{"id":1246,"date":"2025-01-09T00:35:42","date_gmt":"2025-01-08T23:35:42","guid":{"rendered":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1246"},"modified":"2025-01-09T00:35:44","modified_gmt":"2025-01-08T23:35:44","slug":"montedidio-erri-de-luca-le-roman-de-lenvol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1246","title":{"rendered":"Montedidio- \u00a0Erri De Luca &#8211; Le roman de l&rsquo;envol"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Folio- Gallimard \u2013 2001<\/p>\n\n\n\n<p>Avec ce roman, publi\u00e9 en 2001, Erri De Luca poursuit sa double entreprise romanesque et autobiographique. Ce roman se distingue des pr\u00e9c\u00e9dents en ce qu\u2019il utilise les codes du roman contemporain de mani\u00e8re plus large. L\u2019auteur a pu ou voulu dissimuler les petits cailloux de sa propre histoire au milieu de la vie de personnages romanesques, qu\u2019ils soient totalement invent\u00e9s ou inspir\u00e9s de personnes r\u00e9elles.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/De-Luca-Montedidio-Couv.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"622\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/De-Luca-Montedidio-Couv-622x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1247\" style=\"width:330px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/De-Luca-Montedidio-Couv-622x1024.jpg 622w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/De-Luca-Montedidio-Couv-182x300.jpg 182w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/De-Luca-Montedidio-Couv-768x1265.jpg 768w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/De-Luca-Montedidio-Couv-932x1536.jpg 932w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/De-Luca-Montedidio-Couv-1243x2048.jpg 1243w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/De-Luca-Montedidio-Couv.jpg 1276w\" sizes=\"auto, (max-width: 622px) 100vw, 622px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Montedidio, c\u2019est d\u2019abord un lieu&nbsp;: le Mont de Dieu, litt\u00e9ralement. Soit une colline de Naples occup\u00e9e par un quartier populaire et, plus sp\u00e9cifiquement une rue, sans doute montante, puisque par elle on acc\u00e8de aux terrasses qui dominent la ville, sur la hauteur. Chez De Luca \u00ab&nbsp;populaire&nbsp;\u00bb n\u2019est pas un terme p\u00e9joratif, comme chez beaucoup d\u2019\u00e9crivains fran\u00e7ais du XXe si\u00e8cle. \u00ab&nbsp;Populaire&nbsp;\u00bb ne veut nullement dire \u00ab&nbsp;mis\u00e9rable&nbsp;\u00bb, mais plut\u00f4t \u00ab&nbsp;pauvre&nbsp;\u00bb. La mis\u00e8re est absolue, elle est manque du n\u00e9cessaire vital, la pauvret\u00e9 est relative, elle nait de la comparaison avec les gens plus ais\u00e9s. Bien s\u00fbr, dans certaines circonstances, il est assez facile et rapide de glisser de la pauvret\u00e9 \u00e0 la mis\u00e8re&nbsp;: une maladie, un accident du travail, une famille qui \u00e9clate\u2026 La rue de ce roman est plut\u00f4t une rue de gens pauvres, de classes laborieuses qui vivent chichement. Ce qui n\u2019emp\u00eache nullement de conna\u00eetre la joie et le bonheur, contrairement \u00e0 ce que pensent les bourgeois qui associent argent et \u00e9tat heureux. Il y a de vrais moments de bonheur \u00e0 Montedidio et De Luca nous les fait partager. Ils ne sont pas spectaculaires, ce sont des petits bonheurs, mais tout bonheur n\u2019est-il pas petit par nature en ce qu\u2019il est fugace et instable. Associ\u00e9 \u00e0 Montedidio, il est un autre lieu, qui joue un r\u00f4le important, c\u2019est le port et ses quais. Ces deux lieux sont reli\u00e9s entre eux par la rue et les activit\u00e9s des personnages. Le reste de la ville n\u2019existe pas. Ou alors seulement comme superstructure m\u00e9taphysique. De Luca ne fait pas d\u2019esth\u00e9tisme descriptif. Il est difficile au lecteur d\u2019avoir une id\u00e9e de la beaut\u00e9 ou de la laideur des lieux, cela n\u2019a d\u2019ailleurs aucun int\u00e9r\u00eat. Ce sont les lieux de vie des acteurs du r\u00e9cit et, comme souvent avec les lieux de l\u2019habitude, ils ne sont plus vus ou d\u00e9pourvus de toute valeur esth\u00e9tique. Un quartier populaire ne brille pas par l\u2019architecture et l\u2019am\u00e9nagement. Il est \u00ab&nbsp;v\u00e9cu&nbsp;\u00bb, diraient les g\u00e9ographes bien plus qu\u2019il n\u2019est regard\u00e9. Qui vit donc dans cette rue&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Une population nombreuse, avec beaucoup d\u2019enfants et de jeunes. On est juste apr\u00e8s \u00ab&nbsp;l\u2019ann\u00e9e z\u00e9ro&nbsp;\u00bb de la fin du second conflit mondial, les Am\u00e9ricains sont encore l\u00e0, le souvenir de la guerre est tr\u00e8s pr\u00e9sent, mais il ne joue aucun r\u00f4le actif dans cette histoire. Tout au plus sent-on qu\u2019il n\u2019est pas facile pour une famille de se nourrir, car il y a encore des p\u00e9nuries. Mais l\u2019auteur ne joue pas sur la corde du mis\u00e9rabilisme, c\u2019est estimable. Ceux qui ont connu la pauvret\u00e9 savent bien qu\u2019elle peut \u00eatre v\u00e9cue parfois plus sereinement que l\u2019aisance. Dans ce cadre modeste, De Luca fait vivre devant nous une collection de personnages attachants. Il a su en choisir une palette vari\u00e9e et ne pas en mettre un trop en avant, m\u00eame si, par le choix de la narration \u00e0 la premi\u00e8re personne, il y a une pr\u00e9\u00e9minence du conteur.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/de-luca-a-son-bureau.webp\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"717\" height=\"715\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/de-luca-a-son-bureau.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-1248\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/de-luca-a-son-bureau.webp 717w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/de-luca-a-son-bureau-300x300.webp 300w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/de-luca-a-son-bureau-150x150.webp 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 717px) 100vw, 717px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Erri De Lucca \u00e0 son bureau<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce narrateur est un enfant de treize ans, au tournant de l\u2019adolescence, que nous allons voir, au fil du livre, devenir adulte pr\u00e9cocement. Quand d\u00e9bute le r\u00e9cit, il vient d\u2018\u00eatre plac\u00e9 en apprentissage chez un menuisier de la rue. L\u2019atelier sera un des endroits d\u2019importance dans l\u2019histoire.&nbsp; Vers la fin du livre, il nous dit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Au printemps, j\u2019\u00e9tais encore un enfant et maintenant le suis en plein dans les choses s\u00e9rieuses que je ne comprends m\u00eame pas. Il a raison, don Ciccio, chez nous on doit grandir au pas de course et moi j\u2019ob\u00e9is, je cours.&nbsp;\u00bb p. 386.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00ab&nbsp;choses s\u00e9rieuses&nbsp;\u00bb sont ce qui le fait devenir adulte, sans doute trop vite \u00e0 son gr\u00e9. Il va en effet traverser des moments de vie difficiles et certains autres heureux&nbsp;; il ne sera plus jamais un enfant apr\u00e8s \u00e7a. Nous ne conna\u00eetrons jamais le pr\u00e9nom du narrateur. Il a un p\u00e8re et une m\u00e8re, ils vivent \u00e0 trois dans un modeste int\u00e9rieur qui est tenu tr\u00e8s propre, justement pour garder la dignit\u00e9 humaine malgr\u00e9 la pauvret\u00e9. Nous ne conna\u00eetrons pas plus les noms ou pr\u00e9noms du p\u00e8re et de la m\u00e8re&nbsp;: ils sont d\u2019abord dans leurs r\u00f4les, ils sont le p\u00e8re et la m\u00e8re du personnage principal. Le p\u00e8re est docker au port et travaille dur pour faire vivre sa famille. La m\u00e8re reste au foyer et s\u2019occupe des travaux domestiques. On comprend assez vite qu\u2019elle est fragile, sans doute d\u00e9pressive et de sant\u00e9 fragile. Elle quittera la sc\u00e8ne assez vite, \u00e9tant hospitalis\u00e9e, pour une tuberculose vraisemblablement. Elle mourra \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Premier des \u00e9v\u00e9nements qui vont entra\u00eener la mue de l\u2019adolescent. D\u00e8s lors la vie familiale est boulevers\u00e9e. Le p\u00e8re passe beaucoup de temps \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et le fils doit veiller au minimum de fonctionnement de la maison&nbsp;; il ne reverra pas sa m\u00e8re. L\u2019enfant va se construire sans ses parents, pr\u00e9sents-absents.<\/p>\n\n\n\n<p>Le patron menuisier, Mat\u2019Errico, devient un peu une sorte de substitut partiel du p\u00e8re. Il est un rep\u00e8re quotidien, stable. Sa boutique, ouverte sur la rue est un lieu de contact avec la population du quartier. Ce patron a une passion, c\u2019est la p\u00eache en mer. Il y consacre ses loisirs&nbsp;; visiblement, il n\u2019est pas mari\u00e9, en tout cas nous n\u2019en saurons rien. Il repr\u00e9sente l\u2019apprentissage du m\u00e9tier&nbsp;: le m\u00e9tier, c\u2019est ce qui d\u00e9signe et identifie l\u2019homme dans les milieux populaires. Avoir un bon m\u00e9tier est l\u2019assurance de gagner son pain. Nous retrouvons ici l\u2019amour du m\u00e9tier et du travail manuel de De Luca. On le sent fraternel avec ces travailleurs. Dans les livres de l\u2019auteur, les m\u00e9tiers et ceux qui les exercent jouent toujours un r\u00f4le majeur. Ils sont une composante forte de la personnalit\u00e9 humaine.&nbsp; Jusqu\u2019\u00e0 une \u00e9poque r\u00e9cente, la fiert\u00e9 du m\u00e9tier \u00e9tait l\u2019apanage des classes populaires. M\u00eame cela, le capitalisme financier l\u2019a d\u00e9truit.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce menuisier partage gratuitement son atelier avec un cordonnier, dont nous apprendrons au fil du r\u00e9cit qu\u2019il est r\u00e9fugi\u00e9 politique de la guerre, un juif qui a pu fuir avant la d\u00e9portation de ses coreligionnaires. Il vient d\u2018un Shtetel de l\u2019Europe de l\u2019Est, o\u00f9 il \u00e9tait cordonnier, mais sans doute aussi rabbin de la communaut\u00e9. Il est seul et travaille beaucoup pour les gens du quartier. Il a \u00e9t\u00e9 surnomm\u00e9 Rafaniello car son pr\u00e9nom \u00e9tait trop difficile \u00e0 prononcer pour les Napolitains. Rafaniello est un \u00eatre plein de bont\u00e9 et il va peu \u00e0 peu devenir l\u2019ami du narrateur. Malheureusement, il est bossu, affubl\u00e9 d\u2019une \u00e9norme excroissance dorsale, et son dos le fait souffrir. Ce personnage est vraiment le chef-d\u2019\u0153uvre de De Luca. Il illumine le r\u00e9cit, il est inoubliable. Le cordonnier travaille tr\u00e8s souvent gratuitement pour les pauvres gens. Il a capacit\u00e9 \u00e0 redonner une seconde vie \u00e0 toutes les sortes de vieux souliers<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Il est ainsi devenu populaire dans la rue. De mani\u00e8re tr\u00e8s discr\u00e8te, il donne des le\u00e7ons de vie et de philosophie au jeune gar\u00e7on. Il lui raconte que si son dos le fait souffrir c\u2019est parce que dans sa bosse se trouvent des ailes d\u2019ange et qu\u2019elles travaillent \u00e0 leur \u00e9closion. Quand elles seront sorties, il s\u2019envolera pour J\u00e9rusalem. On sourit en entendant cela, mais l\u2019auteur nous r\u00e9serve un coup de th\u00e9\u00e2tre final superbe.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis il y a Maria, une jeune fille qui habite l\u2019immeuble voisin de celui de notre gar\u00e7on. Maria est en train de devenir une belle femme, ce qui ne laisse pas du tout indiff\u00e9rent le propri\u00e9taire qui loue \u00e0 sa m\u00e8re son appartement. Il la harc\u00e8le, la serre de pr\u00e8s et, sans doute, a abus\u00e9 d\u2019elle &#8211; De Luca ne nous le dit pas, mais il y a des indices. Maria tombe amoureuse du gar\u00e7on qui n\u2019osait pas esp\u00e9rer cela. L\u2019auteur brosse avec infiniment de d\u00e9licatesse la naissance de cet amour et ses manifestations. Maria est une femme-fille forte et, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019amour trouv\u00e9, elle aura la force de briser cette situation et de reprendre sa libert\u00e9 et sa dignit\u00e9. Dans cet univers de pauvret\u00e9, l\u2019amour de deux jeunes gens est une lumi\u00e8re&nbsp;; leurs rencontres vesp\u00e9rales au sommet de la rue comptent parmi les plus belles pages de ce beau livre.<\/p>\n\n\n\n<p>Erri De Luca r\u00e9ussit ici un alliage parfait entre les diverses intrigues et personnages. C\u2019est le premier livre de lui et j\u2019avais \u00e9t\u00e9 subjugu\u00e9 par cet art. Dans ce quartier, le long de cette rue montante (une sorte de rue Lepic \u00e0 Paris) se c\u00f4toient le plus sordide de la vie, en la personne du propri\u00e9taire ou de la m\u00e8re de Maria qui encourage sa fille \u00e0 se soumettre \u00e0 lui, et le plus pur de l\u2019existence, avec l\u2019idylle de Maria et du narrateur ou la bont\u00e9 de Rafaniello. Ainsi est le tissu de nos vies, m\u00e9lange de beau et de laid, mais o\u00f9 la pauvret\u00e9 peut jouir du bonheur, o\u00f9 la mort survient quand la vie se dresse pour l\u2019avenir, quand le p\u00e8re, \u00e9plor\u00e9 et d\u00e9sempar\u00e9, perd son \u00e9pouse, mais gagne une belle-fille qui prend soin de lui. Et puis, il y toujours l\u2019espoir des ailes d\u2019ange et la splendeur r\u00eav\u00e9e de J\u00e9rusalem pour le rescap\u00e9 de la shoah. Il finit par communiquer son r\u00eave \u00e0 ses jeunes amis. La vie n\u2019est pas perdue tant qu\u2019il reste un r\u00eave et un espoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me rends compte que j\u2019ai oubli\u00e9 un \u00ab&nbsp;personnage&nbsp;\u00bb important, au moins autant que la bosse et les ailes d\u2019ange de Rafaniello&nbsp;: le boomerang. Cet \u00e9trange objet a \u00e9t\u00e9 offert au narrateur par un ami de son p\u00e8re, qui lui en a racont\u00e9 l\u2019usage. Durant tout le r\u00e9cit, le jeune homme s\u2019entra\u00eene au geste s\u00fbr du lanceur de boomerang. Il muscle ainsi son bras r\u00e9guli\u00e8rement et transporte son boomerang avec lui partout, cach\u00e9 sous ses v\u00eatements. De Luca r\u00e9ussit un final \u00e9poustouflant en associant ailes d\u2019anges et boomerang. Mais au-del\u00e0 de cette fin romanesque, il reste la symbolique de ces choses. Rafaniello croit dur comme fer \u00e0 ses ailes et accepte pour cela sa souffrance. Il attend sa r\u00e9demption, son envol. Le jeune homme attend le moment o\u00f9&nbsp; il saura qu\u2019il peut lancer son boomerang sans risque d\u2019\u00eatre ridicule. Ces attentes sont des joies. Il y a l\u00e0 un message clair pour les gens de notre \u00e9poque, toujours press\u00e9s d\u2019aboutir. Cela participe de la philosophie de vie de De Luca. Ses livres sont des odes \u00e0 la lenteur, au temps des \u00e9v\u00e9nements, de la nature, des \u00e9tapes de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce roman est un des plus beaux de l\u2019auteur, c\u2019est celui que je citerais si on me demandait d\u2018en choisir un seul. Je l\u2019ai encore plus appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 la seconde lecture, qui ne sera sans doute pas la derni\u00e8re. De Luca est un \u00e9crivain pr\u00e9cieux, ses livres sont comme des petits bijoux cisel\u00e9s qu\u2019on a envie de conserver dans un \u00e9crin \u00e0 port\u00e9e de main.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Michel Dauriac \u2013 D\u00e9cembre 2024.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> ON trouve un personnage extraordinaire de cordonnier, assez semblable \u00e0 celui de De Luca, dans un des contes de L\u00e9on Tolsto\u00ef, <em>O\u00f9 est l\u2019amour est Dieu<\/em>, de 1885, malheureusement jama<a><\/a>is r\u00e9\u00e9dit\u00e9 depuis la parution des \u0153uvres compl\u00e8tes de Stock, au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Folio- Gallimard \u2013 2001 Avec ce roman, publi\u00e9 en 2001, Erri De Luca poursuit sa double entreprise romanesque et autobiographique. 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