{"id":37,"date":"2006-05-04T10:37:39","date_gmt":"2006-05-04T09:37:39","guid":{"rendered":"http:\/\/danslamarge.com\/blog\/2006\/05\/04\/les-gens-de-chiusa\/"},"modified":"2007-08-05T23:30:55","modified_gmt":"2007-08-05T22:30:55","slug":"les-gens-de-chiusa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=37","title":{"rendered":"Les gens de Chiusa"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\">Les gens de Chiusa \u2013 Andreas Maier \u2013 traduction de Florence Tenenbaum \u2013 197 pages &#8211; Actes Sud \u2013 2006<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Une vall\u00e9e de montagne dans le Tyrol du Sud ou Haut Adige (selon les points de vue, et cela est capital dans ce roman). Une petite ville appel\u00e9e Chiusa. Une population germanophone tr\u00e8s largement dominante mais italienne, dans un espace qui fut l\u2019enjeu de rivalit\u00e9s guerri\u00e8res entre l\u2019Autriche-Hongrie et l\u2019Italie. Quelques jours de la vie de cette communaut\u00e9. Le genre choisi : la farce litt\u00e9raire.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/gens-de-chiusa-web.jpg\" alt=\"gens-de-chiusa-web.jpg\" id=\"image69\" height=\"454\" width=\"255\" \/><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Voici comment on pourrait situer rapidement ce roman allemand. De l\u2019intrigue, il est difficile de faire un r\u00e9sum\u00e9. Car il ne se passe pratiquement rien de r\u00e9el. Tout le contenu du livre rapporte des rumeurs, propos insipides de taverne ou supputations d\u2019imb\u00e9ciles. Les personnages sont des ectoplasmes caricaturaux, des sortes de vignettes de BD. Si l\u2019on veut cependant donner un th\u00e8me au lecteur, il serait le suivant. Il semble que la vall\u00e9e soit partag\u00e9e entre partisans d\u2019une croissance \u00e9conomique moderne destructrice de l\u2019environnement sp\u00e9cifique, dont le symbole serait l\u2019autoroute du Brenner et son viaduc, et adversaires de celle-ci, d\u00e9fenseur d\u2019une virginit\u00e9 montagnarde id\u00e9alis\u00e9e. Le clivage est \u00e9galement ethno-linguistique, puisque les \u00ab nostalgiques \u00bb sont germanophones et se sentent toujours autrichiens alors que les \u00ab progressistes \u00bb sont italiens ou collaborateurs de ceux-ci. L\u2019acte supr\u00eame de l\u2019action sera une tentative ridicule de faire sauter le viaduc autoroutier. Le toute st racont\u00e9 sous la forme litt\u00e9raire de la farce. Il est donc l\u00e9gitime que les traits soient grossis \u00e0 l\u2019exc\u00e8s et que tout soit caricatural.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Ce qui me g\u00eane vraiment dans ce roman r\u00e9side dans un double d\u00e9faut, du moins de mon seul point de vue de lecteur assez chevronn\u00e9.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">D\u2019abord, le parti pris formel. Tout le roman est \u00e9crit au style indirect, d\u2019une seule traite, sans aucun chapitre. Ce double choix rend la lecture indigeste, ne permet pas de faire des pauses rep\u00e9rables, comme dans un texte chapitr\u00e9. Mais comme l\u2019essentiel du livre consiste en des \u00e9changes de propos, le proc\u00e9d\u00e9 devient rapidement insupportable. Andreas Maier n\u2019est pas G. P\u00e9rec, capable de ma\u00eetriser un proc\u00e9d\u00e9 aussi contraignant que l\u2019absence des \u00ab e \u00bb dans \u00ab La disparition \u00bb ; tr\u00e8s vite la lecture est p\u00e9nible. En plus, le style n\u2019est gu\u00e8re all\u00e9chant, assez pauvre, peu vari\u00e9 dans ses ressources. Je ne crois d\u2019ailleurs pas ici que ce soit un d\u00e9faut de la traduction. Plut\u00f4t une marque de fabrique et un choix de l\u2019auteur.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Ensuite le contenu du livre . On a bien vite compris que nous sommes \u00e0 la crois\u00e9e des chemins entre \u00ab Clochemerle \u00bb et \u00ab La guerre des boutons \u00bb, mais en beaucoup moins dr\u00f4le. La r\u00e9p\u00e9tition incessante des m\u00eames portraits ridicules lasse tr\u00e8s vite. Et j\u2019avoue n\u2019\u00eatre all\u00e9 au bout que pour savoir s\u2019il n\u2019y avait pas une r\u00e9demption finale de l\u2019auteur. Eh bien non ! Personnages caricaturaux et absence d\u2019intrigue r\u00e9elle sont certes des \u00e9l\u00e9ments de post-modernit\u00e9, mais que c\u2019est ennuyeux ! Alors vive Flaubert, Blazac ou Tolsto\u00ef. La fascination \u00e9vidente que Kafka exerce sur Maier est h\u00e9las ! improductive. On n\u2019\u00e9crit pas \u00ab Le proc\u00e8s \u00bb comme cela ! L\u2019absurde monde de la vall\u00e9e de Chiusa ne nous interpelle pas ; il est ridicule, il ne suscite aucune peur, aucune r\u00e9miniscence en nous. On peut l\u00e9gitimement \u00eatre vite indispos\u00e9 par ce m\u00e9pris affich\u00e9 des discussions banales qui font le quotidien des gens ordinaires. On ne peut pas passer sa vie \u00e0 disserter au caf\u00e9 sur \u00ab l\u2019ontologie d\u2019Heidegger \u00bb, comme aurait pu le faire Zanetti, un des protagonistes italiens du roman.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt\">Au total, si je devais r\u00e9sumer trivialement mon opinion sur ce livre : un roman chiant ! Un bon reflet de la diarrh\u00e9e \u00e9ditoriale fran\u00e7aise. On peut \u00e9viter ce roman sans aucun remords.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les gens de Chiusa \u2013 Andreas Maier \u2013 traduction de Florence Tenenbaum \u2013 197 pages &#8211; Actes Sud \u2013 2006 Une vall\u00e9e de montagne dans&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=37\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Les gens de Chiusa<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,6],"tags":[],"class_list":["post-37","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-critiques","category-les-livres-litterature","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/37","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=37"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/37\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=37"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=37"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=37"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}