Le peuple, combien de divisions?

29 mars 2006 à 6:12 | Dans dans l'actualité |

Entre un million (selon les flics) et trois millions (selons les camarades syndiqués) de gens dans les rues le 28 mars, et notre gouvernement n’aborde absolument pas le sujet au conseil des sinistres du lendemain puisque, dit un de ces comiques de service, à la sortie, sur le perron de l’Elysée: “Ce n’était pas à l’ordre du jour!”. Cela en dit long sur le mépris dans lequel nous tiennent nos soi-disant “représentants” et sur la sénilité aggravée de l’actuel locataire du palais présidentiel.

Certes, dans le cadre pseudo-démocratique et étatiste actuel, ce n’est pas “la rue qui gouverne”! Quand a-t-elle d’ailleurs gouverné vraiment si ce n’est brièvement entre 1789 et 1793 et un peu en Russie en 1917? Mais la démocratie fonctionne par élection de représentants chargés du bien commun (sic!) de la république. La nature du mandat qui leur est confié détermine effectivement leur attitude. Nos “élus” (enfin les leurs, puisque moi!…) ne sont tenus par aucun engagement autre que les promesses qu’il a bien voulues faire et qui ne sont destinées qu’à maintenir la fiction d’une espérance de changement pour le populo. Dès lors, que des millions de gens viennent dire qu’ils ont un désir clair (ici repousser le CPE) à un moment donné ne remet nullement en cause le comportement des élus qui ne représentent qu’eux-mêmes ou, au mieux, l’appareil de leur parti! Mais on a les élus qu’on mérite dans un système qui nous ressemble. A force de développer l’hédonisme marchand comme seule pensée, on obtient un peuple atomisé de petits égoïstes sans cerveaux!

Combien faudrait-il de millions de personnes dans les rues de nos villes pour faire prendre conscience aux professionnels de la politique de la crise suraigüe de représentation qui est en cours?

Face à cet autisme général (ne nous y trompons pas les élus de l’opposition sont coulés dans le même bronze, simplement dans leur rôle actuel de reconquête des maroquins ministériels, il leur est nécessaire d’être près du peuple) il n’est que peu de choix efficients:

- le refus de jouer, soit une abstention ou une non-expression électorale, qui annulerait les scrutins et obligerait à une refondation (pour ne pas dire révolution car le mot est usé d’avoir trop mal servi) ;

- la grève générale illimitée qui ferait plier très vite tout gouvernement car elle coûterait beaucoup plus cher aux possédants de l’appareil de production qu’aux producteurs de tous types;

Le retrait du CPE serait une victoire, mais seulement dans une bataille, alors que la guerre est bien réelle entre les actionnaires-patrons-dirigeants (remplaçants très valables des ordres privilégiés de l’Ancien régime) et le peuple (qu’on a pulvérisé en groupes antagonistes pour l’empêcher d’être maître de son destin).

Alors,”Le peuple, combien de divisions?” dans ce combat dont l’enjeu est une société recentrée sur le sens de la vie, soit l’épanouissement de l’homme et non la croissance, le développement, le bénéfice, le produit national brut ou tous les outils d’asservissement technocratiques qu’ont inventé les économistes depuis deux siècles?

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