{"id":1124,"date":"2024-05-24T10:09:04","date_gmt":"2024-05-24T09:09:04","guid":{"rendered":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1124"},"modified":"2024-05-24T10:09:06","modified_gmt":"2024-05-24T09:09:06","slug":"les-innocents-de-paris-gilbert-cesbron","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1124","title":{"rendered":"Les innocents de Paris &#8211; Gilbert Cesbron"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>e commence ici un cycle d\u2019articles critiques sur l\u2019oeuvre romanesque de Gilbert Cesborn, \u00e0 partir de l\u2019ensemble publi\u00e9 par les Editions Rencontre dans les ann\u00e9es 1970. Ce corpus s\u2019enrichira au fur et \u00e0 mesure de mes lectures et pourrait, \u00e0 terme, devenir un petit essai sur cet auteur.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/oeuvres-completes-G-Cesbron.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"250\" height=\"201\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/oeuvres-completes-G-Cesbron.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1105\" style=\"width:435px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Les innocents de Paris<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Gilbert Cesbron \u2013 Lausanne, Editions Rencontre \u2013 Oeuvres romanesques , vol. II , 275 pages.<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce roman est le premier \u00e9crit par Gilbert Cesbron. Il a connu un destin particulier que l\u2019auteur nous raconte dans l\u2019avant-propos du livre. En juin 1940, il se retrouve, avec des centaines de milliers de soldats anglais et fran\u00e7ais sur les plages de Dunkerque (revoyez le beau film d\u2019Henri Verneuil, <em>Week-end \u00e0 Zuydcoote<\/em>, lui-m\u00eame tir\u00e9 d\u2019un roman de Robert Merle), cern\u00e9s par l\u2019avanc\u00e9e irr\u00e9sistible des troupes allemandes. Le jeune soldat Cesbron porte avec lui une serviette en cuir dans laquelle se trouve son premier roman, encore inachev\u00e9. Au moment de partir en barque rejoindre un navire qui stationnait au large, un homme les supplie de les prendre avec eux. C\u2019est un gendarme en fuite devant l\u2019ennemi. La barque est d\u00e9j\u00e0 bien charg\u00e9e. Pour ajouter un passager, il faut que ceux qui y sont d\u00e9j\u00e0 se d\u00e9barrassent de tout leur barda. C\u2019est ce qui est fait&nbsp;: la serviette et le roman sont jet\u00e9s \u00e0 l\u2019eau de la Manche. Arriv\u00e9 en Angleterre, il dut donc r\u00e9\u00e9crire son livre, ce qu\u2019il trouva tr\u00e8s p\u00e9nible, et on le comprend. Le roman fut achev\u00e9 \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1942. Cesbron le fit parvenir \u00e0 un ami qui le fit passer \u00e0 un autre ami qui r\u00e9sidait en Suisse. Celui-ci, apr\u00e8s l\u2019avoir lu, le proposa \u00e0 la Guilde du livre pour le concours de son Grand Prix&nbsp;qu\u2019il remporta. Le livre fut \u00e9dit\u00e9 en Suisse \u00e0 plusieurs dizaines de milliers d\u2019exemplaires et se vendit. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s la fin de la guerre que Cesbron put faire \u00e9diter son roman chez Robert Laffont, en 1947. \u00c9trange destin qu\u2019un livre qui aurait pu et d\u00fb ne pas exister, compte tenu du contexte. Ce prix lan\u00e7a Gilbert Cesbron dans le monde litt\u00e9raire, o\u00f9 il poursuivit une carri\u00e8re d\u2019\u00e9crivain tr\u00e8s riche.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec ce premier roman, l\u2019auteur dit lui-m\u00eame qu\u2019il inaugure un cycle de l\u2019enfance et de ses souvenirs personnels, compos\u00e9 de cinq romans&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Les Innocents de Paris<\/em><sup><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gilbert_Cesbron#cite_note-TSR-7\">7<\/a><\/sup>\u00a0(1944)<\/li>\n\n\n\n<li><em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/On_croit_r%C3%AAver\">On croit r\u00eaver<\/a><\/em>\u00a0(1945)<\/li>\n\n\n\n<li><em>La Tradition Fontquernie<\/em>\u00a0(1947)<\/li>\n\n\n\n<li><em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Notre_prison_est_un_royaume\">Notre prison est un royaume<\/a><\/em>\u00a0(1948)<\/li>\n\n\n\n<li><em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/La_Souveraine\">La Souveraine<\/a><\/em>\u00a0(1949)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Source&nbsp;: Wikip\u00e9dia<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les innocents de Paris<\/em>, c\u2019est <em>Le Club des Cinq des \u00ab&nbsp;fortifs&nbsp;\u00bb<\/em>, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 cette s\u00e9rie \u00e9tait inconnue en France, puisqu\u2019elle ne fut diffus\u00e9e qu\u2019\u00e0 partir de 1956 dans notre pays. Mais l\u2019univers n\u2019est pas du tout le m\u00eame. Ici, pas de vacances en bord de mer l\u2019\u00e9t\u00e9, dans une villa cossue. C\u2019est le Paris des ann\u00e9es 1930 (il n\u2019y gu\u00e8re de rep\u00e8res chronologiques utilisables), le monde du travail et surtout celui des petites gens. Autour de Paris, depuis la d\u00e9faite de 1870, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9difi\u00e9s des ouvrages de protection de la capitale, nomm\u00e9s les fortifications, vite abr\u00e9g\u00e9es en \u00ab&nbsp;fortifs&nbsp;\u00bb, qui se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es inutiles en 1914 et le seront encore en 1940. Apr\u00e8s quoi elles seront d\u00e9truites pour la plupart, pour gagner des espaces constructibles tout pr\u00e8s de la ville de Paris intra-muros. Seuls quelques forts ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9s comme vestiges d\u2019une autre \u00e9poque (dont le Fort de Vincennes, vaste lieu d\u2019archivage).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/fortifs-couleurs.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"264\" height=\"191\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/fortifs-couleurs.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1125\" style=\"width:464px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Sur ce clich\u00e9, on voit bien l\u2019espace militaire du glacis de s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 d\u00e9couvert, et les constructions hasardeuses qui sont venues s\u2019accoler aux ouvrages militaires. Cet espace \u00e9chappait alors aux r\u00e8gles d\u2019urbanisme et, en grande partie, \u00e0 la loi commune fran\u00e7aise. Elle fut surnomm\u00e9e \u00ab&nbsp;la zone<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>&nbsp;\u00bb, par ses habitants et les romanciers r\u00e9alistes des ann\u00e9es 1920-1930. On en retrouve expression transport\u00e9e en Am\u00e9rique dans le grand film de Frank Borzage, <em>Ceux de la zone<\/em>, sorti en 1933.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/fortifs-habitations-populaires.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"798\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/fortifs-habitations-populaires-798x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1126\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/fortifs-habitations-populaires-798x1024.jpg 798w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/fortifs-habitations-populaires-234x300.jpg 234w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/fortifs-habitations-populaires-768x985.jpg 768w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/fortifs-habitations-populaires-1198x1536.jpg 1198w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/fortifs-habitations-populaires.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 798px) 100vw, 798px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce clich\u00e9 rend bien compte de cet habitat spontan\u00e9 o\u00f9 r\u00e9sidaient des travailleurs pauvres, des ch\u00f4meurs et des \u00ab&nbsp;irr\u00e9guliers&nbsp;\u00bb, selon les mots de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e0 fait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, Cesbron a choisi d\u2019ignorer l\u2019angle de la p\u00e8gre et du vice. A aucun moment il n\u2019y fera la moindre allusion. Les gens qu\u2019il d\u00e9crit sont des pauvres ou des rejet\u00e9s de la grande ville, qui peuvent y travailler mais qu\u2019elle vomit le soir, pour les cacher dans ses zones sombres.&nbsp; Le roman de Cesbron sera, au contraire, un livre joyeux, comme l\u2019enfance, avec ses moments de liesse et ses grandes peurs que cet \u00e2ge amplifie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la catastrophe. L\u2019auteur a presque trente ans lorsqu\u2019il \u00e9crit ce premier livre, mais il a incontestablement gard\u00e9 \u00ab&nbsp;l\u2019esprit d\u2019enfance&nbsp;\u00bb, qui est le bien le plus pr\u00e9cieux d\u2019un \u00e9crivain, et que bien peu ont su conserver.<\/p>\n\n\n\n<p>Les h\u00e9ros constituent une bande d\u2019enfants, que la morale d\u2019aujourd\u2019hui dirait \u00ab&nbsp;livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames&nbsp;\u00bb, ce qui n\u2019a aucun sens dans le contexte de l\u2019\u00e9poque. Ces enfants ne sont pas abandonn\u00e9s par leurs parents, ils sont laiss\u00e9s la bride sur le cou. Ce n\u2019est pas du tout la m\u00eame chose. Leurs parents m\u00e8nent leurs vies d\u2019adultes, besogneuses et sans r\u00eaves, et les enfants consument de toutes leurs forces leur enfance. Rappelons aux lecteurs les plus jeunes qu\u2019il fut un temps o\u00f9 les gosses jouaient dans la rue avec les enfants du quartier et m\u00eame ceux d\u2019ailleurs, qu\u2019ils rentraient souvent seulement aux heures des repas, lors des jeudis libres (avant l\u2019institution du mercredi) et durant les vacances. Il n\u2019y avait pas plus d\u2019affaires sordides malgr\u00e9 cela, mais bien moins au contraire. Pourquoi donc&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ces enfants avaient d\u00e9couvert, dans un p\u00e2t\u00e9 de maisons pr\u00e9caires des fortifs une habitation abandonn\u00e9e qu\u2019ils avaient pris l\u2019habitude d\u2019occuper lors de leurs moments libres et qui \u00e9tait devenue, de fait, leur quartier g\u00e9n\u00e9ral, sous le regard bienveillant des occupants des maisons voisines. Par la gr\u00e2ce de l\u2019auteur, nous d\u00e9couvrons ce refuge en m\u00eame temps que nous faisons la connaissance du groupe, qui comprend des grands et des petits. Les grands se surnomment <em>Lancelot<\/em>, <em>Milord<\/em> et <em>Cypriano<\/em>, il y a un \u00e2ge m\u00e9dian, c\u2019est <em>Martin<\/em>, le seul qui porte son pr\u00e9nom, et les deux petits, <em>Le Gosse<\/em> et <em>V\u00e9vu<\/em>. Ce dernier zozote \u00e9norm\u00e9ment et a \u00e9t\u00e9 ainsi surnomm\u00e9 \u00e0 cause de sa fa\u00e7on de prononcer \u00ab&nbsp;J\u00e9sus&nbsp;\u00bb, qui devient \u00ab&nbsp;V\u00e9vu&nbsp;\u00bb. Nous ne conna\u00eetrons jamais l\u2019identit\u00e9 v\u00e9ritable de ces enfants, preuve manifeste que Cesbron ne se situe pas sur le plan d\u2019un r\u00e9alisme civil, mais dans le monde de l\u2019enfance o\u00f9, nous l\u2019avons tous v\u00e9cu, les surnoms sont les seuls que nous utilisons et m\u00e9morisons, \u00e0 tel point que, lorsque nous retrouvons, de longues ann\u00e9es plus tard, des camarades d\u2019enfance, ce sont ces surnoms qui nous viennent en premier aux l\u00e8vres. Dans le groupe existe une hi\u00e9rarchie de fait, les deux petits et Martin sont des soldats, les trois autres sont des officiers, pour prendre une image militaire. L\u2019enfance se construit par mim\u00e9tisme sur la soci\u00e9t\u00e9 des adultes. L\u2019enfance chinoise n\u2019est pas la m\u00eame que l\u2019enfance europ\u00e9enne ou am\u00e9rindienne. La puret\u00e9 originelle de l\u2019enfant est tr\u00e8s rapidement corrompue par le monde environnant, c\u2019est in\u00e9vitable. Sans doute est-ce cela le p\u00e9ch\u00e9 originel r\u00e9el. Il existe une hi\u00e9rarchie de fait dans le groupe de six et celle-ci va jouer un r\u00f4le majeur dans le r\u00e9cit. Les petits soldats ex\u00e9cutent des missions simples et doivent ob\u00e9ir, les grands pensent et dirigent. Cesbron s\u2019y entend fort bien pour nous faire vivre, par V\u00e9vu interpos\u00e9, cette situation de soumission-admiration. V\u00e9vu est tout entier captiv\u00e9 par Lancelot, qui lui appara\u00eet comme le strat\u00e8ge infaillible du groupe, bien au-dessus de Milord et Cypriano. C\u2019est cette admiration sans bornes qui le conduira \u00e0 faire l\u2019\u00e9loge de son camarade \u00e0 un jeune homme qu\u2019il va c\u00f4toyer durant sa nuit de prison, car V\u00e9vu va se retrouver arr\u00eat\u00e9 par la police et gard\u00e9 en cellule toute une nuit, \u00e0 la suite d\u2019une des op\u00e9rations brillantes planifi\u00e9es par les grands. Or, cet \u00e9loge finira par conduire Lancelot \u00e0 sa perte, entra\u00een\u00e9 par ce jeune homme \u00e0 commettre un vol qui tournera mal et dont il sera consid\u00e9r\u00e9 comme le seul responsable. L\u00e0, l\u2019histoire enfantine virera au drame dans le monde des adultes et une page se tournera pour l\u2019\u00e9quipe. L\u2019auteur n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 nous narrer un conte ou \u00e0 nous donner une nostalgie euphorisante&nbsp;: le r\u00e9el cruel rattrape les enfants et le monde insouciant de leur \u00e2ge se d\u00e9chire brusquement et violemment. Mais, laissons-l\u00e0, pour l\u2019heure ce passage au drame.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant la plus grande partie du livre, l\u2019auteur nous fait vivre les jeux et les projets des enfants. Il n\u2019a pas son pareil pour trouver mots et phrases qui font mouche et nous emportent avec eux avec ces gamins des fortifs. Il n\u2019est pas question de d\u00e9voiler le contenu complet du livre. Je choisirai seulement deux exemples remarquables. Le premier occupe le chapitre 2 du roman, au sujet duquel il faut citer une anecdote donn\u00e9e par Paul Guth dans sa pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019oeuvre de Cesbron (Volume I, <em>La tradition Fontquernie<\/em>, p. 19). Quand parurent en France Les innocents de Paris, Colette, alors tr\u00e8s grand \u00e9crivain de la France enfin en paix, convoqua le jeune auteur pour lui dire qu\u2019elle aurait voulu avoir \u00e9crit \u00ab&nbsp;<em>ce chapitre du tunnel<\/em>&nbsp;\u00bb. Ce chapitre, long d\u2019environ vingt-cinq pages, aurait pu \u00eatre une nouvelle, tant il a&nbsp; d\u2019unit\u00e9 et de consistance. L\u2019argument est simple&nbsp;: Milord, un des grands d\u00e9cide d\u2019aller, seul, explorer un tunnel d\u00e9saffect\u00e9 qui se trouve pr\u00e8s des fortifs et dont on lui a parl\u00e9 avec un certain sens du secret. Qui&nbsp;? Un des habitants du quartier des fortifs, que les gamins ont surnomm\u00e9 le P\u00e8re D\u00e9sormais, qui semble ne plus avoir toute sa t\u00eate. Il a laiss\u00e9 entendre qu\u2019il y avait des choses surprenantes dans ce tunnel interdit aujourd\u2019hui. Il n\u2019en a pas fallu plus pour d\u00e9cider Milord \u00e0 se lancer dans cette excitante exploration. Il laisse un message aux copains dans leur maison et s\u2019en va seul affronter la noirceur du tunnel. Au bout de sa marche, pas toujours rassur\u00e9, il va d\u00e9couvrir un vieux wagon officiel datant de l\u2019exposition universelle de 1900, qui a \u00e9t\u00e9 remis\u00e9 l\u00e0, puis oubli\u00e9. Ce wagon \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 accueillir les souverains europ\u00e9ens. Il est donc luxueux dans son principe. Milord d\u00e9couvre ainsi de la vaisselle, des insignes de la R\u00e9publique et d\u2019autres restes de l\u2019\u00e9poque. Il est fascin\u00e9 par sa trouvaille et se demande comment il va pouvoir tirer profit de cette d\u00e9couverte pour accro\u00eetre son prestige dans le la petite confr\u00e9rie. Mais h\u00e9las&nbsp;! il entend du bruit et voit bient\u00f4t arriver le reste de la troupe, partie \u00e0 sa recherche. Le secret est \u00e9vent\u00e9, il doit le partager. Tous s\u2019\u00e9merveillent devant cette pi\u00e8ce de mus\u00e9e. Puis, il faut rebrousser chemin et revenir \u00e0 l\u2019air libre, o\u00f9 la nuit est d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9e. Ce chapitre est en effet une petite merveille d\u2019\u00e9criture qui se suffit \u00e0 elle-m\u00eame. Cesbron fait la d\u00e9monstration de son talent et de son bel esprit d\u2019enfance&nbsp;; on comprend que Colette en ait \u00e9t\u00e9 admirative, elle qui avait su si bien d\u00e9crire les \u00e9mois de sa jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le second exemple, j\u2019avoue h\u00e9siter entre deux chapitres \u00e9galement passionnants&nbsp;: la nuit en prison de V\u00e9vu ou&nbsp; l\u2019op\u00e9ration au Parc Monceau. Chacun de ces chapitres est une pure r\u00e9ussite. Je laisse mon lecteur d\u00e9couvrir le s\u00e9jour en prison de V\u00e9vu \u2013 qui ne sera pas inscrit \u00e0 son casier judiciaire, soyez rassur\u00e9s d\u2019avance&nbsp;!- qui est directement li\u00e9 au chapitre III, vous verrez comment. Titr\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>Terreur au Parc Montceau&nbsp;<\/em>\u00bb, il ne faut pas en imaginer un film d\u2019horreur.&nbsp; La petite bande, sous l\u2019impulsion des chefs, les plus \u00e2g\u00e9s, a d\u00e9cid\u00e9 de se fixer des d\u00e9fis divers \u00e0 accomplir durant&nbsp; la semaine de vacances. Ce sont le plus souvent des d\u00e9fis enfantins, souvent adapt\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e2ge des h\u00e9ros. Ainsi Le Gosse a pour mission de v\u00e9rifier si c\u2019est bien vrai que, sous le pont Alexandre, on entend ce que els gens disent sur l\u2019autre rive. On le voit, en soi, ce d\u00e9fi en pr\u00e9sente aucun danger, mais il peut \u00eatre difficile a r\u00e9aliser pour un jeune enfant, car il implique de se rendre jusqu\u2019au pont Alexandre (III), plut\u00f4t \u00e9loign\u00e9 de leurs bases. V\u00e9vu doit suivre jusqu\u2019au bout un enterrement dans la banlieue de Paris (et ce pour la quatri\u00e8me fois). Quant \u00e0 Milord, il doit obtenir du P\u00e8re D\u00e9sormais une longue \u00e0 ajouter \u00e0 leur Tr\u00e9sor. Mais Lancelot estime que tous ces d\u00e9fis sont des bricoles. Lui leur propose un d\u00e9fi qui durera toute la semaine. C\u2019est le r\u00e9cit de ce grand d\u00e9fi qui constitue la mati\u00e8re du chapitre III. Le cadre est tr\u00e8s pr\u00e9cis, c\u2019est le Parc Monceau. Un Parc que Gilbert Cesbron conna\u00eet fort bien, puisqu\u2019il est n\u00e9, en 1913, dans la plaine de Montceau, tout pr\u00e8s de ce grand espace vert urbain qui doit tout \u00e0 Napol\u00e9on III. Ce sont donc ses souvenirs personnels qui vont lui servir \u00e0 construire son r\u00e9cit. Un des personnages, apr\u00e8s l\u2019expos\u00e9 du projet (dont nous ne savons rien au d\u00e9but), dit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tu sais que tous les enfants des Riches vont jouer au Parc Montceau.&nbsp;\u00bb (P. 78.)<\/p>\n\n\n\n<p>La majuscule au mot \u00ab&nbsp;riche&nbsp;\u00bb n\u2019est pas une erreur ou une coquetterie de l\u2019auteur. Elle est la racine du plan. Les Riches constituent, pour ces gamins issus de milieux prol\u00e9tariens, une entit\u00e9 sociale dont ils sont exclus, \u00e0 la fois socialement et spatialement. Le Parc Montceau et les fortifs sont deux univers disjoints, o\u00f9 vivent des personnes qui s\u2019ignorent mutuellement, m\u00eame si chacun sait que l\u2019autre existe et qu\u2019il n\u2019a pas une bonne image de lui<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Le plan subversif de Lancelot consiste \u00e0 semer la panique chez les bourgeois et les nourrices de leurs enfants. Cesbron va donc s\u2019en donner \u00e0 c\u0153ur joie, en inventant des perturbations diverses dont les six banlieusards seront les auteurs. Ainsi le jeudi, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 bouleverser toutes les \u00e9tiquettes de la marchande de beignets du Parc, ce qui a entra\u00een\u00e9 des injustices vite flair\u00e9es par les nourrice et un d\u00e9but de manifestation qui a contraint ladite vendeuse \u00e0 plier boutique, non sans avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9valis\u00e9 des friandises les moins ch\u00e8res selon les nouveaux tarifs. Le lendemain, c\u2019\u00e9tait la s\u00e9ance de Guignol qui avait \u00e9t\u00e9 affich\u00e9e gratuite, ce qui a \u00e9videmment entra\u00een\u00e9 des probl\u00e8mes s\u00e9rieux entre le public venu nombreux et les g\u00e9rants. Ainsi tout au long de la semaine, des d\u00e9r\u00e8glements nouveaux perturb\u00e8rent &nbsp;la vie de ce lieu plut\u00f4t calme. Tout cela culmine, le mercredi par une bataille rang\u00e9e entre la bande des six et les enfants de riches qui se sont structur\u00e9s, eux aussi, en bande. Cela se termina par l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une troupe d\u2019agents de police, avertis par les populations fr\u00e9quentant habituellement le Parc. Un des gardiens du Parc, qui a tout compris du man\u00e8ge, au fil des jours et rep\u00e9r\u00e9 les responsables, avertit les gar\u00e7ons de l\u2019arriv\u00e9e de la police, mais le petit V\u00e9vu se fait distancer et finit par \u00eatre attrap\u00e9 par la police. Voici comment V\u00e9vu se retrouva au commissariat du quartier et finit par y passer la nuit.&nbsp; Ce chapitre est remarquablement construit et \u00e9crit&nbsp;; l\u2019auteur sait m\u00e9nager le suspens et nous mettre du c\u00f4t\u00e9 des fauteurs de troubles, comme ce brave gardien, le brigadier Petitbara, qui a sans doute retrouv\u00e9 ses r\u00e9flexes de classe le temps de quelques jours. Cesbron nous montre des enfants malins et organis\u00e9s, mais il sait aussi ne pas leur faire r\u00e9aliser de vrais forfaits. Ce qu\u2019ils font ressemble \u00e0 ce qui pouvait se faire autrefois lors des journ\u00e9es de Carnaval. \u00c9videmment l\u2019arrestation de V\u00e9vu est une catastrophe, d\u2019autant plus que les autres n\u2019y ont pas assist\u00e9. Ce s\u00e9jour en prison va \u00eatre le point de bascule du roman, car V\u00e9vu va y rencontrer un jeune homme qui est un vrai voyou. L\u2019enfant, voulant briller va lui raconter les secrets de la bande et ainsi les mettre en danger futur.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne d\u00e9voilerai pas plus du contenu de ce roman. Il faut le lire dans son int\u00e9gralit\u00e9 et se laisser porter par cet esprit d\u2019enfance qui l\u2019anime. Mais on aurait tort de croire que c\u2019est, comme je l\u2019ai dit plus haut, une sorte de Club des Six des Fortifs. Il s\u2019agit, derri\u00e8re les r\u00e9cits aventureux des protagonistes, d\u2019une v\u00e9ritable r\u00e9flexion sur ce qu\u2019on pourrait appeler la soci\u00e9t\u00e9 des enfants&nbsp;, ses rapports avec celle des adultes, sa capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019\u00e9merveiller, sa na\u00efvet\u00e9, donc sa faiblesse face aux gens mal dispos\u00e9s. Tout cela est esquiss\u00e9, m\u00eame la fin dramatique o\u00f9 Lancelot se trouve dans une situation grave \u00e0 cause de ce jeune voyou qui l\u2019a s\u00e9duit et abandonn\u00e9 lorsque le danger \u00e9tait l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce premier livre annonce cependant l\u2019\u00e9volution ult\u00e9rieure de l\u2019auteur, qui deviendra un \u00e9crivain aux pr\u00e9occupations sociales av\u00e9r\u00e9es. Nous venons d\u2019\u00e9voquer la vision binaire des enfants, eux et les Riches. Tout au long de son \u0153uvre abondante, Gilbert Cesbron sera attentif aux \u00ab&nbsp;petits&nbsp;\u00bb, aux faibles, aux gens caboss\u00e9s par la vie. Dans ce premier livre, il y a un chapitre tr\u00e8s surprenant, le cinqui\u00e8me, dont le titre peut surprendre dans un tel ouvrage, \u00ab&nbsp;Paris en sang&nbsp;\u00bb. Il ne s\u2019agit nullement d\u2019une aventure des gamins, mais du r\u00e9cit de la Commune de Paris par un de ses anciens acteurs, devenu un vieillard malade. Or, il se trouve que ce vieillard est le p\u00e8re d\u2019un des habitants du quartier des fortifs que l\u2019auteur appelle \u00ab&nbsp;le photographe&nbsp;\u00bb&nbsp;; un homme qui se prom\u00e8ne toujours avec un parapluie et un appareil photographique. C\u2019est en butant contre lui et en chutant que V\u00e9vu a \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 par les forces de l\u2019ordre. Car le photographe hante le Parc Monceau r\u00e9guli\u00e8rement. Les gar\u00e7ons le tiennent donc pour responsable de l\u2019arrestation de V\u00e9vu et veulent se venger de lui, en le cambriolant. C\u2019est Martin qui est d\u00e9sign\u00e9 pour l\u2019op\u00e9ration. Mais ils ignorent que cet homme loge avec son p\u00e8re. Celui-ci surprend Martin dans son exploration et le retient de force. Il va le forcer \u00e0 \u00e9couter ses souvenirs de combattant communard.&nbsp; Quelque part, dans une interview, Cesbron, \u00e0 propos de ce livre et de l\u2019inclusion de cet \u00e9pisode, explique qu\u2019il voulait absolument mettre un passage sur la commune et qu\u2019il a trouv\u00e9 un stratag\u00e8me pour cela. Le lecteur se rend bien compte que ce r\u00e9cit ne fait pas vraiment partie de la trame du roman, qu\u2019il est une sorte d\u2019appendice. Passons sur le contenu du r\u00e9cit, tr\u00e8s vraisemblable, car l\u2019auteur s\u2019est bien renseign\u00e9. Ce qui est int\u00e9ressant est le fait qu\u2019il ait choisi de faire ce r\u00e9cit du point&nbsp; de vue d\u2019un communard et non d\u2019un versaillais. Certes, il ne cache pas les tueries qui ont \u00e9t\u00e9 faites par les insurg\u00e9s pour se d\u00e9fendre, mais on sent que son c\u0153ur est plut\u00f4t de leur c\u00f4t\u00e9, car ils sont le peuple de Paris (comme lui qui est un vrai parisien) assi\u00e9g\u00e9 et combattu par les bourgeois (les Riches du Parc Montceau). Ce vieillard, cinquante ans apr\u00e8s les faits, vit encore dans son cauchemar, il a besoin d\u2019en parler et, ici, singuli\u00e8rement \u00e0 un repr\u00e9sentant de la jeune g\u00e9n\u00e9ration qui ignore tout de l\u2019\u00e9pisode. Les gamins renonceront \u00e0 se venger du photographe, mais seront tout fiers de conna\u00eetre son secret.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre est donc la naissance d\u2019un auteur. On comprend tr\u00e8s bien qu\u2019il ait gagn\u00e9 le prix de la Guilde du&nbsp;Livre suisse, car il a une r\u00e9elle fra\u00eecheur et originalit\u00e9 de ton qui donnera le style Cesbron. Il est toujours \u00e9mouvant de lire la premi\u00e8re \u0153uvre d\u2019un auteur qui a connu le succ\u00e8s, comme ce fut le cas de Cesbron, un des plus gros vendeurs de livres des ann\u00e9es 1950 \u00e0 1970. Il ach\u00e8ve son ouvrage par cette mention tr\u00e8s surprenante&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;ADIEU DONC, ENFANTS DE MON C\u0152UR 6 Octobre 1942.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Comme Bernanos ou Camus, il ne fera jamais le deuil de son enfance et en cultivera l\u2019esprit de livre en livre.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Michel Dauriac \u2013 Mai 2024 \u2013 Les Bordes\/Beychac<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Pour plus de pr\u00e9cisions, voir l\u2019article de Wikip\u00e9dia, qui est une bonne synth\u00e8se&nbsp;: <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/La_Zone_(Paris)\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/La_Zone_(Paris)<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Cela me fait irr\u00e9m\u00e9diablement penser \u00e0 l\u2019agglom\u00e9ration bordelaise o\u00f9 les habitants des deux rives de la Garonne nourrissent les m\u00eames sentiments et la m\u00eame ignorance humaine. La rive droite est celle des travailleurs et prol\u00e9taires, hier les \u00ab&nbsp;classes dangereuses&nbsp;\u00bb, qui ont toujours vot\u00e9 \u00e0 gauche et donc sont \u00ab&nbsp;socialo-marxistes&nbsp;\u00bb comme le disait jacques Chirac avec un petit sourire manipulateur. La rive gauche est celle du centre de Bordeaux et des beaux quartiers de banlieue, population bourgeoise, fortunes du n\u00e9goce et, jadis, du commerce des esclaves, avec le vote de droite qui convient. De nombreux \u00e9l\u00e8ves des lyc\u00e9es de la rive gauche n\u2019ont jamais mis les pieds sur la rive droite, alors que les jeunes de rive droite viennent le samedi apr\u00e8s-midi go\u00fbter \u00e0 la vraie ville et \u00e0 ses mirages (ceci est toujours d\u2019actualit\u00e9).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>e commence ici un cycle d\u2019articles critiques sur l\u2019oeuvre romanesque de Gilbert Cesborn, \u00e0 partir de l\u2019ensemble publi\u00e9 par les Editions Rencontre dans les ann\u00e9es&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1124\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Les innocents de Paris &#8211; Gilbert Cesbron<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,6],"tags":[],"class_list":["post-1124","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-critiques","category-les-livres-litterature","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1124","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1124"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1124\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1127,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1124\/revisions\/1127"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1124"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1124"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1124"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}