PUissance et puissants dans ce monde et dans la Bible
5 février 2012 à 5:32 | Dans Non classé | Laisser un commentairePuissance(s) et Puissant(s) dans notre monde et dans la Bible
Qu’est-ce que la puissance ?
Grand Larousse encyclopédique dit :
1. Force et intensité d’un phénomène, efficacité.
2. Pouvoir et autorité dans le domaine économique et social.
3. Personne ou chose qui exerce une grande influence.
Ceci, rapporté à notre existence donne les cas suivants :
1. La puissance des éléments, d’un séisme , d’un choc…
2. La puissance d’un syndicat, d’un groupe de pression, d’un parti…
3. La puissance du capitalisme, de l’argent, de la peur, de la mode…
Les 3 sens ci-dessus sont souvent conjugués.
Nous nous proposons d’aborder ce thème en deux temps :
§ La puissance et les puissants aujourd’hui, dans notre monde de 2012 (en lien avec l’ actualité)
§ Les chrétiens, la Bible et la Puissance
Puissance et puissants de ce monde.
A : La place de la puissance dans les discours et la réalité de la vie politique et sociale des nations.
§ Le président Obama aux Etats-Unis : Il n’a pas pu appliquer la plus grande partie de son programme de 2008, à cause de l’opposition républicaine et du système politique américain lui-même ; et pourtant, on le présente partout comme « l’homme el plus puissant du monde ».
§ Le président Sarkozy en France, a inondé ses discours depuis 2007 de promesses les plus diverses. Le bilan est assez mitigé. Certaines promesses étaient tout simplement inapplicables : le Droit au Logement Opposable par exemple !
Il ne suffit donc pas de promettre ou de vouloir pour pouvoir, même quand on détient officiellement les leviers du pouvoir.
Deux exemples de l’actualité récente vont encore plus loin :
§ Silvio Berlusconi, élu légitime du peuple italien a dû démissionner de son poste de Président du Conseil des Ministres de l’Italie, non pour sa conduite personnelle très discutable, mais pour des raisons économiques.

§ Georges Papandréou, Premier Ministre Grec a également dû rendre son tablier, pour cause de crise financière et non pour un désaveu démocratique.
Dans ces deux cas, le pouvoir qui avait été donné à ces hommes par un vote légitime a été balayé par des injonction venus de forces non démocratiques et souvent occultes.
B : Les pouvoirs « obscurs » du monde présent :
§ Les « Marchés, sont devenus l’acteur premier de la vie des peuples et des pays depuis quelques années. Or, qu’est-ce que ces « marchés » ? Quelques villes mondiales qui ont une bourse jouant un rôle planétaire sur le marché des matières premières ou des capitaux. Et quelques milliers de gros investisseurs qui se partagent les avoirs des multinationales qui font travailler les terriens. Alors que nous sommes plus de 7 milliards d’individus, ce sont quelques milliers ou dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui dirigent nos pays de fait.
§ Les « agences de notation » sont omniprésentes dans nos informations depuis 2008. Or, il s’agit de trois ou quatre officines comprenant des juristes, des économistes et des analystes financiers qui évaluent des milliards de gens au travail. Ce pouvoir exorbitant émane de la demande initiale des banques et des Etats qui ont poussé à la création de ces agences au début du XXème siècle, afin de mieux choisir leurs partenaires économiques. Un siècle plus tard, elles font la loi sur la planète !
§ Les banques et institutions financières. C’est la faillite de la banque américaine Lehmann Brothers qui a enclenché le mécanisme de la crise actuelle (comme en 1929 !)
Tous ces « pouvoirs » et les « puissants » qui y oeuvrent existent par une perversion du système économique et financier. Ils ont outrepassé leurs fonctions premières et nous les avons laissé faire.
C : les institutions mondiales :

Sur le papier elles sont très puissantes. Assez en tout cas pour avoir mis à genoux des pays et des peuples dans les années 1980-90. Il s’agit du FMI, de Fed, banque centrale américaine, de la Banque mondiale, de la BCE ou de l’OMC.
En réalité, leurs moyens d’actions sont aujourd’hui faibles face aux vraies puissance et à leur mobilité.
D: La puissance de l’argent :
§ La racine de tout cela est l’appât du gain, la cupidité. On voit cela avec l’affaire Maddoff ou la crise des subprimes. L’argent « facile » a poussé à l’invention de produits financiers tellement sophistiqués que les banquiers eux-mêmes ne les maîtrisent pas ! Il s’agit alors d’une croyance irrationnelle aux lois prétendues du « marché », qui en réalité est par essence « sans foi ni loi ».
§ Les vrais maîtres du monde actuels sont anonymes par choix et prudence :
- Les énormes fonds de pensions américains, japonais ou canadiens, qui jouent au casino avec l’épargne-retraite de ces pays, et parfois sans que nous le sachions, avec les nôtres (exemple du PERP).

- Les holdings financières internationales. Le mot « Clearstream » est connu des Français pour un scandale politique, mais c’est avant tout une de ces machines anonymes et apatrides à faire de l’argent de toutes les manières possibles, parfois mêmes illégales (blanchiment d’argent sale)
- Les Fonds Souverains qui sont les fonds investisseurs des Etats riches du monde et qui jouent le même jeu spéculatifs que les autres (Chine, Arabie Saoudite, Qatar…).
Ce sont eux qui, par leurs banques, décident de soutenir oud ‘abandonner une entreprise/ exemple de la Raffinerie Petroplus de Rouen (55O salariés sur le tapis) à laquelle on a coupé les crédits bancaires.
§ L’argent est au-dessus des lois communes par deux mécanismes principaux :
- Les divers paradis fiscaux qui affranchissent pratiquement de tout aspect social voire légal.
- La corruption, qui est le modus vivendi de notre système. « Tout le monde s’achète, c’est juste une question de prix » est leur adage. Ceux que l’on ne peut acheter doivent passer la main ou sont supprimés.
Face à cet état des lieux, nous voyons bien que la puissance n’est pas où on tente de nous faire croire qu’elle est, et que tout cela est lié à l’injustice, donc au mal.
La Bible, les Chrétiens, la Puissance et les puissants
A : La Bible, l’argent et nous :
Les Evangiles abondent de récits ou d’exhortations qui traitent de l’argent ou des biens matériels, ce qui prouve bien que, déjà à cette époque cela posait problème.
§ Luc 16 :10 à 14 pose la base de tout :
« 10 Celui qui est fidèle en peu de choses est aussi fidèle dans ce qui est important, et celui qui est injuste en peu de choses est aussi injuste dans ce qui est important.
11 Si donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui vous confiera le (bien) véritable?
12 Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à un autre, qui vous donnera ce qui est à vous?
13 Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres. Car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.
14 Les Pharisiens, qui aimaient l’argent, écoutaient tout cela et raillaient Jésus. »
Ici l’amour de l’argent est personnifié dans le Dieu Mammon :
« Mammon, mot d’origine araméenne, signifiant « riche ». Néanmoins son étymologie est obscure. Certains le rapprochent de l’hébreu matmon, signifiant trésor, argent.
D’autres le rapprochent du phénicien mommon signifiant bénéfice.
Dans le Talmud, ainsi que dans le Nouveau Testament, le mot « Mammon » signifie « possession » (matérielle), mais il est parfois personnifié.
« Aucun homme ne peut servir deux maîtres : car toujours il haïra l’un et aimera l’autre. On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon. (Matthieu 6:24). »
C’est une pratique courante chez les Kabbalistes de donner à un ange, le nom de sa fonction. Ainsi l’ange/démon Mammon a été créé depuis ce contexte biblique. Mammon est l’ange de la richesse et le démon de l’avarice.
Sainte Françoise Romaine (1384-1440) présente Mammon comme étant un des trois princes des Enfers, soumis à Lucifer uniquement. Il préside aux divers péchés que fait commettre l’amour de l’argent.
Jacques Ellul, quant à lui, écrit dans La subversion du christianisme que Mammon est une partie de Satan, une de ses caractéristiques, un moyen de le définir. Il y consacre d’ailleurs toute une partie de son ouvrage.
Dans son ouvrage L’Unique et sa propriété, le philosophe allemand Max Stirner associe Mammon à une divinité illusoire à laquelle sacrifieraient les impies, par opposition avec le Dieu des croyants pieux. »
Extrait de l’article Wikipedia.
§ Notre but n’est pas d’accumuler les biesn etd e thésauriser l’argent. Ceci nous est clairement dit par Jésus lors du Sermon sur la Montagne :
Matthieu 6 : 19 à 21 :
« 19 Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs percent et dérobent,
20 mais amassez des trésors dans le ciel, où ni les vers ni la rouille ne détruisent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent.
21 Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur. »
Notre destin est une autre accumulation que l’ »accumulation capitaliste » décrite par Karl Marx dans « « Le Capital ».
§ Derrière l’argent, il y a des tentations graves :
- D’abord l’avarice, péché dénoncé par L’Evangile : Luc 12 : 15
« 15 Puis il leur dit: Gardez-vous avec soin de toute avarice; car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l’abondance. »
- L’idolâtrie de l’argent, qui peut devenir notre divinité.
- L’ apostasie de fait, en croyant que notre argent peut nous sortir de toute situation ou tout achter. Rappelons-nous ici l’épisode de Simon le Magicien dans Actes 8 : 18 à 23.
« 18 Lorsque Simon vit que l’Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur apporta de l’argent et dit:
19 Donnez-moi aussi ce pouvoir; que celui à qui j’imposerai les mains reçoive l’Esprit Saint.
20 Mais Pierre lui dit: Que ton argent aille à la perdition avec toi, puisque tu as pensé acquérir le don de Dieu à prix d’argent.
21 Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton coeur n’est pas droit devant Dieu.
22 Repens-toi donc de ta pensée mauvaise, et prie le Seigneur pour que l’intention de ton coeur te soit pardonnée, s’il est possible;
22 car je vois que tu es en proie à l’amertume du fiel et aux liens de l’injustice. »
B : Face aux Princes de ce monde, nous avons aussi la parole de Jésus.
Marc 12 : 14 à 17
« 14 Ils viennent lui dire: “Maître, nous savons que tu es franc et que tu ne te laisses pas influencer par qui que ce soit: tu ne tiens pas compte de la condition des gens, mais tu enseignes les chemins de Dieu selon la vérité. Est-il permis, oui ou non, de payer le tribut à César? Devons-nous payer ou ne pas payer?”
15 Mais lui, connaissant leur hypocrisie, leur dit: “Pourquoi me tendez-vous un piège? Apportez-moi une pièce d’argent, que je voie!”
16 Ils en apportèrent une. Jésus leur dit: “Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles?” Ils lui répondirent: “De César.”
17 Jésus leur dit: “Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.” Et ils restaient à son propos dans un grand étonnement. »
Gardons-nous du déni de l’autorité, comme de l’idolâtrie ou de la confusion des rôles. Le pouvoir politique a une utilité s’il est juste, mais son domaine est la vie civile, rien de plus. Il n’est pas l’autorité dans le domaine moral ou spirituel.
Paul va plus loin encore dans un des textes les plus mal interprétés du Nouveau testament, souvent mis à toutes les sauces de la soumission ou de la collaboration. Il mériterait une analyse de détail, car il ne dit pas ce qu’il semble évidemment dire.
Romains 13 : 1 à 7 :
« 1 Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir, car il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par lui.
2 Ainsi, celui qui s’oppose à l’autorité se rebelle contre l’ordre voulu par Dieu, et les rebelles attireront la condamnation sur eux-mêmes.
3 En effet, les magistrats ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu ne pas avoir à craindre l’autorité? Fais le bien et tu recevras ses éloges,
4 car elle est au service de Dieu pour t’inciter au bien. Mais si tu fais le mal, alors crains. Car ce n’est pas en vain qu’elle porte le glaive: en punissant, elle est au service de Dieu pour manifester sa colère envers le malfaiteur.
5 C’est pourquoi il est nécessaire de se soumettre, non seulement par crainte de la colère, mais encore par motif de conscience.
6 C’est encore la raison pour laquelle vous payez des impôts: ceux qui les perçoivent sont chargés par Dieu de s’appliquer à cet office.
7 Rendez à chacun ce qui lui est dû: l’impôt, les taxes, la crainte, le respect, à chacun ce que vous lui devez. »
Ce texte ne dit rien d’autre que ce que dit Jésus à plusieurs reprises.
C : Pour que le Chrétien, qu’est-ce que la Puissance et les Puissants ?
§ Au-dessus de toute chose se trouve Dieu, dont un des noms est celui de « Tout-Puissant » - El Schaddai en hébreu.
Genèse 17 :1
« 1 Lorsqu’Abram fut âgé de 99 ans, l’Éternel apparut à Abram et lui dit: Je suis le Dieu Tout Puissant. Marche devant ma face et sois intègre. »
§ Le Saint-Esprit est présenté comme une puissance qui nous est donnée.
Actes 1 :8
« 8 Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »
Luc 24 :49
« 49 Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Pour vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez, d’en haut, revêtus de puissance.” »
Nous avons donc à notre disposition cette puissance surnaturelle promise à tous croyants.
§ Jésus est aussi tout puissant, il le dit en Matthieu 28 :18
« 18 Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles: “Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. »
§ Les messagers de Dieu, les anges sont aussi porteurs de la puissance de Dieu. Exemple de Actes 12 :7 :
« 7 Et voici qu’un ange du Seigneur survint, et qu’une lumière brilla dans la cellule. L’ange réveilla Pierre, en le frappant au côté; puis il dit: Lève-toi promptement! Les chaînes tombèrent de ses mains. »
Mais en face de cette puissance divine, existent aussi des puissances opposées. Il faut garder notre lucidité et ne pas nous tromper de cible dans nos combats.
D : Nous avons aussi des adversaires dont il ne faut pas mésestimer la puissance
§ Au premier rang, se trouve Satan, le diabolos en grec, soit le « diviseur »
1 Pierre 5 :8
« 8 Soyez sobres, veillez! Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. »
§ Il existe ensuite des puissances qui sont « dans les lieux célestes »
Ephésiens 6 :12
« 12 Ce n’est pas à l’homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux. »
§ L’argent est aussi à situer dans ces adversaires de l’Eglise et des crooyants.
Apocalypse 3 :17
«17 Parce que tu dis: je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien, et que tu ne sais pas que tu es misérable, pitoyable, pauvre, aveugle et nu, »
§ Enfin, la synthèse de tout cela est dans ce que Jean appelle dans son épitre « Le Monde et son esprit ».
1 Jean 5 :19
« 19 Nous savons que nous sommes de Dieu, mais le monde tout entier gît sous l’empire du Mauvais. »
Ce sont ces puissances-là que nous combattons et qui nous combattent.
La puissance de nos congénères est factice ou temporaire au mieux ; elle ne peut atteindre que notre corps et nos biens. Identifions-la, respectons-la quand elle est juste, mais ne la craignons pas et luttons contre les vraies puissances adverses.
Don, générosité et vie chrétienne
1 mars 2009 à 8:01 | Dans Bible et vie, Non classé | Laisser un commentaire
Partie 1 : actualité du don :
Citation d’Alain Caillé, anthropologue, à rappeler :
« Tout l’enjeu des prochaines années va être de mobiliser la société pour retrouver, au-delà du tout-Etat et du tout-marché, le sens du don, de la solidarité, de la gratuité. Cela ne se fera pas tout seul. Car les morales, laïque et religieuse, qui portaient ces valeurs n’ont pas su les actualiser face à la déferlante néo-libérale. Il nous reste à effectuer un véritable travail de refondation des valeurs démocratiques. Le temps presse. »
cité in « La Vie » - 30 octobre 2008.
Quels types de dons aujourd’hui ? pour simplifier on peut proposer quatre catégories (non-exhaustives évidemment)
1/ les « dons » des Etats, liés à la crise financière actuelle, qui ne sont que des versions urgentes des subventions antérieures :
- dons aux grandes banques françaises, contre seul engagement de maintenir ouvert le crédit, ce qu’elles ne font manifestement pas.
- dons aux grands constructeurs automobiles américains (Ford, Chrysler et General Motors) qui demandaient 34 MM de $ et n’ont obtenu que 17 MM !
Ce sont de purs cadeaux, qui ne sont assortis d’aucune obligation réelle, mais de vœux pieux ou de symboles pour distraire le peuple qui souffre (la suppression des « bonus des dirigeants bancaires en France ou la limitation des salaires de PDG aux EU à 500 000 $ !). En fait c’est une forme de vol de l’argent collectif, public, celui des contribuables qui sert à renflouer des entreprises totalement privées dont la politique de licenciements continuera comme avant.
2/ Les dons des philantropes :
pas nouveau, car datant de l’antiquité gréco-romaine, avec les mécènes. S’est poursuivi durant tout le cours de l’histoire ( la famille des Médicis à Florence est réputé pour cela ). La version actuelle est la Fondation, société à statut particulier qui vient des E.Unis. Le philantrope a gagné beaucoup d’argent dans les affaires (pas toujours moralement proprement !) et « rachète » sa conscience en donnant une partie de ses immenses gains. C’est toujours mieux que rien, évidemment. Dans l’actualité, deux grandes fondations jouent un rôle mondial, celle de Bill & Melinda Gates, et celle de Georges Soros. La première s’occupe des déshérités et surtout des enfants et des victimes du SIDA en Afrique, l’autre aide à tout progrès vers la démocratie. Ces fondations sont alimentées par des dons défiscalisés et ne paient elles-mêmes pas d’impôts.
3/ Les dons des chercheurs, en sciences humaines surtout. Là, le don est simplement un objet d’étude que l’on passe au crible de l’observation. Pour les sociologues et anthropologues, il n’y a pas de don « pur » (nous dirions, nous chrétiens « gratuit »), mais tout don appelle un « contre-don », conscient ou inconscient. L’observation est subtile et très souvent vraie. Mais le surnaturel divin n’y a aucune place. Ce qui est vrai pour un dîner entre connaissances ne l’est pas pour le salut ou l’offrande !
4/ les dons des individus ordinaires : charité, solidarité…Ils obéissent certes souvent à la logique du contre-don inconscient : on donne aux Resto du Cœur en pensant que si on était en situation de nécessité absolue, on aimerait bien recevoir. On peut plus parler de solidarité que de don au sens biblique.
Dans cette catégorie de don qui est la plus massive, l’affectif joue un rôle majeur : Lors du Tsunami du pacifique, les français ont été plus généreux que d’habitude, car les médias ont beaucoup plus insisté sur cette catastrophe-là que sur d’autres, car il y avait des victimes françaises. Qu’en aurait-il été des dons si ce n’avait pas été le cas ? Mais, il faut constater qu’en règle générale, les pauvres donnent proportionnellement plus que les riches, ils sont plus généreux.
Retenons aussi que le don est souvent une façon élégante de se débarrasser de son superflu. D’où une grande ambiguïté.
Nous allons revenir sur la générosité un peu plus loin.
Comment avoir un point de vue chrétien et biblique sans adopter l’attitude du monde profane ou être influencé par lui ?
Partie 2 : Dans notre foi, le don est basique et présent sous deux aspects liés.
1/ Jean 3 : 16, encore et toujours, est clair.
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.
Jésus a donné lui-même sa vie. Nous sommes au bénéfice exclusif d’un don gratuit (« par grâce » au sens étymologique). Certes ce don en espère, en désire un autre en contre-don, mais il est gratuit par essence car anonyme .
2/ en échange de la réception de l’Evangile et de ce don, nous pouvons si nous le voulons (c’est la conversion) agir aussi sous forme de don.
Romains 6 :13 :
Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice.
Dieu va au-delà encore et donne son plan pour l ‘humanité
3/ Ceci se résume donc dans le verset célèbre de 1 Timothée 2 :3
3 Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur,
4 qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.
Reprenons cela dans l’ordre au moyen d’un schéma rapide :
Partie 3 : Quelques enseignements et mises en pratique
Qu’avons-nous reçu en don de Dieu
1/ La vie éternelle : Jean 3 :16
2/ L’assurance spirituelle d’être enfant de Dieu :
Jean 1 : 9 à 13
Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.
10 Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue.
11 Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue.
12 Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés,
13 non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.
3/ Le Saint-Esprit, le Consolateur : Actes 1 :3-4
3 Après qu’il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu.
4 Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit-il;
5 car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit.
Promesse faite à tous : Jean 15 :26
Jean 15:26 Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi;
4/ La paix de Dieu : Jean 14 :27
27 Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s’alarme point.
5/ Des talents divers à faire fructifier : Matthieu 25 : 14 à 30
14 ¶ Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens.
15 Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit.
16 Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents.
17 De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres.
18 Celui qui n’en avait reçu qu’un alla faire un creux dans la terre, et cacha l’argent de son maître.
19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte.
20 Celui qui avait reçu les cinq talents s’approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m’as remis cinq talents; voici, j’en ai gagné cinq autres.
21 Son maître lui dit: C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
22 Celui qui avait reçu les deux talents s’approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m’as remis deux talents; voici, j’en ai gagné deux autres.
23 Son maître lui dit: C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
24 Celui qui n’avait reçu qu’un talent s’approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé, et qui amasses où tu n’as pas vanné;
25 j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi.
26 Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que j’amasse où je n’ai pas vanné;
27 il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt.
28 Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.
29 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a.
30 Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.
2/ Comment avons-nous reçu ?
« Je ne vous donne pas comme le monde donne… » dit Jésus . Que signifie cette expression ? Au minimum qu’il y a deux façons de donner distinctes : celle du monde (voir partie 1) et celle de Jésus. L’affirmation de Jésus vise à encourager les disciples. Donc, le don par Jésus est supérieur aux dons du monde. Il est d’une autre catégorie, ne rentre pas dans les calculs humains. Ce que nous avons reçu de Jésus (et donc de Dieu par lui) est bien meilleur et d’une nature différente : ce don ne peut se détruire et se corrompre. 1 Pierre 1 :14
4 pour un héritage qui ne peut ni se corrompre, ni se souiller, ni se flétrir; il vous est réservé dans les cieux,
C’est le don le meilleur : ce qui est venu par grâce de Dieu est notre vraie richesse.
3/ Que devons-nous donner et comment le donner ?
C’est là qu’intervient la générosité, cette belle qualité.
L’étymologie du mot est intéressante : Generosus= de bonne ou noble race, donc animé de sentiments nobles, de bonne source. Elément complémentaire de définition : « Qui donne plus qu’il n’est tenu de faire » (1677)
Rappelons-nous que nous sommes maintenant fils de roi, donc de noble race et que nos sentiments ont cette source.
- nous devons donner tout ce que nous avons reçu gratuitement au plan spirituel ; il ne faut rien garder, c’est la condition pour que ce soit sans cesse renouvelé : cf le vin des noces de Cana ou la multiplication des pains.
- Mais nous devons aller au-delà et pratiquer la générosité absolue par amour. Deux textes importants et difficiles pour nous.
Matthieu 6 : 19 à 21
19 ¶ Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent;
20 mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent.
21 Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur.
Matthieu 5 : 40-42
40 Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
41 Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.
42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.
Jésus appelle à dépasser la mesure. Il n’y a pas de don raisonnable dans le programme divin. Il y a un don généreux qui fait plus que ce qui convient.
Dans la logique de l’Evangile, nous n’avons pas à être économe . Matthieu 6 : 25-34
25 ¶ C’est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?
26 Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux?
27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie?
28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent;
29 cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.
30 Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi?
31 Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus?
32 Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
33 Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.
L’épargne n’est pas une qualité chrétienne. Seules les dettes sont proscrites par le message de l’Evangile : Romains 13 :8
Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres; car celui qui aime les autres a accompli la loi.
Or le discours du monde actuel est tout autre :
- valorisez votre épargne, assurez votre vieillesse, vos enfants, vos biens… Ces principes sont en fait d’un autre esprit que celui de Jésus.
- Utilisez votre temps libre et votre argent pour prendre soin de vous. Le développement personnel est la grande mode, on remplit des rayons de librairie là-dessus, y compris dans les publications chrétiennes. Ceci aussi est en contradiction avec ce que dit Jésus. Par vocation céleste, nous sommes « sauvés pour servir », selon la belle devise de l’Armée du Salut. Et non sauvés pour jouir.
- Etre généreux, c’est être inconséquent, imprévoyant. Ce n’est pas ce que dit Jésus ou ce qu’écrit Paul.
Donnons non seulement le message spirituel du salut par l’Esprit, mais donnons nos talents avec les deux sens du terme, argent et capacités.
Et en plus, donnons notre temps. Ne tombons pas dans le piège que nous tend le monde : l’hédonisme, l’égoïsme, la jouissance, la qualité de la vie, le développement personnel… autant de trappes sous nos pas.
C’est quand je me suis allégé de tout que je peux recevoir et communier.
Texte de Bill Deraime ou écoute du morceau « Rien ne Pourra »
Rien ne pourra me séparer de toi
Rien, non rien ne pourra me séparer
Rien, non rien ne pourra me séparer de toi
Rien, non rien ne pourra me séparer
Rien, non rien ne pourra me séparer de toi
Dans la tempête et dans la nuit,
C’est ta main qui me conduit.
Dans le désert où je m’enfuis,
C’est ta loi qui me suffit.
Quand je suis seul, tu me donnes ta main.
Si je t’appelle, tu m’écoutes comme un père.
Quand je me perds, tu oublies tout
Pour me chercher très loin, tu vas jusqu’au bout,
Jusqu’au bout…
Rien, non rien ne pourra me séparer
Rien, non rien ne pourra me séparer de toi
Rien, non rien ne pourra me séparer
Rien, non rien ne pourra me séparer de toi
Lorsque j’ai soif, c’est ton eau que tu me donnes,
Mon Dieu, que ton eau est bonne…
Lorsque j’ai faim, c’est ton pain que tu me romps,
Mon Dieu, que ton pain est bon…
Quand je me vide, tu me combles de vie.
Quand je m’enterre, tu m’attires au Paradis.
Quand je descends, c’est ton bras qui me soulève.
Cent fois je tombe, cent fois tu me relèves,
Tu me relèves…
Rien, non rien ne pourra me séparer
Rien, non rien ne pourra me séparer de toi
Rien, non rien ne pourra me séparer
Rien, non rien ne pourra me séparer de toi
Paroles et musiques de Bill Deraime
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