{"id":919,"date":"2022-12-05T12:38:24","date_gmt":"2022-12-05T11:38:24","guid":{"rendered":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=919"},"modified":"2022-12-05T13:43:58","modified_gmt":"2022-12-05T12:43:58","slug":"les-semelles-de-plomb-essai-sur-la-philosophie-du-marcheur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=919","title":{"rendered":"les semelles de plomb, essai sur La philosophie du marcheur"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Philosophie du marcheur<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u00e9r\u00e9my Gaubert<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9ditions Terre urbaine<\/p>\n\n\n\n<p>Collection <em>L\u2019Esprit des villes<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>2021, 189 pages.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/philosophie-du-marcheur-couv.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/philosophie-du-marcheur-couv.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-921\" width=\"272\" height=\"429\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e est bonne, mais pas vraiment neuve&nbsp;: depuis la Gr\u00e8ce Classique, il y a 2500 ans, la philosophie est associ\u00e9e \u00e0 la marche, et nombre de philosophes furent aussi de grands marcheurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est un peu plus original, c\u2019est le renversement de perspective&nbsp;: la marche devient dans cet ouvrage objet philosophique. Il n\u2019y a donc rien \u00e0 redire \u00e0 voir publier un tel travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Disons-le de suite, si l\u2019id\u00e9e est assez bonne, la mise en \u0153uvre est assez calamiteuse. En affirmant ainsi un jugement d\u00e9pr\u00e9ciatif, je ne vise absolument pas le chercheur-marcheur et sa sinc\u00e9rit\u00e9. Je le crois lui-m\u00eame victime parfaite d\u2019un syst\u00e8me, celui de l\u2019universit\u00e9 fran\u00e7aise et de la philosophie contemporaine. Cet opuscule montre au lecteur avis\u00e9 comment la recherche universitaire se coupe totalement du grand public non universitaire. Et le plus regrettable est que lorsque l\u2019auteur parle de son sujet et de son livre, il le fait en des termes plut\u00f4t all\u00e9chants. Le probl\u00e8me n\u2019est donc ni l\u2019id\u00e9e ni le sujet, mais bien le cadre et la forme.<\/p>\n\n\n\n<p>De quoi traite ce livre&nbsp;? De la marche, comme \u0153uvre humaine au sein de la ville, avec ses divers aspects et sa signification intellectuelle et symbolique. Les premiers chapitres expliquent le placement th\u00e9orique du travail, en termes de sensations, de compr\u00e9hension et d\u2019approche philosophique. L\u2019auteur se r\u00e9clame d\u2019une approche ph\u00e9nom\u00e9nologique. Cette d\u00e9marche philosophique a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle par le philosophe allemand Husserl et a connu une belle post\u00e9rit\u00e9. Cette \u00e9cole visait \u00e0 s\u2019\u00e9loigner de la m\u00e9taphysique, tr\u00e8s abstraite et conceptuelle, pour faire un retour vers le r\u00e9el par l\u2019observation des ph\u00e9nom\u00e8nes concrets. La r\u00e9alisation est plus complexe et l\u2019\u00e9cole ph\u00e9nom\u00e9nologique n\u2019a pas toujours su \u00e9viter l\u2019obscurantisme langagier. Apr\u00e8s ce pr\u00e9ambule m\u00e9thodologique qui occupe les cinq premiers chapitres, l\u2019auteur entre dans le c\u0153ur de son sujet.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/jeremy-Gaubert-portrait.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/jeremy-Gaubert-portrait.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-920\" width=\"437\" height=\"246\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/jeremy-Gaubert-portrait.jpg 320w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/jeremy-Gaubert-portrait-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 437px) 100vw, 437px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">J\u00e9r\u00e9mie Gaubert en situation de <em>marchabilit\u00e9<\/em> urbaine<\/p>\n\n\n\n<p>Il choisit de ne parler que la marche urbaine. Ce qui peut se comprendre, car il est architecte de formation. La construction a donc pour lui un r\u00f4le capital. Les chapitres 6 \u00e0 16 sont donc consacr\u00e9s \u00e0 aborder divers aspects de ce que l\u2019auteur appelle philosophie de la marche. Il \u00e9voquera successivement les origines de la marche, l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit du marcheur, le rapport au monde du marcheur, soit par les objets, le paysage ou les autres\u2026 Je n\u2019ai pas l\u2019intention de rentrer dans le d\u00e9tail du contenu qui, dans l\u2019ensemble, est pertinent par rapport au sujet. Je reviendrai sur la forme ci-apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le livre se conclut par un chapitre intitul\u00e9<em> Une seule terre<\/em> qui est un discours vague d\u2019\u00e9cologie holistique ou int\u00e9grale, o\u00f9 il tente d\u2019ench\u00e2sser la marche, avec un succ\u00e8s tout relatif.<\/p>\n\n\n\n<p>La structure du livre est bien pens\u00e9e, avec des chapitres courts en g\u00e9n\u00e9ral et une belle typographie, tr\u00e8s lisible. Je regrette cette manie de mettre les notes en fin de volume, qui oblige \u00e0 un va-et-vient permanent qui use le lecteur (les champions du monde \u00e9tant \u00e9videmment La Pl\u00e9iade&nbsp;!). Une bibliographie \u00e9toff\u00e9e en fin de volume, avec l\u2019importance nette de quelques auteurs, comme Thierry Paquot ou le philosophe Henri Maldiney.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dois cependant \u00e9mettre une grande r\u00e9serve sur le fond. L\u2019auteur \u00e9voque sans cesse le paysage et la ville. Dans ce domaine, il marche sur les plates-bandes de la g\u00e9ographie, mais pas vraiment en pleine compr\u00e9hension. Sa r\u00e9f\u00e9rence en l\u2019occurrence \u00e9tant Augustin Berque, un des g\u00e9ographes les moins concrets et les plus abscons<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, il passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de tout le tr\u00e8s beau travail sur les paysages que cette discipline m\u00e8ne depuis plus d\u2019un si\u00e8cle. C\u2019est le r\u00e9sultat du cloisonnement universitaire et du manque d\u2019ouverture de chaque sp\u00e9cialit\u00e9 envers les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc un livre plut\u00f4t d\u00e9cevant pour un connaisseur de la ville et des paysages urbains&nbsp;; peut-\u00eatre parlera-t-il \u00e0 un lecteur neuf en la mati\u00e8re. Mais celui-ci se heurtera alors \u00e0 un autre probl\u00e8me&nbsp;: celui de la forme (voir annexe \u00e0 cet article ci-dessous).<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Michel Dauriac, d\u00e9cembre 2022<\/p>\n\n\n\n<p>PS: Ce texte fait suite \u00e0 la soir\u00e9e des <em>Foul\u00e9es litt\u00e9raires<\/em> de Lormont et \u00e0 la table ronde autour de la marche, du vendredi 25 novembre \u00e0 18h30.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Annexe critique: de l&rsquo;impasse de la langue universitaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre offre une image quasi caricaturale de la crise intellectuelle de l\u2019universit\u00e9 fran\u00e7aise actuelle. Notons que cet \u00e9tat de crise n\u2019est pas d\u2019hier, mais a ses racines dans les ann\u00e9es 1970-1980. De quoi s\u2019agit-il&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Universit\u00e9 a, depuis ses origines m\u00e9di\u00e9vales, \u00e9t\u00e9 le lieu de la recherche et des controverses intellectuelles, lesquelles contribuent incontestablement \u00e0 l\u2019avancement des connaissances. Mais nous avons \u00e9galement une sp\u00e9cialit\u00e9 bien fran\u00e7aise, celle de la temp\u00eate dans un verre d\u2019eau ou un b\u00e9nitier, selon les sujets. Nous sommes malheureusement capables de monter en \u00e9pingle des querelles sans valeur, querelles d\u2019ego et de petits ma\u00eetres en mal de notori\u00e9t\u00e9. Avec l\u2019av\u00e8nement de la soci\u00e9t\u00e9 des m\u00e9dias, puis de la communication instantan\u00e9e, ces querelles minuscules prennent une place disproportionn\u00e9e. Elles polluent la recherche et contaminent les \u00e9tudiants, par d\u00e9finition soumis \u00e0 l\u2019influence de leurs professeurs, pour le meilleur et pour le pire.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, l\u2019apparition des Sciences Humaines et leur mont\u00e9e en puissance (en lieu et place des humanit\u00e9s anciennes) a pouss\u00e9 \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019individualiser chaque discipline \u00e0 outrance (cela m\u00eame alors qu\u2019on promeut en fa\u00e7ade l\u2019interdisciplinarit\u00e9) et pour ce faire les a conduites \u00e0 labourer toujours plus profond leur petit arpent de sp\u00e9cialit\u00e9. Or, nous sommes les h\u00e9ritiers de 2500 ans (pour faire simple) de pens\u00e9e sur certains domaines (philosophie, g\u00e9ographie, arts, histoire, th\u00e9ologie\u2026), avec des anc\u00eatres g\u00e9niaux qui ont balis\u00e9 le terrain et presque tout invent\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Que reste-t-il donc \u00e0 l\u2019intellectuel d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;? L\u2019engagement social ou politique (ce furent Sartre ou Bourdieu) comme terrain de praxis. On sait que les r\u00e9sultats furent plus que mitig\u00e9s. Il y a cependant des h\u00e9ritiers qui poursuivent dans cette voie, qui a le grand avantage d\u2019\u00eatre m\u00e9diatis\u00e9e \u00e0 outrance et donc d\u2019offrir un chemin de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, f\u00fbt-elle \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Ce qui fait que les gens les plus connus comme repr\u00e9sentant de la sociologie, de la philosophie ou de l\u2019histoire ne sont pas souvent les meilleurs, mais les plus opportunistes. Or, ce sont ceux dont la voix et les id\u00e9es infusent dans le grand public.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde voie est la recherche d\u2019une niche universitaire et un r\u00f4le de petit gourou. Et c\u2019est ici que nous revenons au livre chroniqu\u00e9 plus haut. Le petit gourou, en g\u00e9n\u00e9ral, est directeur de th\u00e8se, poste dit strat\u00e9gique dans le microcosme universitaire. Car celui qui va diriger nombre de doctorants durant sa carri\u00e8re p\u00e8sera sur la recherche des g\u00e9n\u00e9rations suivantes et peut donc \u00ab&nbsp;faire \u00e9cole&nbsp;\u00bb. Comment faire \u00e9cole&nbsp;? En s\u2019individualisant au maximum et en proposant une ou deux id\u00e9es qui deviendront les marqueurs de ce petit ma\u00eetre. On pourrait ici ais\u00e9ment railler cette position qui vire souvent au ridicule&nbsp;: \u00e0 quoi sert-il d\u2019\u00eatre le grand sp\u00e9cialiste de l\u2019\u00e9tude des f\u00eates de vaches landaises ou des confr\u00e9ries viticoles&nbsp;? Nous sommes l\u00e0 dans ce qu\u2019il faut bien appeler les escroqueries intellectuelles. Elles permettent \u00e0 ces professeurs d\u2019\u00eatre entour\u00e9s d\u2019une petite cour de jeunes chercheurs qu\u2019ils enferment dans des voies sans issue,mais ce n\u2019est que plus tard qu\u2019ils le d\u00e9couvrent. Pendant ce temps, les grands champs de savoir traditionnels sont \u00ab&nbsp;ringardis\u00e9s&nbsp;\u00bb et d\u00e9p\u00e9rissent, alors m\u00eames qu\u2019ils se sont av\u00e9r\u00e9s d\u2019une grande utilit\u00e9 historique. L\u2019intitul\u00e9 des postes \u00e0 pourvoir \u00e0 l\u2019universit\u00e9 en Sciences Humaines est un v\u00e9ritable inventaire \u00e0 la Pr\u00e9vert et ne peut qu\u2019effrayer l\u2019esprit rationnel. Tous ces petits ma\u00eetres participent tr\u00e8s activement \u00e0 ce que j\u2019appelle la \u00ab&nbsp;fabrique du concept&nbsp;\u00bb et \u00e0 son corolaire logique, celle du n\u00e9ologisme. C\u2019est donc \u00e0 ce point que je voulais aboutir \u00e0 propos de notre <em>Philosophie du marcheur<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dois dire que j\u2019ai d\u00fb faire un tr\u00e8s gros effort pour le lire en entier. Car tout l\u2019int\u00e9r\u00eat du sujet est an\u00e9anti par la langue utilis\u00e9e et par les concepts mis en \u0153uvre. L\u2019auteur use&nbsp; d\u2019une langue d\u2019airain, qui est la parfaite illustration de ce que je viens de d\u00e9crire ci-dessus. Les phrases sont volontairement alambiqu\u00e9es, de telle sorte qu\u2019il faut parfois s\u2019y reprendre \u00e0 deux ou trois fois pour en saisir la signification. Mais surtout, l\u2019auteur fait un usage immod\u00e9r\u00e9 de tous ces n\u00e9ologismes inutiles que des auteurs de plus en plus nombreux diss\u00e9minent dans leurs articles et livres. Je citerais simplement deux titres de chapitres qui me semblent parler d&rsquo;eux-m\u00eames&nbsp;: <em>Hodologie, prox\u00e9mie et affordance<\/em>, puis <em>Walkscapes, walkability et marchabilit\u00e9<\/em>. Les trois premiers termes sont emprunt\u00e9s&nbsp; \u00e0 des auteurs anglo-saxons&nbsp;; ils pourraient \u00e9videmment \u00eatre ais\u00e9ment ramen\u00e9s \u00e0 des p\u00e9riphrases en langue fran\u00e7aise et seulement \u00e9voqu\u00e9s en notes ou parenth\u00e8ses. Mais l\u2019auteur fait le choix d\u2019un herm\u00e9tisme inaugural, sans aucun doute pour complaire au jury qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 la soutenance de th\u00e8se dont est tir\u00e9 l\u2019ouvrage. Les trois autres termes sont \u00e9galement import\u00e9s des Etats-Unis. Ils donnent lieu \u00e0 des explications s\u00e9mantiques parfaitement vaines qui auraient pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9es par une bonne ma\u00eetrise de notre langue. Voici donc une des cons\u00e9quences de la ghetto\u00efsation des disciplines universitaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre abus, imputable \u00e0 une influence germanique tr\u00e8s forte en philosophie, est celui des mots compos\u00e9s avec tirets, pour traduire les fameux mots agglutin\u00e9s de l\u2019allemand. Ainsi le <em>dasein<\/em> se traduit par <em>l\u2019\u00eatre-au-monde<\/em>. Sur ce mod\u00e8le, notre auteur nous offre constamment ses propres trouvailles, du style <em>faire-paysage<\/em> ou <em>prendre-avec<\/em>. Ce qui donne des phrases qui sonnent tr\u00e8s mal si on prend la peine de les lire \u00e0 haute voix, comme si elles \u00e9taient inachev\u00e9es. On me r\u00e9torquera que c\u2019est l\u00e0 une critique d\u2019ignorant et de non-philosophe. Ce qui est faux, je connais fort bien ces termes en allemand, dont Heidegger a \u00e9t\u00e9 le grand pourvoyeur devant le F\u00fchrer. On peut et on doit se d\u00e9brouiller pour \u00eatre capable d\u2019\u00e9crire de la bonne philosophie en langue fran\u00e7aise et non avec cette langue lourde et maladroite que ces germanismes composent.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, ce livre est extr\u00eamement p\u00e9nible \u00e0 lire, et ce inutilement. Il d\u00e9coule de cette forme d\u2019enfermement des Sciences Humaines dans un langage abscons qui donne l\u2019illusion du savoir, mais qui n\u2019est que du p\u00e9dantisme de t\u00e2cheron. La v\u00e9ritable grandeur intellectuelle est, non de refuser la difficult\u00e9 conceptuelle de la philosophie, mais de travailler la langue pour la rendre compr\u00e9hensible dans une belle langue de chez nous. Les vrais grands auteurs y parviennent assez souvent, les autres pataugent dans ce gloubi-boulga indigeste. Laissez-donc, malheureusement ce livre de c\u00f4t\u00e9 si vous voulez une lecture simple et allez relire ou d\u00e9couvrir le livre de Pierre Sansot, <em>Du bon usage de la lenteur<\/em>, qui \u00e9vite ce pi\u00e8ge ridicule.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Michel Dauriac<\/p>\n\n\n\n<p>Deux cursus complets d\u2019Universit\u00e9 en poche<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Berque est l\u2019exemple-type de cette d\u00e9rive langagi\u00e8re que je fustige dans l\u2019annexe qui suit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Philosophie du marcheur J\u00e9r\u00e9my Gaubert \u00c9ditions Terre urbaine Collection L\u2019Esprit des villes 2021, 189 pages. 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