L’amour, pilier de la foi chrétienne

30 mai 2013 à 11:10 | Dans Bible et vie | Laisser un commentaire

 

Introduction

 

La chanteuse Natasha St Pier vient de sortir un album sur les textes écrits par Sainte Thérèse de Lisieux, appelé « Vivre d’amour ». Etrange objet dans un monde comme le nôtre !

 

Mais que de malentendus autour de ce mot !

 

Le mot amour (ou son équivalent mondial love) est mis à toutes les sauces, pour tous les sujets.

L’amour-sentiment est dévalué par sa banalisation, notamment sur les nouveaux médias ; or l’amour est un sentiment fort, voire extrême.

L’amour physique, l’acte d’amour, est humilié par la pornographie omniprésente, première source de gain sur Internet.

L’amour filial et maternel est souvent caricaturé, ridiculisé : la fête des mères aura-t-elle encore un sens, avec la nouvelle loi dite du MPT ? Qu’y-a-t-il de plus fort que l’amour d’une mère pour son enfant et réciproquement ? Où allons-nous avec ces nouvelles règles de l’adoption et du mariage ?

Nous vivons dans un monde qui ignore le vrai sens de l’amour et qui est souvent, très souvent, sans amour du tout.

La foi chrétienne est toute entière fondée sur l’amour.

 

Au commencement du monde, il y a un acte de création qui est amour et confiance.

 

Genèse 1 :31 :  Dieu vit alors tout ce qu’il avait fait, et voici: c’était très bon. Il y eut un soir et il y eut un matin: ce fut un sixième jour. 

 

Dieu est satisfait et confiant dans son œuvre. Il a foi dans sa création. Mais celle-ci chute à travers la créature la plus proche de Dieu. Et Dieu réalise un second acte d’amour : il envoie son fils unique.

 

Jean 3 : 16 : Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle.

 

Son sacrifice est la pus grande preuve d’amour possible :

 

Jean 15 :13 : Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. 

 

La NS dit « se défait de sa vie pour ses amis ».

 

Nous avons choisi de servir un Dieu et un Christ qui nous donnent l’exemple de l’amour sublime. Qu’en est-il pour nous ?

Le texte le plus complet et le plus profond sur ce sujet se trouve dans le chapitre 13 de la première épitre aux Corinthiens/. Les théologiens l’ont appelé « L’hymne à l’amour », bien avant Edith Piaf et sa chanson.

 

Avant de le lire, rappelons qu’en Grec il existe deux mots distincts pour l’amour :

 

Agapé qui désigne un amour attentionné, un fort intérêt, quelque chose de profond et de multidimensionnel. C’est le mot biblique des Evangiles et des Epitres.

 

Eros qui est l’amour-passion entre deux êtres, beaucoup plus charnel et moins profond que l’agapé.

 

Lisons ce chapitre 13 en le divisant en sections thématiques :

 

Versets 1 à 3 : l’agapé et mes œuvres personnelles

 

1 Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis du bronze qui résonne ou une cymbale qui retentit. 

2  Et quand j’aurais (le don) de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. 

3                    Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture (des pauvres),  quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas l’amour,  cela ne me sert de rien.

 

Je ne puis rien faire qui se substitue à l’amour et qui puisse agir comme lui. Tout ce qui est fait sans cet agapé est creux comme une cymbale qui sonne. Tout le religieux sans amour est de même nature, de même que tout l’humanitaire ou les bonnes œuvres. La clé qui valide tout cela est cet amour spirituel.

 

Versets 4 à 7 : Les qualités propres à l’agapé :

 

4  L’amour est patient, l’amour est serviable, il n’est pas envieux; l’amour ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, 

5  il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il ne médite pas le mal, 

6  il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité; 

7  il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. 

 

Cet amour est ici personnifié, on dirait anthropomorphisé, c’est-à-dire traité comme un humain. Le procédé est donc clair ; il s’agit de nous montrer quelle est la conduite de celui qui est habité par cet agapé. C’est l’esprit de ce que Notre Seigneur décrit dans Matthieu 5, au début du Sermon sur la Montagne. Les Béatitudes sont une autre forme de présentation de l’Agapé. Vaste programme !

 

Versets 8 à 12 : L’agapé, seule œuvre vraiment accomplie

 

8  L’amour ne succombe jamais. Que ce soient les prophéties, elles seront abolies; les langues, elles cesseront; la connaissance, elle sera abolie. 

9  Car c’est partiellement que nous connaissons; c’est partiellement que nous prophétisons; 

10  mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli. 

11  Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j’ai aboli ce qui était de l’enfant. 

12                Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière confuse, mais alors, nous verrons face à face; aujourd’hui je connais partiellement,  mais alors, je connaîtrai comme j’ai été connu. 

 

Seul l’agapé est à notre portée dans sa plénitude. Tout le reste est partiel et éphémère. Or, nous nous attachons souvent plus à cet éphémère qu’au fondement révélé complet de l’agapé. L’amour seul peut nous introduire dans l’au-delà du miroir dont parle Paul.

 

Verset 13 : Une hiérarchie spirituelle où triomphe l’agapé

 

13                Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l’espérance, l’amour;  mais la plus grande, c’est l’amour. 

 

Les trois piliers de notre vie spirituelle sont là ; et il est formidable de voir que le premier est l’amour, celui qui est accessible à tous par le travail spirituel, celui qui porte les fruits les plus visibles et les plus doux pour nos prochains.

 

Cet hymne extrêmement riche mérite d’être lu et relu régulièrement sans le routiniser. Pourquoi pas l’apprendre par cœur et se le réciter, comme les Béatitudes, le Notre Père ou le psaume 23 ?

 

Thème 2 : Comment accéder à cet amour ?

 

Galates 5 : 19 à 24 

19  Or, les oeuvres de la chair sont évidentes, c’est-à-dire inconduite,  impureté, débauche, 

20  idolâtrie, magie, hostilités, discorde, jalousie, fureurs, rivalités,  divisions, partis-pris, 

21  envie, ivrognerie, orgies, et choses semblables. Je vous préviens comme je l’ai déjà fait: ceux qui se livrent à de telles pratiques n’hériteront pas du royaume de Dieu. 

22  Mais le fruit de l’Esprit est: amour, joie, paix, patience, bonté,  bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi; 

23  la loi n’est pas contre de telles choses. 

24                Ceux qui sont au Christ-Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. 

 

L’amour est le premier fruit de l’Esprit. Il faut donc rechercher la plénitude de l’Esprit pour en manifester les fruits.

 

Ephésiens 3 : 14 à 19

 

14 C’est pourquoi, je fléchis les genoux devant le Père, 

15  de qui toute famille dans les cieux et sur la terre tire son nom, 

16  afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur; 

17  que le Christ habite dans vos coeurs par la foi et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour, 

18  pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, 

19                et de connaître l’amour du Christ qui surpasse (toute) connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. 

 

C’est par la connaissance de Jésus que nous pouvons accéder à son amour.

 

Pour aimer de cet agapé, il faut donc cultiver l’Esprit saint et toujours mieux connaître Jésus. Cela passe par deux moyens parallèles et complémentaires :

 

La vie chrétienne personnelle, fondée sur un travail régulier dont les outils sont la prière, la lecture de la Parole de Dieu et uen pensée renouvelée permanente (Romains 12 :1-2)

 

La vie chrétienne communautaire dans l’église locale et le sentiment d’appartenir à l’Ecclesia unique et universelle dont la tête est Jésus-Christ.

 

Si nous avons ces deux piliers, nous sommes sur le chemin de l’amour.

 

 

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