{"id":384,"date":"2019-12-28T23:28:39","date_gmt":"2019-12-28T22:28:39","guid":{"rendered":"http:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/2019\/12\/28\/%c2%ab-la-foi-est-plus-belle-que-dieu-%c2%bb-sur-la-panthere-des-neiges-%c2%bb-de-sylvain-tesson-gallimard-2019-prix-renaudot2019\/"},"modified":"2019-12-28T23:38:09","modified_gmt":"2019-12-28T22:38:09","slug":"%c2%ab-la-foi-est-plus-belle-que-dieu-%c2%bb-sur-la-panthere-des-neiges-%c2%bb-de-sylvain-tesson-gallimard-2019-prix-renaudot2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=384","title":{"rendered":"\u00ab La foi est plus belle que Dieu \u00bb     sur \u00ab\u00a0La panth\u00e8re des neiges\u00a0\u00bb de Sylvain Tesson  Gallimard , 2019 ; prix Renaudot2019"},"content":{"rendered":"<p><!--[if gte mso 9]><xml>  <w:WordDocument>   <w:View>Normal<\/w:View>   <w:Zoom>0<\/w:Zoom>   <w:HyphenationZone>21<\/w:HyphenationZone>   <w:DoNotOptimizeForBrowser\/>  <\/w:WordDocument> <\/xml><![endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" align=\"center\">\u00a0<a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/livre-tesson.jpg\" title=\"livre-tesson.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/livre-tesson.jpg\" alt=\"livre-tesson.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">Ecrire un livre sur l&rsquo;attente, c&rsquo;est \u00e0 nouveau r\u00e9diger <em>L&rsquo;Arl\u00e9sienne<\/em> ou <em>Le d\u00e9sert des Tartares<\/em>. Vieille id\u00e9e litt\u00e9raire ou philosophique\u00a0: l&rsquo;attente \u00e9veille la r\u00e9flexion, mais pas seulement elle\u00a0. Tous nos sens peuvent se mettre en \u00e9veil, selon la nature de l&rsquo;attente. Bien s\u00fbr ce n&rsquo;est pas \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat d&rsquo;autobus ou sur le quai de la gare que cela se passe. Cette attente-l\u00e0 est st\u00e9rile, ench\u00e2ss\u00e9e dans la course folle de la vie des hommes ordinaires, r\u00e9duits le plus souvent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de bip\u00e8des lobotomis\u00e9s. Un bus ou un train ne portent aucune menace ou esp\u00e9rance\u00a0; au pire seront-ils bond\u00e9s et l&rsquo;entr\u00e9e et le voyage seront p\u00e9nibles, au mieux on pourra s&rsquo;asseoir. Sylvain Tesson remplace d&rsquo;ailleurs le terme par \u00ab\u00a0aff\u00fbt\u00a0\u00bb, parfaitement adapt\u00e9 aux circonstances que narre ce livre.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\" align=\"center\">\u00a0<a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tesson.jpg\" title=\"tesson.jpg\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tesson.jpg\" title=\"tesson.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tesson.jpg\" alt=\"tesson.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">Le sujet est tr\u00e8s cadr\u00e9 et dirait-on, squelettique\u00a0: L&rsquo;auteur est invit\u00e9 par un grand photographe animalier \u00e0 l&rsquo;accompagner au Tibet pour photographier la \u00ab\u00a0panth\u00e8re des neiges\u00a0\u00bb, appel\u00e9e zoologiquement \u00ab\u00a0Once\u00a0\u00bb. L&rsquo;exp\u00e9dition rassemble quatre personnes, Tesson, Munier (le photographe) et deux collaborateurs, Marie et L\u00e9o. Unit\u00e9 de Lieu\u00a0: tout se passe dans l&rsquo;univers semi-min\u00e9ral des hauts plateaux tib\u00e9tains, entre 4600 m et 6000 m pour les monts qui encadrent le vaste plateau du Tchang Tang. Unit\u00e9 de temps\u00a0: l&rsquo;aff\u00fbt est la mesure unique de ce r\u00e9cit\u00a0; peu importe les jours et les nuits. Unit\u00e9 d&rsquo;action enfin\u00a0: le seul but de tout ce qui est fait est d&rsquo;observer cette panth\u00e8re zonale, en voie d&rsquo;extinction sous le feu de la contrebande pour sa fourrure. Car nous sommes bien dans une trag\u00e9die, mais pas celle qui va se conclure par la mort de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne \u2013 ici l&rsquo;animal -, comme dans le mod\u00e8le grec ou corn\u00e9lien. Ici la trag\u00e9die est le simple d\u00e9roulement de la vie, au sens du bios, dans un espace quasiment pr\u00e9serv\u00e9 des nuisances civilisationnelles actuelles par la rudesse de son climat et la pauvret\u00e9 apparente de ses ressources. Il y a les chasseurs, les proies et les parasites du syst\u00e8me\u00a0: toute la m\u00e9taphore de notre humanit\u00e9. Et c&rsquo;est l\u00e0 que r\u00e9side la v\u00e9ritable trag\u00e9die dont parle ce livre\u00a0: l&rsquo;\u00eatre humain est le grand destructeur de l&rsquo;ordre<span>\u00a0 <\/span>biologique du monde, l&rsquo;artisan de la sixi\u00e8me extinction des esp\u00e8ces, observ\u00e9e, quantifi\u00e9e et annonc\u00e9e dans un avenir tout proche. Nous vivons, indiff\u00e9rents ou impuissants, au milieu de ce carnage dont nous ne pouvons nous laver les mains. L&rsquo;app\u00e2t du gain escalade aussi les pentes du Tibet et rend la survie de l&rsquo;once tr\u00e8s incertaine, malgr\u00e9 des mesures de protections chinoises tardives et purement formelles. L\u00e0, durant deux ou trois semaines (je n&rsquo;ai pas r\u00e9ussi a vraiment faire le compte en lisant l&rsquo;ouvrage), Tesson va vivre une exp\u00e9rience unique, lui qui, pourtant, s&rsquo;est mis souvent en situation d&rsquo;en vivre beaucoup.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">Exp\u00e9rience de l&rsquo;aff\u00fbt, avec toute sa cons\u00e9quence int\u00e9rieure. Observer sans r\u00e9pit une portion de vallon himalayen, \u00e0 travers des jumelles ou une lunette, pour esp\u00e9rer apercevoir cet animal insaisissable. Voici qui vide le cerveau des futilit\u00e9s d&rsquo;en bas et ram\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;os de l&rsquo;esprit humain. Pour Tesson, il s&rsquo;agira \u00e0 la fois de songer \u00e0 sa m\u00e8re brutalement disparue et \u00e0 un amour perdu. Le milieu g\u00e9ographique et g\u00e9ologique n&rsquo;accorde aucune distraction. G\u00e9om\u00e9trie et min\u00e9ralit\u00e9 scandent le paysage. Une neige rare couvre les sommets, des torrents ravinent les flancs de montagne, une herbe rare et sto\u00efque ourle les pentes les plus basses et les moins froides. Le vent ou la course des troupeaux soul\u00e8ve une poussi\u00e8re d&rsquo;\u00e9rosion vielle de quelques millions d&rsquo;ann\u00e9es, selon la stratigraphie actuelle. Impossible de distraire sa pens\u00e9e par le paysage\u00a0; lui aussi est \u00e0 l&rsquo;os. Il faut bien alors affronter ses d\u00e9mons int\u00e9rieurs, si l&rsquo;on en a.<span>\u00a0 <\/span>L\u00e0-haut, le mode de vie d&rsquo;en bas, celui que nous mettons en \u0153uvre, chacun pour notre part, de gr\u00e9 ou de force, appara\u00eet comme ce qu&rsquo;il est\u00a0: insens\u00e9 et suicidaire. L&rsquo;homme, peu dou\u00e9 pour la survie en milieu naturel, a peu \u00e0 peu artificialis\u00e9 l&rsquo;oekoum\u00e8ne \u2013 et touristifi\u00e9 le reste \u2013 tout en \u00e9liminant les pr\u00e9dateurs historiques de l&rsquo;homo sapiens. Il fonce tout droit vers une catastrophe g\u00e9n\u00e9rale, drogu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;illusion technicienne. Les hauteurs du toit du monde ram\u00e8nent au r\u00e9el\u00a0: la vie est un \u00e9quilibre fragile o\u00f9 chaque esp\u00e8ce joue son r\u00f4le\u00a0; seul l&rsquo;homme a refus\u00e9 de tenir le sien. Est-ce la faute des chr\u00e9tiens, des savants, des ing\u00e9nieurs\u00a0? Au point de non-retour o\u00f9 nous en sommes cela n&rsquo;a plus gu\u00e8re d&rsquo;importance.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\" align=\"center\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/panthere-1.jpg\" title=\"panthere-1.jpg\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/panthere-1.jpg\" title=\"panthere-1.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/panthere-1.jpg\" alt=\"panthere-1.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">La panth\u00e8re des neiges r\u00e9siste avec ses moyens\u00a0: son osmose avec un milieu hostile, son art du camouflage et une prudence sensorielle \u00e0 toute \u00e9preuve. La voir est un moment exceptionnel, une apoth\u00e9ose rare. C&rsquo;est pour cela que Munier a fait le voyage et qu&rsquo;il est pr\u00eat \u00e0 rester des heures en aff\u00fbt, dans un air \u00e0 -20 ou -30\u00b0C.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/munier.jpg\" title=\"munier.jpg\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/munier.jpg\" title=\"munier.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/munier.jpg\" alt=\"munier.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">Munier est le v\u00e9ritable h\u00e9ros de ce livre. Par petites touches, Tesson nous en dresse un portrait touchant. Mais sans pathos. Munier n&rsquo;est pas un desperado ou une victime de notre monde qu&rsquo;il fuirait. Il est un homme qui vit avec une ouverture au monde qui y inclut toute la faune et remet l&rsquo;homme \u00e0 sa (juste) place. Comme tous les sages, il parle peu, sauf quand il s&rsquo;agit de nommer et d\u00e9crire un animal. Photographier l&rsquo;animal c&rsquo;est de l&rsquo;anti-chasse. Lui traque la pr\u00e9sence de la vie non humaine jusque dans la bruyante f\u00eate foraine de la grande ville chinoise de Chengdu o\u00f9 ils se prom\u00e8nent la veille de leur retour en France. Il aper\u00e7oit une chouette dans le vacarme du ciel illumin\u00e9; un peu plus tard, ayant fui le bruit et la luminescence, il observe la lune. A c\u00f4t\u00e9 de lui se trouve une femme qui l&rsquo;aime et le comprend, Marie, qui l&rsquo;assiste et l&rsquo;accompagne dans ses campagnes. Se le sont-ils dit ou se contentent-ils de vivre leur bonheur d&rsquo;\u00eatre ensemble\u00a0? Nous n&rsquo;en saurons rien. Ce qui les unit est le m\u00eame amour des animaux et leur compr\u00e9hension. Faut-il aller plus loin\u00a0?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoBodyTextIndent\">Verront-ils la panth\u00e8re ou seront-ils comme le h\u00e9ros de Buzzati ou le \u00ab\u00a0trop vieux g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb Zangra de la chanson \u00e9ponyme de Jacques Brel, qui esp\u00e8rent l&rsquo;ennemi et ne sont plus l\u00e0 quand il vient\u00a0? Selon la logique de Munier On pourrait le croire durant toute la premi\u00e8re partie du livre, quand ils contemplent les yacks, les vautours et les loups. Puis ils trouvent le vallon miraculeux, celui o\u00f9 elle doit,<span>\u00a0 <\/span>selon la logique de Munier, appara\u00eetre. Tesson, qui n&rsquo;oublie jamais qu&rsquo;il fut d&rsquo;abord form\u00e9 en g\u00e9ographie, a dessin\u00e9 deux cartes manuelles au d\u00e9but du livre. Le lecteur s&rsquo;y r\u00e9f\u00e9rera souvent pour mieux comprendre le r\u00e9cit. Ce vallon court, parcouru par un petit affluent du M\u00e9kong naissant, offre des points d&rsquo;observation strat\u00e9giques. Dans le froid glacial d&rsquo;une grotte ou sur le replat d&rsquo;un talus, ils esp\u00e8rent\u00a0; car l&rsquo;attente est ici charg\u00e9e d&rsquo;une esp\u00e9rance\u00a0: la panth\u00e8re existe et elle fr\u00e9quente cette r\u00e9gion, donc ils peuvent la voir. Et ils vont la voir\u00a0! L&rsquo;\u00e9piphanie aura lieu \u00e0 trois reprises, sous trois angles et \u00e0 trois distances diff\u00e9rentes. A cette occasion, Sylvain Tesson comprend combien l&rsquo;attention est importante et mobilise toute notre concentration. Il ne s&rsquo;agit pas de regarder, mais de scruter le terrain, de se d\u00e9tacher de nos apprentissages culturels qui focalisent sur un premier plan et ignorent le reste. Il faut retrouver la puret\u00e9 du regard des enfants, comme ceux des fils du berger nomade, qui du premier coup d&rsquo;oeil ont vu a panth\u00e8re l\u00e0 o\u00f9 le commun ne voit que le rapace du premier plan\u00a0; Retrouver ce regard est en quelque sorte rena\u00eetre a soi-m\u00eame dans sa relation au monde. Le symboliste comprendra que cette histoire a aussi un sens spirituel qui d\u00e9nonce nos regards \u00e9troits et dominateurs.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">Avant de repartir, Munier veut aller voir les sources du M\u00e9kong, ce fleuve-vie de toute l&rsquo;Asie Moyenne, qui sur 5000 km court des monts Kunlun \u00e0 son delta indochinois. Tout l\u00e0-haut, il n&rsquo;est qu&rsquo;une micro-source prise par la glace et un torrent qui ne suinte que deux heures par jour en raison du froid. C&rsquo;est l&rsquo;occasion pour Tesson de d\u00e9livrer une double le\u00e7on \u2013 sans aucun ton professoral mais au sens sapiential \u2013 sur le fleuve et sur sa symbolique pour nos soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">Dans ce livre, Tesson poursuit sa vocation d&rsquo;\u00e9crivain-voyageur. Mais il me semble qu&rsquo;il y a un infl\u00e9chissement net depuis son terrible accident et sa \u00ab\u00a0gueule cass\u00e9e\u00a0\u00bb. <em>Les chemins noirs<\/em> \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 empreints d&rsquo;une gravit\u00e9 que les livres d&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0avant\u00a0\u00bb ne m&rsquo;avaient pas offerte. L&rsquo;homme a vieilli, il a c\u00f4toy\u00e9 la mort et la douleur\u00a0: on n&rsquo;en sort pas indemne. Dans le m\u00eame temps, je trouve aussi que son style a acquis une plus grande qualit\u00e9 litt\u00e9raire\u00a0; il ose le lyrisme, chose qu&rsquo;il faisait du bout du stylo, presque par effraction autrefois. Ce livre est un fort beau texte. Je suis d&rsquo;avis qu&rsquo;il faut le mettre dans tous les CDI de France, et que les professeurs de lettres s&rsquo;en emparent. Pas la peine de le conseiller aux lecteurs, Tesson a maintenant un public large et fid\u00e8le qui le suit. C&rsquo;est amplement m\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; text-indent: 35.45pt\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: 'Liberation Serif'\">M\u00e9riadec &#8211; Jean-Michel Dauriac \u2013 le 26 d\u00e9cembre 2019,<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00a0 Ecrire un livre sur l&rsquo;attente, c&rsquo;est \u00e0 nouveau r\u00e9diger L&rsquo;Arl\u00e9sienne ou Le d\u00e9sert des Tartares. 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