{"id":1133,"date":"2024-06-02T18:34:46","date_gmt":"2024-06-02T17:34:46","guid":{"rendered":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1133"},"modified":"2024-06-02T18:35:42","modified_gmt":"2024-06-02T17:35:42","slug":"penser-contre-soi-meme-nathan-devers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1133","title":{"rendered":"Penser contre soi-m\u00eame &#8211; Nathan Devers"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"> Paris, Albin Michel, 2024, 326 pages.<\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/devers-couv-liv.webp\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/devers-couv-liv-1024x576.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-1134\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/devers-couv-liv-1024x576.webp 1024w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/devers-couv-liv-300x169.webp 300w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/devers-couv-liv-768x432.webp 768w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/devers-couv-liv-1536x864.webp 1536w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/devers-couv-liv.webp 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>J\u2019ai acquis ce livre en raison de son titre, qui m\u2019a interpell\u00e9. Que peut bien signifier \u00ab&nbsp;penser contre soi-m\u00eame&nbsp;\u00bb&nbsp;? Il m\u2019a fallu attendre le chapitre 4 de la troisi\u00e8me partie, page 311 pour entrevoir le d\u00e9but d\u2019une r\u00e9ponse. Attitude habile ou dangereuse qui maintient le suspense, au risque de perdre d\u00e9finitivement le lecteur qui aura abandonn\u00e9, compte tenu de tout ce que raconte avant l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Quels sont en effet le but et le contenu de ce livre&nbsp;? Contrairement au titre et \u00e0 ce que pourrait laisser entendre la quatri\u00e8me de couverture, ce n\u2019est absolument pas un livre de philosophie ou sur la philosophie. Admettons, selon le CV de l\u2019auteur, que ce soit un livre de philosophe. Ce livre a d\u2019abord un usage th\u00e9rapeutique pour son auteur, il le dit clairement dans les derniers chapitres. Ce n\u2019est pas n\u00e9gligeable et, de nos jours, beaucoup d\u2019auteurs pratiquent ainsi \u2013 c\u2019est bien l\u2019utilit\u00e9 premi\u00e8re de l\u2019autofiction, tant \u00e0 la mode \u2013 et trouvent des lecteurs qui peuvent s\u2019int\u00e9resser \u00e0 leur cas ou s\u2019av\u00e9rer \u00eatre dans la m\u00eame situation. Des n\u00e9vros\u00e9s lisent des n\u00e9vros\u00e9s, des victimes de violences familiales ou autres lisent des victimes des m\u00eames violences. C\u2019est de l\u2019entre soi qui correspond bien \u00e0 une des composantes du communautarisme. Dans le cas de Nathan Devers, le cas est plus rare et subtil, mais peut faire \u00e9cho chez pas mal de personnes. Il nous raconte, avec un r\u00e9el de talent d\u2019\u00e9criture, la vie intellectuelle d\u2019un jeune gar\u00e7on, n\u00e9 dans une famille juive non pratiquante d\u2019Auteuil. C\u2019est un peu \u00ab&nbsp;Tintin au pays du Talmud&nbsp;\u00bb. Et l\u00e0, le r\u00e9cit peut parler \u00e0 tous, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. Ce qu\u2019a voulu faire Nathan Devers pour Nathan Naccache (c\u2019est son vrai patronyme), c\u2019est comprendre comment peut s\u2019op\u00e9rer une \u00ab&nbsp;d\u00e9conversion&nbsp;\u00bb, ce que les religieux appellent du tr\u00e8s vilain terme \u00ab&nbsp;apostasie&nbsp;\u00bb, qui sent encore la cendre des b\u00fbchers ou la pierre des lapidations.<\/p>\n\n\n\n<p>Au commencement \u00e9tait donc une famille fran\u00e7aise de juifs pas religieux pour un sou et plut\u00f4t inscrit dans l\u2019air de leur temps. Sans s\u2019\u00e9tendre sur sa vie familiale d\u2019enfant, Nathan Devers en dit assez pour nous faire saisir l\u2019ambiance de son foyer, dans lequel il n\u2019a subi aucune pression pour ou contre la religion, mais bien plut\u00f4t une aimable indiff\u00e9rence. Il nous fait \u00e9galement une description d\u2019Auteuil comme d\u2019une sorte de village tr\u00e8s juif, mais plut\u00f4t sympathique, \u00e0 rebours des images traditionnelles de ghetto de riches. A-t-il gentiment gomm\u00e9 ce c\u00f4t\u00e9 social&nbsp;? Rien ne permet de le savoir. Dans cette vie tranquille, voil\u00e0 que le gar\u00e7on se rend un jour \u00e0 la synagogue du quartier, pour la c\u00e9r\u00e9monie du Yom Kippour (la f\u00eate la plus marquante du calendrier juif). Cette synagogue n\u2019est pas une synagogue classique, c\u2019est surtout une ancienne \u00e9cole, l\u2019ENIO (Ecole Normale Isra\u00e9lite Orientale), qui avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle et abritait un coll\u00e8ge-lyc\u00e9e que dirigea longtemps Emmanuel Levinas. Apr\u00e8s la mort de Levinas, les choses s\u2019\u00e9taient peu \u00e0 peu d\u00e9grad\u00e9es et l\u2019\u00e9cole avait ferm\u00e9. Une partie de l\u2019immeuble avait trouv\u00e9 des repreneurs et d\u2019autres activit\u00e9s. Seul le sous-sol demeurait et abritait une synagogue et des salles de cours pour la communaut\u00e9 juive. Particularit\u00e9&nbsp;: cette synagogue \u00e9tait la seule \u00e0 n\u2019avoir pas de rabbin. Nathan vient donc assister \u00e0 l\u2019office de Kippour et il est saisi par la religion juive. De ce jour, il d\u00e9sire devenir un parfait juif religieux et envisage d\u2019\u00eatre rabbin. Quel \u00e2ge a-t-il exactement, au moment de cette conversion&nbsp;? On ne peut pas le d\u00e9terminer pr\u00e9cis\u00e9ment, mais il a sans doute une douzaine d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce jour, il devient un pratiquant assidu et fr\u00e9quente l\u2019\u00e9cole religieuse de l\u2019E&nbsp;NIO, pour apprendre le Talmud. Malgr\u00e9 son jeune \u00e2ge, il est tr\u00e8s d\u00e9termin\u00e9 et s\u2019engage \u00e0 fond. Exemple de cons\u00e9quence de cet engagement&nbsp;: il doit pratiquer le chabbat et respecter les f\u00eates juives. Or, il est \u00e9l\u00e8ve au Lyc\u00e9e public Jean-Baptiste Say, o\u00f9 le Chabbat n\u2019est pas \u00e0 l\u2019ordre du jour. Il se trouve donc devant un dilemme corn\u00e9lien&nbsp;: pour \u00eatre un bon juif, il doit quitter le lyc\u00e9e o\u00f9 il se trouve si bien, dans la libert\u00e9 la\u00efque. Il choisit de partir pour vivre sa foi totalement. Il est alors inscrit dans un lyc\u00e9e juif, Betham&nbsp;. Il y d\u00e9couvre avec stupeur un monde compl\u00e8tement clos sur lui-m\u00eame et, en m\u00eame temps, l\u2019hypocrisie de beaucoup de ses condisciples. Mais il passe sur ces gros inconv\u00e9nients et se donne \u00e0 fond dans l\u2019\u00e9tude du Talmud. Il devient une sorte de petit prodige que le responsable des cours, monsieur Meyer met \u00e0 contribution. Puis arrive un rabbin charg\u00e9 des cours, le rabbin Kotmel, avec lequel il va construire une relation de ma\u00eetre \u00e0 disciple. Celui-ci l\u2019ouvre \u00e0 une \u00e9tude critique, mais o\u00f9 le Talmud finit toujours par l\u2019emporter. Le temps passe et Nathan progresse beaucoup dans la connaissance de l\u2019h\u00e9breu biblique et de la science du Livre. Le rav Kotmel organise un camp estival, en montagne, pour ses \u00e9l\u00e8ves les plus motiv\u00e9s. Il demande \u00e0 Nathan d\u2019y faire un cours sur le sujet de son choix. Celui-ci, d\u2019abord effray\u00e9, finit par accepter et choisit le livre de Qoh\u00e9let (L\u2019Eccl\u00e9siaste dans les bibles fran\u00e7aises).<\/p>\n\n\n\n<p>Si on lit bien le livre comme il est \u00e9crit, c\u2019est le travail de r\u00e9flexion sur Qoh\u00e9let qui va \u00e9branler Nathan et finalement le faire basculer dans l\u2019ath\u00e9isme et, du m\u00eame coup, abandonner Talmud et projet de devenir rabbin. Mais en r\u00e9alit\u00e9, ce brusque revirement, cette \u00ab&nbsp;d\u00e9conversion&nbsp;\u00bb a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 de longue date, par la rencontre d\u2019un ancien professeur de philosophie en Classes Pr\u00e9pas, qui va le guider dans l\u2019univers philosophique sans lui faire le moindre cadeau. De ce ma\u00eetre discret nous ne conna\u00eetrons que le pr\u00e9nom&nbsp;: Jean-Pierre. Il fera d\u00e9couvrir au jeune homme les grands concepts et penseurs de la philosophie occidentale. Bien que Nathan continue \u00e0 \u00e9tudier intensivement le talmud, le ver est dans le fruit. Peu \u00e0 peu, le questionnement philosophique attaque els certitudes du talmud. La lecture de&nbsp; Qoh\u00e9let ne sera que le dernier coup de masse qui fait effondrer l\u2019\u00e9difice. Il ne peut plus croire en Dieu, il devient ath\u00e9e et philosophe.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeune \u00e9crivain qui publie ce livre raconte ainsi une dizaine d\u2019ann\u00e9es de qu\u00eate philosophique, qui l\u2019a men\u00e9 \u00e0 l\u2019Ecole Normale Sup\u00e9rieure et \u00e0 l\u2019agr\u00e9gation de philosophie. Le parcours classique du bon \u00e9l\u00e8ve capable d\u2019assimiler de vastes connaissances et de se couler dans le moule de la pens\u00e9e normalienne. La fin du livre, en quelques chapitres tente d\u2019expliquer en quoi la philosophie est devenue sa n\u00e9cessit\u00e9. Il faut dire que c\u2019est, de loin, la partie la moins int\u00e9ressante du livre. Elle est philosophiquement faible, montrant cruellement le manque de recul de l\u2019auteur. Il a beau manier la rh\u00e9torique maison et user des termes-cl\u00e9s, son propos est creux. Je n\u2019ai pas bien compris ce qu\u2019il cherchait et trouvait dans la philosophie tel qu\u2019il en parle. Le symbole de ce doute est le changement de nom&nbsp;: Nathan Naccache est devenu Nathan Devers. Il tente une explication \u00e9tymologique de son alias qui est peu convaincante&nbsp;: il est parti \u00ab&nbsp;de&nbsp;\u00bb et se dirige \u00ab&nbsp;vers&nbsp;\u00bb. C\u2019est ce que nous faisons tous, du plus stupide au plus intelligent, sans avoir besoin de changer de nom.<\/p>\n\n\n\n<p>La vraie question est de savoir ce que signifie ce livre.&nbsp; Si l\u2019on prend le titre au mot, il viserait \u00e0 raconter comment un jeune homme a pu, par le travail de la raison critique, \u00ab&nbsp;penser contre lui-m\u00eame&nbsp;\u00bb, non pas au sens propre, car cela est impossible, il le dit d\u2019ailleurs lui-m\u00eame, mais au sens que Devers est le contretype absolu de Naccache, celui qui pense exactement \u00e0 l\u2019inverse. Si l\u2019on admet que le terme \u00ab&nbsp;conversion&nbsp;\u00bb convient parfaitement \u00e0 son v\u00e9cu de jeune adolescent se tournant vers une pratique et \u00e9tude stricte du juda\u00efsme, alors il faut user du terme rare de \u00ab&nbsp;d\u00e9conversion&nbsp;\u00bb pour d\u00e9crire le second revirement, celui qui conduit \u00e0 la voie philosophique. On peut parfaitement comprendre, chez un jeune homme brillant et assoiff\u00e9 d\u2019absolu ces deux choix d\u2019engagement. Ce qui m\u2019interpelle, c\u2019est l\u2019opposition qu\u2019il fait entre les deux modes de r\u00e9flexion. Il serait donc, d\u2019apr\u00e8s lui, impossible \u00e0 un juif pieux et, a fortiori, \u00e0 un rabbin de pratiquer la philosophie. Les exemples sont nombreux au XXe si\u00e8cle \u00e0 infirmer cette th\u00e8se, \u00e0 commencer par celui de L\u00e9vinas ou de Martin Buber. J\u2019avance l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019il y a une autre raison, tr\u00e8s personnelle, \u00e0 ce changement radical. Le jeune Nathan Naccache a pouss\u00e9 tellement loin l\u2019exigence juive dans tous les domaines qu\u2019il ne pouvait plus y trouver place pour autre chose. C\u2019\u00e9tait un exclusivisme extr\u00eame qu\u2019il avait mis en place. D\u00e9couvrant la philosophie et son mode de questionnement, il n\u2019a pas pu faire autrement que d\u2019effacer le Talmud, pour permettre \u00e0 Nathan Devers de faire de la philosophie, elle-m\u00eame devenue une exclusivit\u00e9, si l\u2019on en croit ses propos.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que ce livre raconte, en r\u00e9alit\u00e9, en creux, est ce qui se passe lorsqu\u2019on entre trop vite et trop jeune dans une d\u00e9marche qui engage toute l\u2019existence. Nathan n\u2019\u00e9tait pas assez m\u00fbr pour g\u00e9rer au mieux sa passion du juda\u00efsme. Il faut dire qu\u2019il n\u2019a re\u00e7u aucune aide de ses parents en ce domaine&nbsp;: ils sont totalement absents du r\u00e9cit, pass\u00e9es les premi\u00e8res pages qui les pr\u00e9sentent. La r\u00e9alit\u00e9 est un gar\u00e7on de douze ou treize ans qui rentre avec toute sa fougue et son intransigeance dans un chemin de foi. Personne n\u2019a su lui dire de prendre son temps, de mesurer son app\u00e9tit. C\u2019est d\u2019indigestion qu\u2019il est mort, le futur rabbin&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, au-del\u00e0 de son histoire personnelle, Nathan Devers nous parle d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration qui doit souvent se d\u00e9brouiller seule, avec le risque de tomber entre les mains de gens habiles \u00e0 manipuler les jeunes esprits. La conversion, comme la d\u00e9conversion, sont parfaitement acceptables, mais elles ne peuvent qu\u2019interroger le lecteur qui a parcouru un long chemin de vie et qui sait le poids r\u00e9el de ces mots. Que fera Nathan de sa vie&nbsp;? Il ne le sait s\u00fbrement pas lui-m\u00eame. Sera-t-il vraiment philosophe ou simplement professeur de philosophie&nbsp;? Se pourrait-t-il que Devers redevienne Naccache un jour&nbsp;? le livre me semble vraiment amener \u00e0 toutes ces questions. De ce point de vue il est int\u00e9ressant, alors qu\u2019il est philosophiquement tr\u00e8s d\u00e9cevant. En lisant ce r\u00e9cit, je n\u2019ai pu m\u2019emp\u00eacher de songer au livre d\u2019Emmanuel Carr\u00e8re, <em>Le royaume<\/em>. Deux histoires de conversion-d\u00e9conversion qui posent le probl\u00e8me du fondement spirituel de la conversion, dans les deux cas. Finalement, qu\u2019est-ce que s\u2019engager&nbsp;? Voil\u00e0 le vrai sujet de ce livre, int\u00e9ressant mais sans doute dispensable.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Michel Dauriac \u2013 Les bordes\/Beychac \u2013 mai 2024<\/p>\n\n\n\n<p>PS: En faisant des recherches de photos pour cet article, j&rsquo;ai d\u00e9couvert que ce jeune homme mettait en sc\u00e8ne sa vie de couple comme un vulgaire people. On est loin du Talmud et de la philosophie comme art de vivre, ms bien pr\u00e8s de la \u00ab\u00a0BernardHenril\u00e9visation\u00a0\u00bb! Puiss\u00e8-je me tromper.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris, Albin Michel, 2024, 326 pages. J\u2019ai acquis ce livre en raison de son titre, qui m\u2019a interpell\u00e9. 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