Le goût fameux de l’authenticité: Un autre Pays t’attend de Jean Agogué

13 février 2016 à 11:49 | Dans la musique, les critiques, Non classé | Laisser un commentaire

Il y a plusieurs manières pour un disque d’être bon. On peut le réécouter sans cesse car il nous flatte l’oreille. Il peut nous rappeler des moments de notre vie ou nous parler personnellement. La qualité de la musique ou des arrangements s’impose à nous de manière incontestable. Ce sont parfois les paroles des chansons qui sont bien troussées qui emportent notre adhésion. Peut-être a-t-on vu l’artiste sur scène et le disque nous rappelle-t-il alors un concert exceptionnel… Bref, les raisons sont multiples et je suis sans doute loin de les avoir toutes énumérées. Nos disques préférés ont tous de bonnes raisons de l’être.

 

 

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Le disque de Jean Agogué est un bon disque. Je l’ai su dès la première audition. Comme une évidence, il était clair qu’il allait trouver place dans mon panthéon personnel aux côtés de mes groupes de gospel préférés : Pâturages, Image, Les Témoins, Les Reflets, Pierre Lachat, John Featherstone… et tant d’autres. Je pourrais m’en tenir à l’argument d ‘autorité : ce disque est bon parce qu’il est bon, croyez-moi, je m’y connais un peu ! Je pourrais aussi dire qu’il est bon parce qu’il a pleins de qualités citées plus haut. Mais j’ai envie d’être sympa avec toi, ami lecteur ; je vais même te dire pourquoi il est si bon.

 

Si je dois commencer par la plus belle qualité de ce disque, je suis bien embêté, mais je vais être obligé de choisir. Je chois alors l’authenticité, qui est la pierre de touche de toute œuvre de création. Une œuvre ne peut nous toucher que si elle porte une part de vérité. Vérité de celui qui la crée autant que vérité de ce qu’il fait, dit, compose, chante… Je connais Jean depuis plus  de cinquante ans et ce disque lui ressemble totalement. Il est franc, comme lui ; Toute ce qui est dit ici est expérimenté, vécu. Quand Jean te dit que la vérité est en Jésus-Christ, il ne fait pas un sermon ou de la publicité : il te parle de ce qui a changé sa vie à jamais. Son disque ne peut pas parler d’autre chose. Il ne peut pas en parler autrement. Dès sa jeunesse, il a eu ce désir de témoigner par la chanson et n’a jamais cessé de le faire, restant un amateur persévérant. C’est d’ailleurs chez les amateurs que l’on a le plus de chance de trouver l’authenticité ; le métier aurait tendance à rendre habile et à transformer les gens.

 

Car une autre des qualités de ce disque est la fidélité. Comment un disque peut-il être fidèle ? Par le style musical. Dès le début, Jean fut folk. Et folk il demeure. Insensible aux modes et sans reniement, il continue à vénérer la guitare acoustique à cordes métal, la bonne Dreadnought des familles. Ce disque oscille entre des blues et la pure veine folk ou country. C’est une musique simple, qui ne prétend pas être plus que ce qu’elle est, une succession d’accords peu nombreux et très codifiés. Cette fidélité stylistique couplée avec l’authenticité donne un disque assez jubilatoire et très accessible.

 

Mais il ne faudrait pas limiter les qualités à ces traits quasi-moraux. C’est bien un disque de musicien et de chanteur ; un disque avec de vrais morceaux de vrais musiciens dedans. Jean a composé l’essentiel des musiques et pas mal de textes, secondé par son complice Thierry Bulant. Ce n’est ni niais, ni prétentieux, ni prêchi-prêcha. Ce sont des champs qui interpellent l’auditeur, qui lui parlent de sa vie, de ses questions, de sa quête – car tout le monde en a une – avec des mots d’aujourd’hui. Des chants de confiance en Dieu aussi. Qui ne peuvent qu’aider celui qui est ballotté par une vie difficile, car cette confiance lui est offerte ; elle est là, accessible immédiatement par un pas en avant qui se nomme la foi. Dans cette veine, citons « La main de l’Eternel » ou « Au plus noir de mes nuits ». Jean interpelle son semblable en recherche : « Chercheur d’éternité » ou « Même si » sont le reflet de nos attitudes et de nos errements. Quelques textes d’inspiration strictement biblique sont également inclus. Une belle version du si beau Psaume 23, « L’Eternel est mon berger ». Ou cette adaptation du poème de l’Ecclésiaste sur le temps, sobrement titré « Il y a un temps pour tout ».

 

Tout cela est mis en musique avec un groupe compact qui fonctionne bien. Une formation très seventies : un batteur (Rémi Maisonneuve), un bassiste (Christian Peyron), un pianiste-claviériste (Daniel Grail) et un guitariste électrique (Michaël Lubin), Jean assurant la guitare rythmique électro-acoustique. Les voix sont particulièrement bien posées, dans la tradition également des grands groupes de la pop music des années soixante-soixante-dix (Sophie Waysenson et Rémi Maisonneuve aux chœurs). C’est sobre, mais arrangé avec goût. Le tout est porté par une belle qualité de prise de son et un mixage fait par un ingénieur du son qui n’est pas sourd, comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui. Les voix sont bien en avant et il n’y a pas besoin de tendre l’oreille pour deviner les paroles.

 

Tout cela réuni donne un disque de 12 chansons à la fois très cohérentes et différentes. Jean se paie même le luxe de faire chanter ses petits-enfants sur un morceau taillé sur mesure. Voici un beau disque qui procure la paix intérieure, loin du tumulte vain de notre société de superficialité. Un beau cadeau à faire autour de vous. Mais un conseil : n’offre pas le tien, il te manquerait très vite.

 

Jean-Michel Dauriac

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La sincérité suffit-elle à faire les grands livres ?

7 février 2016 à 8:53 | Dans les livres: divers, les critiques | Laisser un commentaire

Le Royaume – Emmanuel Carrère – Editions P.OL. – 630 pages – 2014

 

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Voici donc le gros livre qui a fait le buzz de la rentrée littéraire française cette année.  Si vous n’êtes ni sourd, ni aveugle, ni analphabète et que vous regardiez un peu la télévision,  lisiez un peu le journal ou écoutiez un peu la radio, il est impossible que vous n’ayez pas entendu ce nom et ce titre. Pourquoi ? Difficile à justifier une fois achevée sa lecture. Par quel concours de circonstances ce pavé a-t-il aguiché les commentateurs et critiques et amené toute la presse nationale à interviewer l’auteur ?

 

Le sujet en lui-même apparaît au départ très peu porteur : un intellectuel écrivain raconte sa phase de catho intégriste et l’enquête qu’il mène vingt ans plus tard sur les évangiles et leurs auteurs-acteurs (ici Luc et Paul). Avouons que ce sujet n’a rien de bien passionnant pour le lecteur moyen de 2014. Des livres sur l’expérience religieuse, il y en a des dizaines, comme sont des dizaines de fort bons livres sur les rédacteurs et acteurs du Nouveau Testament (voir les catalogues des éditions du Cerf et Labor & Fides).

Le genre de ce livre est incertain : est-ce un roman d’autofiction,  une autobiographie déguisée, un livre d’enquête ou un essai ? A vrai dire tout cela à la fois et cependant rien d’abouti vraiment dans aucun des quatre styles. L’auteur parle à la première personne et n’avance pas masqué du tout. Certains passages seraient parfaitement intégrés dans des romans contemporains, d’autres sont des résumés presque bruts de livres savants. Le tout donne une impression de livre hybride qui se révèle bien lorsqu’il s’agit de le ranger dans les rayonnages d’une bibliothèque organisée. C’est une sorte d’OLNI (Objet Livresque Non-Identifié).

Reste l’écriture. Fluide, précise et même élégante souvent, elle est sans nul doute un atout de poids pour Emmanuel Carrère, qui a « du métier » : je me souviens de lui, journaliste débutant écrivant dans les pages de Télérama, l’hebdo culturel catho-bobo toujours en grâce chez les intellos. De ce métier il a sans nul doute gardé la méthodologie de l’enquête. Or, nous dit-il, ce livre devait initialement s’appeler « L’enquête », mais il a changé après avoir testé ce titre sur des amis qui n’en paraissaient nullement enthousiasmé. La lecture de ce pavé est extrêmement aisée, et je l’ai dévoré en quelques séances vespérales et nocturnes. Cette lecture est facilitée par une mise en page aérée et le choix d’une police de taille moyenne.

 

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Alors, une fois tous les côtés techniques évoqués, qu’en est-il vraiment du livre ?

 

J’avoue encore une fois ma perplexité au moment de figer sur le papier un avis ferme.

A la question : « est-ce un bon livre ? », je répondrai incontestablement « oui », puisque je l’ai dévoré en peu de jours et qu’il me tardait toujours d’en savoir plus.

A la question : « est-ce un grand livre marquant ? », je répondrai, pour l’instant, « non ». Je dirais pour m’en tirer d’une pirouette : « Ce n’est pas un grand livre, mais c’est un gros livre ». Mais je me rends bien compte de ce que cela peut avoir de railleur et, sans doute d’injuste. Car Carrère y a passé vraiment beaucoup de temps. Cela dit, si un écrivain médiocre livre un texte très mauvais au bout de dix années de sueur, faut-il l’apprécier uniquement pour sa longue gestation ? Bien sûr que non. Je vais donc m’efforcer ci-dessous d’expliquer pourquoi je le dis bon livre et non grand livre.

Premièrement, un grand livre est celui que nous avons et aurons envie de relire à coup sûr. Ainsi de « La guerre et la paix », « Crime et châtiment », « Le Grand Meaulnes » ou « Madame Bovary ». Je n’ai pas du tout envie de reprendre un jour « Le Royaume » spontanément, et si j’y reviens, ce sera à coup sûr pour des raisons de nécessité (étude comparative, critique ou autre).

Deuxièmement, un grand livre est un ouvrage où il n’y a rien à jeter. Ce n’est pas le cas de ce livre-ci. Certains éléments biographiques sont non seulement décalés et inutiles, mais parfois un peu laborieux. Ainsi des pages où Carrère décrit dans le menu le film pornographique déniché sur internet et argue de la sincérité de la jeune femme qui s’exhibe pour nous expliquer la sincérité de Luc l’évangéliste telle qu’il la ressent. Cela ne me choque nullement, ne m’amuse pas plus : je trouve la démarche tout bonnement ratée. De même, la première partie, « Une crise », de 130 pages environ, qui narre la vie de Carrère Emmanuel devenu bigot par le choc d’une parole évangélique reçue en Savoie, ne m’a pas convaincu dans sa durée. Quelques pages eussent suffi à nous faire comprendre où était l’origine de cette enquête qui est le cœur du livre. Enfin, je trouve que les deux grosses parties centrales « Paul » et « l’enquête » sont redondantes assez souvent, bien que le point de vue ait changé. Le livre aurait gagné en solidité à être plus concis. De mon point de vue, il y a au moins deux cents pages de trop.

Troisièmement, un grand essai est un livre qui fouille un champ et apporte du solide. C’est sur ce point que je serais le plus sévère avec Carrère. On a comparé son travail avec celui d’Ernest Renan et sa « Vie de Jésus ». J’ose croire que ceux qui ont écrit cela – et ils sont nombreux – n’ont pas vraiment lu Renan (dont le livre est très dense et long). S’ils l’ont fait, je doute de leur compétence critique ! Certes Carrère nous dit bien qu’il avait Renan à portée de main durant toute sa création, mais cela ne suffit pas à établir une sorte d’égalité entre les deux œuvres. En son temps, le travail de Renan fut un choc pour le public français auquel on offrait pour la première fois une synthèse critique de la théologie libérale allemande en train de se construire. Le sujet était absolument neuf et Renan le traite absolument en historien. Chez Emmanuel Carrère, il n’y a plus aucune nouveauté et la rigueur historique est passée en grande partie à la trappe, car ce n’est pas le vrai but du livre. Le contenu savant ainsi vulgarisé ne dépasse pas les connaissance exigées d’un bon étudiant de deuxième année en théologie protestante de la faculté de Strasbourg (et j’en parle en toute connaissance de cause). Ce qui nous est présenté est digne d’une bonne introduction au Nouveau testament et d’une histoire de l’Eglise simplifiée. Et Carrère a beau reformuler cela un peu comme un roman, l’affaire ne s’en arrange pas pour autant. C’est long, parfois simplet, et pas toujours digéré. Pourtant l’enthousiasme des critiques sur ce livre laisserait entendre que ce récit est à la fois original et très riche. Ce qui ne sert qu’à prouver l’ignorance des dit-critiques pour tout ce qui touche au domaine des « sciences de la religion », pour reprendre une appellation universitaire. Leur manque de connaissance leur a permis d’être abusés par un travail de synthèse moyen seulement. Ce qui n’enlève rien au talent d’écrivain d’Emmanuel Carrère ; mais j’aurais largement préféré lire « les aventures de Luc et Paul » que ce livre-ci.

 

Au final, le lecteur de cette critique comprendra mon embarras à finir par un jugement bien tranché comme on en attend un d’un texte de ce type. Ben non, je ne sais trop que dire. Ce n’est ni un mauvais livre, ni un grand livre, juste un livre correct qui me semble un peu raté car trop long et composite. Seul le temps peut rendre justice aux livres et les panthéoniser ou les enfouir. Je dois dire pour être complet que jusqu’à plus de la moitié du livre, j’étais très déçu et disposé à étriller ce « Royaume ». puis, en quelques lignes d’une sincérité émouvante, Carrère m’a totalement retourné. Allez lire ceci dans le chapitre 17 de « L’enquête », la troisième partie.  Retenons aussi le tout dernier paragraphe u livre, qui complète l’extrait évoqué juste ci-dessus :

«  Ce livre que j’achève là, je l’ai écrit de bonne foi, mais ce qu’il tente d’approcher est tellement plus grand que moi que cette bonne foi, je le sais, est dérisoire. Je l’ai écrit encombré de ce que je suis :un intelligent, un riche, un homme d’en haut : autant de handicaps pour entrer dans le Royaume. Quand même, j’ai essayé. Et ce que je me demande, au moment de le quitter, c’est s’il trahit le jeune homme que j’ai été, et le Seigneur auquel il a cru, ou s’il leur est resté, à sa façon, fidèle ».

Ces seules lignes rehaussent tout le livre. A un homme totalement sincère on peut reprocher ses erreurs et ses maladresses mais pas sa rouerie et sa suffisance. « Le Royaume » est incontestablement le livre d’un homme sincère et d’un bon écrivain. Est-ce suffisant pour sauver le livre ?

 

Jean-Michel Dauriac

22 novembre 2014 - Mériadec

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La planète en danger : une position chrétienne ?

7 février 2016 à 8:51 | Dans Bible et vie, dans l'actualité | Laisser un commentaire

Apocalypse 21 :1

« Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. »

Un verset qui donne l’espérance eschatologique des chrétiens en une nouvelle création. Faut-il pour autant se désintéresser du sort de cette terre-ci, qui est notre maison commune et la création du Dieu des chrétiens, des juifs et des musulmans.
thème 1 : L’actualité brûlante du sujet

La planète va mal ! enfin tout le monde (ou presque) est d’accord là-dessus. Mais que de temps perdu seulement pour en arriver à accepter cette évidence. Reprenons rapidement quelques repères :

1972 :  « Les limites à la croissance », rapport du Club de Rome, travaux des chercheurs du prestigieux MIT de Boston, qui prône la « croissance zéro » comme étape nécessaire à une survie de notre planète. En 2012, le Club de Rome a confirmé, preuves à l’appui, la validité de son diagnostic.

1972 : création du mot « décroissance » par Nicolas Georgescu-Roegen, économiste roumain, auteur de « La décroissance - Entropie - Écologie – Économie » en 1971

1987 : publication du rapport demandé par l’ONU « Notre avenir à tous », dirigé par Gro Harlem Brundtland, ancienne premier ministre de Norvège, qui met en avant l’expression « sustainable development », fort mal traduit en français par « Développement durable ».

extrait significatif :

« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion :
·    le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et
·    l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.
»

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1988 : Création du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) chargé d’étudier le climat mondial et ses évolutions locales (le réchauffement climatique est déjà en marche depuis deux décennies au moins !)

1992 : Sommet de la Terre à Rio ; l’alerte est donnée. L’expression « Développement durable » est popularisée par les médias et deviendra une formule magique censée régler tous les problèmes à venir. Naissance du concept d’Agenda 21.

L’Agenda 21 est un plan d’action pour le XXIe siècle. Adopté par 173 chefs d’État lors du sommet de la Terre, à Rio de Janeiro, en 1992.

Ce concept est décliné à toutes les échelles : Union Européenne, France, Région, Département, intercommunalités et communes.

L’Agenda 21 est un programme d’actions pour le 21ème siècle orienté vers le développement durable. Il a été adopté par les pays signataires de la Déclaration de Rio de Janeiro en juin 1992. Ses principales fonctions sont la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la production de biens et de services durables, la protection de l’environnement.

Les actions s’inscrivent dans le cadre de référence national, qui définit 5 enjeux :
·    La lutte contre le changement climatique
·    La préservation de la biodiversité, des milieux et des ressources
·    La cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et les générations
·    L’épanouissement de tous les êtres humains
·    Le développement de modes de production et de consommation responsables
Quels registres peuvent être concernés ?
1.    Urbanisme : aménagement urbain, construction, habitat, transports, mobilité, énergie
2.    Ressources naturelles et patrimoine : milieux naturels, espaces verts, biodiversité, eau, air, sol, risques naturels, patrimoine bâti
3.    Développement local : activités économiques, artisanat et commerce, agriculture, tourisme, emploi, formation, économie sociale et solidaire
4.    Gestion de l’eau et des déchets : réduction à la source, collecte, traitement, valorisation, recyclage, assainissement, eaux pluviales
5.    Education et citoyenneté : information, communication, sensibilisation, démocratie locale, culture
6.    Action sociale : solidarité, lutte contre les discriminations, insertion sociale et professionnelle, lien entre les générations
7.    Solidarité internationale : coopération, jumelage, échanges, entraide internationale, partage des cultures

un exemple précis
La commune de Beychac et Cailleau (33) s’engage dans cet Agenda avec des programmes d’actions autour des thématiques :
·    manifestations éco-responsables
·    économies d’eau et d’énergies
·    préservation de la biodiversité

1997 : rédaction du protocole de Kyoto , texte préconisant une réduction des émissions de GES pour réduire le réchauffement atmosphérique. Les Etas doivent le ratifier en nombre suffisant pour qu’il devienne effectif. Il entre en vigueur en 2005 seulement.

2007 : le GIEC et Al GORE se partagent le prix Nobel de la paix

2009 Conférence de Copenhague, qui est un échec, face aux intérêts contradictoires de participants

2015 : publication par le pape François de « Laudato si », encyclique consacré à la sauvegarde de la planète.

2015 : COP 21 à Paris ; un accord « historique » est conclu à l’arraché, mais il n’est nullement contraignant pour les Etats signataires.

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Depuis 1972, la question est posée sur la table de la dangerosité fatale de notre mode de développement occidental.

Le bilan peut se résumer à un acte scientifique fort quasiment inconnu du grand public :

Le débat autour de la notion d’ « anthropocène »

Extrait article du Monde

« S’il fallait encore nous convaincre que nous sommes entrés dans une nouvelle époque – celle de l’anthropocène –, le travail conduit par Will Steffen, chercheur à l’Université de Stockholm (Suède) et à l’Université nationale australienne, en apporterait la démonstration. « En un peu plus de deux générations, l’humanité est devenue une force géologique à l’échelle de la planète », écrivent les auteurs.
C’est, précisément, la définition de l’anthropocène. Un néologisme, associant les mots grecs « homme » et « récent », forgé par le néerlandais Paul Crutzen, Prix Nobel de chimie en 1995, pour signifier que l’influence des activités anthropiques sur le système terrestre est désormais prépondérante. Et que nous sommes donc sortis de l’holocène, l’époque géologique après la dernière glaciation et qui couvre les dix derniers millénaires.
GRANDE ACCÉLÉRATION
Ce constat est aujourd’hui très largement partagé par la communauté scientifique. Pour autant, l’entrée dans l’anthropocène n’est pas encore actée par la Commission internationale de stratigraphie et l’Union internationale des sciences géologiques, seules arbitres en la matière. A fortiori, la chronologie de ce basculement n’est toujours pas arrêtée. Certains proposent de le faire commencer autour de 1800, avec la révolution industrielle. D’autres de remonter aux débuts du néolithique, voilà quelque 10 000 ans, lorsque des sociétés de cultivateurs-pasteurs sédentaires se sont substituées aux chasseurs-cueilleurs nomades.

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En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/01/15/nous-sommes-entres-dans-l-anthropocene-depuis-1950_4557141_3244.html#6kMK4uGhLbyTXr0t.99 »

Mais face à ces constats, il n’y pas réaction unanimes, comme cela devrait sembler évident :

·    Certains continuent à nier l’évidence, soit du réchauffement climatique, soit du risque destructeur de la croissance. Exemple des « climato-sceptiques » et des libéraux intransigeants.
·    D’autres, comme l’ancien vice-président  Al Gore, réalisateur d’un film devenu la coqueluche des bien-pensants, « Une vérité qui dérange », en ont fait un business lucratif, qui consiste à verdir les activités et à parler de « croissance verte » ; dans la foulée, tout devient « durable », jusqu’à l’absurde : le sport « durable », la cuisine « durable », pourquoi pas la guerre « durable », puisque nous avons déjà inventé la « guerre propre » ?
·    Certains essaient de concilier la chèvre et le chou, comme Nicolas Hulot ou le photographe Arthus-Bertrand : on voyage en jet, mais on fait de la « compensation carbone » en plantant des arbres en Afrique…
·    D’autres ont opté pour le radicalisme « anti » et sont devenus décroissants absolus. Ils peuvent alors devenir aussi sectaires que les zélateurs de la croissance, mais, disent-ils c’est pour la bonne cause.
·    Enfin, des isolés de bonne volonté essaient de penser les alternatives et de les mettre en œuvre à l’échelle locale, en appliquant deux principes formulés par Jacques Ellul, qui fut un des grands précurseurs de cette réflexion environnementale : « Une croissance infini est impossible dans un monde fini » et « pensez global, agir local »

Si on analyse les forces en présence il faut constater que :
·    Il y a trop d’intérêts financiers en jeu et que c’est le dieu Mammon qui règne sur le monde par l’esprit du « Malin » comme le dit l’apôtre Jean à la fin de sa première épitre.
·    Il ya trop de parties concernées pour arriver rapidement à un accord général. Les oppositions historiques, culturelles ou religieuses refont vite surface.
·    Les situations des hommes et femmes dans le monde ne sont pas du tout les mêmes ; il faut en tenir compte pour espérer arriver à un accord.
·    Il n’y pas de conscience commune, même si la « conscience écologique » a progressé depuis 20 ans : il suffit de regarder nos familles, nos communes et notre pays.

Alors le monde fait semblant : il se réjouit d’un accord dont tout le monde sait qu’il est insuffisant et qu’il sera inopérant ; on invente des formules qui trompent l’opinion, en verdissant l’impossible, en rendant durable l’éphémère et le gaspillage ; on accuse toujours les autres car remettre en cause notre mode de vie te de pensée est très difficile.

Le vrai débat doit porter sur notre mode de vie et de développement et sur la croissance économique

Dossier de La Vie du n° 3675 4-10 février 2016

Vidéo sur la décroissance (facultative selon déroulé horaire))

Une question s’impose alors : que pouvons nous faire, et singulièrement y-a-t-il une spécificité du croyant chrétien (et juif et musulman aussi) face à ce défi vital ?

Thème 2 : une réponse globale possible – le « respect de la vie » d’Albert Schweitzer et « Laudat si » du pape François

Je ne souhaite pas ici entrer dans la recherche d’une écologie chrétienne ; elle existe ; Il y de très bons livre à base théologique et biblique sur le sujet ;

Jean Bastaire et son épouse, catholiques tous deux ont écrit une somme d’ouvrages très importants.

Jacques Ellul et son ami Bernard Charbonneau ont contribué par leurs écrits à la naissance des mouvements écologiste, avant leur récupération politique.

Il existe aussi des auteurs plus anciens qui peuvent nous aider à penser cette question : c’est le cas de Henry-David Thoreau, penseur américain du XIXème siècle, ou de Gandhi, le sage indien.

L’Evangile donne également des principes que nous pouvons adapter à la situation présente et à une vie respectueuse de la création.

Deux sources majeures : « Laudato si » et « Le respect de la vie »

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Le pape François a publié un texte majeur qui va bien au-delà de l’Eglise Catholique et devrait concerner tous les chrétiens, et au-delà tous les hommes. Ce texte a d’ores et déjà une grande influence. C’est le premier texte pontifical exclusivement consacré à la question écologique. J’en donne ci-dessous des extraits significatifs ordonnés

Extraits de « Laudato si », Lettre Encyclique du souverain pontife François

La prise de conscience des dégradations

« L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre ce réchauffement ou, tout au moins, les causes humaines qui le provoquent ou l’accentuent. » paragraphe 23

« Si nous tenons compte du fait que l’être humain est aussi une créature de ce monde, qui a le droit de vivre et d’être heureux, et qui de plus a une dignité éminente, nous ne pouvons pas ne pas prendre en considération les effets de la dégradation de l’environnement, du modèle actuel de développement et de la culture du déchet, sur la vie des personnes. » paragraphe 43

« L’environnement humain et l’environnement naturel se dégradent ensemble, et nous ne pourrons pas affronter adéquatement la dégradation de l’environnement si nous ne prêtons pas attention aux causes qui sont en rapport avec la dégradation humaine et sociale. » paragraphe 48

« ….il est certain que l’actuel système mondial est insoutenable de divers points de vue, parce que nous avons cessé de penser aux fins de l’action humaine… » paragraphe 61

L’écologie doit être intégrale

« La culture écologique ne peut pas se réduire à une série de réponses urgentes et partielles aux problèmes qui sont en train d’apparaître par rapport à la dégradation de l’environnement, à l’épuisement des réserves naturelles et à la pollution. Elle devrait être un regard différent, une pensée, une politique, un programme éducatif, un style de vie et une spiritualité qui constitueraient une résistance face à l’avancée du paradigme technocratique. » paragraphe 111

« Personne ne prétend vouloir retourner à l’époque des cavernes, cependant il est indispensable de ralentir la marche pour regarder la réalité d’une autre manière, recueillir les avancées positives et durables, et en même temps récupérer les valeurs et les grandes finalités qui ont été détruites par une frénésie mégalomane. » paragraphe 114

« Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale. Les possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature. » paragraphe 139

Les plus fragiles sont à considérer prioritairement

« Dans les conditions actuelles de la société mondiale, où il y a tant d’inégalités et où sont toujours plus nombreuses les personnes marginalisées, privées des droits humains fondamentaux, le principe du bien commun devient immédiatement comme conséquence logique et inéluctable, un appel à la solidarité et à une option préférentielle pour les plus pauvres. » paragraphe 158

La prière est un devoir

« Nous, les croyants, nous ne pouvons pas cesser de demander à Dieu qu’il y ait des avancées positives dans les discussions actuelles, de manière à ce que les générations futures ne souffrent pas des conséquences d’ajournements imprudents. » paragraphe 169

Ralentir et décroître

« Mais nous devons nous convaincre que ralentir un rythme déterminé de production et de consommation peut donner lieu à d’autres formes de progrès et de développement  [… ]
Il s’agit d’ouvrir le chemin à différentes opportunités qui n’impliquent pas d’arrêter la créativité de l’homme et son rêve de progrès, mais d’orienter cette énergie vers des voies nouvelles. »  paragraphe 191

« De toute manière, si dans certains cas le développement durable entraînera de nouvelles formes de croissance, dans d’autres cas, face à l’accroissement vorace et irresponsable produit durant de nombreuses décennies, il faudra penser aussi à marquer une pause en mettant certaines limites raisonnables, voire à retourner en arrière avant qu’il ne soit trop tard. Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n’est pas soutenable, tandis que d’autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C’est pourquoi l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties. » paragraphe 193

« Dans ce cadre, le discours de la croissance durable devient souvent un moyen de distraction et de justification qui enferme les valeurs du discours écologique dans la logique des finances et de la technocratie ; la responsabilité sociale et environnementale des entreprises se réduit d’ordinaire à une série d’actions de marketing et d’image. » paragraphe 194

Un style de vie plus enrichissant

« Quand nous sommes capables de dépasser l’individualisme, un autre style de vie peut réellement se développer et un changement important devient possible dans la société. » paragraphe 208

« Beaucoup savent que le progrès actuel, tout comme la simple accumulation d’objets ou de plaisirs, ne suffit pas à donner un sens ni de la joie au coeur humain, mais ils ne se sentent pas capables de renoncer à ce que le marché leur offre. » paragraphe 209

La conversion écologique

« S’il est vrai que « les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands »,152 la crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure. Mais nous devons aussi reconnaître que certains chrétiens, engagés et qui prient, ont l’habitude de se moquer des préoccupations pour l’environnement, avec l’excuse du réalisme et du pragmatisme. D’autres sont passifs, ils ne se décident pas à changer leurs habitudes et ils deviennent incohérents. Ils ont donc besoin d’une conversion écologique, qui implique de laisser jaillir toutes les conséquences de leur rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde qui les entoure. Vivre la vocation de protecteurs de l’oeuvre de Dieu est une part essentielle d’une existence vertueuse ; cela n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne. » paragraphe 217

« Une écologie intégrale implique de consacrer un peu de temps à retrouver l’harmonie sereine avec la création, à réfléchir sur notre style de vie et sur nos idéaux, à contempler le Créateur, qui vit parmi nous et dans ce qui nous entoure, dont la présence « ne doit pas être fabriquée, mais découverte, dévoilée . » paragraphe 225

Une prière proposée par François
Prière pour notre terre
Dieu Tout-Puissant
qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et soeurs
sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.
Touche les coeurs
de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir
la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures
sur notre chemin vers ta lumière infinie.
Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix. »
paragraphe 246

Le « respect de la vie » d’Albert Schweitzer

Je voudrais maintenant centrer ma réflexion sur un penseur protestant du XXème siècle, aujourd’hui mal connu, alors qu’il a eu son heure de gloire dans les années 1950-1960. Il s’agit d’Albert Schweitzer, médecin, philosophe et théologien – il fut un des rares hommes à avoir les trois doctorats de ces disciplines. Il fut de plus un organiste de réputation mondiale et un musicologue averti – sa vie de Jean-Sébastien Bach reste une référence.

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Né en 1875 à Kaysersberg, en Alsace, il est citoyen allemand puisque cette région est devenue allemande après la défaite de 1871. Il fera toute ses études en langue allemande, mais il est bilingue. Il devient d’abord docteur en philosophie en 1899, puis trois ans plus tard il soutient sa thèse de théologie en 1902. Il devient alors vicaire d’une paroisse de Strasbourg, dans l’Eglise Luthérienne, tout en enseigant la christologie à la faculté de théologie protestante de Strasbourg. Il commence des études de médecine en 1906, à 31 ans, pour partir en mission en Afrique équatoriale française. En 1910 il est docteur en médecine. Il fait ensuite des stages divers de préparation pour sa future mission. Il se marie en 1912 avec une amie de jeunesse, Hélène Breslau. Ils partent pour le champ de mission en 1913, et construit un hôpital à Lambaréné, au Gabon. Il partagera dès lors son existence entre la France et le Gabon, faisant des longs séjours en Europe où il donne des concerts d’orgue pour récolter des fonds pour son hôpital. Il écrit également des ouvrages divers, allant de la philosophie à la science des religions, en passant par les récits de son expérience missionnaire. En 1953, il reçoit le Prix Nobel de la paix pour l’année 1952. Hélène décède en 1957. Il s’engage contre le nucléaire. Il meurt à Lambaréné en 1965 et est inhumé dans le cimetière de l’hôpital.

C’est en 1915, lors d’un voyage en bateau sur l’Ogoué – le fleuve qui passe à Lambaréné- qu’il a la révélation de ce qui va devenir pour lui le fondement de toute sa pensée éthique : « Le respect de la vie »

Lecture du passage racontant cette révélation :

« Nous naviguions lentement à contre-courant, cherchant notre voie, non sans peine, parmi les bancs de sable. C’était la saison sèche. Assis sur le pont d’une des remorques, indifférent à ce qui m’entourait, je faisais effort pour saisir cette notion élémentaire et universelle de l’éthique que ne nous livre aucune philosophie. Noircissant page après page, je n’avais d’autre dessein que de fixer mon esprit sur ce problème qui toujours se dérobait. Deux jours passèrent. Au soir du troisième, alors que nous avancions dans la lumière du soleil couchant, en dispersant au passage une bande d’hippopotames, soudain m’apparurent, sans que je les eusse pressentis ou cherchés, les mots « Respect de la vie ». La porte d’airain avait cédé. La piste s’était montrée à travers le fourré. Enfin je m’étais ouvert une voie vers le centre où l’affirmation du monde et de la vie se rejoignent dans l’éthique. »

Ma vie et ma pensée – A. Schweitzer – Albin Michel 1960 – page 171

Ce moment va changer sa vie car il a trouvé la clef de la morale qu’il va mettre en œuvre.

Il ajoute un peu plus bas trois mentions qui précisent son propos :

« L’affirmation de la vie est l’acte spirituel par lequel l’homme cesse de se laisser vivre et commence à se dévouer avec respect à sa propre vie, pour lui donner sa véritable valeur. Affirmer la vie c’est rendre plus profonde, plus intérieure sa volonté de vivre et c’est aussi l’exalter »page 173

« L’homme n’est moral que lorsque la vie en soi, celle de la plante et de l’animal aussi bien que celle des humains, lui est sacrée, et qu’il s’efforce d’aider dans la mesure du possible toute vie se trouvant en détresse. » page 174

« L’éthique du respect de la vie contient donc en soi tout ce qui peut se révéler comme amour, dévouement, compassion à la douleur, sympathie dans la joie et le commun effort. »page 174

Ces deux textes nous permettent de faire le lien avec la cause de la planète terre et l’écologie.

Une position chrétienne envers la nature et ses créatures s’appuie sur un « respect de la vie » qui n’est que la conscience aigüe renouvelée par le Saint-Esprit, de la création divine. Si Dieu a créé le monde (peut importe comment nous le croyons à ce stade), alors je suis une créature comme les autres, comme la plante, comme l’animal et c’est la vie qui est sacrée, pas l’être en lui-même, ce qui empêche d’avoir une vue affective du genre « J’aime pas les serpents », mais « J’aime beaucoup les chats », j’aime pas les orties –qui les aime ? – mais que j’aime les roses ! ». Tout ce qui est vie est digne de respect et je dois simplement faire des arbitrages raisonnables pour ma survie et celle des miens (manger ou pas de la viande par exemple, qui est une affaire de conviction).

Dès lors que le réchauffement climatique est un fait avéré qui met en danger de mort des hommes, des animaux et des plantes et que je sais que je puis agir contre lui à mon échelle, je dois appliquer ce principe de « respect de la vie », d’abord à moi-même, puis à tout le reste.
Idem pour la pollution de l’eau, de l’air et des sols, pour l’épuisement des matières premières etd es énergies : songeons aux terres rares et métaux précieux qui sont utilisés en quantité toujours plus grandes pour nos téléphones portables et nos ordinateurs. Seule une certaine sobriété peut réduire la casse et faire réfléchir les fabricants. Même chose pour nos voitures et nos déplacements de tous types : les hydrocarbures ne sont pas inépuisables ; par « respect de la vie » des générations futures avons-nous le droit de « vider le frigo » ?

Nous devons être actifs sur ce sujet : on ne peut se contenter de « faire ce que l’on peut ». Il y a une urgence certaine à témoigner et à éclairer autour de nous, et nous pouvons le faire en tant que chrétiens, sur la base du « respect de la vie » et de « Laudato si ». Peut-être un jour nous sera-t-il demandé des comptes sur notre silence en la matière tout autant que dans notre témoignage évangélique classique.

Conclusion :

Aspect très spécifique de la position chrétienne, qui est une attitude de foi et d ‘amour envers la création, les créatures et le créateur.

Deux textes courts en guise de conclusion :

François d’Assises – « le Cantique des créatures »

Cantique des créatures

Très haut tout-puissant, bon Seigneur,
à toi sont les louanges, la gloire et l’honneur, et toute bénédiction.
À toi seul, Très-haut, ils conviennent
Et nul homme n’est digne de te mentionner.

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement, monsieur frère Soleil,
lequel est le jour, et par lui tu nous illumines.
et il est beau et rayonnant avec grande splendeur,
de toi, Très-Haut, il porte la signification.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Lune et les étoiles,
dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère Vent,
et par l’air et le nuage et le ciel serein et tout temps,
par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Eau,
laquelle est très utile et humble, et précieuse et chaste.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère feu
par lequel tu illumines dans la nuit,
et il est beau et joyeux et robuste et fort.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre mère Terre,
laquelle nous soutient et nous gouverne,
et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
par ceux qui pardonnent pour ton amour
et supportent maladies et tribulations.
Heureux ceux qui les supporteront en paix,
car par toi, Très-Haut, ils seront couronnés.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre mort corporelle,
à laquelle nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui mourront dans les péchés mortels.
Heureux ceux qu’elle trouvera dans tes très saintes volontés,
car la seconde mort ne leur fera pas mal.

Louez et bénissez mon Seigneur,
et rendez-lui grâce et servez-le avec grande humilité. »

Ecrit en 1225

Paroles de Jésus – extrait de l’Evangile : Matthieu 6 : 26 à 30

«  C’est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?
26  Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux?
27  Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie?
28  Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent;
29  cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.
30  Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi? »

Jean-Michel Dauriac – Février 2016

Culte d’actualité du dimanche 7 février 2016

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