{"id":1225,"date":"2025-01-08T19:29:27","date_gmt":"2025-01-08T18:29:27","guid":{"rendered":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1225"},"modified":"2025-01-08T19:29:28","modified_gmt":"2025-01-08T18:29:28","slug":"la-pensee-captive-czselaw-milosz-a-mediter-encore-de-nos-jours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1225","title":{"rendered":"La pens\u00e9e captive \u2013 Czselaw Milosz : \u00e0 m\u00e9diter encore de nos jours&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">La pens\u00e9e captive \u2013 Czselaw Milosz<\/h1>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/La-pensee-captive-couv.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"642\" height=\"1000\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/La-pensee-captive-couv.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1227\" style=\"width:245px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/La-pensee-captive-couv.jpg 642w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/La-pensee-captive-couv-193x300.jpg 193w\" sizes=\"auto, (max-width: 642px) 100vw, 642px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Folio Essais \u2013 Gallimard \u2013 2022 \u2013 311 pages<\/h2>\n\n\n\n<p>Peut-on tirer quelque chose de bon d\u2019une revue class\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite&nbsp;? Voici une question sans objet pour un esprit de gauche ordinaire. La droite et, a fortiori, l\u2019extr\u00eame droite, c\u2019est le diable.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai d\u00e9couvert l\u2019existence de livre dans les pages de la revue <em>El\u00e9ments<\/em>, revue notoirement de droite (donc d\u2019extr\u00eame droite pour un homme de gauche, puisque toute droite est extr\u00eame), fond\u00e9e il y a des d\u00e9cennies par Alain de Benoist, un des plus grands penseurs fran\u00e7ais vivants.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me question impertinente&nbsp;: peut-on tirer quelque chose d\u2019un livre \u00e9crit par un po\u00e8te polonais il y environ soixante-dix ans, sous la dictature communiste, pour d\u00e9noncer ses ravages dans l\u2019esprit et le comportement des individus&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le communisme s\u2019est effondr\u00e9 il y a maintenant trente ans, l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 et la d\u00e9mocratie parlementaire ont triomph\u00e9, \u00e0 quoi bon revenir sur cette p\u00e9riode peu glorieuse&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux questions sont \u00e9videmment rh\u00e9toriques, mais pas du tout inutiles. Elles permettent de mieux approcher l\u2019ouvrage dont je veux vous parler aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00catre farouchement oppos\u00e9 au communisme stalinien fait-il de vous un homme de droite&nbsp;? Si oui, alors j\u2019en suis un et depuis longtemps. Je sais bien que la gauche a toujours un probl\u00e8me avec \u00e7a&nbsp;: elle condamne sans condamner tout en regrettant que\u2026 Il n\u2019y a pas de bonnes dictatures, au pr\u00e9texte qu\u2019elles serviraient une cause noble. Ceci est une perversion de l\u2019esprit. Le d\u00e9fenseur de la libert\u00e9 se doit de ha\u00efr tous les despotes et dictateurs, quels que soient leurs bords. Le totalitarisme est asexu\u00e9, ou ambidextre si vous pr\u00e9f\u00e9rez&nbsp;! De m\u00eame, tous les r\u00e9cits de lutte contre ces dictatures sont des avertissements pour des temps futurs sombres. Rien ne ressemble plus \u00e0 la nuit qu\u2019une autre nuit.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Ceslaw-Milosz-portrait.webp\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"580\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Ceslaw-Milosz-portrait-1024x580.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-1226\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Ceslaw-Milosz-portrait-1024x580.webp 1024w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Ceslaw-Milosz-portrait-300x170.webp 300w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Ceslaw-Milosz-portrait-768x435.webp 768w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Ceslaw-Milosz-portrait.webp 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Ceslaw Milosz, prix nobel de Litt\u00e9rature 1980<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une pr\u00e9face du grand philosophe Karl Jaspers ouvre ce livre, avec beaucoup de pertinence en quelques pages. Il signale la position fort inconfortable de l\u2019auteur, mais aussi son authenticit\u00e9. Le livre lui donne largement raison. C. Milosz \u00e9crit de l\u2019int\u00e9rieur, un peu comme le firent Soljenitsyne ou Vaclav Havel. Il a servi ce r\u00e9gime communiste polonais dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de son existence, car, comme beaucoup de ces concitoyens, il esp\u00e9rait vraiment un renouvellement du pays. Mais il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un communiste militant et convaincu. Son histoire le prouve d\u2019ailleurs, puisqu\u2019il a fui la Pologne en 1951 et demand\u00e9 l\u2019asile politique en France, avant d\u2019aller s\u2019installer aux \u00c9tats-Unis. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il re\u00e7ut le Prix Nobel de litt\u00e9rature en 1980.&nbsp; Ce rappel pour signaler que c\u2019est un livre d\u2019\u00e9crivain, pas un reportage de journaliste. Les exemples qu\u2019il prend, chez les artistes, surtout des \u00e9crivains, il les conna\u00eet parfaitement. Quel est son propos&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Il veut montrer comment un pouvoir totalitaire s\u2019empare des esprits ou des corps, soit par la contrainte violente (c\u2019est le cas des arrestations arbitraires et des goulags), soit par la propagande, la lassitude et la servilit\u00e9, sans oublier la peur. Il y a tout cela dans son livre. Il s\u2019agit d\u2019une s\u00e9rie d\u2019essais th\u00e9matiques portant sur le conditionnement dictatorial communiste.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019essentiel du contenu comporte des portraits qui, mis bout \u00e0 bout, dessinent le paysage intellectuel d\u2019une d\u00e9mocratie populaire dans le d\u00e9but des ann\u00e9es 1950 (et ce jusqu\u2019\u00e0 la chute du syst\u00e8me sovi\u00e9tique, \u00e0 partir de novembre 1989). L\u2019auteur d\u00e9bute son livre par une sorte de pr\u00e9ambule, intitul\u00e9 <em>Au lieu d\u2019une histoire<\/em>, dans lequel il se situe dans l\u2019enjeu politique de l\u2019Europe centrale et orientale. Il faut prendre le temps de bien lire ces pages pour en pas m\u00e9sinterpr\u00e9ter le livre. Voici ce que dit Milosz de lui-m\u00eame&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai appartenu \u00e0 la cat\u00e9gorie peut-\u00eatre la plus nombreuse, celle des hommes qui, \u00e0 partir du moment o\u00f9 leur pays est tomb\u00e9 dans la d\u00e9pendance de Moscou, se sont efforc\u00e9s de faire acte d\u2019ob\u00e9issance et ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s par les nouveaux gouvernements. Le degr\u00e9 d\u2019engagement qu\u2019on exige d\u2019eux varie avec chaque cas individuel. Pour ma part, je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 membre du parti communiste, bien que j\u2019aie travaill\u00e9 de 1946 \u00e0 1950 en qualit\u00e9 de diplomate au service du gouvernement de Varsovie.&nbsp;\u00bb (p. 15-16).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette position est importante \u00e0 comprendre, car elle fut celle, comme il le dit, de la majorit\u00e9 des hommes etd es femmes de ces pays. Ils voulaient sinc\u00e8rement tourner la page du nazisme et croire qu\u2019un autre monde \u00e9tait possible, comme le leur disaient les communistes. C\u2019est avec le temps et la mise en place de l\u2019in\u00e9luctable dictature que certains ont chang\u00e9 d\u2019avis et attitude, allant jusqu\u2019\u00e0 fuir leur pays, comme l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9canismes qu\u2019il va d\u00e9crire sont ceux qu\u2019il a pu observer lui-m\u00eame et on sent, dans chacun des portraits types qu\u2019il dresse qu\u2019on pourrait, qu\u2019il pourrait mettre un nom et un visage.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deux premiers textes sont g\u00e9n\u00e9raux et d\u00e9crivent un type d\u2019attitude, plut\u00f4t qu\u2019un personnage. <em>Murti-Bing <\/em>est une sorte de mise en bouche \u00e0 partir d\u2019un livre paru en 19332 \u00e0 Varsovie (donc en dehors de tout contexte communiste), appel\u00e9 <em>Insatiabilit\u00e9<\/em>. Milosz nous d\u00e9crit cet ouvrage de telle mani\u00e8re que nous pouvons le rattacher \u00e0 la vague artistique de l\u2019entre-deux-guerres, celle de l\u2019expressionisme. Le <em>Murti-Bing<\/em> est un produit chimique, vendu sous le manteau, sous forme de pilules qui sont cens\u00e9es procurer s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et bonheur. Donc, une drogue. Qui immunise celui qui la prend contre toute pr\u00e9occupation m\u00e9taphysique et contre toute influence ext\u00e9rieure n\u00e9gative, une sorte d\u2019euphorisant abrutissant. \u00c0 partir de cette r\u00e9f\u00e9rence, l\u2019auteur commence \u00e0 d\u00e9crire ce qui se passe dans son pays et les cons\u00e9quences de la propagande. Il encha\u00eene avec un deuxi\u00e8me texte titr\u00e9 <em>Le ketman<\/em> \u2013 non sans avoir intercal\u00e9 un chapitre sur l\u2019Occident vu de ces pays communistes nouveaux -,&nbsp; nom donn\u00e9 \u00e0 une pratique venue des pays islamiques du Moyen-Orient. Le <em>ketman<\/em> est l\u2019homme (ou la femme, bien s\u00fbr) qui dissimule ses sentiments et ses opinions et peut m\u00eame aller jusqu\u2019\u00e0 jouer un r\u00f4le compl\u00e8tement inverse \u00e0 ce qu\u2019il croit profond\u00e9ment. Cette technique a de nouveau fait parler d\u2019elle en Occident \u00e0 partir des attentats du 11 septembre 2001, car elle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par les terroristes pour se fondre dans la masse de leurs pays d\u2019accueil et appara\u00eetre comme des voisins sans histoire, bons p\u00e8res&nbsp; ou bons coll\u00e8gues de travail. Le <em>ketman<\/em> trompe tout le monde. De l\u2019exemple du cas historique pr\u00e9sent\u00e9 par Gobineau, \u00e9crivain fran\u00e7ais, Milosz passe rapidement \u00e0 la m\u00eame pratique en d\u00e9mocratie populaire. Ceux qui ont travaill\u00e9 cette question ou eu l\u2019occasion d\u2019aller au-del\u00e0 du rideau de fer ont pu v\u00e9rifier la pertinence de cette image. Nombreux \u00e9taient ceux qui jouaient un r\u00f4le bien rod\u00e9 pour avoir la paix. Cette pratique pose \u00e9videmment la question de savoir jusqu\u2019o\u00f9 jouer le r\u00f4le et si cela ne m\u00e8ne pas \u00e0 une sorte de schizophr\u00e9nie profonde.&nbsp; Les pages de ces chapitres sont \u00e0 la fois tragiques et savoureuses, car elles sont remarquablement \u00e9crites et on y prend un r\u00e9el plaisir.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se livre ensuite \u00e0 une \u00e9criture qui ressemble \u00e0 celle de La Bruy\u00e8re, en plus d\u00e9velopp\u00e9e&nbsp;: il dresse quatre \u00ab&nbsp;caract\u00e8res&nbsp;\u00bb d\u2019hommes face au pouvoir. Les quatre sont actifs dans le milieu communiste, de fa\u00e7on diverse. De mani\u00e8re quasi clinicienne, il les appelle par des lettres de l\u2019alphabet, suivies d\u2019un qualificatif. Il y a ainsi A., ou le moraliste, B., ou l\u2019amant malheureux, C., ou l\u2019esclave de l\u2019histoire et D., ou le troubadour. Chaque cas est trop pr\u00e9cis, tant dans son pass\u00e9 que dans son pr\u00e9sent pour \u00eatre une cr\u00e9ation de l\u2019imagination. Ils ont tous c\u00f4toy\u00e9 l\u2019auteur, ils sont approximativement de sa g\u00e9n\u00e9ration. \u00c0 travers ces quatre grands types, Milosz brosse le paysage intellectuel de ce que nous appelions alors les \u00ab&nbsp;pays de l\u2019Est&nbsp;\u00bb. Les textes sont de v\u00e9ritables r\u00e9cits, charpent\u00e9s et d\u00e9velopp\u00e9s, que le lecteur peut lire dans le d\u00e9sordre s\u2019il le veut, car ils sont une petite \u0153uvre en soi. Il faut noter, outre la qualit\u00e9 du style, le fait que jamais C. Milosz ne se laisse aller \u00e0 la m\u00e9chancet\u00e9 et \u00e0 l\u2019injure envers ces hommes, dont el comportement est assez mis\u00e9rable. Il d\u00e9crit, en grand moraliste&nbsp;; au lecteur de juger.<\/p>\n\n\n\n<p>Le livre se conclut par un texte qui prend plus de recul et s\u2019\u00e9l\u00e8ve au niveau philosophique et politique, L\u2019homme, cet ennemi de l\u2019ordre, une sorte de bilan g\u00e9n\u00e9ral. Il y aborde notamment le probl\u00e8me du Parti et de l\u2019\u00c9glise chr\u00e9tienne, soulignant qu\u2019il ne pouvait y avoir place pour deux \u00c9glises, sachant que le Parti savait qu\u2019il \u00e9tait lui-m\u00eame une \u00c9glise. L\u2019attitude variable des chr\u00e9tiens y est sugg\u00e9r\u00e9e et ce n\u2019est pas toujours tr\u00e8s flatteur. Le tout dernier chapitre est consacr\u00e9 aux grands vaincus de l\u2019avanc\u00e9e communiste, Les Baltes, titre de ce chapitre. Milosz est n\u00e9 dans un de ces pays et y a \u00e9t\u00e9 attach\u00e9&nbsp;; il a vu comment l\u2019Ours russe les a asservis, il le d\u00e9crit \u00e0 sa fa\u00e7on.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avoue que ce livre m\u2019a beaucoup touch\u00e9. Peut-\u00eatre parce que j\u2019y ai retrouv\u00e9 ce que mes amis roumains m\u2019avaient d\u00e9crit&nbsp;; mais plus s\u00fbrement parce que je crois profond\u00e9ment que ce qu\u2019il d\u00e9crit d\u00e9passe le seul cadre historique et spatial des D\u00e9mocratie Populaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne nous y trompons pas, nous vivons au sein d\u2019un Occident en train de devenir une dictature d\u2019autant plus redoutable qu\u2019elle avance maquill\u00e9e et se drape des droits de l\u2019homme et la lutte contre les injustices diverses. Bas les masques&nbsp;! La dictature num\u00e9rique est d\u00e9j\u00e0 en place et se consolide d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e. Quand elle aura r\u00e9ussi \u00e0 supprimer la monnaie et l\u2019\u00e9criture manuelle, elle aura priv\u00e9 l\u2019humain de tout moyen de libert\u00e9. La vid\u00e9osurveillance (hypocritement rebaptis\u00e9e par les Estrosi-Ciotti \u00ab&nbsp;vid\u00e9o-protection&nbsp;\u00bb) met en place le <em>Big Brother<\/em> qu\u2019Orwell nous d\u00e9crivait dans 1984. Il se banalise et gagne nos maisons et nos voitures&nbsp;: tout se filme et se consulte \u00e0 distance. La pens\u00e9e est de plus en plus encadr\u00e9e par des censeurs \u00e0 peu pr\u00e8s aussi cultiv\u00e9s que les \u00ab&nbsp;gardes rouges&nbsp;\u00bb de Mao. L\u2019Universit\u00e9 est devenue la citadelle des intol\u00e9rances apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 longtemps le refuge de la pens\u00e9e libre. Les <em>ketman<\/em> sont parmi nous et se d\u00e9voilent brusquement lors d\u2019attentats horribles ou de crimes sordides. Le <em>Murti-Bing<\/em> gangr\u00e8ne nos soci\u00e9t\u00e9s sous des noms divers&nbsp;: coca\u00efne,h\u00e9ro\u00efne, crack, mol\u00e9cules de synth\u00e8se\u2026 Il est en grande partie prescrit par le corps m\u00e9dical sous les noms divers de psychotropes, antid\u00e9presseurs, anxiolytiques\u2026 au nom du soin. Alors, ne croyons pas que ce livre parle d\u2019un ailleurs et d\u2018un autrefois lointain&nbsp;: il parle de nous et de nos attitudes face aux pouvoirs&nbsp;; c\u2019est donc avec urgence qu\u2019il faut le lire et s\u2018en souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Michel Dauriac \u2013 d\u00e9cembre 2024.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pens\u00e9e captive \u2013 Czselaw Milosz Folio Essais \u2013 Gallimard \u2013 2022 \u2013 311 pages Peut-on tirer quelque chose de bon d\u2019une revue class\u00e9e \u00e0&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1225\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">La pens\u00e9e captive \u2013 Czselaw Milosz : \u00e0 m\u00e9diter encore de nos jours&#8230;<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-1225","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-critiques","category-les-livres-essais","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1225","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1225"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1225\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1228,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1225\/revisions\/1228"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1225"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1225"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1225"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}