{"id":1403,"date":"2025-08-09T18:46:19","date_gmt":"2025-08-09T17:46:19","guid":{"rendered":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1403"},"modified":"2025-08-09T18:46:59","modified_gmt":"2025-08-09T17:46:59","slug":"il-est-plus-tard-que-tu-ne-penses-gilbert-cesbron-1958","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1403","title":{"rendered":"IL EST PLUS TARD QUE TU NE PENSES \u2013 Gilbert Cesbron (1958)"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><\/h1>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/il-est-plus-tard-que-tu-ne-penses-couv-poche.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"265\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/il-est-plus-tard-que-tu-ne-penses-couv-poche.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1405\" style=\"width:700px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/il-est-plus-tard-que-tu-ne-penses-couv-poche.jpg 400w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/il-est-plus-tard-que-tu-ne-penses-couv-poche-300x199.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Je poursuis ici ma lecture critique de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre romanesque de l\u2019\u00e9crivain Gilbert Cesbron&nbsp; (1913-1969), auteur prolifique et tr\u00e8s connu des ann\u00e9es 1950 \u00e0 sa mort, qui a produit une petite vingtaine de romans et des recueils de nouvelles<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Ce roman est le dixi\u00e8me de sa production, publi\u00e9 par Robert Laffont en 1958. C\u2019est donc l\u2019\u0153uvre d\u2019un \u00e9crivain confirm\u00e9, qui ma\u00eetrise bien son m\u00e9tier. Il s\u2019est d\u2018ailleurs vendu \u00e0 plus de 1 million d\u2019exemplaires, comme cinq autres de ses livres. Il s\u2019agit donc d\u2019un \u00e9crivain populaire, dont les ouvrages ont \u00e9t\u00e9 largement repris en collection de poche. Rappelons, pour les lecteurs qui n\u2019ont pas lu mes pr\u00e9c\u00e9dents articles, que Cesbron est un romancier catholique qui s\u2019est d\u2019ailleurs exprim\u00e9 sur sa foi dans un <em>Ce que je crois<\/em>, collection des ann\u00e9es 1970.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/gilbert-cesbron-portrait.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"492\" height=\"432\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/gilbert-cesbron-portrait.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1404\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/gilbert-cesbron-portrait.jpg 492w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/gilbert-cesbron-portrait-300x263.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 492px) 100vw, 492px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ce roman au titre ambigu pourrait \u00eatre une \u00ab&nbsp;romance&nbsp;\u00bb avant l\u2019heure.&nbsp; Pourquoi est-il trop tard&nbsp;? C\u2019est ce que nous allons d\u00e9couvrir au fil de la lecture. Mais les premi\u00e8res pages semblent dessiner une histoire d\u2019amour, entre un homme et une femme qui portent le m\u00eame pr\u00e9nom, Jean et Jeanne. Et cette piste n\u2019est pas fausse, elle est m\u00eame essentielle \u00e0 toute la dramaturgie de l\u2019histoire. Cependant, d\u00e8s la deuxi\u00e8me page, une l\u00e9zarde se fait jour dans la romance&nbsp;: la jeune femme souffre \u00ab&nbsp;depuis des mois, depuis que ce mal singulier lui endossait \u00e0 l\u2019improviste un harnais de douleur&nbsp;\u00bb (p. 16<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>). L\u2019histoire d\u2019amour, bien r\u00e9elle, est parasit\u00e9e par une douleur r\u00e9currente au c\u00f4t\u00e9 que Jeanne garde pour elle. Son silence est d\u00fb \u00e0 la fois \u00e0 la peur sourde d\u2019une maladie grave et \u00e0 la r\u00e9gion concern\u00e9e, ses seins. L\u2019auteur nous fait comprendre, par petites touches, que Jeanne a une fort belle poitrine et que Jean en est tr\u00e8s \u00e9pris. Se joue donc ici, d\u00e8s le d\u00e9but, une histoire d\u2019\u00e9rotisme et de peur.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes en 1958, le roman est contemporain de son \u00e9dition. C\u2019est la modernisation de la France d\u2019apr\u00e8s-guerre, au-del\u00e0 de la reconstruction. La prosp\u00e9rit\u00e9 est au rendez-vous, m\u00eame si certains en profitent plus que d\u2019autres. Jean appartient \u00e0 ceux qui en profitent. Il n\u2019a aucun souci mat\u00e9riel, il gagne tr\u00e8s bien sa vie en travaillant dans une grande agence de publicit\u00e9. Ce temps est en effet favorable \u00e0 cette activit\u00e9, puisque ce sont les pr\u00e9mices de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation et que l\u2019image et le message publicitaire envahissent les murs et les ondes des radios nouvelles, dites p\u00e9riph\u00e9riques<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Nous reconna\u00eetrons, au passage, tous les signes ext\u00e9rieurs de richesse des gagnants de cette p\u00e9riode (r\u00e9sidence secondaire, belle voiture, appartement parisien moderne\u2026). Jeanne n\u2019a pas d\u2019activit\u00e9 professionnelle, ils ont largement assez de ressources pour lui \u00e9viter cela. Elle passe donc ses journ\u00e9es \u00e0 attendre le retour de l\u2019\u00eatre aim\u00e9 dans son bel appartement. Ils ont quarante ans tous les deux, ils sont mari\u00e9s et s\u2019aiment comme des fous depuis dix ans.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est, presque, une sorte de chromo caricatural de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise parisienne \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle au pouvoir. Jean a sans doute inconsciemment construit sa vie comme une publicit\u00e9 pour le bonheur conjugal. De fait, Cesbron a soigneusement \u00e9vit\u00e9 toute allusion au contexte politique ou social de cette \u00e9poque. Le lecteur \u00e9tranger ne saura pas qu\u2019il y a une guerre en Alg\u00e9rie, qu\u2019on n\u2019ose pas nommer et qui est euph\u00e9mis\u00e9e par l\u2019expression \u00ab&nbsp;<em>\u00e9v\u00e9nements d\u2019Alg\u00e9rie<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a>&nbsp;<\/em>\u00bb. Il ignorera la grave crise du logement qui a cr\u00e9\u00e9 le mouvement Emma\u00fcs en 1954, comme il ne saura rien des conditions de vie du peuple fran\u00e7ais. C\u2019est \u00e9videmment un choix d\u2019auteur, car on ne saurait reprocher \u00e0 Gilbert Cesbron de se d\u00e9sint\u00e9resser du fait social et humain, c\u2019est m\u00eame la p\u00e2te dont sont p\u00e9tris la plupart de ses grands livres. Il voulait que rien ne vienne faire \u00e9cran ou diversion \u00e0 son sujet. Il fallait donc que les rares personnages du livre soient comme isol\u00e9s dans une bulle. Il a parfaitement r\u00e9ussi&nbsp;: on ne vit que pour les trois personnages principaux, et surtout pour le couple Jeanne-Jean. Les autres figures sont soit secondaires, soit tr\u00e8s fugitives et destin\u00e9es \u00e0 souligner le propos central. Presque tout le livre se passe entre deux personnages, variables selon les chapitres.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas une fresque humaine, mais bien plut\u00f4t un drame qui pourrait assez ais\u00e9ment \u00eatre transform\u00e9 en pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre. La distribution serait courte&nbsp;: Jean et Jean sont les personnages centraux, Bruno est le troisi\u00e8me de ces personnages, c\u2019est le fr\u00e8re de Jeanne et c\u2019est un jeune pr\u00eatre, affect\u00e9 dans une banlieue pauvre (c\u2019est d\u2019ailleurs \u00e0 son propos que seront donn\u00e9es les seules mentions du peuple, et de mani\u00e8re tr\u00e8s rapide). Ensuite quelques personnages secondaires&nbsp;: Maria, la vieille nourrice devenue la bonne du couple, Bernard, l\u2019ami d\u2019enfance de Jean et un m\u00e9decin parisien, le docteur Louville. Les autres ne sont que des ombres. Ah&nbsp;! j\u2019allais oublier un personnage capital et muet, le petit Yves-Marie, appel\u00e9 Yves le plus souvent.<\/p>\n\n\n\n<p>Car le vrai personnage central est celui que l\u2019on n\u2019ose pas nommer, pour lequel on use, encore de nos jours, des p\u00e9riphrases qui ne trompent plus personne, comme \u00ab&nbsp;longue maladie&nbsp;\u00bb, maladie incurable&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;mal insidieux&nbsp;\u00bb, etc. Vous avez reconnu le cancer. La douleur sourde et soudaine de Jeanne, c\u2019est lui&nbsp;! Le \u00ab&nbsp;plus tard que tu en penses&nbsp;\u00bb, c\u2019est lui aussi<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Lui partout pr\u00e9sent, dans ce livre, \u00e0 chaque page, m\u00eame quand il n\u2019est pas \u00e9voqu\u00e9. Ce livre est un livre sur le cancer et sur ce qu\u2019il peut entrainer comme cons\u00e9quences tragiques. Vous avez bien compris que ce n\u2019est pas un livre dr\u00f4le et que, pour le lire, il faut accepter la duret\u00e9 de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne raconterai \u00e9videmment pas l\u2019intrigue d\u00e9taill\u00e9e, ce serait vous priver de la belle lecture de ce roman. Disons, pour la compr\u00e9hension de cet article, les choses suivantes. Jeanne d\u00e9couvre qu\u2019elle a un cancer du sein, le cache \u00e0 son mari, qui le d\u00e9couvre assez fortuitement et, \u00e0 son tour ne le lui dit pas. Mais vient un moment o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9clate&nbsp;: op\u00e9ration, r\u00e9mission, rechute, et tr\u00e8s lente agonie, puis mort de Jeanne. \u00c0 ce moment, nous sommes au milieu du roman et nous comprenons alors que l\u2019auteur avait un projet plus vaste que celui de la description des ravages de cette maladie.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est au moment de la mort de Jeanne que tout bascule. Jean lui injecte une surdose massive de morphine, \u00e0 sa demande, et elle meurt calmement tr\u00e8s vite. Aux yeux de la loi fran\u00e7aise (encore aujourd\u2019hui), Jean a tu\u00e9 Jeanne. Et ici commence donc un second livre, celui de jean face \u00e0 son geste et \u00e0 la justice. Passons sur les p\u00e9rip\u00e9ties qui l\u2019am\u00e8nent au tribunal (mais elles sont passionnantes au plan moral et Cesbron est ma\u00eetre en ce domaine). Le morceau de roi de cette deuxi\u00e8me partie du roman est le proc\u00e8s, pour lequel l\u2019auteur se mue en chroniqueur judiciaire attentif. Il nous rapporte, entrecoup\u00e9s de remarques d\u2019observation ou de commentaires, les discours des protagonistes du proc\u00e8s, surtout le procureur et l\u2019avocat de la d\u00e9fense. Le lecteur ne s\u2019y trompe pas&nbsp;: le second n\u0153ud central est bien la question de l\u2019euthanasie, pos\u00e9e \u00e0 partir d\u2019un cas pr\u00e9cis dont l\u2019\u00e9crivain nous a livr\u00e9 tous les d\u00e9tails.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on s\u2019en tient aux clich\u00e9s qui s\u2019attachent au terme romancier catholique, on aurait pu craindre le pire de cette partie. Or, n\u2019oublions pas que ce sont des \u00ab&nbsp;clich\u00e9s&nbsp;\u00bb, des caricatures qui ne sauraient repr\u00e9senter l\u2019ensemble des fid\u00e8les de Rome. Ne vous attendez pas \u00e0 trouver dans ces pages l\u2019artillerie lourde contre l\u2019aide \u00e0 mourir. Le proc\u00e8s est fait en termes juridiques, pas moraux, comme il se doit, ou se devrait. D\u2019ailleurs, Jean est acquitt\u00e9 et ressort libre et innocent\u00e9 officiellement de ce crime par les jur\u00e9s. L\u2019affaire est donc l\u00e9galement close.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur peut alors commencer sa troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie&nbsp;: celle du chemin moral et spirituel de Jean. &nbsp;C\u2019est l\u00e0 que le romancier catholique refait surface. Il va offrir \u00e0 Jean une issue \u00e0 sa crise morale. Car l\u2019acquittement juridique est un fait bien r\u00e9el&nbsp;: Jean est innocent de tout meurtre sur son \u00e9pouse Jeanne, mais l\u2019acquittement personnel qu\u2019il peut ou ne pas se donner \u00e0 lui-m\u00eame est une autre chose. \u00c0 l\u2019issue du proc\u00e8s, Jean va rester hant\u00e9 par une question&nbsp;: ce qu\u2019il a pris pour la demande de Jeanne d\u2019en finir \u00e9tait-ce bien cet appel, ou n\u2019\u00e9tait-ce pas plut\u00f4t son d\u00e9sir de mettre un terme \u00e0 sa propre souffrance de voir l\u2019\u00eatre aim\u00e9 souffrir et se transformer en spectre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Cesbron fait alors revenir en sc\u00e8ne Bruno, le petit fr\u00e8re, jusqu\u2019alors mis un peu en retrait. Jean a toujours consid\u00e9r\u00e9 Bruno comme une \u00e9nigme, pour le moins un cas sp\u00e9cial d\u2019inadapt\u00e9 au monde moderne. Il le traitait avec une certaine condescendance, celle des gens qui gagnent de l\u2019argent.&nbsp; Voici que les r\u00f4les changent&nbsp;: Bruno devient celui qui a les cartes en main, qui a certaines r\u00e9ponses que Jean ne poss\u00e8de pas. La sc\u00e8ne centrale est un beau morceau de litt\u00e9rature, celle o\u00f9 Jean rend visite \u00e0 Bruno et vient, au bout du rouleau, chercher de l\u2019aide. Il est, pour la premi\u00e8re fois, en position de demandeur, il a perdu de sa superbe, c\u2019est un homme bris\u00e9. Bruno ne va pas chercher \u00e0 le rassurer \u00e0 bon compte, mais lui tenir un langage de v\u00e9rit\u00e9 sur son geste et sur ce qu\u2019il croit \u00eatre apr\u00e8s la mort. Nous sommes l\u00e0 dans des pages qui font irr\u00e9m\u00e9diablement penser \u00e0 Georges Bernanos dans ses grands romans spirituels. C\u2019est le combat de la raison raisonnante et de la conscience. Cesbron en donne une issue positive&nbsp;; Jean s\u2019ouvre \u00e0 la douleur d\u2019autrui et devient auxiliaire d\u2019h\u00f4pital, dans les services de canc\u00e9rologie terminale. Le mur du n\u00e9ant est tomb\u00e9, la vie trouve un sens, m\u00eame dans la mort, et la mort douloureuse.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourra ironiser sur cette fin, reprocher \u00e0 Cesbron cette \u00e9chappatoire. Mais il n\u2019est ni Albert Camus ni Jean-Paul Sartre, il ne croit pas que le monde et la vie sont absurdes et qu\u2019il faut s\u2019en accommoder ou mourir. Il prend position dans cette d\u00e9licate question de la vie et de la mort. Et il le fait avec beaucoup de tact et de prudence. Il n\u2019y a jamais, \u00e0 aucun moment, un jugement <em>ex abrupto<\/em> du geste de Jean. Tout est dit dans le d\u00e9bat int\u00e9rieur du personnage et je trouve que c\u2019est superbement dit. La foi retrouv\u00e9e est une des issues possibles. \u00c0 travers le personnage de Bruno, le pr\u00eatre, Gilbert Cesbron nous montre bien que le doute est toujours l\u00e0, que seuls les int\u00e9gristes abrutis peuvent pr\u00e9tendre l\u2019ignorer.&nbsp; On pourra appr\u00e9cier son livre m\u00eame si l\u2019on ne croit en rien, car il sera alors un combat moral, et nul n\u2019\u00e9chappe \u00e0 ce type de combat int\u00e9rieur, quoiqu\u2019il en dise.<\/p>\n\n\n\n<p>Il me faut dire un mot sur le petit enfant, Yves, que j\u2019ai cit\u00e9 dans les personnages secondaires. Cet enfant est pr\u00e9sent tout au long du livre, mais comme une ombre. Il est celui que le couple aurait pu adopter et qu\u2019ils ont choisi de laisser \u00e0 l\u2019orphelinat pour vivre plus \u00e9go\u00efstement leur amour fusionnel. Et quand l\u2019enfant fait retour, c\u2019est dans un tout autre contexte que je vous laisse d\u00e9couvrir. Je trouve qu\u2019il y a l\u00e0 une belle invention d\u2019\u00e9crivain-moraliste. C\u2019est pour des raisons comme celles-ci que j\u2019aime cet auteur, en sus de ces qualit\u00e9s litt\u00e9raires et dramaturgiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre n\u2019est, bien s\u00fbr, plus \u00e9dit\u00e9, mais il est partout disponible en occasion chez les bouquinistes \u00e0 des prix d\u00e9risoires. Il vaut bien plus que ces tarifs modestes. Il faut le lire et le m\u00e9diter, en ces jours o\u00f9 la loi met en place une \u00ab&nbsp;aide \u00e0 mourir&nbsp;\u00bb que le Pr\u00e9sident de notre R\u00e9publique \u00e0 la d\u00e9rive appelle un geste fraternel. Le propos de Gilbert Cesbron n\u2019a pas pris une seule ride.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Michel Dauriac \u2013 Beychac \u2013 Ao\u00fbt 2025<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Voir l\u2019article de Wikip\u00e9dia&nbsp;: <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gilbert_Cesbron\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gilbert_Cesbron<\/a> qui pr\u00e9sente la liste de ses \u0153uvres, class\u00e9es par ordre chronologique.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Toutes les r\u00e9f\u00e9rences sont issues de l\u2019\u00e9dition Rencontre des \u0153uvres romanesques de Gilbert Cesbron, volume VIII.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00ab&nbsp;Une&nbsp;radio p\u00e9riph\u00e9rique&nbsp;est une&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Station_de_radio\">station de radio<\/a>&nbsp;re\u00e7ue en&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/France\">France<\/a>&nbsp;entre les ann\u00e9es 1930 et les ann\u00e9es 1980, dont l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89metteur_d%27ondes_radio%C3%A9lectriques\">\u00e9metteur<\/a>&nbsp;ne se situe pas sur le sol fran\u00e7ais. On peut citer, parmi les plus connues,&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Europe_1\">Europe 1<\/a>,&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/RTL\">RTL<\/a>,&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/RMC\">RMC<\/a>, respectivement bas\u00e9es en&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Allemagne_de_l%27Ouest\">Allemagne de l&rsquo;Ouest<\/a>, au&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Luxembourg\">Luxembourg<\/a>&nbsp;et \u00e0&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Monaco\">Monaco<\/a>&nbsp;ainsi que&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Radio_Andorre\">Radio Andorre<\/a>&nbsp;ou encore&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Sud_Radio_(France)\">Sud Radio<\/a>.&nbsp;\u00bb source&nbsp;: wikip\u00e9dia.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Sans \u00e9tablir aucun lien politique entre les deux cas, rappelons que Vladimir Poutine et la Russie ne livrent pas une guerre en Ukraine (en 2025) mais s\u2019y livrent \u00e0 \u00ab&nbsp;une op\u00e9ration sp\u00e9ciale&nbsp;\u00bb, selon le lexique officiel du Kremlin.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> La phrase fait directement allusion au retard mis par Jeanne et Jean \u00e0 identifier ce cancer et donc, \u00e0 le laisser prolif\u00e9rer au-del\u00e0 de la limite o\u00f9 on peut le circonscrire, avec les moyens de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je poursuis ici ma lecture critique de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre romanesque de l\u2019\u00e9crivain Gilbert Cesbron&nbsp; (1913-1969), auteur prolifique et tr\u00e8s connu des ann\u00e9es 1950 \u00e0&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1403\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">IL EST PLUS TARD QUE TU NE PENSES \u2013 Gilbert Cesbron (1958)<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,6],"tags":[],"class_list":["post-1403","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-critiques","category-les-livres-litterature","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1403","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1403"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1403\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1406,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1403\/revisions\/1406"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1403"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1403"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1403"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}