{"id":1014,"date":"2023-08-16T09:57:29","date_gmt":"2023-08-16T08:57:29","guid":{"rendered":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1014"},"modified":"2023-08-16T10:08:52","modified_gmt":"2023-08-16T09:08:52","slug":"indecence-urbaine-pour-un-nouveau-pacte-avec-le-vivant-guillaume-faburel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1014","title":{"rendered":"Ind\u00e9cence urbaine \u2013 Pour un nouveau pacte avec le vivant &#8211; auteur :  Guillaume Faburel"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><\/h1>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/indecence-urbaine-couv.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"293\" height=\"456\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/indecence-urbaine-couv.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1016\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/indecence-urbaine-couv.jpg 293w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/indecence-urbaine-couv-193x300.jpg 193w\" sizes=\"auto, (max-width: 293px) 100vw, 293px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Paris, \u00e9ditions Climats, 2023, 22 \u20ac.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin&nbsp;! dirais-je. C\u2019est la premi\u00e8re fois que je lis un livre de g\u00e9ographe qui explicite clairement le probl\u00e8me urbain mondial, avec ses cons\u00e9quences \u00e0 court et long terme, alors que pendant pr\u00e8s de trente ans j\u2019ai tenu ce discours lucide devant mes \u00e9tudiants de Classe Pr\u00e9pa. Guillaume Faburel est professeur d\u2019\u00e9tudes urbaines \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Lumi\u00e8re Lyon 2, et enseigne aussi \u00e0 Sciences Po Lyon et Paris. Si j\u2019en crois ce livre, il est le loup dans la bergerie. Ce livre fait suite \u00e0 deux autres ouvrages ant\u00e9rieurs dont j\u2019aurais l\u2019occasion de reparler un peu plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Le titre m\u2019a attir\u00e9 d\u2019embl\u00e9e, car il est tr\u00e8s juste. C\u2019est effectivement le fait que la ville manque totalement de d\u00e9cence dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle, tant en France qu\u2019au niveau mondial. Rappelons que la population mondiale n\u2019est devenue majoritairement urbaine qu\u2019en 2007, selon les statistiques officielles. Le taux d\u2019urbanisation<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a> actuelle serait estim\u00e9 \u00e0 56,9% en 2022, selon l\u2019ONU. On peut donc dire qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la plan\u00e8te la ville est encore faiblement dominante en population. Mais il en est tout autrement en termes de pouvoir et de richesses. L\u00e0, sa sup\u00e9riorit\u00e9 est \u00e9crasante. C\u2019est d\u2019autant plus vrai si l\u2019on consid\u00e8re les pays occidentaux les plus riches. M\u00eame dans un pays rural et agricole comme la France, le ph\u00e9nom\u00e8ne urbain est devenu dominant \u00e0 tous \u00e9gards. Dans son ouvrage, Guillaume Faburel aborde la question \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, tout en jouant sur des jeux de zoom, dans le cadre des exemples abord\u00e9s. Il est ind\u00e9niable qu\u2019il poss\u00e8de une grande connaissance du fait urbain actuel. Toutes ses assertions sont sourc\u00e9es et \u00e9tay\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet est explicit\u00e9 en partie dans le sous-titre\u00a0: <em>Pour un nouveau pacte avec le vivant<\/em>. Il laisse bien entendre la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une refondation. C\u2019est la d\u00e9monstration de cette n\u00e9cessit\u00e9 qui constitue la premi\u00e8re partie de l\u2019ouvrage, dont le titre est r\u00e9f\u00e9rentiel et r\u00e9sonne avec l\u2019actualit\u00e9 litt\u00e9raire de l\u2019\u00e9t\u00e9\u00a0: <em>L\u2019insoutenable l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de l\u2019\u00eatre urbain<a id=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\"><strong>[2]<\/strong><\/a><\/em>. Dans le contexte intellectuel, technique et politique de la punique dominante, il semble incongru de s\u2019attaquer \u00e0 la ville, surtout \u00e0 la grande ville. En effet, la doxa rab\u00e2ch\u00e9e sans interruption par les politiques, \u00e9lus locaux, penseurs de cour et universitaires-vassaux est que l\u2019avenir de l\u2019humanit\u00e9 est dans la m\u00e9tropole, laquelle est par\u00e9e de toutes les vertus. Ne lui doit-on pas le terme d\u2019\u00ab\u00a0urbanit\u00e9\u00a0\u00bb, d\u00e9signant la qualit\u00e9 de civilis\u00e9 et de cultiv\u00e9 depuis l\u2019\u00e9poque romaine\u00a0? La ville est le lieu o\u00f9 s\u2019\u00e9panouit la culture sous toutes ses formes, par opposition \u00e0 la rusticit\u00e9 un peu bestiale des campagnards, ces \u00ab\u00a0ploucs\u00a0\u00bb ignares. La ville est le lieu de l\u2019innovation\u00a0: il est notoire que tout ce qui compte y a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9, et m\u00eame si c&rsquo;est faux, rien ne vaut la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019un mensonge pour en faire une v\u00e9rit\u00e9. La ville est le lieu o\u00f9 se cr\u00e9e la richesse \u2013 la crise de 1929 en est le plus fabuleux contre-exemple\u00a0! \u2013 qui doit \u00ab\u00a0ruisseler\u00a0\u00bb sur les campagnes, si tout va bien. La ville est le lieu de la proximit\u00e9 humaine, donc des contacts, de la f\u00eate, des \u00e9changes\u2026 Et tant pis si Michel Sardou a chant\u00e9 \u00ab\u00a0dans les villes de grande solitude\u00a0\u00bb. La ville d\u2019aujourd\u2019hui serait, de plus, devenue le lieu \u00e9cologique par excellence, celui de la sobri\u00e9t\u00e9 collective et de la lutte contre le r\u00e9chauffement climatique. J\u2019arr\u00eate l\u00e0 cet enfilage de clich\u00e9s r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 sati\u00e9t\u00e9 dans tous les cercles de pouvoir et de communication. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/metropoles-France.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"685\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/metropoles-France-1024x685.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1019\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/metropoles-France-1024x685.png 1024w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/metropoles-France-300x201.png 300w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/metropoles-France-768x514.png 768w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/metropoles-France.png 1100w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>La France des m\u00e9tropoles, telle qu&rsquo;enseign\u00e9e dans les lyc\u00e9es: propagande diffuse!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans les quatre premiers chapitres de son livre, G. Faburel d\u00e9molit consciencieusement ces l\u00e9gendes, en adoptant le ton du pamphlet. C\u2019est d\u2019ailleurs le seul qui soit \u00e0 la hauteur de la morgue et de l\u2019ind\u00e9cence des urbains et de leurs promoteurs id\u00e9ologiques. Je ne reprendrai pas ici le d\u00e9tail de sa d\u00e9monstration, mais elle s\u2019appuie sur des donn\u00e9es pr\u00e9cises, chiffr\u00e9es et \u00e9manant des meilleures sources ou \u00e9tudes. Soulignons qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une d\u00e9molition int\u00e9grale qui entend supprimer le fait urbain, mais de la destruction d\u2019une idole moderne. Car la ville a sa raison d\u2018\u00eatre et son utilit\u00e9, nul ne le conteste, et pas du tout l\u2019auteur. Mais il montre fort bien que cette utilit\u00e9 n\u2019a de sens que si elle est \u00e9quilibr\u00e9e par rapport aux autres milieux, ce qui n\u2019est plus du tout le cas dans les pays les plus d\u00e9velopp\u00e9s, lesquels, h\u00e9las !, servent de mod\u00e8les aux pays \u00e9mergents. Au sein de son expos\u00e9, l\u2019auteur incorpore des t\u00e9moignages divers qui sont autant de contrepoint au discours dominant. Cela va de la cantalienne contrainte d\u2019aller en ville pour travailler, aux couples revenant \u00e0 la campagne ou aux extraits de documents divers. Au terme de ces 130 premi\u00e8res pages, la fragilit\u00e9 r\u00e9elle des grandes villes est d\u00e9montr\u00e9e, autant que l\u2019escroquerie de certains discours promotionnels. Mais si on en restait l\u00e0, ce ne serait qu\u2019un pamphlet de plus, comme tant de penseurs de gauche savent en produire. Fort heureusement, il y a une seconde partie.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde partie est titr\u00e9e \u00ab&nbsp;Habiter autrement la Terre&nbsp;\u00bb, donc nous propose de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un changement radical de vie. Le d\u00e9but de la d\u00e9marche commence par un constat \u00e9difiant&nbsp;: toutes les enqu\u00eates effectu\u00e9es depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es montrent qu\u2019une majorit\u00e9 de personnes souhaitent vivre hors des grandes villes. Et ce serait une grave erreur de croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un fait r\u00e9cent. G. Faburel cite une enqu\u00eate de 1965, dans laquelle 65% des Fran\u00e7ais disaient d\u00e9j\u00e0 leur d\u00e9sir de voir la taille des villes limit\u00e9es et reprocher son caract\u00e8re inhumain \u00e0 la vie urbaine (page 146). De fait, les mouvements d\u00e9mographiques attestent des nombreux d\u00e9parts des m\u00e9tropoles. Les aires urbaines croissent seulement par leurs p\u00e9riph\u00e9ries. Le confinement li\u00e9 \u00e0 la pand\u00e9mie de Covid19 a bien montr\u00e9 la limite de supportabilit\u00e9 des modes de vie concentrationnaires des grandes villes fran\u00e7aises. Il existe de nombreuses raisons de quitter la grande ville, que Faburel \u00e9tudie successivement, comme les probl\u00e8mes \u00e9cologiques \u2013 qui vont totalement \u00e0 rebours des discours officiels -, ou les probl\u00e8mes de prix du foncier. Certes, ces d\u00e9sirs de d\u00e9part ne se concr\u00e9tisent pas, le plus souvent ou, s\u2019ils aboutissent, ils donnent des n\u00e9oruraux ou des rurbains p\u00e9tris de la mentalit\u00e9 urbaine, en d\u00e9calage avec leur nouveau milieu. Mais cela dit que le malaise est profond.<\/p>\n\n\n\n<p>Partir, certes, mais pour aller o\u00f9\u00a0? La question est d\u2019importance.\u00a0 Comme je l\u2019ai dit plus haut, il est impossible de renoncer \u00e0 la ville. Mais on peut imaginer un nouveau syst\u00e8me urbain, construit sur d\u2019autres standards, tir\u00e9s de l\u2019observation de terrain. G. Faburel avance une taille optimale de 30\u00a0000 habitants pour la ville d\u00e9sirable. Pour ma part je soutiens un seuil plus bas aux alentours de 20\u00a0000 habitants, soit la taille d\u2019une ville comme Libourne. Mais il va bien plus loin en proposant un mod\u00e8le d\u2019autonomie, fonc\u00e9 sur la production vivri\u00e8re et donc, sur la mise \u00e0 disposition de terrain cultivable, soit des jardins de 200 \u00e0 1200 m\u00b2 pour l\u2019autonomie l\u00e9gumi\u00e8re d\u2019une famille. Ceci implique \u00e9videmment un retournement de tendance absolue, avec une occupation du sol qui revient \u00e0 la campagne ou \u00e0 la France des faibles densit\u00e9s, la fameuse \u00ab\u00a0diagonale du vide\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/village-iserois-metropole-de-Grenoble.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/village-iserois-metropole-de-Grenoble.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1020\" style=\"width:600px;height:400px\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/village-iserois-metropole-de-Grenoble.jpg 600w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/village-iserois-metropole-de-Grenoble-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Un village is\u00e9rois, absurdement inclus dans la m\u00e9tropole de Grenoble.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>De cette proposition d\u00e9coule alors un nouveau mode d\u2019organisation spatiale et soci\u00e9tale. Faburel appelle cela \u00ab\u00a0l\u2019horizon bior\u00e9gional\u00a0\u00bb. La bior\u00e9gion se d\u00e9finit \u00e0 la fois par un cadre g\u00e9ographique physique et des activit\u00e9s humaines. Il s\u2019agit de trouver un \u00e9quilibre entre \u00e9cologie et production, entre autosuffisance et \u00e9changes. L\u2019auteur n\u2019esquive pas le probl\u00e8me induit capital, celui du syst\u00e8me politique ad\u00e9quat. Bien entendu, le centralisme jacobin technocratique s\u2019av\u00e8re non seulement obsol\u00e8te, mais aussi nuisible. Il faut proc\u00e9der \u00e0 un \u00ab\u00a0d\u00e9m\u00e9nagement du territoire\u00a0\u00bb, dont on comprend bien qu\u2019il prend le contrepied du fameux \u00ab\u00a0am\u00e9nagement du territoire\u00a0\u00bb, cr\u00e9ation gaullienne inspir\u00e9e de l\u2019apr\u00e8s-guerre et des travaux de Jean-Fran\u00e7ois Gravier. Ce sont les hommes et les femmes qui doivent bouger et choisir leurs lieux et leur gouvernance. Le seul r\u00e9gime possible est bien celui de l\u2019autogestion, soit en r\u00e9alit\u00e9 le retour \u00e0 un anarchisme communautaire et municipaliste. Si je ne puis qu\u2019approuver la logique de cette d\u00e9monstration, il faut bien admettre qu\u2019elle est parfaitement utopique. Faburel cite en exemple le Chiapas. Mais on sait avec quelles difficult\u00e9s se maintient ce projet et je vois mal la transposition en France, avec pour base les communaut\u00e9s diverses existant en Ard\u00e8che\u00a0; Loz\u00e8re ou autre Ari\u00e8ge, comme le propose l\u2019auteur. Mais il faut lui reconna\u00eetre le grand m\u00e9rite d\u2019avancer des propositions concr\u00e8tes, quand la plupart des critiques de gauche se bornent au pamphlet et \u00e0 l\u2019incantation nostalgique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre est une lecture roborative, qui contraste avec les discours consensuels mensongers sur les vertus de la m\u00e9tropolisation et la propagande qui entraine les masses \u00e0 se concentrer de plus en plus, dans le monde comme dans notre pays.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Guillaume-Faburel_8824.webp\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Guillaume-Faburel_8824.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-1015\" style=\"width:520px;height:346px\" width=\"520\" height=\"346\" srcset=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Guillaume-Faburel_8824.webp 520w, https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Guillaume-Faburel_8824-300x200.webp 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Guillaume Faburel, professeur d&rsquo;Universit\u00e9 \u00e0 LYON2<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage n\u2019est pas exempt de d\u00e9fauts. Un des plus aga\u00e7ants est certains tics de langage. L\u2019auteur abuse, par exemple, du terme \u00ab&nbsp;<em>r\u00e9empaysannement<\/em>&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;<em>r\u00e9empuissantement<\/em>&nbsp;\u00bb. Ce type de n\u00e9ologisme est malheureusement un tic de langue r\u00e9v\u00e9lateur du moule universitaire contre lequel l\u2019auteur se dresse explicitement et v\u00e9h\u00e9mentement (tout en en vivant). Au fil de la lecture, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 souvent h\u00e9riss\u00e9 par ces termes inutiles. On peut les retirer du texte sans dommage.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre d\u00e9faut, sp\u00e9cifiquement universitaire, est l\u2019accumulation d\u2019un appareil de notes pl\u00e9thorique. Il y a quasiment quarante pages de r\u00e9f\u00e9rences&nbsp;! C\u2019est absolument insupportable pour le lecteur s\u00e9rieux comme moi, qui ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019aller v\u00e9rifier. La lecture est hach\u00e9e et perd donc beaucoup de son efficacit\u00e9. Je sais bien que l\u2019affichage massif de r\u00e9f\u00e9rences est une preuve d\u2019\u00e9rudition et de recherche, tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 dans le microcosme de l\u2019Universit\u00e9. Mais il ne faut pas croire leurrer le lecteur averti&nbsp;: il sait bien qu\u2019il est impossible d\u2019avoir lu tout cela et qu\u2019il est l\u00e0 face \u00e0 ce qui peut \u00eatre de la cuistrerie. Une solide bibliographie s\u00e9lective terminale aurait largement suffi et aurait permis de r\u00e9duire les notes aux compl\u00e9ments vraiment utiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces remarques critiques ont pour but d\u2019aider l\u2019auteur \u00e0 all\u00e9ger le livre et \u00e0 le rendre vraiment lisible par le grand public curieux, car ce n\u2019est pas en restant dans le petit gotha universitaire que ces id\u00e9es pourront faire des petits. Tel quel, il reste un ouvrage pr\u00e9cieux \u00e0 lire et \u00e0 faire conna\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Michel Dauriac \u2013 Ao\u00fbt 2023.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Pourcentage de la population qui vit en zone urbaine.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Le romancier tch\u00e8que-fran\u00e7ais Milan Kundera, auteur du c\u00e9l\u00e9brissime livre qui porte ce titre, est mort le 11 juillet 2023, \u00e0 Paris.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris, \u00e9ditions Climats, 2023, 22 \u20ac. Enfin&nbsp;! dirais-je. C\u2019est la premi\u00e8re fois que je lis un livre de g\u00e9ographe qui explicite clairement le probl\u00e8me urbain&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/?p=1014\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Ind\u00e9cence urbaine \u2013 Pour un nouveau pacte avec le vivant &#8211; auteur :  Guillaume Faburel<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10,4,5],"tags":[],"class_list":["post-1014","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dans-lactualite","category-les-critiques","category-les-livres-essais","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1014","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1014"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1014\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1022,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1014\/revisions\/1022"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1014"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1014"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjeanmi.danslamarge.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1014"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}