{"id":1344,"date":"2025-07-23T01:03:13","date_gmt":"2025-07-23T00:03:13","guid":{"rendered":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1344"},"modified":"2025-07-23T01:20:18","modified_gmt":"2025-07-23T00:20:18","slug":"les-piliers-de-la-mer-passage-du-poete-sylvain-tesson-versus-charles-ferdinand-ramuz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1344","title":{"rendered":"Les piliers de la mer \/ Passage du po\u00e8te \u2013 Sylvain Tesson versus Charles-Ferdinand Ramuz"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/piliersdelamer_tesson-featured-1200x800-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/piliersdelamer_tesson-featured-1200x800-1-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1348\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/piliersdelamer_tesson-featured-1200x800-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/piliersdelamer_tesson-featured-1200x800-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/piliersdelamer_tesson-featured-1200x800-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/piliersdelamer_tesson-featured-1200x800-1.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>A priori, \u00e9trange id\u00e9e que de pr\u00e9senter ensemble ces deux livres, publi\u00e9s \u00e0 plus de quatre-vingts ans d\u2019\u00e9cart, et ces deux auteurs si diff\u00e9rents. L\u2019id\u00e9e m\u2019en est venue simplement par leur lecture simultan\u00e9e et quelques questions capitales pour un romancier.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/sylvain-tessson-portrait.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"580\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/sylvain-tessson-portrait-1024x580.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1350\" style=\"width:330px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/sylvain-tessson-portrait-1024x580.jpg 1024w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/sylvain-tessson-portrait-300x170.jpg 300w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/sylvain-tessson-portrait-768x435.jpg 768w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/sylvain-tessson-portrait.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Sylvain Tesson<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Posons ici ces questions, n\u00e9es de la parution et de la lecture du livre de Tesson, <em>Les piliers de la mer<\/em>. Le choix du sujet est-il vraiment d\u00e9terminant pour l\u2019auteur&nbsp;? L\u2019est-il pour le lecteur&nbsp;? L\u2019\u00e9troitesse d\u2019un sujet est-elle un atout ou un danger&nbsp;? Peut-on \u00e9crire un grand livre avec un petit sujet&nbsp;? Je me bornerai \u00e0 celles-ci, mais d\u2019autres m\u2019ont assailli durant ces lectures.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/passage-du-poete-couv.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"252\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/passage-du-poete-couv.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1347\" style=\"width:238px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Pourquoi me suis-je pos\u00e9 ces questions&nbsp;? Tout simplement en regardant le passage de Sylvain Tesson, un dimanche soir dans l\u2019\u00e9mission de France 2 qui permet aux programmes de ne d\u00e9marrer qu\u2019\u00e0 21 h 10 au lieu de 20h30, comme une loi de l\u2019\u00e8re Sarkozy l\u2019avait voulu en supprimant la publicit\u00e9 sur le service public apr\u00e8s 20 h<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Emission fourre-tout pr\u00e9sent\u00e9e par un Laurent Delahousse flagorneur en chef. Tesson est un bon client de ce programme inutile. Il vient donc ce soir-l\u00e0 faire le SAV (comme disait la grande Simone Signoret) de son \u00e9diteur. Papotage semi-mondain d\u2019o\u00f9 il ressort que ce livre d\u00e9crit l\u2019aventure exceptionnelle de l\u2019auteur qui a escalad\u00e9 plus d\u2019une centaine de pitons rocheux isol\u00e9s en mer pr\u00e8s des c\u00f4tes, dans le monde entier. On nomme en bon franglais ces pitons des \u00ab&nbsp;stacks&nbsp;\u00bb. En entendant l\u2019auteur et son intervieweur- ravi de la cr\u00e8che discuter sur ce sujet, je me suis dit que Tesson \u00e9tait vraiment en manque d\u2019inspiration, puis qu\u2019il s\u2019agissait vraiment d\u2019un tout petit sujet, aussi \u00e9troit que le sommet de l\u2019Aiguille Creuse d\u2019Etretat, le premier stack \u00e9voqu\u00e9. Il y a plus de quinze ans que je suis la production de Tesson, dont j\u2019ai lu avec plaisir plusieurs livres. Mais celui-ci ne me faisait nullement envie&nbsp;: donc, je ne l\u2019ach\u00e8terai pas. J\u2019avais en effet grande crainte de m\u2019ennuyer, ce qui est le comble dans un livre de voyage&nbsp;!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Ramuz-portrait.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"642\" height=\"900\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Ramuz-portrait.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1349\" style=\"width:399px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Ramuz-portrait.jpg 642w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Ramuz-portrait-214x300.jpg 214w\" sizes=\"auto, (max-width: 642px) 100vw, 642px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Charles(Ferdinand Ramuz<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas non plus achet\u00e9 <em>Passage du po\u00e8te<\/em>, \u00e7a leur fait d\u00e9j\u00e0 un point commun. Il fait partie de mes emprunts dans les boites \u00e0 livres. Je suis un grand amateur de cet auteur suisse qui fut c\u00e9l\u00e8bre en son temps, mais a depuis disparu de notre paysage litt\u00e9raire si encombr\u00e9. Ramuz est un grand \u00e9crivain, qui a invent\u00e9 son propre style, que d\u2019aucuns qualifient d\u2019incorrect. C\u2019est aussi stupide que de dire que C\u00e9line ne sait pas \u00e9crire comme il faut. La langue de Ramuz est pure po\u00e9sie, tr\u00e8s travaill\u00e9e, comme celle de C\u00e9line, ce qui fait croire \u00e0 une spontan\u00e9it\u00e9 m\u00e9diocre. Il est un grand t\u00e9moin de la vie paysanne suisse. Ce livre est, lui aussi, \u00e9crit sur un tout petit sujet&nbsp;: un vignoble pentu dominant le L\u00e9man, en face de la Savoie et ses travaux et ses jours. Rien de bien passionnant, a priori, que ces quelques hectares et ces villages accroch\u00e9s dans la pente assez vertigineuse qui descend jusqu\u2019\u00e0 l\u2019eau. On peut craindre de s\u2019ennuyer \u00e9galement.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux sujets tr\u00e8s \u00e9troits, l\u2019un enracin\u00e9 dans un terroir avec des habitants qui ne bougent pas, de l\u2019autre une \u00e9quipe d\u2019aventuriers qui ne peuvent pas rester en place et vont parcourir les mers du globe. Les auteurs ont choisi ces sujets, mais est-ce par volont\u00e9 pure ou panne d\u2019inspiration&nbsp;? Pour Ramuz, il est manifeste que ce n\u2019est pas par d\u00e9faut&nbsp;: ses grands romans sont tous tr\u00e8s localis\u00e9s. Pour Tesson, je me pose la question et, \u00e0 la lecture du livre, je crois \u00e0 la panne d\u2019inspiration.<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-on \u00e9crire un grand livre sur un petit sujet&nbsp;? D\u2019une certaine mani\u00e8re, c\u2019est la litt\u00e9rature et ses grandes oeuvres qui apportent la r\u00e9ponse. <em>L\u2019\u00e9tranger<\/em> d\u2019Albert Camus est un chef-d\u2019\u0153uvre mondial dont l\u2019argument reste tr\u00e8s bref. <em>Le vieil homme et la mer<\/em>, grand livre d\u2019Ernest Hemingway, est le seul r\u00e9cit d\u2019une p\u00eache mythique d\u2019un solitaire sur une barque. <em>Une journ\u00e9e d\u2019Ivan Denissovitch<\/em> d\u2019Alexandre Soljenitsyne ou <em>Ulysse<\/em> de James Joyce ne racontent qu\u2019une journ\u00e9e de vie humaine\u2026 Ils apportent la preuve indubitable que l\u2019ampleur du sujet ne d\u00e9termine pas la grandeur du livre. De m\u00eame que cela peut \u00eatre un danger si l\u2019on est pauvre en talent, ce peut \u00eatre un atout pour l\u2019auteur chevronn\u00e9 et riche.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9troitesse du sujet est-elle d\u00e9terminante pour le choix du lecteur&nbsp;? Je r\u00e9pondrai ici avec une certaine logique normande du \u00ab&nbsp;Peut-\u00eatre ben qu\u2019oui, peut-\u00eatre ben qu\u2019non&nbsp;\u00bb. Il existe un type de lecteur qui va pouvoir h\u00e9siter devant ces petits sujets, par peur de la lassitude. Ce sera, g\u00e9n\u00e9ralement, le lecteur occasionnel. A l\u2019inverse ce type de lecteur peut aussi \u00eatre influenc\u00e9 par les m\u00e9dias, lorsque ceux-ci vont encenser de tels livres. Le grand lecteur sera moins rebut\u00e9, car il conna\u00eet la force des \u00e9crivains et leur plaisir \u00e0 relever les d\u00e9fis les plus improbables (voir Georges Perec et son livre La disparition, \u00e9crit en \u00e9vitant la lettre E). Je crois appartenir \u00e0 cette race-l\u00e0. Et pourtant, je ne me suis pas senti du tout attir\u00e9 par ce livre de Tesson. Pour celui de Ramuz, je l\u2019ai entam\u00e9 sans avoir aucune id\u00e9e du contenu, c\u2019est en lisant que j\u2019ai saisi le cadre r\u00e9duit de son roman.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/stack-Tesson.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"756\" height=\"1000\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/stack-Tesson.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1352\" style=\"width:535px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/stack-Tesson.jpg 756w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/stack-Tesson-227x300.jpg 227w\" sizes=\"auto, (max-width: 756px) 100vw, 756px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Un <\/em>stack<em> ou pilier de la mer et les aventuriers au sommet<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La lecture des <em>Piliers de la mer<\/em>, je l\u2019ai faite sur ma liseuse, que j\u2019utilise tr\u00e8s rarement. Tout simplement parce que j\u2019ai pu disposer d\u2018une version num\u00e9rique gratuite. Et cette lecture a confirm\u00e9 tout ce que j\u2019avais pressenti en \u00e9coutant Sylvain Tesson \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Le sujet est bien extr\u00eamement \u00e9troit et i crise d\u2019inspiration que j\u2019ai ressentie tout au long de la lecture. IL le ressent d\u2018ailleurs lui-m\u00eame, puisqu\u2019\u00e0 plusieurs reprises, il parlera de l\u2019absurdit\u00e9 d\u2019une telle entreprise. Il a pourtant fait tout ce qu\u2019il pouvait pour sortir de l\u2019orni\u00e8re. Il a fait de grandes sinuosit\u00e9s r\u00e9dactionnelles pour que le lecteur ne ressente pas la lassitude face \u00e0 un \u00e9ternel recommencement. Car ce qu\u2019il fait et raconte est une r\u00e9p\u00e9tition permanente des m\u00eames actions&nbsp;: identification et description du stack, approche de la base, escalade des flancs, description du sommet et action \u00e9ventuelle, puis redescente et retour sur la terre ferme. Et cela des dizaines de fois&nbsp;! Je dois dire que j\u2019ai vraiment d\u00fb me forcer pour aller au bout du livre, pourtant pas tr\u00e8s volumineux. Alors, bien s\u00fbr, Tesson commence \u00e0 avoir du m\u00e9tier, donc, il a cherch\u00e9 \u00e0 noyer le poison selon sa technique habituelle&nbsp;: des digressions culturelles ou philosophiques et avalanches de citations els plus diverses. Sauf que, dans ce cas pr\u00e9cis, \u00e7a fait flop. C\u2019est laborieux, un exercice scolaire, c\u2019est m\u00eame parfois un peu pitoyable. Car la ficelle est trop grosse et le lecteur sent cette maladresse tout au long des chapitres. On finit par attendre avec impatience la fin. Car les proc\u00e9d\u00e9s habituels, qui ravissent les intellos parisiens que Tesson est cens\u00e9 vouloir \u00e0 tout prix fuir, sont contre-productifs. Les citations finissent par d\u00e9gager un fumet de cuistrerie et les digressions ressemblent \u00e0 de p\u00e9nibles d\u00e9layages entre deux escalades. Nous avons droit \u00e0 toutes les m\u00e9taphores imaginables sur les piliers en question. L\u2019auteur invente m\u00eame une nouvelle discipline&nbsp;: le stackisme qui, h\u00e9las, ne sera jamais sport olympique en course pour le Nobel de litt\u00e9rature. Tout, ou presque, sonne faux, empes\u00e9 ennuyeux. Quand \u00e7a veut pas, \u00e7a veut pas. Bref voici un minuscule sujet qui aboutit \u00e0 un mauvais livre \u00e0 vite oublier. Il se trouvera sans nul doute des critiques pour s\u2019extasier devant les d\u00e9fauts \u00e9num\u00e9r\u00e9s ci-dessus, et des lecteurs assez nombreux pour els croire et acheter le bouquin pour permettre \u00e0 Tesson de vivre.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/vignoble-suisse-Meuan.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"750\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/vignoble-suisse-Meuan.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1351\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/vignoble-suisse-Meuan.jpg 1000w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/vignoble-suisse-Meuan-300x225.jpg 300w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/vignoble-suisse-Meuan-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Le vignoble suisse sur les bords du L\u00e9man, aujourd&rsquo;hui<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019inverse, <em>Passage du po\u00e8te<\/em> est une tr\u00e8s belle surprise pour moi. D\u2019abord parce que j\u2019y ai retrouv\u00e9 cette \u00e9criture charg\u00e9e de po\u00e9sie naturellement, comme un fleuve se charge de limon. Ensuite parce que j\u2019y ai admir\u00e9 l\u2019art de l\u2019\u00e9crivain. Le style est d\u2019une grande beaut\u00e9 et se met au service d\u2019un art consomm\u00e9 de la composition de l\u2019ouvrage. Dans ces communaut\u00e9s vigneronnes plus vraies que nature, il choisit quelques personnages et consacre \u00e0 chacun un chapitre, tout en les faisant appara\u00eetre dans les chapitres des autres acteurs. L\u2019action est banale&nbsp;: c\u2019est la vie de ces villages asservie \u00e0 la vigne, durant quelques mois, au travers d\u2019un vannier qui s\u00e9journe l\u00e0 pour travailler et vendre ses productions. Le livre se termine par son d\u00e9part, il va aller s\u2019installer quelques mois ailleurs. On ne peut pas ne pas penser \u00e0 Jean Giono et \u00e0 son chef-d\u2019\u0153uvre, <em>Que ma joie demeure<\/em>. Les deux auteurs sont contemporains et, v\u00e9ritablement, fr\u00e8res de plume et de pens\u00e9e. Il y a chez Ramuz comme chez le Proven\u00e7al, un amour de la nature qui confine au panth\u00e9isme. L\u2019art de transfigurer une banale brume qui monte sur le L\u00e9man ou une sc\u00e8ne de bistro. On ne s\u2019ennuie jamais chez Ramuz, on esp\u00e8re toujours que la fin sera repouss\u00e9e. Il se d\u00e9gage de ce livre une impression de beaut\u00e9 du travail humain, d\u2019humilit\u00e9 face \u00e0 la force de la nature et de joie simple. Un livre qui rend heureux, avec si peu d\u2019artifices. On est exactement \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du livre de Tesson.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous l\u2019avez bien compris, il n\u2019y a pas vraiment de match entre les deux livres. Le KO est tr\u00e8s rapide. Ce que raconte Ramuz est universel, bien que tr\u00e8s localis\u00e9 et presque insignifiant, alors que le stackisme est une imposture qui ne r\u00e9siste pas \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du livre entier. Donc, n\u2019achetez pas le livre de Tesson, il est mauvais. Par contre, celui de Ramuz est tr\u00e8s bon, mais il est \u00e9puis\u00e9, il faut donc le chiner chez les bouquinistes en ligne, o\u00f9 il est courant et assez abordable.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Michel Dauriac \u2013 Les Bordes \u2013 juillet 2025<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> A la suite de cette loi, le service public de l\u2019audiovisuel a fait preuve d\u2019une vraie cr\u00e9ativit\u00e9 pour retarder le d\u00e9but des vrais programmes&nbsp;: il a invent\u00e9 le parrainage de micro\u00e9missions de courtes dur\u00e9es, multipli\u00e9es dans ce cr\u00e9neau, toutes plus stupide les unes que les autres, financ\u00e9es par l\u2019argent public, a commenc\u00e9 \u00e0 diffuser des feuilletons quotidiens qui d\u00e9passent de plus en plus l\u2019heure r\u00e9elle de d\u00e9marrage des \u00e9missions programm\u00e9es en \u00ab&nbsp;<em>prime time<\/em>&nbsp;\u00bb et a multipli\u00e9 la diffusion de spots institutionnels ou de bandes annonces sur les programmes \u00e0 venir, y compris, preuve la plus grandiose de la cr\u00e9tinerie de ces personnes,&nbsp; La bande annonce du programme qui suit <em>imm\u00e9diatement<\/em>, prenant ainsi le t\u00e9l\u00e9spectateur pour un demeur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A priori, \u00e9trange id\u00e9e que de pr\u00e9senter ensemble ces deux livres, publi\u00e9s \u00e0 plus de quatre-vingts ans d\u2019\u00e9cart, et ces deux auteurs si diff\u00e9rents. L\u2019id\u00e9e&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1344\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Les piliers de la mer \/ Passage du po\u00e8te \u2013 Sylvain Tesson versus Charles-Ferdinand Ramuz<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,6],"tags":[],"class_list":["post-1344","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-critiques","category-les-livres-litterature","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1344","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1344"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1344\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1355,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1344\/revisions\/1355"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1344"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1344"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1344"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}