{"id":77,"date":"2007-03-07T10:57:24","date_gmt":"2007-03-07T09:57:24","guid":{"rendered":"http:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=77"},"modified":"2007-03-07T10:58:27","modified_gmt":"2007-03-07T09:58:27","slug":"la-maison-du-retour-jp-kauffmann","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=77","title":{"rendered":"La maison du retour (J.P. Kauffmann)"},"content":{"rendered":"<h1 align=\"center\" style=\"text-align: center\"><span style=\"font-size: 18pt\">La maison du retour<\/span><\/h1>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"color: #3366ff\">J.P Kauffmann                                                                                                                <\/span><strong><span style=\"color: teal\">Nil \u00e9ditions 2006 296 p<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\">Peut-on dire d\u2019un livre qu\u2019il est gracieux sans que cela soit imm\u00e9diatement compris comme une minoration ? Ce livre a de la gr\u00e2ce. Le contraire de la lourdeur, de la m\u00e9canique et de l\u2019\u00e9criture au kilom\u00e8tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p align=\"center\" style=\"text-align: center\" class=\"MsoNormal\"><!--[if gte vml 1]><v:shapetype  id=\"_x0000_t75\" coordsize=\"21600,21600\" o:spt=\"75\" o:preferrelative=\"t\"  path=\"m@4@5l@4@11@9@11@9@5xe\" filled=\"f\" stroked=\"f\">  <v:stroke joinstyle=\"miter\"\/>  <v:formulas>   <v:f eqn=\"if lineDrawn pixelLineWidth 0\"\/>   <v:f eqn=\"sum @0 1 0\"\/>   <v:f eqn=\"sum 0 0 @1\"\/>   <v:f eqn=\"prod @2 1 2\"\/>   <v:f eqn=\"prod @3 21600 pixelWidth\"\/>   <v:f eqn=\"prod @3 21600 pixelHeight\"\/>   <v:f eqn=\"sum @0 0 1\"\/>   <v:f eqn=\"prod @6 1 2\"\/>   <v:f eqn=\"prod @7 21600 pixelWidth\"\/>   <v:f eqn=\"sum @8 21600 0\"\/>   <v:f eqn=\"prod @7 21600 pixelHeight\"\/>   <v:f eqn=\"sum @10 21600 0\"\/>  <\/v:formulas>  <v:path o:extrusionok=\"f\" gradientshapeok=\"t\" o:connecttype=\"rect\"\/>  <o:lock v:ext=\"edit\" aspectratio=\"t\"\/> <\/v:shapetype><v:shape id=\"_x0000_i1025\" type=\"#_x0000_t75\" style='width:106.5pt;  height:171pt'>  <v:imagedata xsrc=\"file:\/\/\/C:\/DOCUME~1\/JEANMI~1\/LOCALS~1\/Temp\/msoclip1\/02\/clip_image001.jpg\" mce_src=\"file:\/\/\/C:\/DOCUME~1\/JEANMI~1\/LOCALS~1\/Temp\/msoclip1\/02\/clip_image001.jpg\"    o:title=\"la-maison-du-retour\"\/> <\/v:shape><![endif]--><!--[if !vml]--><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"197\" height=\"320\" alt=\"la-maison-du-retour.jpg\" id=\"image76\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2007\/03\/la-maison-du-retour.jpg\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"142\" height=\"228\" src=\"file:\/\/\/C:\/DOCUME%7E1\/JEANMI%7E1\/LOCALS%7E1\/Temp\/msoclip1\/02\/clip_image002.jpg\" \/><!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\">Il ne s\u2019agit nullement d\u2019un roman, comme le titre pourrait le laisser croire. Je n\u2019ai pas lu les autres livres de Kauffmann (mais je vais sans doute revenir sur mes pas en la mati\u00e8re), et cependant j\u2019ai l\u2019impression que de puis \u00ab Le bordeaux retrouv\u00e9 \u00bb, son premier livre apr\u00e8s sa captivit\u00e9, dont il nous livre la gen\u00e8se et le d\u00e9cor d\u2019\u00e9criture, il ne fait que creuser le m\u00eame sillon, comme tout \u00ab auteur \u00bb tel que les \u00ab Cahiers du cin\u00e9ma \u00bb ou \u00ab T\u00e9l\u00e9rama \u00bb les d\u00e9finissaient en leur temps. Mais fait-on autre chose qu\u2019arriver ? comme le chantait si bien Jacques Brel ? Ce n\u2019est donc pas un roman. Ce n\u2019est pas un essai non plus, il n\u2019y a la aucune place pour un raisonnement et une d\u00e9monstration th\u00e9matique. Et pourtant elle y est, solide mais tacite. Peut-\u00eatre est des m\u00e9moires ? Je dirais plut\u00f4t que c\u2019est un r\u00e9cit de reconstruction, tout \u00e0 la premi\u00e8re personne. Les \u00e9crits que je pr\u00e9f\u00e8re sont ceux-l\u00e0 : les auteurs ne se d\u00e9robent pas derri\u00e8re ce vous impersonnel de l\u2019universit\u00e9 ou ce \u00ab on qui est un con \u00bb comme le rappelle Kauffmann au d\u00e9tour d\u2019une page. Tu \u00e9cris, alors signe de ton nom, \u00e0 la pointe de ton bic ou de ton Mont-Blanc, les mots que tu faits na\u00eetre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\">J.P Kauffmann raconte un r\u00e9cit en trois ou quatre mouvements. J\u2019appellerais d\u2019ailleurs assez volontiers ce livre \u00ab Concerto pour survivan, maison de campagne et personnages classiques \u00bb. J\u2019ai en effet \u00e9t\u00e9 sensible \u00e0 la construction musicale de l\u2019ouvrage, \u00e0 ces \u00e9changes permanents entre lui et les autres, r\u00e9unis en orchestre complet ou en duo, triplette\u2026 Th\u00e8me de l\u2019\u0153uvre r\u00e9sum\u00e9 parfaitement par le titre. Au retour de ces trois ann\u00e9es de captivit\u00e9 au Liban, dont toute la France se souvient encore, il lui est impossible de recommencer comme avant. Il est convalescent comme il l\u2019\u00e9crit et doit g\u00e9rer ce retour. Il cherche alors la maison qui va \u00eatre ce lieu de retour au monde, faute de ne jamais pouvoir \u00eatre un retour \u00e0 la normale. Et il la cherche finalement dans l\u2019endroit le plus improbable apparemment : les Landes de Gascogne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\"><strong><em>Le premier mouvemen<\/em><\/strong>t est la qu\u00eate de la maison. Expos\u00e9 du motif et \u00e9change m\u00e9lodique \u00e0 trois voix : Jean-Paul, sa femme Jo\u00eblle et le marchand de biens local, Lapouyade. Une partie tr\u00e8s british par son humour pince-sans-rire. Le personnage de Lapouyade \u00e9volue au fil des reprises du th\u00e8me, prend de l\u2019\u00e9paisseur, du myst\u00e8re et finit par devenir un des leitmotfs du livre. Et comme dans les bons drames, c\u2019est au moment le plus inattendu, alors que nous n\u2019esp\u00e9rons plus que LA maison choisit son nouveau propri\u00e9taire. \u00ab Les Tilleuls \u00bb, une ancienne maison de ma\u00eetre inhabit\u00e9e depuis la seconde guerre mondiale o\u00f9 elle a servi de lupanar de luxe \u00e0 l\u2019arm\u00e9e allemande. Pourquoi elle ? Parce que c\u2019\u00e9tait elle simplement\u2026 \u00e9vidence spirituelle et magn\u00e9tique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\"><strong><em>Le second mouvement<\/em><\/strong> pourrait \u00eatre titr\u00e9 \u00e0 la Berlioz : \u00ab Castor et Pollux refondent Les Tilleuls \u00bb. C\u2019est la p\u00e9riode originelle, fondatrice, celle dont on sent bien qu\u2019elle fut la pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e et la meilleure de l\u2019auteur. Il s\u2019installe dans cette maison en chantier et \u00absurveille \u00bb les deux ouvriers portugo-landais qui retapent le lieu sous la conduite d\u2019un ami architecte, Urbain, un autre des leitmotifs du livre, qui sera d\u2019ailleurs crois\u00e9 \u00e0 la fin avec Lapouyade dans une sorte de choral polyphonique conclusif ouvert. L\u2019homme bless\u00e9 se r\u00e9concilie avec cette nature landaise et avec ses semblables fr\u00e9quent\u00e9s \u00e0 dose hom\u00e9opathique. Un beau mouvement o\u00f9 Haydn et Virgile sont les refrains ons\u00e9dants du rite quotidien. Et puis un jour la nouvelle tombe : les travaux sont termin\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\"><strong><em>Troisi\u00e8me mouvement :<\/em><\/strong> \u00abEt la maison devint familiale\u2026 \u00bb. Ce qui aurait pu \u00eatre le \u00e9ni\u00e8me discours sur le retour au vert d\u2019un bourgeois cultiv\u00e9 urbain est transcend\u00e9. Et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019est atteint le style \u00ab gracieux \u00bb qui fait effectivement songer autant \u00e0 Haydn qu\u2019\u00e0 Mozart. A aucun moemnt il n\u2019est question d\u2019une \u00ab r\u00e9sidence secondaire \u00bb, de fiestas entre copains, de \u00ab d\u00e9compresser de la vie tr\u00e9pidante de la ville \u00bb. Gr\u00e2ces soient rendues \u00e0 Jean-Paul Kauffmann de nous \u00e9viter cela. Par contre il sait comme je l\u2019ai rarement lu traduire les \u00e9tats d\u2019\u00e2me de l\u2019homme m\u00fbr face \u00e0 son pass\u00e9, aux livres, aux lieux et aux autres hominiens. Le repas de cr\u00e9maill\u00e8re peut devenir un texte \u00e0 \u00e9tudier en classe, si l\u2019on \u00e9tudiait encore vraiment la litt\u00e9rature au lyc\u00e9e ! Il y a du Stendhal dans ces pages ! Corrosion du propos habill\u00e9 de mots si l\u00e9gers et de phrases si cisel\u00e9es que l\u2019on peut passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 sans la voir, un peu comme le reste de blockhaus qui jouxte \u00ab Les Tilleuls \u00bb. On peut investir un lieu, lui pr\u00eater son \u00e2me, mais il garde avant tout la sienne. Il faut savoir trouver les mots, les images pour traduire cela. Kauffmann l\u2019a fait et r\u00e9ussi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\"><strong><em>Quatri\u00e8me mouvement<\/em><\/strong> : \u00ab Et l\u2019homme se retourna sur les ann\u00e9es pass\u00e9es aux Tilleuls \u00bb. Seize ann\u00e9es plus tard il entame le final. Il est plus grave, une sorte d\u2019adagio que je qualifierais de \u00ab mahl\u00e9rien \u00bb. Les th\u00e8mes des autres mouvements sont repris, tiss\u00e9s, enrichis. Les voix du ch\u0153ur entrent en jeu. La cath\u00e9drale r\u00e9sonne de la vie retrouv\u00e9e, mais pas la m\u00eame. Magnifique exercice de pudeur et de d\u00e9voilement m\u00eal\u00e9s. Lapouyade et Urbain reviennent, enrichis des Voisins ; un petit rappel du second mouvement fait entendre finement et bri\u00e8vement les hautbois de Castor et Pollux. Et tout s\u2019embrasse doucement dans l\u2019air final que j\u2019ai envie d\u2019appeler \u00ab le chant du m\u00e9tier de vivre \u00bb. Quel beau texte ! Je me permets de le reproduire ci-apr\u00e8s. S\u2019il ne devait rester que cela de ce livre ce serait une grande r\u00e9ussite d\u00e9j\u00e0 ! Mais d\u00e9j\u00e0 la note derni\u00e8re meurt doucement dans un murmure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoBodyTextIndent\">On sort de ce livre en appesanteur, comme s\u00e9par\u00e9 du monde, exactement comme l\u2019auteur se d\u00e9finit lui-m\u00eame, spectateur recul\u00e9 mais non absent. Les livres gracieux sont rares, raison de plus pour se les conseiller dans un bouche \u00e0 oreille gourmand. De plus, c\u2019est une \u00e9vidence mais il faut la formuler : les Landes sont le support principal de ce concerto intimsite. Et pas les Landes des stakhanovistes du kilom\u00e9trage qui n\u2019y voient efffectivement que pins ennuyeux et ma\u00efs aquavores. Non, les Landes d\u2019Arnaudin, Manciet et F\u00e9ni\u00e9, celles qui ne livrent qu\u2019apr\u00e8s de longs pr\u00e9liminaires et une cour patiente, les Landes secr\u00e8tes que Lapouyade et Urbain personnifient \u00e0 merveille dans ce r\u00e9cit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\">Un bien beau livre, comme dirait ma concierge qui \u00e9crit des critiques dans \u00ab Gala \u00bb !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\">J.M. Dauriac<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p align=\"center\" style=\"text-align: center\" class=\"MsoNormal\"><strong><span style=\"font-size: 14pt; color: red\">Quelques extraits :<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\">Il est beaucoup question des livres et de la lecture dans cet ouvrage, car J.P. Kauffmann a tenu le coup lors de sa d\u00e9tention gr\u00e2ce aux quelques livres qu\u2019il a pu obtenir. Mais son rapport \u00e0 la lecture est ensuite devenu beaucoup plus distant pour ne pas dire faible.. Il \u00e9crit :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\">\u00ab  <span style=\"color: red\">L\u2019\u00e9pineuse question des livres, jamais r\u00e9solue se pose \u00e0 tout Occidental alphab\u00e8te autour de la cinquantaine qui pendant toute une vie accumule des bouquins et r\u00e9pugne \u00e0 s\u2019en s\u00e9parer. Les r\u00e9sidences secondaires sont justement faites pour cela : desserrer la pression de cette force qui menace et rassure. Un moyen \u00e9l\u00e9gant de les mettre en maison de retraite. On leur fait de temps \u00e0 autre une visite, on se persuade qu\u2019on garde le contact<\/span>. \u00bb  page 113<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\">Un aphorisme \u00e9l\u00e9gant :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\">\u00ab <strong><em><span style=\"color: red\">Ce qu\u2019on esp\u00e8re est toujours plus beau que ce que l\u2019on conquiert<\/span><\/em><\/strong>. \u00bb page 201<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\">Une belle explication culturelle r\u00e9f\u00e9rentielle :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\">\u00ab  <span style=\"color: red\">Je me souviens de ce passage de \u00ab Rhizome \u00bb [de Gilles Deleuze et F\u00e9lix Guattari] montrant que \u00ab l\u2019arbre a domin\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 occidentale et toute la pens\u00e9e occidentale \u00bb et que le rhizome, syst\u00e8me auquel ob\u00e9it le bambou, s\u2019oppose \u00e0 ce mod\u00e8le. Voil\u00e0 peut-\u00eatre l\u2019explication : je suis un Occidental ind\u00e9crottable, incapable de concevoir la richesses et la complexit\u00e9 de la structure rhizomique, propre \u00e0 l\u2019Orient. Chaque matin, arm\u00e9 d\u2019une cisaille, je m\u2019attaque aux bambous<\/span>. \u00bb page 209<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\">A propos de la propri\u00e9t\u00e9 et de la richesse, alors qu\u2019il vient d\u2019acqu\u00e9rir une parcelle de plus pour prot\u00e9ger sa maison des constructions potentielles :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\">\u00ab  <span style=\"color: red\">Ce qui est souvent d\u00e9plaisant chez les gens riches, c\u2019est la pr\u00e9somption possessive. Ils sont convaincus que tout est r\u00e9gl\u00e9, qu\u2019ils jouissent pleinement de leurs richesses, que leur bonheur d\u00e9pend de ce qu\u2019ils poss\u00e8dent. <strong><em>D\u2019avoir du bien les persuade qu\u2019ils sont bien<\/em><\/strong>. A trop pratiquer l\u2019auto-suggestion, ils deviennent path\u00e9tiques ou odieux<\/span>. \u00bb page 243.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\">Et pour finir, le choral \u00e9voqu\u00e9 plus haut sur le m\u00e9tier de vivre :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\">\u00ab  <span style=\"color: red\">En d\u00e9pit des menaces, mon existence est port\u00e9e plus que jamais par le d\u00e9sir de vivre, de sentir, de regarder. Surtout de regarder car je suis devenu un spectateur irrassasiable du monde. Cette disposition, je la dois \u00e0 la maison dans la clairi\u00e8re. Aux Tilleuls, j\u2019ai pris conscience de cette \u00e9vidence : \u00eatre vivant suscitait en moi une joie invincible. Maintenant la course des jours s\u2019acc\u00e9l\u00e8re, la carcasse geint, l\u2019esprit se d\u00e9grise, la parole rab\u00e2che, mais l\u2019\u00e2me garde intacts son ardeur et son \u00e9lan vital. Rien ne peut r\u00e9sister \u00e0 une telle alacrit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><span style=\"color: red\">La vie est-elle un m\u00e9tier ? J\u2019ai lu avec passion le journal de Pavese, \u00ab Le m\u00e9tier de vivre \u00bb qui s\u2019interrompt le 27 ao\u00fbt 1950 avec le suicide de m\u2019\u00e9crivain dans une chambre de l\u2019h\u00f4tel Roma \u00e0 Turin. Me livre se termine ainsi : \u00ab Pas de paroles. Un geste. Je n\u2019\u00e9crirai plus. \u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><span style=\"color: red\">Pourtant il a inscrit cette phrase : \u00ab L\u2019unique joie au monde c\u2019est de commencer. \u00bb Ce monologue sans faits, sans anecdotes, presque sans noms de personne est admirable.<\/span><\/p>\n<h1 align=\"center\" style=\"text-align: center\"><span style=\"font-size: 18pt\"><br \/>\n<\/span><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><span style=\"color: red\">Vivre. A l\u2019\u00e9vidence, Pavese n\u2019avait jamais eu la vocation (n\u2019a-t-il pas \u00e9crit un recueil de po\u00e8mes intitul\u00e9 \u00ab Travailler fatigue \u00bb ?). J\u2019aime ce m\u00e9tier. Malgr\u00e9 la violence et la vulgarit\u00e9 de ces \u00ab sombres temps \u00bb, le principe vital est plus ardent que jamais. <strong><em>Le m\u00e9tier de vivre est pourtant p\u00e9nible. On s\u2019y \u00e9reinte. C\u2019est souvent r\u00e9p\u00e9titif. Mais pour rien au monde je ne renoncerai au charme douloureux de ma condition d\u2019homme.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoBodyText\">Un regret cependant : \u00e0 peine a-t-on acquis quelque comp\u00e9tence qu\u2019il faut partir. L\u2019emploi est beaucoup trop provisoire, c\u2019est vrai, mais il me procure souvent de l\u2019all\u00e9gresse. Pas l\u2019all\u00e9gresse du travail bien fait car il estimpossible d\u2019exercer ce m\u00e9tier avec comp\u00e9tence. Ce sont n\u00e9anmoins ces moments-l\u00e0 que je d\u00e9sire retenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" class=\"MsoNormal\"><span style=\"color: red\">Je sais qu\u2019il ne faut pas trop s\u2019attacher : \u00ab Celui qui aime sa vie la perdra \u00bb assure l\u2019ap\u00f4tre Jean.<\/span> \u00bb pages 277-278.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; text-indent: 35.4pt\" class=\"MsoNormal\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La maison du retour J.P Kauffmann Nil \u00e9ditions 2006 296 p Peut-on dire d\u2019un livre qu\u2019il est gracieux sans que cela soit imm\u00e9diatement compris comme&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=77\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">La maison du retour (J.P. Kauffmann)<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,6],"tags":[],"class_list":["post-77","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-critiques","category-les-livres-litterature","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=77"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=77"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=77"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=77"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}