{"id":356,"date":"2018-12-07T22:59:12","date_gmt":"2018-12-07T21:59:12","guid":{"rendered":"http:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/2018\/12\/07\/la-philosophie-devenue-folle-le-genre-l%e2%80%99animal-la-mort-voyage-au-pays-du-delire-antihumaniste\/"},"modified":"2018-12-07T22:59:12","modified_gmt":"2018-12-07T21:59:12","slug":"la-philosophie-devenue-folle-le-genre-l%e2%80%99animal-la-mort-voyage-au-pays-du-delire-antihumaniste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=356","title":{"rendered":"La philosophie devenue folle &#8211; Le genre, l\u2019animal, la mort  &#8211; Voyage au pays du d\u00e9lire antihumaniste"},"content":{"rendered":"<h1>La philosophie devenue folle<\/h1>\n<h2>Le genre, l\u2019animal, la mort<\/h2>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<h3>Jean-Fran\u00e7ois Braunstein<\/h3>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Paris, Grasset, 2018\u2013 394 pages \u2013 20,90 \u20ac<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center\" class=\"MsoNormal\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center\" class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/2018\/12\/07\/la-philosophie-devenue-folle-le-genre-l%e2%80%99animal-la-mort-voyage-au-pays-du-delire-antihumaniste\/philo-devenue-folle-couvjpg\/\" style=\"font-size: 1em\" title=\"philo-devenue-folle-couv.jpg\" rel=\"attachment wp-att-355\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/philo-devenue-folle-couv.jpg\" alt=\"philo-devenue-folle-couv.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Un livre au titre attirant car tr\u00e8s provocateur\u00a0: la philosophie, n\u2019est-ce pas la sagesse\u00a0? Or, si la sagesse devient folle, que nous restera-t-il pour \u00eatre sages.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le sous-titre \u00e9claire aussit\u00f4t notre lanterne\u00a0: ce n\u2019est pas toute la philosophie qui est devenue folle, mais les trois sujets cit\u00e9s qui l\u2019y poussent. Le lecteur attentif \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 \u00e9thique et politique aura reconnu dans ces trois th\u00e8mes les grands d\u00e9bats \u00ab post-modernes\u00a0\u00bb qui agitent le landerneau politique progressiste et la caste \u00e9clair\u00e9e de nos penseurs.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Les trois th\u00e8mes donnent lieu chacun \u00e0 une partie du livre, dans cet ordre. Le volume de chaque partie est assez important pour bien aborder le sujet. Un tr\u00e8s bonne conclusion de synth\u00e8se ferme cet ouvrage.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Il faut d\u2019abord signaler que l\u2019auteur ne jargonne pas, ce qui est appr\u00e9ciable pour un livre de professeur de philosophie. Il nous \u00e9pargne l\u2019expos\u00e9 des concepts mis en jeu et pr\u00e9f\u00e8re les faire appara\u00eetre dans l\u2019\u00e9tude des th\u00e9ories incrimin\u00e9es. Ce qui est beaucoup plus agr\u00e9able et plus accessible \u00e0 un large public\u00a0: il n\u2019est en effet pas besoin d\u2019avoir fait de longues \u00e9tudes pour se saisir de cet ouvrage. On peut parler de vulgarisation critique.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Chaque th\u00e8me fait l\u2019objet d\u2019une pr\u00e9sentation th\u00e9orique, d\u2019un r\u00e9sum\u00e9 de son historique o\u00f9 sont pr\u00e9sent\u00e9s les inventeurs ou propagateurs de ces courants. La d\u00e9monstration s\u2019appuie sur un large choix de citations fort bien r\u00e9f\u00e9renc\u00e9es, ce qui valide la d\u00e9marche critique.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Braunstein ne m\u00e8ne pas un combat pol\u00e9mique. Il a choisi de pr\u00e9senter les arguments des propagateurs du genre, de l\u2019anti-sp\u00e9cisme et de l\u2019euthanasie avec une ironie mordante qui fait mouche. Il faut dire que nombre de citations sont absolument d\u00e9lirantes, il faudrait en faire une anthologie. Je laisse le lecteur les d\u00e9couvrir<span>\u00a0 <\/span>\u00e0 chaque page du livre. Une fois ces pr\u00e9sentation bien fa\u00eetes, il n\u2019est effectivement nul besoin de d\u00e9truire ces th\u00e8se, elles se disqualifient d\u2019elles-m\u00eames, \u00e0 moins que vous n\u2019apparteniez \u00e0 la m\u00eame confr\u00e9rie du d\u00e9lire.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Ainsi le genre appara\u00eet comme une pens\u00e9e a priori s\u00e9duisante qui est devenue hors contr\u00f4le par une surench\u00e8re de non-sens. L\u2019apport th\u00e9orique de la notion de genre a permis d\u2019aborder des sujets jusque l\u00e0 ignor\u00e9s ou repouss\u00e9s. Mais ce qui s\u2019appelle le genre aujourd\u2019hui dans ces cercles philosophiques d\u00e9passe toutes limites de la raison. On y croise toutes les variantes de genre revendiqu\u00e9es et on s\u2019aper\u00e7oit vite que le sigle LGBTQ est totalement d\u00e9pass\u00e9. La typologie est tellement farfelue et \u00e9toff\u00e9e sans cesse qu\u2019il n\u2019y aura pas assez de lettres dans l\u2019alphabet pour en faire l\u2019acronyme. Derri\u00e8re ces revendications se cache en r\u00e9alit\u00e9 la haine du corps et sa n\u00e9gation. Le corps comme le sexe biologique n\u2019existent plus pour ces penseurs. La preuve par les partisans de l\u2019amputation volontaire qui veulent faire reconna\u00eetre le droit de se d\u00e9barrasser d\u2019un membre qui ne leur convient pas. Il n\u2019y a en r\u00e9alit\u00e9 plus aucune limite au d\u00e9sir de chaque individu, au nom de la libert\u00e9. Or les th\u00e9ories les plus en pointe ne sont pas connues du public qui ne conna\u00eet que la face pr\u00e9sentable du genre, lequel est souvent confondu avec le f\u00e9minisme, qu\u2019il veut \u00e9liminer en fait car per\u00e7u comme r\u00e9actionnaire. Ce livre remplit donc une belle mission de d\u00e9voilement avec des bases solides.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le th\u00e8me de l\u2019animal est tout aussi effrayant. La vitrine nous pr\u00e9sente les \u00ab\u00a0droits de l\u2019animal\u00a0\u00bb et le v\u00e9g\u00e9tarisme comme produits d\u2019appel, mais il n\u2019est pas vraiment question de cela. Il s\u2019agit, l\u00e0 aussi d\u2019une r\u00e9volution anthropologique qui distingue initialement entre \u00ab\u00a0l\u2019animal humain\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0l\u2019animal non-humain\u00a0\u00bb, mais s\u2019en \u00e9loigne ensuite tr\u00e8s vite pour abolir la notion m\u00eame d\u2019esp\u00e8ce, pour accorder les m\u00eames droits \u00e0 tous les vivants\u00a0; Les textes pr\u00e9sent\u00e9s sont effarants mais surtout ridicules. Cela va de l\u2019apologie de la zoophilie \u00e0 la r\u00e9vision du droit pour contourner l\u2019absence de consentement de l\u2019animal. On sort tr\u00e8s secou\u00e9 de ces pages, car la raison vacille\u00a0; et ce qui est le plus triste c\u2019est que ces lignes \u00e9manent de sommit\u00e9s universitaires qui font autorit\u00e9 dans leur microscopique sp\u00e9cialit\u00e9. La palme de l\u2019\u00e9normit\u00e9 revient au professeur Singer et \u00e0 ses trait\u00e9s d\u2019\u00e9thique. Il est patent que l\u2019Universit\u00e9 ne sort pas grandie de cette \u00e9tude, car on d\u00e9couvre \u2013 si on ne le savait pas \u2013 qu\u2019elle offre asile au sens plein du termes \u00e0 de v\u00e9ritables fous d\u00e9lirants. Or, encore une fois, les question initiales ne sont pas sans int\u00e9r\u00eat\u00a0: r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la place de l\u2019animal dans nos cultures est utile et doit amener \u00e0 corriger de grosses erreurs\u00a0; mais l\u00e0 n\u2019est plus la question. Les \u00ab\u00a0animalitaires\u00a0\u00bb sont par-del\u00e0 le bien et le mal, le juste et l\u2019injuste, ils sont emport\u00e9s par une pens\u00e9e destructrice dont ils ne sont pas capables de voir que, si elle n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e auparavant, c\u2019est parce qu\u2019elle est absurde et non parce qu\u2019ils sont des g\u00e9nies.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">La derni\u00e8re partie sur la mort est le couronnement de cette folie. L\u2019auteur pr\u00e9sente successivement<span>\u00a0 <\/span>les partisans de l\u2019infanticide, l\u2019euthanasie, banale dans ces discours, mais surtout l\u2019\u00e9volution de la notion m\u00eame de mort, avec la \u00ab\u00a0mort c\u00e9r\u00e9brale\u00a0\u00bb, concept non m\u00e9dical, qui am\u00e8ne \u00e0 pr\u00e9lever des organes sur des \u00ab\u00a0morts\u00a0\u00bb qu\u2019on prend la peine d\u2019anesth\u00e9sier\u00a0! La logique du profit, abrit\u00e9e derri\u00e8re la sant\u00e9, brise tout m\u00eame les choses les plus sacr\u00e9es, car s\u2019il est une chose sacr\u00e9e pour l\u2019homme, c\u2019est la mort\u00a0!<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">On sort de ce livre plut\u00f4t secou\u00e9, mais c\u2019est un trouble tr\u00e8s salutaire, car il met au jour ce qui est masqu\u00e9 et nous force \u00e0 regarder en face des concepts pour lesquels nous avons pu avoir de la sympathie, mais sans savoir vraiment ce qu\u2019ils recouvraient. D\u2019un point de vue philosophique, il y a l\u00e0 des discours de rupture qui ne peuvent relever de la philosophie. Du point de vue \u00e9thique, les questions en jeu sont de premi\u00e8re grandeur, puisqu\u2019elles remettent en cause les fondements m\u00eame de l\u2019anthropologie humaine. Du point de vue th\u00e9ologique, c\u2019est un tissu d\u2019assertions aberrantes. Mais \u00e0 l\u2019issue de cette lecture, le lecteur comprend alors que le projet transhumaniste est le couronnement de tous ces d\u00e9lires\u00a0: il pr\u00e9voit en effet de mettre fin ultimement \u00e0 la notion d\u2019humain, pour faire na\u00eetre le post-humain. Ce n\u2019est plus de la science-fiction, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 dans les laboratoires et en test par petits morceaux dans nos vies. Je pense qu\u2019il y a l\u00e0 mati\u00e8re \u00e0 mobiliser ceux qui croient au ciel et ceux qui n\u2019y croient pas, mais qui trouvent que l\u2019humanit\u00e9 de l\u2019homme, avec toutes ses limites et potentialit\u00e9s est une richesse.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Un livre \u00e0 lire et faire lire.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->\u00a0<!--[endif]--><o:p><\/o:p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La philosophie devenue folle Le genre, l\u2019animal, la mort \u00a0 Jean-Fran\u00e7ois Braunstein \u00a0 Paris, Grasset, 2018\u2013 394 pages \u2013 20,90 \u20ac &nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00a0&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=356\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">La philosophie devenue folle &#8211; Le genre, l\u2019animal, la mort  &#8211; Voyage au pays du d\u00e9lire antihumaniste<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-356","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-critiques","category-les-livres-essais","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/356","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=356"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/356\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=356"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=356"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=356"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}