt; color: red\">Pour \u00e9chapper \u00e0 sa remise en cause, l\u2019oligarchie rab\u00e2che l\u2019id\u00e9ologie dominante selon laquelle la solution \u00e0 la crise sociale est la croissance de la production. Celle-ci serait l\u2019unique moyen de lutter contre la pauvret\u00e9 et le ch\u00f4mage. La croissance permettrait d\u2019\u00e9lever le niveau g\u00e9n\u00e9ral de richesse, et donc d\u2019am\u00e9liorer le sort des pauvres sans \u2013mais cela n\u2019est jamais pr\u00e9cis\u00e9- qu\u2019il soit besoin de modifier la distribution de la richesse.<\/span><\/strong><span style=\"font-size: 10pt\"> \u00bb page 86<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Ce constat est coupl\u00e9 aux d\u00e9gat d\u00fbs \u00e0 la croissance dans le champ environnemental. L\u2019auteur en vient donc \u00e0 poser les bonnes questions sur la croissance et la pauvret\u00e9.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"font-size: 10pt; color: red\">\u00ab  Alors ? La croissance r\u00e9duit-elle l\u2019in\u00e9galit\u00e9 ? Non, comme le constatent les \u00e9conomistes pour la derni\u00e8re d\u00e9cennie.<o:p><\/o:p><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoBodyText2\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">R\u00e9duit-elle la pauvret\u00e9 ? Dans la structure sociale actuelle, seulement quand elle atteint des taux insupportables durablement, comme en Chine, o\u00f9 m\u00eame ce progr\u00e8s atteint ses limites.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"font-size: 10pt; color: red\">Am\u00e9liore-t-elle la situation \u00e9cologique ? Non, elle l\u2019aggrave.<o:p><\/o:p><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"font-size: 10pt; color: red\">Tout \u00eatre sens\u00e9 devrait, soit d\u00e9montrer que ces trois conclusions sont fausses, soit remettre en cause la croissance. Or on ne trouve pas de contestation s\u00e9rieuse de ces trois conclusions dont conviennent mezzo voce plusieurs organismes internationaux et nombre d\u2019observateurs. Et pourtant, personne parmi les \u00e9conomistes patent\u00e9s, les responsables politiques, les m\u00e9dias dominants, ne critique la croissance, qui est devenue le grand tabou, l\u2019angle mort de la pens\u00e9e contemporaine.<o:p><\/o:p><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"font-size: 10pt; color: red\">Pourquoi ? Parce que la poursuite de la croissance mat\u00e9rielle est pour l\u2019oligarchie le seul moyen de faire accepter aux soci\u00e9t\u00e9s des in\u00e9galit\u00e9s extr\u00eames sans remettre en cause celles-ci. La croissance cr\u00e9e en effet un surplus de richesses apparentes qui permet de lubrifier le syst\u00e8me sans en modifier la structure.<\/span><\/strong><span style=\"font-size: 10pt\"> \u00ab  pages 88-89<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Si la croissance se r\u00e9alisait dans l\u2019immat\u00e9riel, sans toucher aux ressources et au cadre de vie, elle pourrait alors \u00eatre d\u00e9fendue, mais ce n\u2019est pas le cas, quoiqu\u2019on en dise, avec le discours sur le tertiaire et la nouvelle \u00e9conomie. Donc :<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">\u00ab <strong><span style=\"color: red\">Si l\u2019humanit\u00e9 prend au s\u00e9rieux l\u2019\u00e9cologie de la plan\u00e8te, elle doit plafonner sa consommation globale de mati\u00e8res, et si possible la diminuer<\/span><\/strong>. \u00bb page 90<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Conclusion on ne peut plus limpide. \u00ab  <strong><span style=\"color: red\">Mais les hyper-riches, la nomenklatura, se laisseront-ils faire ?<\/span><\/strong> \u00bb dit notre auteur. L\u00e0 est la question.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoList\" style=\"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Le chapitre suivant est sobrement titr\u00e9 \u00ab La d\u00e9mocratie en danger \u00bb. Dans ce chapitre Kempf d\u00e9montre ce que des observateurs attentifs ont signal\u00e9 depuis plus de cinquante ans, notamment Jacques Ellul, Cornelius Castoriadis ou Claude Lefort. Il y a autant \u00e0 redouter de d\u00e9mocraties d\u00e9voy\u00e9es que de dictatures.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"font-size: 10pt; color: red\">\u00ab Plut\u00f4t que de dictatures aussi violentes [que celles d\u2019Hitelr ou Staline], la classe dirigeante pr\u00e9f\u00e8re l\u2019ab\u00e2tardissement de la d\u00e9mocratie.<\/span><\/strong><span style=\"font-size: 10pt\"> \u00bb page 93<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Suit alors, apr\u00e8s cette phrase, une longue citation d\u2019Alexis de Tocqueville, d\u2019une formidable clairvoyance sur l\u2019individualisme d\u00e9velopp\u00e9 par le capitalisme am\u00e9ricain (pages 93-94). Kempf montre comment depuis le d\u00e9but du XXI\u00e8me si\u00e8cle, le terrorisme fournit un formiodable alibi \u00e0 des masses effray\u00e9es par les m\u00e9dias au service de l\u2019oligarchie. Les masses en venant elles-m\u00eames \u00e0 r\u00e9clamer ces mesures qui d\u00e9truisent peu \u00e0 peu les libert\u00e9s fondamentales. De nombreux exemples sont cit\u00e9s, dont le Patriot Act des Etats-Unis, mais aussi les lois liberticides fran\u00e7aises depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es. La Russie ou l\u2019Allemagne ont \u00e9galement la m\u00eame d\u00e9marche, tout comme le Royaume-Uni. La seconde arme des puissants est la prison. Les chiffres cit\u00e9s sont \u00e9loquents, que ce soit aux Etats-Unis, en France ou Allemagne. En brandissant le terrorisme comme menace, on en vient donc \u00e0 criminaliser un peu partout la contestation politique. On \u00e9largit ainsi le fichier des pr\u00e9l\u00e8vements ADN selon le bon vouloir des autorit\u00e9s. La vid\u00e9o-surveillance appara\u00eet alors comme le rem\u00e8de s\u00e9curitaire universel et tout le monde rench\u00e9rit sur le Royaume-Uni et ses millions de cam\u00e9ras. Les diverses puces \u00e9lectroniques, cartes, t\u00e9l\u00e9phones portables organisent un gigantesque flicage de la soci\u00e9t\u00e9. Evidemment, Kempf est bien plac\u00e9, \u00e9tant journaliste, pour d\u00e9crire la trahison des m\u00e9dias et leur r\u00f4le asservisseur dans cette caricature de d\u00e9mocratie. Il prend les deux exemples de la guerre en Irak et la presse am\u00e9ricaine et du r\u00e9f\u00e9rendum sur la Constitution Europ\u00e9enne en France. Dans les deux cas, les m\u00e9dias reproduisaient des avis qui n\u2019avaient rien \u00e0 voir avec ce que les gens du pays pensaient vraiment. La conclusion de ce chapitre est donc que le capitalisme actuel et l\u2019oligarchie n\u2019ont plus besoin de la d\u00e9mocratie et qu\u2019elle devient m\u00eame un boulet. Il faut donc d\u00e9tourner l\u2019attention de masses par une actualit\u00e9 catastrophis\u00e9e, avec la complicit\u00e9 active des dirigeants ; mais pendant ce temps l\u2019enrichissement continue. Or, la crise \u00e9cologico-sociale (que Kempf traite dans un chapitre politique !) n\u00e9cessite un processus d\u00e9cisionnaire d\u00e9mocratique pour r\u00e9ussir. Il faut un effort \u00e9quitable de tous, ce que l\u2019oligarchie ne veut absolument pas. On peut m\u00eame craindre une forme de dictature volontaire sur la grave question \u00e9cologique.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Il y donc urgence \u00e0 agir et en premier lieu \u00e0 d\u00e9busquer trois principaux obstacles qui bloquent le chemin :<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<ol style=\"margin-top: 0cm\" start=\"1\" type=\"1\">\n<li class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">la croyance en la croissance doit \u00eatre combattue ;<o:p><\/o:p><\/span><\/li>\n<li class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">renoncer \u00e0 croire que le progr\u00e8s technologique va r\u00e9soudre les      probl\u00e8mes \u00e9cologiques<o:p><\/o:p><\/span><\/li>\n<li class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Il n\u2019y a pas de fatalit\u00e9 du ch\u00f4mage qui est aujourd\u2019hui une      variable d\u2019ajustement du capitalisme.<o:p><\/o:p><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Pour<span>  <\/span>les d\u00e9g\u00e2ts mentaux de ces croyances, voir ma critique du livre de <a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/2007\/07\/22\/ma-verite-sur-la-planete-claude-allegre-plonfayard-une-verite-qui-derange-mais-par-son-incongruite\/\"><strong>Claude All\u00e8gre, \u00ab Ma v\u00e9rit\u00e9 sur la plan\u00e8te \u00bb.<\/strong><\/a><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Pour Kempf il y a un quatri\u00e8me point \u00e0 d\u00e9bloquer, la croyance entre une communaut\u00e9 de destin entre Europe et Am\u00e9rique du Nord, croyance largement cr\u00e9\u00e9e et soutenue par le lobby \u00e9conomique capitaliste des fMN.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Kempf liste ensuite les forces en pr\u00e9sence, l\u2019oligarchie d\u2019abord, qui semble difficile \u00e0 d\u00e9stabiliser, puis les m\u00e9dias, leurs vassaux objectifs, vivant de la publicit\u00e9 pour le syst\u00e8me, enfin la gauche, qui semble incapable de repenser sa place.. Il termine sur une petite note d\u2019optimisme en mettant en avant la prise de conscience de plus en plus massive de la gravit\u00e9 de la situation \u00e9cologique dans le monde. Il ach\u00e8ve le livre par une parodie des chroniques de Marcel Dassault dans \u00ab Jours de France \u00bb qui n\u2019apporte rien au propos.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Enfin, une vingtaine dep ages, (127 \u00e0<span>  <\/span>148) sont consacr\u00e9es \u00e0 des r\u00e9f\u00e9rences, m\u00e9langeant articles de presse, livres\u2026 C\u2019est confus et mal r\u00e9f\u00e9renc\u00e9, on n\u2019a absolument pas envie de chercher \u00e0 lire cela. Kempf aurait int\u00e9r\u00eat \u00e0 revoir cette partie en reprenant les crit\u00e8res bibliographiques classiques dont il a, semble-t-il voulu se d\u00e9tacher \u00e0 tort.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Un petit livre qui pose une bonne base de discussion, m\u00eame s\u2019il ne va pas bien loin sur les solutions : comment refaire de la d\u00e9mocratie, comment reprendre de le contr\u00f4le du pouvoir politique ? Quels moyens concrets de limiter ou d\u00e9sarticuler les oligarchies ? Quelle \u00e9chelle de temps ? Pourquoi ne pas dire que c\u2019est d\u2019une r\u00e9volution socio-politique qu\u2019il s\u2019agit ? Bref, un livre int\u00e9ressant mais qui ne fera pas date.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 10pt\">Jean-Michel Dauriac \u2013 juillet 2007<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce petit livre (125 pages de texte r\u00e9dig\u00e9) traite en fait d&rsquo;une seule id\u00e9e, importante, \u00e0 laquelle le titre ne rend pas forc\u00e9ment justice. En&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=98\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Comment les riches d\u00e9truisent la plan\u00e8te &#8211; Herv\u00e9 Kempf &#8211; Le Seuil<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-98","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-critiques","category-les-livres-essais","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/98","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=98"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/98\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=98"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=98"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=98"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}