Qu’est-ce qui ne va pas , Docteur ? Les dysfonctionnements de notre société

7 décembre 2018 à 11:15 | Dans Non classé | Laisser un commentaire

 

 

Introduction

 

Si on prend la peine de mettre côte à côte les bavure, ratés, dysfonctionnements et inepties de notre société, un tableau étrange se dessine.

Un grand pays, moderne, peuplé par une population éduquée et formée, avec un haut degré de technique, connaît des problèmes multiples, certains logiques – nul n’est parfait -, d’autres plus inquiétants, compte tenu du haut degré technique et de la qualification des personnels. Il ne s’agit pas ici de tout peindre en noir et de ne voir que les erreurs, mais de réfléchir à ce que cela nous dit sur notre société et notre mode de vie. Que pouvons-nous faire en tant que citoyen chrétien ?

La démarche sera classique, en trois temps :

  1. Les ratés : petit choix et exemples
  2. Pourquoi ces ratés ?
  3. Y-a-t-il une réponse chrétienne ?

 

I / Petit florilège des dysfonctionnements

 

Nous irons des plus graves aux plus drolatiques.

 

A / Dans le domaine de la santé

 

  • La situation générale des hôpitaux en France, suite à une politique comptable et libérale-concurrentielle est très mauvaise : effectifs insuffisants, personnels épuisés (burn-out) ; locaux saturés, fermetures de petites unités ou d’hôpitaux locaux…

Les services d’urgence  sont dans une situation critique, notamment quand viennent hiver et été. Des nuits sur des brancards pour des patients en attente, des décès faute de prise en charge rapide, tensions et violences envers les personnels d’accueil…

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Exemples :

A Reims, une femme de 60 ans est morte aux urgences d’un arrêt cardiaque alors qu’elle n’est pas encore prise en charge depuis un long moment.

A Rennes, une femme de 73 ans meurt alors que le plateau d’urgences accueille 100 personnes et qu’il y a 27 personnes à l’accueil.

(lecture d’extrait de l’article de Sud-Ouest)

 

  • Le scandale des médicaments.

Après le Médiator, une nouvelle alerte sur les médicaments et leur gestion, avec l’affaire du Lévothyrox, médicament pris par 2,3 millions de personnes ayant des problèmes chroniques avec leur thyroïde.

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Sans se prononcer sur le fond (les symptômes ressentis par les patients), il faut prendre la mesure de l’immense cafouillage national qui a suivi le remplacement de ce médicament par une nouvelle formule, dans laquelle on a changé l’excipient du comprimé. Selon les informations disponibles, il y eu une grave défaillance d’information des patients. Des procès sont en cours et le laboratoire Merck s’est engagé à fournir l’ancienne formule durant l’année 2019 pour les patients qui en ont besoin. Mais pas question de revenir à l’ancienne formule au lactose. Nous verrons pourquoi plus loin.

Il faut aussi signaler les ruptures d’approvisionnement de médicaments de plus en plus fréquentes et des patients gravement atteints qui ne peuvent plus suivre leur traitement régulièrement (maladies chroniques, cancers…). Là aussi nous évoquerons les raisons profondes.

 

  • Le cas dramatique du SAMU de Strasbourg.

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             En décembre 2017, Une jeune femme de 22 ans, Naomi Musenga, habitante de l’agglomération strasbourgeoise appelle le SAMU de Strasbourg depuis chez elle où elle se trouve seule. Il est 11 h du matin. Elle a de violentes douleurs au ventre et saigne abondamment. Son appel, où elle répète « Je vais mourir », n’est pas pris en compte et après l’avoir calmée, on l’incite à appeler SOS médecin et on lui raccroche au nez. Elle ne parvient pas à appeler SOS médecin, se trompant de numéro à cause de son état ; elle finit par appeler une proche qui vient chez elle et les appelle aussitôt devant l’état de Naomi. Le médecin de SOS médecin appelle aussitôt le SAMU qui arrive vers 15 h. Elle est embarquée dans l’ambulance ; elle tombe dans le coma dans le transport. Elle décède à 17 h 30. L’autopsie n’aura lieu que 5 jours plus tard et la décomposition des tissus ne permettra pas un bilan approfondi à part la notion d’hémorragie. Naomi était mère d’une petite fille.

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L’affaire n’éclate qu’en mai 2018 par la publication d’un article de la presse alsacienne. Le directeur du CHU n’a connaissance de ce cas que par cet article. Il décide alors de se renseigner et découvre l’affaire ; il reçoit la famille dans la foulée et lance les investigation. Les parents ont déposé une plainte, l’affaire est en cours.

Le SAMU a gravement dysfonctionné : l’auxiliaire de régulation (qui n’est pas médecin) n’a pas compris la situation et agi avec légèreté (on parle de plaisanteries entendues au téléphone par Naomi avec les autres membres du personnel). La personne a été mise hors circuit en attendant les conclusions judiciaires.

 

  • Rappelons, pour clore sur ce chapitre, les cas répétés de gens opérés par erreur car inversion de dossiers médicaux ou manque de concentration des personnels, sans oublier les actes chirurgicaux inutiles (Prothèses, ablations…).

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Le domaine de la santé est donc très riche en erreurs de tous genres, très graves car mettant l’intégrité des personnes, voir leur vie en jeu. Sans évoquer les maladies nosocomiales.

 

B / Les dysfonctionnements sociaux et politiques

 

  • L’exemple des impôts : la France est le pays qui a le plus fort taux de prélèvements obligatoires dans son PIB.. Voyons quelques cas récents.

Le gouvernement actuel d’Edouard Philippe a eu comme première décision fiscale de supprimer l’ISF (impôt sur la fortune), pour le remplacer par un impôt sur l’immobilier. Ce cadeau à ceux qui sont les plus riches était des plus urgents ! On sait qu’ils s’arrangeaient très bien pour contourner l’ISF : Le Canard  Enchaîné a publié l’ISF payé par les plus grandes fortunes de France, beaucoup n’en payaient pas du tout !

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En parallèle, le gouvernement, au nom de l’écologie et de la transition énergétique, concept mou que personne ne peut sérieusement définir, augmente la taxe carbone sur les carburants et surtout sur le Diesel, le méchant carburant polluant que l’Etat a encouragé pendant des décennies. Mais pas un centime sur le kérosène ou sur les carburants des transports maritimes. Les punis de l’écologie sont donc les automobilistes banlieusards ou ruraux, c’est incontestable.

Or, mathématiquement, la perte due à la suppression de l’ISF correspond exactement au montant de l’augmentation des taxes sur le carburant. Cherchez l’erreur !

  • La taxe d’habitation, impôt injuste et redondant avec la taxe foncière pour les propriétaires doit être diminuée de 30% cette année, mais dans le même temps plus de 6 000 maires l’augmentent massivement pour compenser leurs pertes de dotations. La mesure est donc annulée en grande partie pour de nombreux contribuables modestes.
  • La fameuse transition énergétique est proclamée urbi et orbi, mais on supprime les crédits d’impôts pour toute une série de rénovations.

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  • Le gaspillage alimentaire : de nombreux français ne font pas trois repas par jour , mais on jette et gaspille la nourriture de manière scandaleuse.
  • Les salaires de PDG augmentent annuellement de montant à deux chiffres, les dividendes n’ont jamais été aussi importants pour les actionnaires, mais les retraites sont limitées à un 0,3% d’augmentation après avoir été gelées des années ; les salaires de la fonction publiques sont également gelés depuis des années. Alors comment ne pas se réjouir quand le PDG de Renault Nissan est pris pour  avoir fraudé sur la déclaration de ses 45 000€ quotidiens !

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  • Le mépris incroyable des dirigeants pour le peuple et surtout pour les ruraux (« qui fument des clopes et roulent au Diesel » selon la belle formule de Benjamin Griveaux, pépite de la Macronie), totalement ignorés et inconnus des légions du nouveau pouvoir, urbain et de classes aisées. Il se produit exactement l’inverse de ce que le président Macron a mis en avant pour être élu.

 

Les dysfonctionnements évoqués ci-dessus sont en fait des actes volontaires qui traduisent une idéologie et une conception de la société et l’homme.

 

C / Les dysfonctionnements techniques

 

  • Les ratés du nouveau système de délivrance des cartes grises : la nouvelle procédure ne parvient pas à respecter les délais de délivrance, ce qui met en péril toute une catégorie d’automobilistes et empêche par exemple d’aller à l’étranger avec une voiture non immatriculée définitivement.

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  • Les radars fous qui arrivent à verbaliser des tracteurs à 160 km/h ou en plein Paris alors qu’ils sont au fin fond de la campagne creusoise.
  • L’administration qui réclame des arriérés de quelques centimes à des citoyens (alors que le traitement a coûté beaucoup plus cher que cela) ou procède à des versements du même type.
  • Les propriétaires qui ne peuvent plus rentrer habiter chez eux parce que des squatters qui s’y sont installés sont protégés par la loi.

 

On pourrait dresser un inventaire à la Prévert de toutes ces stupidités qui pourrissent la vie des citoyens.

 

* * * * *

 

II / Pourquoi ces dysfonctionnement ?

 

Il faut aller au-delà des constats et chercher les raisons profondes de ces bavures diverses. On peut ramener à quelques grandes causes les ratés évoqués ci-dessus.

 

A / Les défaillances techniques : elles sont de toutes sortes. Une machine reste un machine et peut donc tomber en panne ou bugger, vue la place tenue par l’informatique. Notre dépendance est immense et rend nos sociétés très fragiles, voire dangereuses. Et on parle d’aller toujours plus loin, avec les voitures autonomes, les robots chirurgiens et autres joyeusetés du même acabit.

Jacques Ellul ou le philosophe Heidegger avaient signalé haut et fort les risque qu’il y avait à se soumettre à la technique sans discernement. Il n’ont pas été entendu et compris. Il est triste de constater que nous ne tirons aucune leçon des ratés, mais que nous apportons des solutions techniques à ces ratés techniques, augmentant ainsi notre dépendance : à quand la suppression de la monnaie, invention pluri-millénaire qui a permis les échanges de tous types.

 

B / L’appât du gain est le moteur du monde capitaliste contemporain, c’est le seul critère de réussite reconnu et recherché, l’étalon qui pèse les hommes. Nos enfants et nos jeunes gens sont éduqués dans ce culte de la performance et de la compétition : malheur au faible et au perdant…

La notion de rentabilité prime tout autre raison, y compris dans les secteurs où ceci est criminel comme la santé. Le Lévothyrox a changé de formule pour s’adapter au marché chinois, où l’intolérance au lactose est massive ; les pénuries de médicaments chez nous sont dues à des envois massifs sur les marchés où ces produits sont plus profitables, les hôpitaux sont sous la loi de la tarification des actes effectués ; les urgences sont surchargées car il ya des gens de plus en plus nombreux sans mutuelle et des déserts médicaux  où les médecins en veulent pas s’installer, entre autres pour des raisons bassement financières.

La recherche du profit maximal amène à enfreindre les règles morales, éthiques, sanitaires et sécuritaires : chaque jour nous en apporte des exemples. Le cas des centrales nucléaires françaises est emblématique de ce risque : EDF veut les prolonger au-delà de ce qui était la limite initiale, pour des raisons de gains. Qu’il y ait des risques colossaux avec le vieillissement ne les inquiète nullement ; ce sont des dégât collatéraux, comme on dit.

 

C / Les erreurs humaines font également partie des causes. L’humain est faillible. Certaines erreurs peuvent avoir des conséquences mortelles, comme pour Naomi Musenga ou les patientes de Reims et Rennes citées plus haut. De nombreux accidents de toute nature sont imputables à des fautes d’acteurs humains (déraillements de trains, crashes aériens…). Ceci a toujours existé mais est aujourd’hui décuplé dans ses conséquences par la technique. Ce qui est vraiment nouveau aujourd’hui, c’est la pression qui pèse sur le travailleur et le pousse à la faute. Cette pression est due à la recherche du profit maximal et l’homme n’est plus qu’un facteur de production parmi d’autres.

 

D / Un autre facteur est la profonde ignorance de l’autre, du facteur humain. On peut parler de déshumanisation dans de nombreux secteurs : voyez les conditions de travail dans les EPHAD.

La plate-forme d’accueil téléphoniques ou les centres d’appel sont la négation de l’humanité de l’homme et des rapports personnels ; tapez 1, tapez 2…

La dictature des codes, chiffres, mots de passe et identifiants est terrifiante. Et nous sommes tous à la fois complices et victimes.

 

Quoi d’étonnant alors que certains poussent le délire jusqu’à vouloir une société de robots ou d‘individus augmentés, de manipulations scientifiques en tout genre. Ce n’est que l’aboutissement absurde de cette société inhumaine.

 

Les chrétiens ont-ils quelque chose à faire et à dire ?

 

* * * * *

 

III / Et les chrétiens dans tout ça ?

 

Le chrétien est-il interpellé par tout cela ? Peut-il être indifférent ? A-t-il le droit de se comporter selon cet esprit du temps ? Ou bien, ne peut-il pas faire autrement que de poser sa radicale différence ? Le compromis est-il souhaitable ?

 

Nous n’avons pas le choix : L’Evangile prêché par Jésus pose des principes clairs que nous ne pouvons pas récuser si nous nous affirmons chrétiens. Dans le cas où nous refusons ces principes, nous trahissons le Christ.

 

Quels sont ces principes ?

 

  • Nous sommes nécessairement du côté du « plus petit de nos frères », des faibles et des pauvres. Relisons les propos de Jésus dans le chapitre 25 de Matthieu :

 

« 31 ¶  Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s’assiéra sur son trône de gloire.

32  Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs,

33  et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.

34  Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; recevez en héritage le royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde.

35  Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et vous m’avez recueilli ;

36  nu et vous m’avez vêtu, j’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en prison et vous êtes venus vers moi.

37  Alors les justes lui répondront : Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire ?

38  Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli ; ou nu, et t’avons-nous vêtu ?

39  Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ?

40  Et le roi leur répondra : En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous avez fait cela à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.

41  Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges.

42  Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire.

43  J’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli ; nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.

44  Alors ils répondront eux aussi : Seigneur, quand t’avons-nous vu ayant faim ou soif, étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t’avons-nous pas rendu service ?

45  Alors il leur répondra : En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous n’avez pas fait cela à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.

46       Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle »

 

  • Le chrétien vit le partage, l’entraide, la charité , au sens évangélique de l’amour, comme une mise en pratique logique de sa foi. Relire les paraboles de Jésus sur les riches. Elles sont sans ambiguïtés et toujours actuelles ; ce n’est pas une option, mais une obligation. Luc 12 : 13-21.

 

« 13 ¶  Quelqu’un de la foule dit à Jésus : Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage.

14  Il répondit à cet homme : Qui m’a établi sur vous pour être juge ou faire des partages ?

15  Puis il leur dit : Gardez-vous attentivement de toute cupidité ; car même dans l’abondance, la vie d’un homme ne dépend pas de ce qu’il possède.

16  Et il leur dit une parabole : La terre d’un homme riche avait beaucoup rapporté.

17  Il raisonnait en lui-même et disait : Que ferai-je ? car je n’ai pas de place pour amasser mes récoltes.

18  Voici, dit-il, ce que je ferai : j’abattrai mes greniers, j’en bâtirai de plus grands, j’y amasserai tout mon blé et mes biens,

19  et je dirai à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois et réjouis-toi.

20  Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, à qui cela sera-t-il ?

21       Il en est ainsi de celui qui accumule des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche pour Dieu. »

 

Marc 10 : 17-25

 

« 17 ¶  Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut et, se jetant à genoux devant lui, il lui demanda : Bon Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ?

18  Jésus lui dit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul.

19  Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre ; ne commets pas d’adultère ; ne commets pas de vol ; ne dis pas de faux témoignage ; ne fais de tort à personne ; honore ton père et ta mère.

20  Il lui répondit : Maître, j’ai gardé tout cela dès ma jeunesse.

21  Jésus l’ayant regardé l’aima ; puis il lui dit : Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.

22  Mais lui s’assombrit à ces paroles et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

23  Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples : Qu’il est difficile à ceux qui ont des biens d’entrer dans le royaume de Dieu !

24  Les disciples étaient stupéfaits par ses paroles. Et Jésus reprit et leur dit : Mes enfants, qu’il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu.

25  Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »

 

  • Pour nos frères humains, nous devons avoir de l’amour avant tout. Nous n’avons pas à dominer, à exploiter, à juger, à rejeter, à punir autrui mais à l’aimer, le pardonner, le relever… Ce n’est pas du tout facile mais c’est la voie du Christ.
  • La haine est un  sentiment que nous devons haïr. Ne nous laissons pas entraîner vers le rejet de l’autre, par le nationalisme, le racisme ou la politique. Le sermon sur la montagne est sans compromis. Un chrétien qui hait est ennemi du Christ.
  • Rien n’a d’importance que l’humain. Il faut apporter des solutions humaines aux problèmes humains  et des réponses spirituelles aux questions spirituelles. Nous devons agir avec le discernement, fruit de l’Esprit saint, pour savoir quelle est la vraie nature des problèmes que rencontrent nos contemporains, pour ne pas nous tromper de solutions.

 

Ces principes ne sont pas de la morale chrétienne, ils sont l’expression d’une vie fondée sur Christ. La morale est stérile, Jésus l’a dénoncée. La vie est féconde, c’est ce qu’il a prêché. Ces principes pourraient solutionner tous les ratés évoqués plus haut. Il nous faut en être pleinement convaincus, y compris contre l’avis de l’immense majorité.

 

«  Ce n’est pas parce qu’il sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison » disait Coluche ; et il n’avait pas tort !

 

 

Jean-Michel Dauriac – Novembre 2018

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Eloge de la faiblesse - Une position anticonformiste chrétienne

7 août 2016 à 10:36 | Dans Non classé | Laisser un commentaire

 

 

Lecture  introductive :

 

2 Corinthiens 11 :30

« S’il faut se glorifier, c’est de ma faiblesse que je me glorifierai. »

2 Corinthiens 12 :6 à 10

« 6  Si je voulais me glorifier, je ne serais pas un insensé, car je dirais la vérité; mais je m’en abstiens, de peur que quelqu’un ne m’estime au-dessus de ce qu’il voit ou entend de moi, 

7  à cause de l’excellence de ces révélations. Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter, pour que je ne sois pas enflé d’orgueil. 

8  Trois fois j’ai supplié le Seigneur de l’éloigner de moi, 

9  et il m’a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses,  afin que la puissance de Christ repose sur moi. 

10  C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les privations, dans les persécutions, dans les angoisses, pour Christ;  en effet quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. »

2  Corinthiens 4 : 7 à 10

« 7  Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette puissance supérieure soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. 

8 ¶ Nous sommes pressés de toute manière, mais non écrasés; désemparés, mais non désespérés; 

9  persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; 

10  nous portons toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus se manifeste dans notre corps. »

 

Introduction :

 

Nous avons ici affaire à un texte écrit à la première personne :Paul parle de lui, comme très souvent dans ses lettres. Ce qu’il déclare est d’abord un témoignage personnel. Ces affirmations deviennent ensuite un enseignement spirituel pour l’édification personnelle des croyants. Il n’y pas là de théologie. Aucune vérité sur Dieu ou Jésus. Seulement une méditation à partir d’un vécu – qui, lui, incorpore la grâce de Dieu -, pour orienter la vie d’un chrétien dans la bonne direction.. Que dit Paul dans ces textes :

  1. Il y a une certaine possibilité de se glorifier de sa faiblesse, donc d’en faire l’éloge.
  2. Il donne sa vie en exemple et l’échec de sa prière. Cette faiblesse correspond à une réponse du Seigneur toute en paradoxe.
  3. Quel est  le contenu de cette faiblesse, sa limite et sa finalité ?

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 Paul de Tarse peint par Rembrandt

Paul défend son apostolat par sa faiblesse

 

Les chapitre 10 à 12 de cette seconde lettre aux Corinthiens sont une défense de Paul, qui répond a des critiques à lui adressées et explique son apostolat particulier – il n’est pas un apôtre historique qui a connu Jésus et l’a suivi -. Le ton est souvent polémique. Il en vient à expliquer ses combats et ses épreuves, à partir de 11 : 16. Et l’angle d’attaque est la faiblesse, corrèle très bizarrement avec le fait de « se glorifier ». Généralement la faiblesse est perçue comme un défaut et il n’y a pas lieu de s’en réjouir, à plus forte raison d’en tirer gloire.

 

Dans le chapitre 10, il emploie cinq fois le verbe « se glorifier », entre 10 :13 et 18 :

 

« 13  Pour nous, nous ne voulons pas nous glorifier hors de toute mesure, nous prendrons au contraire pour mesure le domaine que Dieu nous a départi en nous faisant parvenir aussi jusqu’à vous. 

14  Nous ne dépassons pas nos limites, comme si nous n’étions point parvenus jusqu’à vous; car c’est bien jusqu’à vous que nous sommes arrivés avec l’Évangile du Christ. 

15  Nous ne nous glorifions pas, hors de toute mesure, des travaux d’autrui.  Mais nous avons l’espérance, si votre foi augmente, de devenir encore plus grands parmi vous, dans notre propre domaine, 

16  en évangélisant les contrées situées au-delà de chez vous, au lieu de nous glorifier de ce qui a déjà été fait dans le domaine des autres. 

17  Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. 

18 Car ce n’est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, c’est celui que le Seigneur recommande. »

 

En 11 : 17, on le retrouve trois fois en deux phrases :

 

« 17  Ce que je dis, je ne le dis pas selon le Seigneur, mais comme hors de sens, avec l’assurance d’avoir de quoi me glorifier. 

18    puisque beaucoup se glorifient selon la chair, je me glorifierai aussi. »

 

Louis Segond a traduite « Kauxaomai » par se glorifier ; on pourrait dire aussi : « s’enorgueillir, être fier de, mettre son orgueil, tirer sa fierté de ; se vanter ». L’idée de faire sa propre gloire soi-même est partout présente. Or nous ne nous vantons que de ce qui , à nos yeux, peut nous grandir, nous individualiser ou nous distinguer d’autrui et de la foule des autres.

 

Puis suivent les détails de ses  souffrances pour l’œuvre de Dieu – ce ne sont pas des fantasmes, mais cela      est confirmé en grande partie par le rédacteur des Actes des Apôtres, l’évangéliste-médecin Luc.

 

Et on arrive à ce qui est le centre de la démonstration de Paul : la faiblesse, sujet de gloire pour lui. SA faiblesse revendiquée. Ce qui ne peut que laisser perplexe, si on pense à l’évangile qu’il annonce ( voir Ephésiens 1 : 15 à 19 ).

 

« 15 ¶ C’est pourquoi moi aussi, ayant entendu parler de votre foi au Seigneur Jésus et de votre amour pour tous les saints, 

16  je ne cesse de rendre grâces pour vous: je fais mention de vous dans mes prières; 

17  afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation qui vous le fasse connaître; 

18                qu’il illumine les yeux de votre coeur, afin que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la glorieuse richesse de son héritage au milieu des saints, 

19 et quelle est la grandeur surabondante de sa puissance envers nous qui croyons selon l’action souveraine de sa force. »

 

Un exemple concret de la vie de Paul et la parole révélée du Christ

 

2 Corinthiens 12 : 7 à 10

 

« 7  à cause de l’excellence de ces révélations. Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter, pour que je ne sois pas enflé d’orgueil. 

8  Trois fois j’ai supplié le Seigneur de l’éloigner de moi, 

9  et il m’a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses,  afin que la puissance de Christ repose sur moi. 

10  C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les privations, dans les persécutions, dans les angoisses, pour Christ;  en effet quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. »

 

Ce texte contient plusieurs éléments dignes d’intérêt :

  • « une écharde dans la chair » : cette si petite chose qui peut nous faire tant souffrir et dont nous avons tant de mal parfois à nous débarrasser tant elle est minuscule et profondément enfoncée. Le mot n’est pas choisi au hasard, bien sûr. Cette écharde a fait couler beaucoup d’encre. Personne ne sait de quoi il s’agit : certains ont parlé de la mauvaise vue de Paul, d’autre d’une maladie de peau, etc.. Cela n’a en fait aucun intérêt de le savoir, car l’écharde est ici un concept. Le mot grec veut dire aussi bien « écharde » qu’ « aiguillon ». Il s’ajoute donc à l’idée de douleur l’idée de ce qui fait avancer.
  • Paul a recours, comme tout croyant, comme nous, à la prière ( à trois reprises dit-il) : et là, c’est l’échec. Sa prière n’est pas exaucée. On peut imaginer sans peine ce que cela signifie pour un apôtre comme Paul, dont la prière a une grande efficacité.  Sans nul doute au départ, une grande déception et de l’incompréhension : pourquoi Seigneur ? Mais sa prière a été entendue, car il y a une réponse. Voici un enseignement précieux pour nous : ne confondons pas écoute et exaucement. La prière sincère est toujours entendue. L’exaucement dépend de Dieu seul ( par Jésus). Nous ne pouvons pas juger ni même vraiment comprendre cela. Il faut accepter la différence infranchissable entre Dieu et nous. Esaïe 55 : 8 et 9 :

 

« :8  Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, —Oracle de l’Éternel. 

9  Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies Et mes pensées au-dessus de vos pensées. »

 

  • La réponse du Seigneur est précise, adaptée et argumentée :

1 . Il répond vraiment sur le sujet, qui est la faiblesse (ici physique). Ce n’est pas un propos général : c’est la réponse attendue à une requête bien formulée. Prions précisément et non en termes vagues, et sachons attendre et entendre une réponse tout aussi précise.

2 . Réponse adaptée : Le Seigneur lui dit pourquoi il ne le délivre pas : « Ma grâce te suffit. » Paul a déjà tout reçu dans le salut par grâce, qui est au-dessus de toutes choses. Le Seigneur l’appelle à revenir à la source, à ne pas inverser la hiérarchie des faits, ce qui est le propre de la chair et de l’humain, soumis à toutes ses limitations. La réponse invite à s’élever au-dessus de l’humain par l’Esprit, amis sans arrêter le combat et ôter l’écharde.

3 . Réponse argumentée : « …car  ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. » Ce que Paul traduira ailleurs par des formules-chocs : « les choses folles du monde », pour désigner les croyants (1 Corinthiens 1 :27 : «   Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; ») ; ailleurs il parle de « balayures du monde » : « 1 Corinthiens 4:13  calomniés, nous parlons avec bonté; nous sommes devenus comme les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu’à maintenant. ».  Le but est d’éviter l’orgueil (verset 7), occasion de chute (skandalon) de l’homme, donc de « se glorifier ». Paul va alors formuler de sublime paradoxe du verset 10 b :

« en effet quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. »

 

Comment cela est-il possible ?

 

 

Les faiblesse, les limites et la force

 

 

Reprenons maintenant les versets 8 à 10 du chapitre 4 lus précédemment :

 

« 8 ¶ Nous sommes pressés de toute manière, mais non écrasés; désemparés, mais non désespérés; 

9  persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; 

10                nous portons toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus se manifeste dans notre corps. »

 

Chaque membre de phrase obéit à la même construction : la faiblesse et sa manifestation, puis la limite. Nous avons là quatre exemples qui constituent une progression pensée par l’apôtre.

 

  1. « pressés mais non écrasés ». L’apôtre nous parle ici de la résistance qui nous est donnée, qui nous empêche de céder, de manière surnaturelle, par l’effet de la grâce. Chaque couple suivant procède de la même source : le sacrifice et la résurrection de Jésus.
  2. « Désemparés mais pas désespérés ». ici c’est de l’espérance dont il est question. Nous pouvons ne plus savoir où nous en sommes, mais l’espérance demeure, indestructible.
  3. « Persécutés mais pas abandonnées ». La fidélité de Dieu ne nous fait jamais défaut. Nous sommes toujours accompagnés par Dieu et aussi par les frères et sœurs, concrètement ou par la prière.
  4. « Abattus mais pas perdus ». Le salut demeure par-delà les défaites. La grâce nous suffit et surpasse toute épreuve, ce qui ne signifie nullement que nous ne sommes pas tristes, malheureux ou dépressifs parfois.

 

Les épreuves décrites sont très dures mais pas extrêmes.

 

1 Corinthiens 10 : 13 nous dit pourquoi ; c’est encore Paul qui nous l’enseigne, sans nul doute par son expérience personnelle/

 

« 13  Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine; Dieu est fidèle et ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces;  mais avec la tentation, il donnera aussi le moyen d’en sortir, pour que vous puissiez la supporter. »

 

L’épreuve ne saurait nous anéantir car dans la grâce du salut résident la résistance au mal, l’espérance de la foi, la fidélité de la présence de Dieu et le salut qui donne sens à nos vies. Rien ne peut nous priver de cela.

 

Romains 8 :38-39 :

 

« 38  Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, 

39  ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Christ-Jésus notre Seigneur. »

 

Conclusion :

 

L’éloge jusqu’à la glorification de nos faiblesses n’est pas :

  • de la fausse modestie à connotation religieuse (sorte d’hypocrisie onctueuse)
  • un renoncement au combat
  • une excuse pour nos fautes (ou péchés)
  • un apitoiement sur nous-mêmes

 

Bien comprise, elle est une attitude de soumission intelligente à Dieu qui permet alors toute la manifestation de sa puissance. Alors nous pouvons dire, avec Paul :

 

« Je me glorifie donc bien volontiers de mes faiblesses afin que la puissance du Christ repose sur moi » - verset 9 du chapitre 12 de la seconde lettre aux Corinthiens.

 

 

Jean-Michel Dauriac – Août 2016

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