Tout gain est une perte… et toute perte est un gain: ‘Christ est ma vie et la mort m’est un gain” - prédication

4 août 2018 à 1:05 | Dans Bible et vie | Laisser un commentaire

Introduction

 

La vie nous habitue très tôt à peser « le pour et le contre », ce que, plus tard nous apprendrons à appeler « avantages/inconvénients » ou « pertes et profits ».

Un jeune enfant sait très vite calculer ce qu’il lui en coûtera de désobéir et de chiper un bonbon ou un gâteau dans l’assiette ou la boîte interdite. Il optera parfois pour ce risque car le bénéfice lui en paraîtra plus grand.

Nous apprenons très tôt à dresser des tableaux comparatifs avec en tête de colonne les signes + ou - . Voyez ainsi les test qui fleurissent dans la presse ou sur internet.

Voici un exemple de ce que nous faisons mentalement chaque fois que nous avons un choix plus ou moins complexe à faire.

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Cela traduit une réalité très simple et pourtant très profonde : RIEN de ce qui touche à notre existence n’est neutre. Tout peut se ramener à un tableau avec des + ou des -. C’est un fait incontestable. Mais dans notre monde hyper-matérialiste et rationaliste, cette logique a été poussée à son extrême et certains économistes ont étudiés les histoires d’amour et les mariages comme de simples faits économiques pouvant être ramenés à des calculs et des équations.

N’allons évidemment pas jusque là mais reconnaissons que toute décision repose sur une analyse comparative. Cette affirmation est importante pour ce qui va suivre.

 

Aujourd’hui, nous allons méditer sur un texte qui est un des versets les plus courts de la Bible. Egalement un des versets les moins difficiles à traduire et sur lequel il n’y a aucune ambigüité théologique ou linguistique, bref un verset très simple. C’est justement cette simplicité qui mérite que l’on s’y arrête.

 

Texte du jour :

 

Philippiens 1 : 21

«  car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. »

ce que l’on peut traduire mot à mot comme le fait à peu près la version NBS :

« pour moi en effet vivre, Christ, et mourir , un gain. »

 

Un contenu simple qui est aussi un étendard des chrétiens, évangéliques en particulier. Il fut une proclamation de foi des martyrs à diverses époques lors des persécutions.

 

Mais ce verset est aussi un des plus difficiles, si ce n’est le plus difficile à proclamer soi-même, car il est un non-sens complet au plan humain. Et pour le prononcer en vérité, il faut en peser chaque mot et être capable de les assumer.

 

Un non-sens humain absolu

 

Mettons ce verset à la portée de chaque individu, dans une expression réaliste et logique au plan de l’homme.

« Pour moi, ma vie, c’est vivre, et la mort est la perte (ou ma fin). »

 

Voilà ce qui est commun à tous les vivants de cette planète. Ceci renvoie à l’expérience vécue, à la connaissance scientifique et à ce que l’on constate.

 

« Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir » dit le proverbe. Sagesse formulée déjà chez les Grecs ( le poète Criton) ou les Romains (Caton par exemple). Ce que l’on retrouve, sous une forme proche, dans de nombreuses langues et chez divers peuples.

 

Origine

Ce proverbe a une large connotation biblique.

Dans Le Nouveau Testament, Ecclésiaste 9:2, on trouve : « Pour tous ceux qui vivent il y a de l’espérance ; et même un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. »

On l’attribue souvent à une citation du poète grec Théocrite (311 - 260  av. J.-C.), « L’espérance reste aux vivants », qui se trouve dans le dialogue entre Corydon et Battus, Les Bergers, Idylle IV.

Voir une traduction du dialogue 

Le thème de l’espoir lié à la vie revient souvent dans la littérature latine de l’Antiquité, chez Caton (234  - 149  av. J.-C.) : « seul l’espoir suit l’homme jusqu’à la mort », Cicéron (106  - 43  av. J.-C.) : « Pour le malade, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », et bien d’autres.

Sénèque, (philosophe romain vers 4 avant – 65 après J.-C.) rapporte ces paroles : Omnia… homini, dum vivit, speranda sunt, littéralement : « toutes choses peuvent être espérées pour l’homme, tant qu’il vit ».

Ces mots auraient été ceux d’un citoyen de Rhodes en prison, en réponse à quelqu’un qui lui conseillait de refuser la nourriture qu’on lui jetait comme à un chien.

On peut aussi noter que Ægroto dum anima est, spes est, « tant que le malade a un souffle, il y a de l’espoir », se trouve dans les Adages (2, 4, 12) d’Erasme, humaniste néerlandais (1466 ou 69 – 1536).

Proverbes dans le même sens

·                                 L’espoir du pendu, que la corde casse.

Le même proverbe ailleurs

·                                 Tant que je respire, j’espère. (Latin)

·                                 As long as there’s life, there’s hope, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. (Anglais)

·                                 L’espoir c’est ce qui meurt en dernier. (Irlandais)

·                                 Tant qu’un homme n’a pas la tête tranchée, rien n’est complètement perdu pour lui. (Annamite)

·                                 Où est une âme, là est une espérance. (Turc)

 

Ma vie est mon seul bien ; tant qu_’elle existe, quelle que soit la situation, subsiste un espoir de mieux ou, au pire, de continuer à survivre. Ma vie s’arrête brutalement à la mort et, quoi que je fasse, pense ou rêve, la mort est la perte de la vie.

 

Un point de vue théologique différent

 

La mort est actée dès le début de la Bible. Genèse 3 :15 introduit la fin de la vie en lien même avec la fin de l’innocence première d’Eve et d’Adam.

« C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. »

 

La Bible encore acte la fin de la mort en Apocalypse 21 :4

« Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. »

dans une nouvelle création. Entre les deux, pour un temps inconnu des hommes, la mort règne absolument. Elle est la perte de la vie, du souffle premier.

 

Alors, à quoi peut bien rimer cette affirmation de Paul ?

 

« Pour moi, Christ est ma vie et la mort m’est un gain. »

 

Je ne peux vivre que ma vie.

 

C’est ici qu’intervient la rupture de logique, le grain de sable qui bloque tout.

Le Psaume 89, verset 49 énonce une interrogation pleine de bon sens pour un israélite de l’époque du roi David :

 

« Y-a-t-il un homme qui puisse vivre et ne pas voir la mort ? »

 

La réponse est évidente à cette question : non !

 

Et pourtant quelques siècles plus tard, un autre israélite, Pierre, dira en Actes 2 :22 à 24 :

 

« 22  Hommes Israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ;

23  cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies.

24      Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle. »

 

Que cela est devenu possible : un homme, Jésus de Nazareth a vaincu les liens de la mort.

Paul, un autre juif, le proclame aux Athéniens en Actes 17 :30-31, avec la réaction hilare ou effrayée que l’on connaît par le texte.

 

« 30  Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir,

31  parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts … 

32 ¶  Lorsqu’ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent, et les autres dirent : Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. »

 

Des hommes nombreux affirment que l’homme Jésus de Nazareth était le Messie attendu et qu’il a vaincu la mort. Et ils développent alors par la prédication ce que ce Jésus avait prêché en d’autres termes : le salut accessible à celui qui croit à cette résurrection.

 

Ils rappellent cette parole énigmatique de Jésus :

« Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, jattirerai tous les hommes à moi. »

Jean 12 :32

 

Alors comment peut-on affirmer « Vivre, c’est Christ » ou « Ma vie est en Christ » ? Quel sens cela a-t-il ?

 

Superficiellement, on entend parfois des affirmations de ce type : voyez les fans après les décès de Steve Jobs, le patron d’Apple, ou de Johny Halliday, « C’était ma vie ». Affirmation fausse, inconséquente, hors de sens : c’était important dans ma vie, mais ce ne peut pas être ma vie.

 

Pour pouvoir affirmer « Christ est ma vie », que faut-il donc de plus que pour parler d’Elvis Presley ou Michael Jackson ?

 

Il faut une opération surnaturelle qui bouleverse les fondements de notre existence. Ce que Jésus explique une nuit à Nicodème, un savant religieux venu le consulter en cachette.

 

« 5  Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

6               Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. »

 

Jean 3 :5-6

 

« Naître d’eau et d’Esprit », vivre une seconde naissance, une nouvelle naissance, ce qui sidère Nicodème : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? »

 

Paul réaffirme l’aspect concret et symbolique en Colossiens 2 :11-13

 

« 11  Et c’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair:

12  ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts.

13 ¶  Vous qui étiez morts par vos offenses et par l’incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses ; » 

 

C’est le baptême qui est l’acte symbolique de cette bascule surnaturelle. Celui qui prend cet engagement en toute conscience et conviction a été saisi par la foi par le jeu de la grâce divine. C’est alors seulement que nous pouvons commencer à prononcer cette phrase si anti-naturelle.

 

« Christ est ma vie et la mort m’est un gain. »

 

Vivre au quotidien cette affirmation

 

Cela ne nous libère nullement de la mortalité originelle ; nous sommes toujours dans l’ancienne création, la première. Notre vie biologique sera bien perdue quand viendra la mort et nous retournerons plus ou moins vite à la poussière selon les choix funéraires effectués. Et tout vivant, même inconsciemment, redoute ce moment. Il ne sert à rien de nier ce fait ou de fanfaronner face à elle : elle reste « le grand passage » qui hante tous les humains.

 

Mais nous avons la possibilité de vivre en même temps une autre vie, cachée en Christ, selon la belle formule de Paul, et celle-ci, attestée par le Saint-Esprit, puisqu’elle est spirituelle, prendra une autre dimension après la mort physique car elle seule demeurera. Je ne sais pas vraiment laquelle, c’est là un des plus grands mystères de la foi.

 

Conclusion :

 

Pouvons-nous aujourd’hui prononcer en vérité cette phrase ?

 Si oui, travaillons sans relâche à demeurer en Christ, car c’est un travail et un combat de chaque jour. A réaliser par des moyens spirituels : la prière, la méditation, la réflexion…

Si non, tirons-en les conséquences : pourquoi ? Qu’est-ce qui m’empêche de dire cela ?

Ai-je envie de le dire ou est-ce que je tiens ceux qui le disent pour des gens hors de sens, des déments ?

Il y a un chemin vers Jésus et sa résurrection ; il faut le parcourir jusqu’au bout pour pouvoir affirmer sans cesse « Christ est ma vie et la mort m’est un gain ».

 

Jean-Michel Dauriac – Août 2018

 

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Venez à moi vous tous

26 septembre 2017 à 5:05 | Dans Bible et vie | Laisser un commentaire

 


 

 

Culte et communauté

 

Le culte rendu par les chrétiens est le moment central de leur foi manifestée publiquement. Dès l’origine du christianisme ? le Nouveau Testament nous rapporte qu’un culte se met en place dans les maisons, avant même la rupture avec le judaïsme ;

 

Actes 2 : 42 & 46 :

 

« 42 ¶  Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.

43  La crainte s’emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres.

44  Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun.

45  Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun.

46  Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur,

47      louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise ceux qui étaient sauvés. »

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Le culte est aussi le rassemblement d’une communauté de croyants. Les deux verstes des Actes cités ci-dessus contiennent tous deux cette notion : « la « communion fraternelle » au verste 42 et le « commun accord » du verset 46. Le christianisme est fondé sur la communauté, c’est une nécessité vitale et une obéissance aux paroles de Jésus, particulièrement lors du dernier repas avec les disciples : Jésus indique par ailleurs à Pierre qu’il lui confie la responsabilité de la première église.

 

Matthieu 16 : 18-19

 

« 18  Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur ce roc je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.

19      Je te donnerai les clés du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. »

 

Mais cette communauté n’est pas un communautarisme, au sens très récent du terme. Mais que signifie ce mot, utilisé de manière souvent péjorative dans le débat contemporain ?

 

Une définition (assez peu explicite) : Tendance à privilégier la place des communautés dans lorganisation sociale.

Une autre, plus explicite cette fois : Doctrine visant à l’organisation de la société sous formes de communautés de personnes partageant la même identité culturelle, ethnique ou religieuse par exemple.

 

L’identité des individus est en partie constituée par la communauté à laquelle ils appartiennent. Tous le monde est inclus, plus ou moins dans une communauté, car aucun homme, aucune femme ne vit dans l’isolement complet. La démarche taxée de communautariste réclame des droits spécifiques au nom de cette communauté, quelle que soit son type (ethnique, religieuse, sociale, sexuelle…) ; ce faisant, elle se distingue et s’isole du peuple entier ou des autres communautés. La France n’a aucune tradition communautariste, alors même qu’elle est composée de nombreuses communautés réelles. La République et la laïcité assurent et postulent l’égalité de tous et le respect de toutes opinions et croyances dans le cadre de la dignité humaine. Depuis maintenant 25 ans, on voit monter en France des demandes communautaires de plus en plus nombreuse : le groupe de pression LGBT (Lesbien-gay-bi-trans) est sans doute le plus actif ; mais depuis quelques années, il a été rejoint par les mouvements islamistes fondamentalistes, aux revendication carrément contraires à l’égalité républicaine et à la laïcité. Mais d’autres communautés agissent discrètement pour obtenir des avantages : certaines professions par exemples.

 

Le christianisme, et singulièrement le protestantisme, n’est absolument pas communautariste. Il accepte les lois communes et leur obéit, sauf motif de conscience.

Le christianisme est anti-communautariste, par essence, puisqu’il appelle à l’universalité du message de salut par Jésus-Christ

 

Jésus-Christ appelle tous les hommes.

 

Matthieu 11:28

 

« 28  Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »

 

Jean 12:32

 

« 32 Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, jattirerai tous les hommes à moi. »

 

Paul renouvelle et élargit cette démarche universelle.

 

1 Timothée 2 :3-4

 

« 3  Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur,

4         qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. »

 

Le culte chrétien est donc vraiment universel, ouvert à tout être qui veut y participer

 

 

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Tous accueillis au culte mais tous différents

 

Mais nous ne venons pas tous assister à ce culte dans le même état d’âme et d’esprit, car nous sommes tous des personnes uniques. La semaine qui a précédé – ou une période plus longue – ce rassemblement a pu se dérouler de tellement de manières différentes.

 

  • La joie devrait être là à chaque fois, car elle rend compte de notre salut accompli en Jésus-Christ de manière complète.

 

       Psaume 122 :1

 

     «  1 ¶  Cantique des degrés. De David. Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Eternel ! »

 

     Le verset 42 du chapitre 2 des Actes des apôtres lu précédemment dit qu’ils prenaient leur nourriture « avec allégresse ». Cette joie est celle de venir  rencontrer Dieu, au temple, de retrouver la communauté fraternelle. Elle n’est pas nécessairement la joie de notre vie personnelle. Nous pouvons, bien sûr, être heureux dans notre existence. Dans ce cas-là notre joie sera parfaite lors du rassemblement des croyants.

 

 

  • Jésus appelle tous les hommes, mais le verste 28 du chapitre 11 de Matthieu dit « ..qui êtes fatigués et chargés ».  Il connaît nos vies et leurs aléas car il s’est pleinement incarné, dans une vie banale de Galiléen de son époque. Il a connu tous les moments de la vie, ce qui ne nous est nullement rapporté dans les Evangiles, qui ne couvrent à peu près que trois ans de sa courte vie. Il sait que le sort des humains est souvent difficile.
  • On peut être fatigués : fatigué de se débattre dans des conditions matérielles difficiles, fatigués de vivre des situations familiales tendues, fatigués d’être atteint par la maladie, la solitude, le deuil, l’échec, le chômage, que sais-je encore… Cette fatigue est légitime, elle n’est pas la conséquence d’une quelconque faute, elle est le fruit de notre humanité, faiblesse et sa grandeur – les robots ne sont jamais fatigués, ils tombent en panne ! La fatigue se combat par le repos. Jésus le sait, il termine son appel par « …et je vous donnerai du repos du repos pour vos âmes. » Ne cachons pas notre fatigue, mais prenons le repos à sa source, en Christ. Le culte est uen occasion de venir se saisir du repos dont nous avons besoin.

 

 

  • On peut aussi être chargés, c’est-à-dire porter un fardeau qui nous écrase.

-         on peut l’être matériellement, très concrètement, lorsqu’on se débat dans les dettes, les crédits, les découverts bancaires…

-         on peut l’être professionnellement : aujourd’hui le travail entraîne de plus en plus de pressions (ce qui pèse, appui…) et cela peut nous écraser peu à peu – le burn-out est le nom moderne du surmenage, cette maladie propre au capitalisme et à son esprit de compétition.

-         On peut être chargé moralement par de soucis divers, des choix délicats à faire, une culpabilité qui ne nous quitte pas…

Tout cela est notre partage, personne ne peut prétendre y échapper, sauf à se mentir à lui-même. Le statut social et la richesse n’y font rien, voyez les suicides et dépressions des stars de tout type.

Mais là encore, Jésus nous soulage de ce fardeau. Il a pris notre faute à la croix. Et lui ne nous écrase en rien.

Lisons la suite de Matthieu 11 :29-30 :

 

« 29  Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

30      Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. »

 

C’est lui qui porte notre fardeau :

 

Matthieu 8 :17 citant Esaïe 53 :4

 

« 4 ¶  Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; Et nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié.

5         Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. »

 

Il a porté nos souffrances et nos douleurs, il peut réellement, au sens premier, « compatir ».

Le culte est le lieu où nous nous remémorons cela par la Parole et la Sainte-Cène.

 

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viens boire à la source

 

Lorsque nous nous réunissons, nous venons boire à la source :

  • Source de notre salut, payé une fois pour toute, par le don de Jésus à la croix

 

Hébreux 10 : 14 et 9 :26b

 

« 10 :1 4  Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés. »

 

« 9 :26  autrement, il aurait fallu qu’il ait souffert plusieurs fois depuis la création du monde ; mais maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour effacer le péché par son sacrifice. »

 

  • Source de la mémoire du don de Jésus par le sacrement de la cène :

 

Luc 22 :19

 

« 19  Ensuite il prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. »

 

  • Source de renouvellement régulier, selon la promesse de Dieu à son peuple dans l’Ancien Testament, et de Jésus à ses disciples :

 

Esaïe 40 :28-29,31

 

« 28  Ne le sais-tu pas ? ne l’as-tu pas appris ? C’est le Dieu d’éternité, l’Eternel, Qui a créé les extrémités de la terre ; Il ne se fatigue point, il ne se lasse point ; On ne peut sonder son intelligence.

29  Il donne de la force à celui qui est fatigué, Et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance.[…]

31      Mais ceux qui se confient en l’Eternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles ; Ils courent, et ne se lassent point, Ils marchent, et ne se fatiguent point. »

 

La source seule coule sans arrêt

 

Apocalypse 22 :1

 

« 1 ¶  Et il me montra un fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l’agneau. »

 

Elle vient à la fois du Père et du Fils. Notre faiblesse humaine laisse alors agir en nous la force de Dieu

 

2 Corinthiens 12 :10

 

« 10  C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. »

 

Le culte de l’Eglise locale est donc ce lieu ouvert à tous, avec nos fatigues et fardeaux, où nous venons à la fois remercier Dieu du don de Jésus-Christ pour nous etd époser notre fatigue et notre charge pour profiter de la source de vie gratuite.

 

Esaïe 55 :1-2

 

« 1 ¶  Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, Même celui qui n’a pas d’argent ! Venez, achetez et mangez, Venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer !

2         Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? Ecoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, Et votre âme se délectera de mets succulents. »

 

 

 

 

 

Bénédiction :

 

« Jean 17 : 24 Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.

25  Père juste, le monde ne t’a point connu ; mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m’as envoyé.

26      Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Une mission et un programme : en marche avec Jésus

26 septembre 2017 à 4:49 | Dans Bible et vie | Laisser un commentaire

 

 

Le cœur de ce message est dans le livre d’Esaïe, au chapitre 58. Ce magnifique texte –qui fait partie pour moi des vingts plus beaux textes bibliques – de la troisième partie du livre de ce prophète, celle du messianisme, devrait être méditée régulièrement par toutes les communautés, églises et croyants.

Comme souvent dans la bible juive, il est construit sur une opposition double : un dialogue d’abord entre Dieu et son peuple, avec des arguments opposés, puis une opposition totale entre deux vies religieuses. Nous partirons de cette opposition, rapidement présentée, pour en venir à la nouvelle alliance et à ce que Jésus fait de ce texte. Nous y trouverons alors la base du programme qu’il a lui-même mis en œuvre lors de son ministère et qu’il a ensuite transmis à ses disciples pour tous les temps et tous les lieux. Ce programme est aussi la clé qui ouvre le Royaume pour l’éternité.

 

Premier temps : Esaïe 58 : la fausse route des rites sans conscience ni conversion

 

Lecture : Esaïe 58, versets 3 à 5 version NEG

 

3 ¶  Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas ? De mortifier notre âme, si tu n’y as point égard ? — Voici, le jour de votre jeûne, vous vous livrez à vos penchants, Et vous traitez durement tous vos mercenaires.

4  Voici, vous jeûnez pour disputer et vous quereller, Pour frapper méchamment du poing ; Vous ne jeûnez pas comme le veut ce jour, Pour que votre voix soit entendue en haut.

5                     Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, Un jour où l’homme humilie son âme ? Courber la tête comme un jonc, Et se coucher sur le sac et la cendre, Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, Un jour agréable à l’Eternel ? »

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Nous avons donc là le dialogue entre Dieu et le peuple d’Israël, énoncé par le prohète. Le peuple récrimine contre Dieu à cause d’un jeûne improductif. Le jeûne n’est pas ici le sujet premier, bien que ce soit un sujet par ailleurs digne d’intérêt. On peut remplacer ici jeûner par prier, faire des réunions ou toutes activités pieuses au nom de Dieu.

 

Or cela ne produit rien . Tout ce qu’ils font est stérile.

 

Bien souvent les églises accumulent les rites, les cérémonies, les pénitences, sans aucun résultat. Les plus anciennes historiquement sont les mieux pourvus de ce côté-là, mais les mouvements récents sont très forts pour inventer leurs propres rites. Il n’y a donc aucun résultat à ces rites pour l’immense majorité des croyants ou églises, et pourtant elles continuente encore et encore, car ceci est devenu le sens propre de la religion : la religion, c’est du rite collectif. La religion est devenue sa propre fin, peu lui  importent les résultats, elle occupe les fidèles.

 

Dans ce texte, la réponse de Dieu est sans équivoque : ce n’est pas le jeune (ou la prière, ou le culte ou toute autre activité) qui est stérile, mais la nature du cœur des fidèles et leurs comportements. Il ne s’est produit aucune conversion, aucune régénération, aucun changement fondamental. Ils vivent comme avant, comme toujours, dans la haine, la dispute, la violence. Ils jouent simplement un rôle – le « sac et la cendre » sont des costumes de théatre – et ne connaissent qu’une humilité factice, c’est seulement un rite vide de sens.

 

«Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, Un jour agréable à l’Eternel ? « 

 

Ceci n’a aucun sens et le peuple s’abuse lui-même. Rien de cela ne plaît à Dieu, car il y a de la duplicité, voire du mensonge dans ces actes.

 

Dieu va alors donner sa version du jeûne tel qu’il l’entend et son programme d’action.

 

Temps deux : Esaïe 58 : Un programme pour tous les temps, les lieux et les créatures humaines

 

Lecture : Esaïe 58, versets 6-12

 

« 6  Voici le jeûne auquel je prends plaisir : Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l’on rompe toute espèce de joug ;

7  Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable.

8 ¶  Alors ta lumière poindra comme l’aurore, Et ta guérison germera promptement ; Ta justice marchera devant toi, Et la gloire de l’Eternel t’accompagnera.

9  Alors tu appelleras, et l’Eternel répondra ; Tu crieras, et il dira : Me voici ! Si tu éloignes du milieu de toi le joug, Les gestes menaçants et les discours injurieux,

10  Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, Si tu rassasies l’âme indigente, Ta lumière se lèvera sur l’obscurité, Et tes ténèbres seront comme le midi.

11  L’Eternel sera toujours ton guide, Il rassasiera ton âme dans les lieux arides, Et il redonnera de la vigueur à tes membres ; Tu seras comme un jardin arrosé, Comme une source dont les eaux ne tarissent pas.

12                  Les tiens rebâtiront sur d’anciennes ruines, Tu relèveras des fondements antiques ; On t’appellera réparateur des brèches, Celui qui restaure les chemins, qui rend le pays habitable. »

 

Le verset 6 est clair : « voici le jeûne auquel je prends plaisir… » La suite prouve sans ambiguïté que le mot « jeûne » est ici employé au sens général d’acte religieux. Ce qui est décrit ensuite est pour le moins en contradiction avec la pratique du jeûne stricto sensu ou tout autre rite religieux.

C’est un code d’action que l’Eternel donne à son peuple, et donc à nous, qui sommes, si l’on suit Paul, l’Israël spirituel. Quelle est cette mission et que sommes-nous, à la suite des Juifs, appelés à être pour plaire à Dieu ?

 

  • Des libérateurs : contre l’esclavage, contre l’oppression, contre « toute espèce de joug » - ce qui symbolise tout ce qui nous prive de notre liberté, tout ce qui nous asservit. Paul y met aussi les passions triomphantes.

 

1 Corinthiens 6 : 12

 

« 12   Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. »

 

Ce qui implique de combattre contre toutes les formes de privations de liberté, intimes comme collectives.

  • Des « partageux » : versets 7a et 10 « 7  Partage ton pain avec celui qui a faim,[…] 10  Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, Si tu rassasies l’âme indigente, Ta lumière se lèvera sur l’obscurité, Et tes ténèbres seront comme le midi. » Très concrètement, il s’agit de donner à manger et non de distribuer de belles paroles ; cf Jacques 2 : 15-16 :                      15  Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour,

16                 et que l’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et rassasiez-vous ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? ». C’est tout le contraire de l’égoïsme et du regard qu’on détourne. Soyons comme Jésus, ému par la foule qui avait faim. Ne cherchons pas de prétexte ou de fausses excuses. Personne ne devrait souffrir de la faim en ce monde riche, surtout en France !

 

  • Des hospitaliers accueillants : verset 7 bc : « Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable. » . Comment un chrétien peut-il laisser mourir de froid des frères humains ? Tous ces SDF, ces migrants, avec ou sans papiers, sont ces « malheureux », ces « pauvres » du texte d’Esaïe, et la nationalité ou la religion n’ont rien à voir là-dedans, c’est la misère qui est déterminante.Si on ne peut le faire directement, ce qui est assez courant, il est toujours possible d’aider ici et ailleurs ceux qui le font, en donnant du temps ou de l’argent. Je songe à ces femmes et ces hommes qui ont fait preuve de charité évangélique, même sans être croyants, à Calais ou ailleurs envers ces êtres déracinés par la guerre ou la misère. Aujourd’hui, le sort des chrétiens d’Orient devrait nous empêcher de dormir ! Les puissants détournent pudiquement la tête pour ne pas créer de problèmes diplomatiques avec les alliés musulmans. Pourtant ils sont nus, misérables et traqués  parce qu’ils sont chrétiens !

 

  • Des rassasieurs pour les âmes indigentes : verset 10 : « Si tu rassasies l’âme indigente, Ta lumière se lèvera sur l’obscurité, Et tes ténèbres seront comme le midi. » Là, on passe au registre spirituel par le choix du mot « âme ». Combien d’âmes affamées nous entourent ? Avons-nous seulement senti cette faim de l’âme ? Avons- nous essayé de les rassasier ? Non par notre propre discours, mais par la Parole de Dieu, proposée avec discernement, grâce à l’Esprit Saint. Tout croyant peut le faire ; nul n’en est incapable. Il n’y a pas besoin d’avoir fait des études de théologie ou suivi des cours. Le Christ a demandé à ses disciples de la faire, lors de l’épisode de la multiplication des pains : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Chacun peut partager le peu qu’il sait de la Parole et de l’amour de Jésus pour lui.

 

  • Nous remarquons qu’il y a une progression dans les actions demandées, comme dans les dix paroles du Sinaï :

 

1/ Nourrir de pain l’affamé

2 / Loger le sans toit et le vêtir

3 / Répondre à sa faim spirituelle

Il ne faut jamais inverser cet ordre.

 

Si ce programme est mis en œuvre (avec plus ou moins de réussite et d’objectifs, car on ne peut tout faire), les conséquences sont très positives pour le peuple de Dieu :

·        La lumière poindra

·        La guérison s’effectuera

·        Dieu entendra quand la prière montera (et là le jeûne peut être efficace !)

·        Nous serons rassassiés à notre tour dans les moments difficiles

·        L’eau vive coulera sans cesse (une vie de l’Esprit active)

·        Les ruines pourront être relevées, la vie revenir…

 

Quel programme et quelles promesses !

 

Mais cela s’adressait aux Juifs du VIIIème siècle avant JC. Est-ce aussi pour nous ?

 

Temps deux : L’ordre de mission de la nouvelle alliance

 

Jésus est venu accomplir la loi et non l’abolir : tout ce qui est dans la Bible juive nous concerne aussi, mais avec la connaissance donnée par l’Esprit et la rédemption par Jésus.

 

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Jésus se situe complètement dans le sillage de cette prophétie. Nous n’avons pas le temps ici de citer toutes les paroles dee Jésus qui reprennent l’un ou l’autre de ces impératifs. Il a mis en œuvre ce programme durant son court ministère. Jésus n’est pas un théologien, il est un homme qui marche, bientôt rejoint, sur son appel, par douze hommes qui marchent avec lui, sans d’ailleurs savoir où ils vont, qui le suivent par la foi qu’il suscite.

 

Jésus va missionner ses disciples à leur tour.

 

Luc 9 :1-2 : « 1   Jésus, ayant assemblé les douze, leur donna force et pouvoir sur tous les démons, avec la puissance de guérir les maladies.

2  Il les envoya prêcher le royaume de Dieu, et guérir les malades. »

Ils sont envoyés munis de la puissance et de l’autorité sur tous les esprits mauvais et peuvent guérir (on retrouve l’idée de guérison vue dans Esaïe 58 au verset 7) Mais ils ont aussi la mission de prêcher le royaume de Dieu.

 

Puis Jésus envoie ensuite 70 disicples, par paire :

 

Luc 10 :1 et 9 : » 1 ¶  Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller. […]

9  guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur : Le royaume de Dieu s’est approché de vous. »

Ils ont toujours la même mission : guérir et prêcher. Mais dans cet envoi, il y a une parole étonnante : « Le royaume de Dieu s’est approché de vous. » . ce verset parle évidemment de la personne de Jésus et de son rôle, envoyé sur terre pour racheter les hommes et les réconcilier avec le Père.

Il faut bien comprendre que les douze et les soixante-dix ont une connaissance très rudimentaire du Royaume : ils ne peuvent parler que de ce qu’ils ont vu faire à Jésus et de ce qu’ils l’ont entendu dire, avec le peu qu’ils ont compris de ses paroles, les Evangiles nous le montrent souvent. Et pourtant ils sont envoyés.

Ils reviennent galvanisés par leur expérience.

 

Luc 10 : 17-20 : « 17   Les soixante-dix revinrent avec joie, disant : Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom.

18  Jésus leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair.

19  Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire.

20  Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. »

 

Enfin, cet ordre de mission est donné à tous les disciples et pour toute la terre :

 

Matthieu 28 :19-20 : « 19  Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,

20  et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

 Jésus, après sa résurrection, n’est plus un Juif qui prêche aux Juifs, mais il élargit le champ de la mission à « toutes les nations » ; « Le monde entier » est concerné. Mais le programme est toujours le même, Esaïe 58 :6-12.

 

Conclusion :

 

Ce programme concret semble laisser peu de place à la prédication, à l’enseignement. Mais c’est ne pas le lire correctement que de penser cela.

 

Matthieu 28 : 20 dit bien d’enseigner les nations à garder tout ce qu’a prescrit (commandé, ordonné) Jésus. C’est le sens de « rassasier les âmes indigentes ». L’action humanitaire est inséparable de la parole prêchée ou de l’enseignement biblique. Elle la précède le plus souvent. Souvenons-nous de la devise seconde de l’Armée du Salut, fixée par le fondateur William Booth : « Soupe, Savon, Salut », l’ordre respecte celui du programme d’Esaïe 58.

 

Mettre en œuvre ce programme, c’est donner du plaisir à Dieu le père, (verset 6 d’Esaïe). Mais pas seulement, même si ceci doit être notre première motivation : parce que nous aimons Dieu, nous voulons accomplir « un jeûne auquel il prend plaisir ». Mais, ce faisant, nous avons aussi une clé du salut, au moment du jugement final de l’humanité.

 

Matthieu 25 :34-36 : « 34  Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde.

35  Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ;

36  j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. »

 

C’est parce que ce programme aura été mis en œuvre que nous pourrons particper au royaume de Dieu. Mais n’inversons pas les choses : on ne saurait mettre en œuvre ce programme pour être incorporé au royaume. Nous le mettons en œuvre parce que nous sommes déjà saisis par le Royaume qui s’est approché de nous.

 

Soyons fiers de ce programme inaltérable et universel, promulgué non par un homme faillible comme nous, mais par Dieu lui-même. Il ne saurait nous décevoir et nous tromper.

 

Alors, en marche, peuple de Dieu !

 

Soli Grati Deo

 

 

 

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