{"id":738,"date":"2021-12-03T10:54:42","date_gmt":"2021-12-03T09:54:42","guid":{"rendered":"http:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=738"},"modified":"2021-12-03T10:55:20","modified_gmt":"2021-12-03T09:55:20","slug":"un-des-plus-grands-disques-de-chanson-francaise-a-50-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=738","title":{"rendered":"Un des plus grands disques de chanson fran\u00e7aise a 50 ans\u00a0!"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019avais 17 ans, cette ann\u00e9e l\u00e0 (ce n\u2019est pas le d\u00e9but d\u2019une chansons, encore que\u2026) et j\u2019\u00e9tais entre la premi\u00e8re et la terminale. J\u2019aimais d\u00e9j\u00e0 le rock, mais j\u2019adorais encore plus la chanson fran\u00e7aise depuis qu\u2019un certain Jacques Brel \u00e9tait entr\u00e9 dans ma vie par les oreilles. Quelques ann\u00e9es auparavant (c\u2019\u00e9tait en 1968 je crois), un disque \u00e9tait sorti, avec une couverture en noir et blanc, un visage un peu burin\u00e9 en gros plan et en haut, \u00e9crit, en style manuscrit \u00ab\u00a0Serge Reggiani\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Reggiani-Les-loups-couv.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"500\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Reggiani-Les-loups-couv.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-739\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Reggiani-Les-loups-couv.jpg 500w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Reggiani-Les-loups-couv-300x300.jpg 300w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Reggiani-Les-loups-couv-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Une v\u00e9ritable bombe pour moi et pour quelques copains de la m\u00eame bande. Une voix unique, une diction parfaite, et un choix de chansons impeccables, d\u2019auteurs-compositeurs tr\u00e8s divers. Ce jour-l\u00e0 Reggiani est entr\u00e9 dans mon c\u0153ur et mes tripes et n\u2019en est jamais sorti. Je l\u2019ai suivi jusqu\u2019\u00e0 sa mort, et je l\u2019\u00e9coute tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement. C\u2019est lors d\u2019une de ces r\u00e9\u00e9coutes r\u00e9centes que j\u2019ai pris conscience que, si le disque parfait existe, je venais de l\u2019\u00e9couter. Ce disque n\u2019a pas de titre, mais depuis, on a pris l\u2019habitude de l\u2019appeler <em>Rupture<\/em>, du nom de la premi\u00e8re chanson de la face A du 33 tours. Car je vous parle d\u2019un temps ou la musique s\u2019\u00e9coutait avec des galettes de vinyle de plus ou moins grand diam\u00e8tre qui tournaient \u00e0 plus ou moins grande vitesse sur des machines qu\u2019on appelait souvent tourne-disques\u00a0 &#8211; ce qui est bien mieux que l\u2019affreux pick-up que certains employaient ou emploient encore. Les disques s\u2019usaient \u00e0 force d\u2019\u00eatre \u00e9cout\u00e9s et s\u2019emplissaient de petits craquements, voire de sauts brutaux selon leur \u00e9tat et les chocs subis. Dans cet album, Reggiani chante, \u00e0 un moment\u00a0: \u00ab\u00a0<em>J\u2019\u00e9coute Edith sur un phono, Par hasard un disque en mono, La chanson est de Marguerite\u00a0<\/em>\u00bb (Edith). Pour nous cette phrase \u00e9tait aussi r\u00e9tro que celles que je viens d\u2019\u00e9crire au-dessus, car nous ne savions plus ce qu\u2019\u00e9tait un phonographe et ses lourdes galettes de cire noire. Aujourd\u2019hui je poss\u00e8de ce disque en CD et en version MP3, mais c\u2019est le vinyle que je pr\u00e9f\u00e8re encore\u00a0; d\u2019abord pour l\u2019objet, une vaste pochette ouvrante, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de laquelle on a pu imprimer tous les textes des 10 chansons de l\u2019album, en caract\u00e8re qui ne demandent pas un microscope pour \u00eatre lus, comme dans les livrets de CD. On peut donc se r\u00e9galer de la forme du po\u00e8me en l\u2019\u00e9coutant, puis en le relisant.\u00a0 Et puis, les photographies\u00a0! Celle de la couverture est superbe, elle dit tout de la complexit\u00e9 de cet homme, dans des couleurs assez sombres. Celle de l\u2019int\u00e9rieur est un magnifique portrait o\u00f9 on devine l\u2019espoir dans les yeux de Serge. Rien \u00e0 voir avec les miniatures des CD\u00a0! (Remarquez que c\u2019\u00e9tait encore plus ridicule dans le cas de la cassette audio, un support encore plus petit\u00a0!)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/reggiani-rupture-couv.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/reggiani-rupture-couv.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-740\" width=\"706\" height=\"706\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/reggiani-rupture-couv.jpg 270w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/reggiani-rupture-couv-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 706px) 100vw, 706px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Mais la v\u00e9ritable \u00e9motion vous saisit quand la pointe de votre diamant aborde le premier morceau, <em>Rupture<\/em>. Le texte est tr\u00e8s long et nous emporte sans retenue. Il est sign\u00e9e Jean Dr\u00e9jac, un grand parolier de cette \u00e9poque-reine du texte. Il faudrait le citer en entier, mais je vais donner ce quatrain que je trouve sublime&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il faut \u00eatre artiste<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Jusqu\u2019au bout des doigts,<\/em><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Pour sculpter des joies<\/h1>\n\n\n\n<p><em>Quand la chair est triste<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce texte envoutant \u00e9minemment triste, Michel Legrand a pos\u00e9 une de ses tr\u00e8s grandes musiques, \u00e0 base de piano, sobre et ent\u00eatante. L\u2019alliage du texte et de la musique est parfait, \u00e0 un point d\u2019incandescence que tout auteur-compositeur r\u00eave un jour d\u2019atteindre. Mais ce qui rend cette chanson encore plus grande, c\u2019est l\u2019interpr\u00e9tation magistrale de Reggiani. Il joue v\u00e9ritablement cette rupture, avec toutes les armes de sa voix et de sa sensibilit\u00e9. Qui peut dire mieux que cela la fin d\u2019une histoire d\u2019amour&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Avec en secret<\/h1>\n\n\n\n<p><em>L\u2019immense regret<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Que cette aventure,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ce moment parfait,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Soit d\u00e9j\u00e0 d\u00e9fait,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Et que rien en dure<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le ton est donn\u00e9&nbsp;: ce sera un album irr\u00e9prochable, un sommet de la chanson \u00e0 texte, comme on disait alors \u2013 en \u00e9coutant le tout-venant actuel de la chanson fran\u00e7aise, je mesure la valeur de cette expression un peu pass\u00e9iste. Jean Dr\u00e9jac cosigne avec Michel Legrand trois autres titres&nbsp;: <em>Comme elle est longue \u00e0 mourir ma jeunesse<\/em>, <em>Dans ses yeux<\/em> et <em>Edith&nbsp;<\/em>.&nbsp; Legrand compose par ailleurs un autre titre, <em>La putain<\/em>, qu\u2019\u00e9crit Jean-Loup Dabadie. On ne dira jamais assez \u00e0 quel point Michel Legrand \u00e9tait dou\u00e9 pour la composition et savait s\u2019adapter \u00e0 tous les styles en gardant le sien. On oublie qu\u2019il a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re de compositeur de chansons avec un jeune auteur toulousain qui ne voulait pas chanter, mais qui a d\u00fb s\u2019y r\u00e9soudre car personne ne voulait de ces titres, Claude Nougaro. Legrand a la qualit\u00e9 tr\u00e8s rare de pouvoir passer de la vari\u00e9t\u00e9 au jazz ou au classique en gardant la m\u00eame inventivit\u00e9 et exigence. Sur cet album il est le compositeur de la moiti\u00e9 des chansons et cela p\u00e8se beaucoup dans l\u2019ambiance et la qualit\u00e9 du disque, car il signe les arrangements et dirige les titres qu\u2019il a compos\u00e9s.&nbsp; On retrouve \u00e9galement Jacques Datin, tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre compositeur de chansons \u00e0 l\u2019\u00e9poque et fid\u00e8le complice de Reggiani jusqu\u2019\u00e0 sa mort (il meurt en 1973, \u00e0 seulement 53 ans). Datin a beaucoup fait tandem avec Jean-Loup Dabadie, qui fit d\u2019abord sa r\u00e9putation en \u00e9crivant des chansons, avant de passer au sc\u00e9nario de film avec brio et d\u2019int\u00e9grer l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise. Ici le tandem signe deux titres&nbsp;: <em>L\u2019absence <\/em>et <em>L\u2019Italien<\/em>. Autant dire deux chefs-d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<em>L\u2019Italien<\/em> est le plus gros succ\u00e8s de Reggiani, celui que l\u2019on entend encore parfois et que l\u2019on retrouve sur les compilations de chansons fran\u00e7aise des ann\u00e9es 1970. Pourquoi Dabadie est-il si fort&nbsp;? Parce qu\u2019il raconte des histoires, tout simplement. L\u2019\u00e9criture de <em>L\u2019Italien<\/em> est un mod\u00e8le de composition litt\u00e9raire. On y trouve d\u00e9j\u00e0 tout le sens de l\u2019image de l\u2019auteur&nbsp;: ce pauvre gars qui revient apr\u00e8s 18 ans d\u2019absence et a tout rat\u00e9, nous le voyons vraiment d\u00e9ambuler, passer devant ces fen\u00eatres allum\u00e9es et ce portail.&nbsp; L\u2019\u00e9vocation est tr\u00e8s visuelle, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 un petit sc\u00e9nario. Et sur ce synopsis, Jacques Datin signe une de ses grandes musiques, opposant des couplets assez r\u00e9citatifs \u00e0 un refrain \u00e0 moiti\u00e9 en italien, tr\u00e8s chantant, \u00e0 la m\u00e9lodie obs\u00e9dante. Il y a eu bien s\u00fbr identification avec l\u2019interpr\u00e8te, qui n\u2019a pas eu besoin de rentrer dans le personnage puisqu\u2019il l\u2019\u00e9tait. <em>L\u2019Italien<\/em>, c\u2019est un grand r\u00f4le de Reggiani, mais un r\u00f4le qui dure seulement 4\u201900.<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;L\u2019absence<\/em> est \u00e9galement une tr\u00e8s grande chanson, sur un sujet ici trait\u00e9 de mani\u00e8re abstraite, quasi-philosophique. Ce superbe texte de Dabadie arrive \u00e0 nous faire ressentir la profondeur de la douleur de l\u2019absence en usant uniquement d\u2019objets ou d\u2019\u00eatre anonymes&nbsp;: un volet qui bat, un livre oubli\u00e9, un vase vide, un miroir\u2026 La forme n\u2019est pas loin d\u2019\u00e9voquer Baudelaire et qui lit ce texte \u00e0 voix haute comprend tr\u00e8s bien que c\u2019est de la haute po\u00e9sie et qu\u2019on a bien fait d\u2019honorer pareil auteur en l\u2019\u00e9lisant au quai Conti.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les vase sont vides<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>O\u00f9 l\u2019on mettait des bouquets<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Et le miroir prend des rides<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>O\u00f9 le pass\u00e9 fait le guet<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>On est loin de la chansonnette abrutissante des y\u00e9y\u00e9s de l\u2019\u00e9poque. Lorsqu\u2019on songe que <del>els <\/del><ins>les <\/ins>deux premiers morceaux sont<ins> <\/ins><em><del>&nbsp;<\/del><ins>Rupture<\/ins><\/em><ins> et <em>L\u2019absence<\/em><\/ins>, on mesure quel est le niveau auquel se situe ce disque.<\/p>\n\n\n\n<p>La Face A du microsillon se poursuit avec <em>La putain<\/em>, autre texte de Dabadie. L\u00e0 encore, l\u2019auditeur-lecteur ne peut qu\u2019\u00eatre frapp\u00e9 par la charge visuelle du texte et l\u2019art du r\u00e9cit sc\u00e9naris\u00e9. Petit bijou d\u2019humour et de nostalgie, cette chanson douce-am\u00e8re r\u00e9sonne en nous et nous donne un \u00e9trange attachement pour cette anonyme prostitu\u00e9e. Michel Legrand a su cr\u00e9er une musique tr\u00e8s m\u00e9lodique et qui colle \u00e0 cette nostalgie jamais vulgaire. Voici un autre mod\u00e8le parfait. La chanson suivante est encore plus nettement orient\u00e9e vers une tristesse ingu\u00e9rissable, <em>Comme elle est longue \u00e0 mourir ma jeunesse<\/em> nous parle d\u2019un mal qui nous atteint tous \u00e0 un moment ou un autre de notre existence, ce moment o\u00f9 nous comprenons dans notre corps et notre chair que la jeunesse est partie, qu\u2019il faut en faire le deuil et qu\u2019on ne le peut ou ne le veut pas. Jean Dr\u00e9jac a ici trouv\u00e9 des accents romantiques qui en sont pas sans rappeler Victor Hugo. La musique est rhapsodique et nous conduit aux derniers mots \u00ab&nbsp;<em>qui ne veut pas mourir<\/em>&nbsp;\u00bb in\u00e9luctablement o\u00f9 retombe la tension dans la voix de Reggiani qui semble s\u2019\u00e9teindre doucement.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici quatre chansons qui ne baignent pas franchement dans la joie. Le choix a donc \u00e9t\u00e9 fait de terminer sur une chanson plus l\u00e9g\u00e8re, une sorte de biographie d\u2019anonyme, celle de Thomas, un petit gars du Nord qui tourne le dos \u00e0 la mine au moment d\u2019entrer au travail et descend faire sa vie dans le midi, chez les cigales, au pays des mandarine et des \u00e9glantiers. Mais qui, au moment de la vieillesse et \u00e0 l\u2019approche de la fin, remonte pour finir ses jours dans son pays natal. C\u2019est le cycle de la vie, chant\u00e9 sur une musique assez l\u00e9g\u00e8re, sans pr\u00e9tention de Jacques Datin, un petit air sympathique que mes \u00e9l\u00e8ves de Cours Moyen aimaient beaucoup chanter, quand je les accompagnais \u00e0 la guitare, dans leur \u00e9cole de banlieue&nbsp;: Thomas, c\u2019\u00e9tait la vie banale et normale mais heureuse.<\/p>\n\n\n\n<p>La face B du disque commence par une des plus belles chansons qu\u2019ait jamais enregistr\u00e9 Reggiani, <em>Ma fille<\/em>. Ce texte carr\u00e9ment sublime de v\u00e9rit\u00e9 est l\u2019\u0153uvre d\u2019Eddy Marnay, l\u2019homme aux 4 000 chansons, un parolier tr\u00e8s chevronn\u00e9, ici associ\u00e9 \u00e0 un pianiste-compositeur rompu au m\u00e9tier \u00e9galement, Raymond Bernard. Celui-ci fut longtemps le pianiste de Gilbert B\u00e9caud, avant de devenir celui de Reggiani pendant vingt ans. <em>Ma fille<\/em> est l\u2019histoire d\u2019un p\u00e8re qui voit sa fille prendre son autonomie et lui \u00e9crit une sorte de lettre particuli\u00e8rement \u00e9mouvante. Tous les p\u00e8res du monde peuvent se reconna\u00eetre dans ce texte qui sonne si vrai et pourtant si po\u00e9tique. Une chanson qui n\u2019a gu\u00e8re besoin que d\u2019un piano pour trouver sa pl\u00e9nitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Une chanson plus l\u00e9g\u00e8re ensuite, <em>Dans ses yeux<\/em>, chansons d\u2019amour bien tourn\u00e9e, la plus simple du disque, comme une respiration, une bouff\u00e9e d\u2019air frais du tandem Dr\u00e9jac-Legrand, avant de plonger dans la vie de <em>L\u2019Italien<\/em>, d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e plus haut. N\u2019oublions pas que l\u2019art d\u2019organiser les titres d\u2019un album n\u2019est pas quelconque, il rel\u00e8ve de la recherche d\u2019une alchimie qui ne r\u00e9ussit pas toujours. Tous ceux qui, musiciens, ont fait des programmes de concert comprendront de quoi je parle&nbsp;! Ici c\u2019est aussi la perfection. Car apr\u00e8s cette petite merveille cin\u00e9matographique qu\u2019est <em>L\u2019Italien<\/em>, arrive <em>Edith<\/em>, chanson-hommage \u00e0 la m\u00f4me Piaf. Il faudrait, encore une fois citer tout le texte de Dr\u00e9jac, mais il faut choisir, alors allons vers le dernier couplet&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Heureux sont ceux qui ont brill\u00e9<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Edith, dans ton r\u00eave \u00e9veill\u00e9&nbsp;;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est une merveilleuse histoire<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Lorsque l\u2019on a rien qu\u2019une fois<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Eu le droit de poser le doigt<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>sur la soie de ta robe noire\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je vous laisse appr\u00e9cier les allit\u00e9rations des deux derniers vers. C\u2019est un des plus beaux hommages rendus \u00e0 l\u2019artiste, il est d\u2019ailleurs rentr\u00e9 dans le patrimoine de la chanson et brille au panth\u00e9on des grands succ\u00e8s de Reggiani, et pourtant ce n\u2019est pas la chanson la plus facile. Symbiose parfaite entre paroles, musique et voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Le disque s\u2019ach\u00e8ve par <em>La Cinquantaine<\/em>, une chanson-bilan qui va bien \u00e0 l\u2019interpr\u00e8te. On y trouve, par anticipation, les r\u00f4les qu\u2019il jouera dans els films de Sautet un peu plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Dix chansons, mois de quarante minutes, mais un pur bijou, o\u00f9 rien n\u2019est \u00e0 jeter. Pour moi, c\u2019est le plus grand disque de Reggiani, m\u00eame sup\u00e9rieur \u00e0 son premier. Je pourrais r\u00e9\u00e9couter sans cesse ce disque sans m\u2019en lasser. Il faut dire aussi que je consid\u00e8re Serge Reggiani comme le plus grand interpr\u00e8te masculin de la chanson fran\u00e7aise, m\u00eame avant Montand.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut trouver en t\u00e9l\u00e9chargement tous les titres de cet album&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/s?k=serge+R%C3%A9ggiani+Rupture&amp;__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;ref=nb_sb_noss\">https:\/\/www.amazon.fr\/s?k=serge+R%C3%A9ggiani+Rupture&amp;__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;ref=nb_sb_noss<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>On peut aussi trouver l\u2019album en CD dans le coffret qui regroupe tous ses albums studio&nbsp;Polydor&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-rich is-provider-amazon wp-block-embed-amazon\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"L&#039;Int\u00e9grale Des Albums Studio 1968-2002 [Coffret 13 CD]\" type=\"text\/html\" width=\"500\" height=\"550\" frameborder=\"0\" allowfullscreen style=\"max-width:100%\" src=\"https:\/\/lire.amazon.fr\/kp\/card?preview=inline&#038;linkCode=kpd&#038;ref_=k4w_oembed_MIQXtqw3zib2V6&#038;asin=B00M1WG4IC&#038;tag=kpembed-20\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Enfin, en furetant, il est possible de trouver le vinyle d\u2019occasion.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-rich is-provider-amazon wp-block-embed-amazon\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"S Reggiani-Rupture\" type=\"text\/html\" width=\"500\" height=\"550\" frameborder=\"0\" allowfullscreen style=\"max-width:100%\" src=\"https:\/\/lire.amazon.fr\/kp\/card?preview=inline&#038;linkCode=kpd&#038;ref_=k4w_oembed_1Mjvl99AvKkEmQ&#038;asin=B00QQXR9PY&#038;tag=kpembed-20\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>J\u2019esp\u00e8re vous avoir donn\u00e9 envie d\u2019\u00e9couter ce petit chef-d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Michel Dauriac \u2013 D\u00e9cembre 2021<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019avais 17 ans, cette ann\u00e9e l\u00e0 (ce n\u2019est pas le d\u00e9but d\u2019une chansons, encore que\u2026) et j\u2019\u00e9tais entre la premi\u00e8re et la terminale. J\u2019aimais d\u00e9j\u00e0&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=738\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Un des plus grands disques de chanson fran\u00e7aise a 50 ans\u00a0!<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,4],"tags":[],"class_list":["post-738","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-musique","category-les-critiques","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/738","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=738"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/738\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":742,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/738\/revisions\/742"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=738"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=738"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=738"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}